{"id":1095,"date":"2023-09-06T14:06:33","date_gmt":"2023-09-06T13:06:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/?p=1095"},"modified":"2023-09-09T17:25:56","modified_gmt":"2023-09-09T16:25:56","slug":"nuit-de-la-conscience-dapres-deep-me-de-marc-antoine-mathieu-pauline-desiderio","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/nuit-de-la-conscience-dapres-deep-me-de-marc-antoine-mathieu-pauline-desiderio\/","title":{"rendered":"Nuit de la conscience, D&rsquo;apr\u00e8s Deep me de Marc-Antoine Mathieu \u2014 Pauline Desiderio"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group is-layout-flow\"><div class=\"wp-block-group__inner-container\">\n<p class=\"has-text-align-left\">   <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-buttons is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-button\"><a class=\"wp-block-button__link wp-element-button\" href=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/NUIT_Revue_Esquisses_No5-3.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Nuit, le PDF<\/a><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">  \u00ab  Mais quand tu as une certitude,  n\u2019est-ce pas simplement parce que tu fermes les yeux devant le doute ? \u00bb \u2013 Ils sont ferm\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Recherches Philosophiques<\/em>, Ludwig Wittgenstein<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Marc-Antoine Mathieu est un auteur qui aime chercher voire transgresser les limites de la narration visuelle dans la bande-dessin\u00e9e. Dans sa s\u00e9rie <em>Julius Corentin Acquefacques, prisonnier des r\u00eaves, <\/em>il invite les lecteurs dans les nuits r\u00eav\u00e9es de son personnage qui r\u00e9alise, \u00e0 partir de l\u2019exp\u00e9rience onirique, son \u00e9tat de figure de fiction, qu\u2019il habite dans des cases ou qu\u2019il peuple un monde bidimensionnel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Dans son nouvel ouvrage, <em>Deep me<\/em>, publi\u00e9 en fin d\u2019ann\u00e9e 2022, Marc-Antoine Mathieu nous plonge sensiblement avec son personnage au c\u0153ur de la nuit. Une nuit profonde, une nuit compl\u00e8te, une nuit totale.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.editions-delcourt.fr\/bd\/preview\/deep-me\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">https:\/\/www.editions-delcourt.fr\/bd\/preview\/deep-me<\/a><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Int\u00e9rieur, Nuit.<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Les pages s\u2019encha\u00eenent laissant le lecteur face \u00e0 une suite de cases noires. Totalement noires. Sans nuances. Seul l\u2019espace inter iconique (aussi nomm\u00e9 goutti\u00e8re) blanc nous signale la succession des images et donc des instants. Il rythme le noir comme Soulages le faisait avec la mati\u00e8re, laissant na\u00eetre la lumi\u00e8re d\u2019un tempo donn\u00e9 dans l\u2019obscurit\u00e9 m\u00eame. Pourtant, si dans l\u2019\u0153uvre de Soulages, il s\u2019agit de faire surgir la lumi\u00e8re dans la mat\u00e9rialit\u00e9 m\u00eame de l\u2019absence de couleur qu\u2019est le noir lorsqu\u2019il devient peinture, encre, mati\u00e8re&nbsp;; le blanc est renvoy\u00e9 \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la case dans les planches du b\u00e9d\u00e9iste. Le monochrome noir devient alors nuit, obscurit\u00e9 compl\u00e8te. Une nuit partag\u00e9e avec Adam, le personnage de l\u2019histoire. Une nuit de la conscience. Ou presque.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Le personnage est plong\u00e9 dans cette obscurit\u00e9 aveugle. Mais pas seulement. Si le personnage s\u2019\u00e9tonne d\u2019\u00eatre litt\u00e9ralement inond\u00e9 de noir, cette nuit d\u00e9passe la vue. Adam ne voit pas, sinon du noir, il ne bouge pas, ne communique pas. Ou plus. La question est ouverte, il ne se souvient d\u2019aucune trace pr\u00e9c\u00e9dente d\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Cette nuit \u00e0 laquelle il est soumis, il la rapproche d\u2019un \u00e9tat de coma. \u00ab&nbsp;Ce serait donc cela, le coma&nbsp;? Des \u00eelots de conscience dans un oc\u00e9an d\u2019absence.<a id=\"sdfootnote3anc\" href=\"#sdfootnote3sym\"><sup>3<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, dans cette nuit noire, des sons viennent visuellement briser l\u2019obscurit\u00e9 des cases, comme un signe que la r\u00e9alit\u00e9 persiste au-del\u00e0 de l\u2019absence de sa perception visuelle. Des textes blancs, avec ou sans phylact\u00e8re, ponctuent l\u2019\u00e9b\u00e8ne laissant appara\u00eetre, en creux des images, les pens\u00e9es du narrateur dans ce texte r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 la premi\u00e8re personne &#8211; qui nous place d\u2019ailleurs totalement dans la perception du personnage, d\u2019o\u00f9 les cases noires &#8211; ainsi que des sons qui lui parviennent. Int\u00e9rieur et ext\u00e9rieur de sa t\u00eate. Se m\u00e9langeant parfois dans le flux perceptif.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Si la nuit, lorsque nous la traversons, symbiose les objets \u00e0 une ombre qui d\u00e9borde et supprime leurs contours, le noir a ici tout d\u00e9vor\u00e9, m\u00eame les \u00eatres, les sens, la m\u00e9moire et les souvenirs. L\u2019obscurit\u00e9 dans laquelle est plong\u00e9e Adam est int\u00e9rieure et non ext\u00e9rieure, lui seul est soumis \u00e0 cette nuit aveuglante<a href=\"#sdfootnote4sym\" id=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a>, les autres personnages, eux, sont dans la lumi\u00e8re du jour des heures de visites suppos\u00e9es. Sa m\u00e9moire est totalement d\u00e9faillante, il recr\u00e9e \u00e0 partir de ce qu\u2019il entend des bribes d\u2019identit\u00e9 seulement suppos\u00e9es. Son nom, Adam, est celui que lui prononce ses proches et les m\u00e9decins, mais sans que cette appellation n\u2019\u00e9voque ou ne percute une quelconque trace de souvenir, vierge de l\u2019histoire comme n\u00e9 au jardin d\u2019\u00c9den, premier homme avant la g\u00e9n\u00e9alogie<a href=\"#sdfootnote5sym\" id=\"sdfootnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a>. La m\u00e9moire semble vierge et les sens, en dehors de l\u2019audition, sont absolument absents de la perception retranscrite par le personnage de la bande-dessin\u00e9e. La vue est close, aucune mention n\u2019est faite de l\u2019odorat ou du go\u00fbt, et le toucher est pass\u00e9 sous silence. L\u2019impossibilit\u00e9 de bouger du personnage caus\u00e9 par son \u00e9tat semble sans douleur ni perception de son corps. Cet \u00e9tat nous \u00e9loigne de notre perception personnelle de la nuit. \u00c0 t\u00e2tons, le touch\u00e9 nous rassure sur la persistance du monde qui nous entoure lorsque nous ne le voyons plus. Il nous permet ensuite de reconstruire l\u2019espace en sondant le vide et le plein. Recomposer une g\u00e9ographie proche de ce qui m\u2019entoure.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Seuls des sons lui parviennent de cette nuit infinie v\u00e9cue, le sens auditif est de plus en plus d\u00e9velopp\u00e9. Comme dans l\u2019obscurit\u00e9, o\u00f9 nos oreilles deviennent nos yeux aux aguets pour percevoir le moindre signe de danger, le personnage per\u00e7oit et interpr\u00e8te chaque stimuli jusqu\u2019au plus imperceptible. Non pas pour \u00e9chapper \u00e0 une menace mais pour se rassurer sur son \u00e9tat, son existence et sa pr\u00e9sence. Se raccrocher aux bruits et aux sons de son entourage comme derniers signes de vie, comme derniers signes d\u2019existence, comme derniers signes de conscience. Adam est ainsi dans un \u00e9tat de stimulation accrue de la perception auditive mais aussi dans une excessive interpr\u00e9tation de chaque son. Alors que la vue est totalement absente de sa perception, il essaye de comprendre des mots, des phrases, \u00e0 partir de suite de sons entendus partiellement. Il se persuade que ce qui l\u2019entoure est centr\u00e9 sur sa propre exp\u00e9rience, comme un code \u00e0 d\u00e9chiffrer. Donn\u00e9 un sens \u00e0 son \u00e9tat comme si cette impossibilit\u00e9 \u00e0 communiquer \u00e9tait coh\u00e9rente dans une suite d\u2019\u00e9v\u00e9nements dont il ne se souvient pas. Chercher dans chaque stimuli une bribe de sens. Comme chacun le fait interpr\u00e9tant les \u00e9ventements d\u2019une vie en cr\u00e9ant des fils fictionnels qui les relient entre eux. Il tente ainsi de rythmer sinon le temps, une certaine chronologie pour raccrocher les perles de son \u00e0 un fil qui une fois boucl\u00e9, \u00e9clairerait le sens de son \u00eatre-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p>\u00ab&nbsp;Si je ne ma\u00eetrise pas cette nuit, je vais devenir fou. <a href=\"#sdfootnote6sym\"><sup>6<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Les cases noires sont progressivement parasit\u00e9es visuellement par les onomatop\u00e9es, bulles et cartouches blancs qui viennent inscrire le son per\u00e7u<a href=\"#sdfootnote7sym\" id=\"sdfootnote7anc\"><sup>7<\/sup><\/a> en blanc sur fond noir. Alors que le personnage ne voit rien, le lecteur lit ce que le personnage entend, stimuli auditif artificiellement cod\u00e9 pour nos yeux. La nuit placide fait face \u00e0 un tumulte de bruits blancs brouillant tant l\u2019esprit du personnage que la lisibilit\u00e9 de l\u2019histoire. La narration s\u2019obscurcit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Pass\u00e9 les premi\u00e8res pages, le lecteur comprend que le sujet de cette bande-dessin\u00e9e n\u2019est pas directement le coma, dont on ne sait pas si c\u2019est r\u00e9ellement ce qui touche le personnage \u2013 ce qu\u2019il met d\u2019ailleurs lui-m\u00eame en doute voyant dans cette nuit trop noire un artifice&nbsp;: dans le coma, les perceptions de lumi\u00e8res, m\u00eame les yeux ferm\u00e9s, doivent persister. Cet enfermement dans son corps l\u2019interroge sur la r\u00e9alit\u00e9 du monde qui l\u2019entoure. Ce n\u2019est pas ce qui est vu qui est mis en doute comme le faisait Descartes interrogeant la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019image d\u2019hommes qui ne seraient peut-\u00eatre que des chapeaux anim\u00e9s par des ressorts<a id=\"sdfootnote8anc\" href=\"#sdfootnote8sym\"><sup>8<\/sup><\/a>. C\u2019est l\u2019absence d\u2019images qui est dans cette histoire suspecte. Ne serait-ce pas le signe d\u2019un subterfuge, d\u2019une mise en sc\u00e8ne autour de lui, d\u2019une fiction que le visible montrerait comme factice ou au contraire, qu\u2019elle imposerait comme r\u00e9el&nbsp;: l\u2019illusion du visible devient tout \u00e0 coup invisible.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Nuit Am\u00e9ricaine. <\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">\u00c9clair\u00e9e artificiellement pour simuler une obscurit\u00e9 baign\u00e9e sous les spots aveuglants de la fiction.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Cette impression est renforc\u00e9e par une image. Une image qui vient interrompre la nuit, qui vient \u00e9clairer l\u2019obscurit\u00e9, ou peut-\u00eatre l\u2019assombrir un peu plus. Une image non pas ext\u00e9rieure, la perception visuelle \u00e9tant, nous l\u2019avons vu, totalement inaccessible \u00e0 Adam mais int\u00e9rieure.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p class=\"has-text-align-justify\">\u00ab&nbsp;Il est remarquable que mon cerveau cr\u00e9e de la lumi\u00e8re alors m\u00eame que mes yeux ne peuvent pas la capter.<a href=\"#sdfootnote9sym\"><sup>9<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Seule une image lui revient comme un flash lumineux, ou plut\u00f4t une impression r\u00e9tinienne de la derni\u00e8re image vue. Une seule image fugace, sortie des t\u00e9n\u00e8bres o\u00f9 elle s\u2019appr\u00eate \u00e0 replonger d\u00e9j\u00e0. Visuellement, des points \u00e9pars se densifient pour prendre forme dans une succession de cases dont le dessin arrache des contours du flou et des t\u00e9n\u00e8bres. Le personnage parle d\u2019\u00e9clipse&nbsp;: la lumi\u00e8re \u00e9vanouit furtivement la nuit, dans une superbe inversion m\u00e9taphorique des ph\u00e9nom\u00e8nes astronomiques. Les images s\u2019encha\u00eenent sur quelques pages \u00e0 quatre reprises, dans une infime variation&nbsp;: de plus en plus nette, de plus en plus t\u00f4t. En effet, si ce qui se d\u00e9plie appara\u00eet comme un flash furtif, visuellement, pour le personnage et le lecteur, l\u2019image en mouvement s\u2019ouvre dans une illusion de ralenti, proche d\u2019un mouvement de cam\u00e9ra cin\u00e9matographique&nbsp;: un d\u00e9zoome associ\u00e9 \u00e0 l\u2019inversion du temps, ou plus exactement, un zoom qui serait diffus\u00e9 \u00e0 l\u2019envers. \u00ab&nbsp;J\u2019ai compris que ce mouvement est le cours invers\u00e9 du temps.&nbsp;\u00bb<a href=\"#sdfootnote10sym\" id=\"sdfootnote10anc\"><sup>10<\/sup><\/a> Une inversion du temps, du temps d\u2019avant, d\u2019avant la nuit. S\u2019\u00e9loigner du dernier instant avant que le noir n\u2019efface tout : l\u2019accident qui a propuls\u00e9 Adam dans cette inertie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Mais est-ce vraiment \u00e0 travers ses yeux qu\u2019une trace, une empreinte a \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9e&nbsp;? A-t-il r\u00e9ellement per\u00e7u cette image ou l\u2019a-t-il invent\u00e9e&nbsp;? Recr\u00e9\u00e9&nbsp;? R\u00eav\u00e9e&nbsp;? Adam se met \u00e0 douter. Cette image unique qui \u00e9clipse la nuit est trop isol\u00e9e pour donner corps a une identit\u00e9. Elle sugg\u00e8re finalement m\u00eame peut-\u00eatre l\u2019inverse, elle est une excroissance, un ajout, une simulation, qu\u2019il n\u2019a pas peut-\u00eatre pas lui-m\u00eame cr\u00e9\u00e9e. Elle signe ce qui n\u2019est pas, plus encore que l\u2019indice de ce qu\u2019elle semble \u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">La vraie question que pose le livre n\u2019est finalement pas \u00ab&nbsp;Qui-suis-je&nbsp;?<a href=\"#sdfootnote11sym\" id=\"sdfootnote11anc\"><sup>11<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb mais \u00ab&nbsp;Suis-je&nbsp;?&nbsp;<a href=\"#sdfootnote12sym\" id=\"sdfootnote12anc\"><sup>12<\/sup><\/a>\u00bb L\u2019auteur place le personnage dans le doute, mais un doute plus grand que celui de Descartes qui se demande face \u00e0 l\u2019image si ce qu\u2019il voit est r\u00e9el, mais qui ne peut remettre en doute sa propre position d\u2019\u00e9tant offert par la pens\u00e9e&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p class=\"has-text-align-justify\">\u00ab&nbsp;Puis, examinant avec attention ce que j\u2019\u00e9tais, et voyant que je pouvais feindre que je n\u2019avais aucun corps et qu\u2019il n\u2019y avait aucun monde ni aucun lieu o\u00f9 je fusse, mais que je ne pouvais pas feindre pour cela que je ne fusse point.<a href=\"#sdfootnote13sym\"><sup>13<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Adam se persuade, lui, que tout est faux, sans le feindre, en s\u2019abandonnant \u00e0 cette id\u00e9e comme seule possibilit\u00e9. Cette nuit n\u2019est qu\u2019une fiction destin\u00e9e \u00e0 faire croire \u00e0 ce qui n\u2019est pas qu\u2019il est.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Un personnage comme Marc-Antoine Mathieu<a id=\"sdfootnote14anc\" href=\"#sdfootnote14sym\"><sup>14<\/sup><\/a> l\u2019avait d\u00e9j\u00e0 imagin\u00e9&nbsp;? L\u2019\u00eatre virtuel peuplant un r\u00eave&nbsp;? En tout cas, un \u00eatre simul\u00e9, plong\u00e9 dans la nuit aveugle qui cache que tous les stimuli ne sont qu\u2019artifices. Un \u00e9tat finalement proche de l\u2019explication scientifique la plus plausible de la fiction de Herv\u00e9 Le Tellier&nbsp;: <em>l\u2019Anomalie<\/em>. N\u2019\u00eatre que des agents dans un vaste syst\u00e8me de programmation. Des non-\u00eatre persuad\u00e9s d\u2019\u00eatre. Des connexions informatiques d\u2019une exp\u00e9rience num\u00e9rique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Plonger les personnages fictifs dans un doute de leur \u00e9tat d\u2019\u00eatre permet d\u2019interroger l\u2019acte de cr\u00e9ation, ainsi que, tant dans le cas de <em>l\u2019Anomalie<\/em> que de <em>Deep me<\/em>, l\u2019intelligence artificielle ou en tout cas informatique. Les personnages sont, dans les deux cas face \u00e0 un doute symptomatique<a href=\"#sdfootnote15sym\" id=\"sdfootnote15anc\"><sup>15<\/sup><\/a> insurmontable. Un impossible dont la seule r\u00e9ponse est celle du non-\u00eatre, de l\u2019\u00eatre m\u00e9canique, de l\u2019\u00eatre robotique, de l\u2019\u00eatre informatique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Pourtant, les auteurs interrogent indirectement et par empathie notre propre \u00eatre. Nous, lecteur qui face aux illusions visuelles que nous offre la lumi\u00e8re du jour par exemple, serions tent\u00e9s de nous en remettre au doute. Un doute tout \u00e0 coup permis par le cheminement de ces \u00eatres de fiction&nbsp;: et si, finalement, tout ce qui nous entoure n\u2019\u00e9tait qu\u2019artifice, si tout ce que nous voyons n\u2019\u00e9tait que r\u00e9alit\u00e9 virtuelle, stimuli simul\u00e9s d\u2019un monde sensible. Que serions-nous&nbsp;? Serions-nous&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Fermer les yeux. Voir. <\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p class=\"has-text-align-justify\">\u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce que \u00e7a changerait pour eux, apr\u00e8s tout&nbsp;? Simul\u00e9s ou non, on vit, on sent, on aime, on souffre, on cr\u00e9e et on mourra tous en laissant sa trace, minuscule, dans la simulation. \u00c0 quoi \u00e7a sert de savoir&nbsp;? Il faut toujours pr\u00e9f\u00e9rer l\u2019obscurit\u00e9 \u00e0 la science.<a href=\"#sdfootnote16sym\"><sup>16<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Cette nuit dans laquelle est plong\u00e9e Adam n\u2019est plus seulement sensible, elle est totale, toute perception \u00e9tant fictive, simul\u00e9e, artificielle, c\u2019est \u00e0 une absence totale d\u2019image que le personnage est r\u00e9ellement soumis, \u00e0 une obscurit\u00e9 dense. Il n\u2019y a plus d\u2019artifice \u00e0 cacher car le visuel m\u00eame est l\u2019artifice.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">C\u2019est pourtant sa seule exp\u00e9rience et c\u2019est elle, aussi fictive qu\u2019elle soit, qui est constitutive. La gen\u00e8se aveugle du bient\u00f4t n\u00e9 avant de na\u00eetre. La nuit avant l\u2019autopo\u00efese<a id=\"sdfootnote17anc\" href=\"#sdfootnote17sym\"><sup>17<\/sup><\/a>. Parce que les sensations, m\u00eame d\u2019origine virtuelle, sont elles, bien r\u00e9elles.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Notes <\/h3>\n\n\n\n<p><a id=\"sdfootnote1sym\" href=\"#sdfootnote1anc\">1<\/a>    WITTGENSTEIN Ludwig, <em>Recherches philosophiques<\/em>, Gallimard, p. 314<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdfootnote2sym\" href=\"#sdfootnote2anc\">2<\/a>    Pour lire un extrait : <a href=\"https:\/\/www.editions-delcourt.fr\/bd\/preview\/deep-me\">https:\/\/www.editions-delcourt.fr\/bd\/preview\/deep-me<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdfootnote3sym\" href=\"#sdfootnote3anc\">3<\/a>    MATHIEU Marc-Antoine,<em> Deep me, <\/em>\u00c9ditions Delcourt,p. 19<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdfootnote4sym\" href=\"#sdfootnote4anc\">4<\/a>     Nous sommes ainsi tr\u00e8s loin des personnages de Jos\u00e9 Saramago qui sont tous, ou presque, plong\u00e9s dans une c\u00e9cit\u00e9 d\u2019un blanc aveuglant, dans le roman&nbsp;: <em>L\u2019aveuglement<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdfootnote5sym\" href=\"#sdfootnote5anc\">5<\/a>     Voir le tr\u00e8s beau passage sur la naissance de l\u2019humanit\u00e9 dans <em>L\u2019insoutenable l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de l\u2019\u00eatre <\/em>de <em>Milan&nbsp;Kundera<\/em> o\u00f9 l\u2019auteur questionne les fronti\u00e8res de l\u2019humanit\u00e9 et de l\u2019animal, notamment \u00e0 travers la comparaison du personnage biblique Adam et de Kar\u00e9nine, le chien des personnages&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Au paradis, quand il se penchait sur la source, Adam ne savait pas encore que ce qu\u2019il voyait, c\u2019\u00e9tait lui. <\/em><em>(&#8230;)<\/em><em> Adam \u00e9tait comme Kar\u00e9nine. <\/em><em>(&#8230;)<\/em><em>.<\/em> <em>La comparaison entre Kar\u00e9nine et Adam m\u2019am\u00e8ne \u00e0 l\u2019id\u00e9e qu\u2019au Paradis, l\u2019homme n\u2019\u00e9tait pas encore l\u2019homme. Plus exactement : l\u2019homme n\u2019\u00e9tait pas encore lanc\u00e9 sur la trajectoire de l\u2019homme. Nous autres, nous y sommes lanc\u00e9s depuis longtemps et nous volons dans le vide du temps qui s\u2019accomplit en ligne droite. <\/em><em>(\u2026) <\/em><em>La nostalgie du Paradis, c\u2019est le d\u00e9sir de l\u2019homme de ne pas \u00eatre homme.\u00bb <\/em><em>KUNDERA <\/em><em>Milan,<\/em><em> <\/em><em>L\u2019insoutenable l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de l\u2019\u00eatre<\/em><em>, Folio n\u00b02077, p.440-441<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdfootnote6sym\" href=\"#sdfootnote6anc\">6<\/a>    MATHIEU Marc-Antoine, <em>Deep me, op cit,<\/em>p. 20<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdfootnote7sym\" href=\"#sdfootnote7anc\">7<\/a>    Voir un exemple de page : <a href=\"https:\/\/www.actuabd.com\/local\/cache-vignettes\/L720xH1072\/deei5-f6f4a.jpg?1666599234\">https:\/\/www.actuabd.com\/local\/cache-vignettes\/L720xH1072\/deei5-f6f4a.jpg?1666599234<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdfootnote8sym\" href=\"#sdfootnote8anc\">8<\/a>    DIDI-HUBERMAN Georges, <em>Devant l\u2019image : question pos\u00e9e aux fins d\u2019une histoire de l\u2019art<\/em>, Paris, \u00c9ditions de Minuit, p. 217&nbsp;: \u00ab&nbsp;Descartes d\u00e9j\u00e0 en regardant \u00e0 sa fen\u00eatre chapeaux et manteaux qui passaient se demandait s&rsquo;il ne couvrait pas \u00ab\u00a0des spectres ou des hommes feints qui ne remuent que par ressort\u00a0\u00bb &nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdfootnote9sym\" href=\"#sdfootnote9anc\">9<\/a>    MATHIEU Marc-Antoine, <em>Deep me, op cit,<\/em>p. 50<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdfootnote10sym\" href=\"#sdfootnote10anc\">10<\/a>   <em>Ibid, <\/em>p. 70<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdfootnote11sym\" href=\"#sdfootnote11anc\">11<\/a>   La r\u00e9ponse apport\u00e9e par le livre ne peut que d\u00e9cevoir.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdfootnote12sym\" href=\"#sdfootnote12anc\">12<\/a>   La r\u00e9ponse de Marc Antoine Mathieu prend alors finesse et corps, ouvrant la r\u00e9flexion sur les fronti\u00e8res de l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdfootnote13sym\" href=\"#sdfootnote13anc\">13<\/a>   DESCARTES Ren\u00e9, <em>Discours de la m\u00e9thode<\/em>, Paris, Librairie g\u00e9n\u00e9rale fran\u00e7aise, p. 110<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdfootnote14sym\" href=\"#sdfootnote14anc\">14<\/a>   Voir la s\u00e9rie <em>Julius Corentin Acquefacques, prisonnier des r\u00eaves<\/em>, et notamment le tome 1&nbsp;: <em>L\u2019origine<\/em> de Marc-Antoine Mathieu.<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdfootnote15sym\" href=\"#sdfootnote15anc\">15<\/a>    DIDI-HUBERMAN Georges, <em>Devant l\u2019image : question pos\u00e9e aux fins d\u2019une histoire de l\u2019art<\/em>, op cit p. 217&nbsp;; \u00ab&nbsp;Le sympt\u00f4me en effet exige de moi l&rsquo;incertitude quant \u00e0 mon savoir de ce que je vois ou crois saisir.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdfootnote16sym\" href=\"#sdfootnote16anc\">16<\/a>   LE TELLIER Herv\u00e9, <em>L\u2019anomalie, <\/em>Paris, Gallimard, 2020, p. 200<\/p>\n\n\n\n<p><a id=\"sdfootnote17sym\" href=\"#sdfootnote17anc\">17<\/a>   MATHIEU Marc-Antoine, <em>Deep me<\/em>, <em>op cit.<\/em>, p. 95<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Note sur l&rsquo;auteur<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pauline Desiderio est docteure en Esth\u00e9tique et professeur d\u2019Arts plastiques. Elle a r\u00e9alis\u00e9 des \u00e9tudes en Arts plastiques \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paul Val\u00e9ry avant de poursuivre en Esth\u00e9tique et psychanalyse en master en parall\u00e8le de la formation aux m\u00e9tiers de l\u2019enseignement. Elle a commenc\u00e9 \u00e0 enseigner tout en r\u00e9digeant son doctorat qu\u2019elle a soutenu en 2019&nbsp;: <em>L\u2019art contemporain comme exp\u00e9rience<\/em><em>s<\/em><em> de paradoxes, anamorphoses et autres <\/em><em>aberrations<\/em><em> de l\u2019espace-temps<\/em> o\u00f9 elle explore les exp\u00e9riences limites des sensations et perceptions.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle est aussi membre du comit\u00e9 de r\u00e9daction de la revue d\u2019esth\u00e9tique en ligne Esquisses o\u00f9 elle a publi\u00e9 auparavant deux articles&nbsp;: <strong><a href=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/lexil-et-la-repetition-dans-loeuvre-de-wajdi-mouawad-quelles-limites-et-frontieres\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">L\u2019exil et la r\u00e9p\u00e9tition dans l\u2019\u0153uvre de Wajdi Mouawad, quelles limites et fronti\u00e8res ?<\/a><\/strong> et <strong><a href=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-admin\/post.php?post=700&amp;action=edit\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">\u00c0 rebours de la forme, l\u2019anamorphose<\/a><\/strong>, ainsi qu\u2019un texte po\u00e9tique sur sa pratique plastique&nbsp;: <strong><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-admin\/post.php?post=96&amp;action=edit\" target=\"_blank\">Des choses que je fais<\/a>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Mais quand tu as une certitude, n\u2019est-ce pas simplement parce que tu fermes les yeux devant le doute ? \u00bb \u2013 Ils sont ferm\u00e9s. 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