{"id":1300,"date":"2023-12-16T18:01:55","date_gmt":"2023-12-16T17:01:55","guid":{"rendered":"http:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/?p=1300"},"modified":"2023-12-16T18:01:55","modified_gmt":"2023-12-16T17:01:55","slug":"le-gorille-le-ver-de-terre-la-pieuvre-la-blatteet-miquel-barcelo-etienne-david","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/le-gorille-le-ver-de-terre-la-pieuvre-la-blatteet-miquel-barcelo-etienne-david\/","title":{"rendered":"Le gorille, le ver de terre, la pieuvre, la blatte\u2026et Miquel Barcel\u00f3 \u2014 \u00c9tienne David"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>R\u00e9sum\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">La th\u00e9matique animali\u00e8re traverse de mani\u00e8re absolument intime et extr\u00eamement sensible l&rsquo;\u0153uvre et la vie de Miquel Barcel\u00f3. En 1993, l\u2019artiste r\u00e9alise une \u0153uvre initiatique qu\u2019il intitule <em>L&rsquo;artiste animalier<\/em>. V\u00e9ritable \u0153uvre pari\u00e9tale contemporaine, il met en sc\u00e8ne dans ce tableau-dessin-sculpture des silhouettes animali\u00e8res qui s&rsquo;imbriquent, qui se r\u00e9pondent et se font \u00e9cho dans une composition reliant l\u2019homme et l\u2019animal. \u0152uvre r\u00e9v\u00e9latrice, sculpture picturale, Barcel\u00f3 m\u00eale ainsi et par son action l\u2019image des chevaux pr\u00e9historiques avec sa place d\u2019artiste dans le monde et l\u2019esth\u00e9tique contemporaine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Barcel\u00f3 plonge, creuse et puise dans la terre. Il pr\u00e9l\u00e8ve cette terre originelle, cette argile nourrici\u00e8re pour en faire un de ses mat\u00e9riaux de pr\u00e9dilection. Cette mati\u00e8re artistique et la mati\u00e8re-terre deviennent la base et la source de son \u0153uvre plastique. Artiste animalier, animal-artiste, Barcel\u00f3 devient par son \u0153uvre le passage, l\u2019incarnation d\u2019un devenir et d\u2019une substance po\u00e9tique de l\u2019art revendiquant une sensibilit\u00e9 primitive.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">L\u2019artiste plonge dans la terre. Il puise ses th\u00e9matiques au fin fond de l&rsquo;Histoire. Son \u0153uvre est empreinte d&rsquo;une gestualit\u00e9 assum\u00e9e dans laquelle le corps de l&rsquo;artiste est engag\u00e9 dans un v\u00e9ritable face-\u00e0-face physique. La manifestation de l\u2019animal, de sa repr\u00e9sentation et de sa symbolique dans l\u2019\u0153uvre et la pratique artistique de Miquel Barcel\u00f3 est l\u2019objet de cette contribution.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Comment Barcel\u00f3 fait intervenir l\u2019animal et le met en sc\u00e8ne dans son travail&nbsp;? Quelle signification et quelle m\u00e9taphore l\u2019animal entretient avec la pratique de l\u2019art&nbsp;? Quelles relations peut-on faire avec cette animalit\u00e9 assum\u00e9e de la part de Barcel\u00f3 et son travail, ses gestes et actions artistiques&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Jubilation picturale, beaut\u00e9 rayonnante, Miquel Barcel\u00f3 utilise la mati\u00e8re picturale et les mat\u00e9riaux artistiques comme des \u00e9l\u00e9ments naturels. Il impr\u00e8gne dans son \u0153uvre une magie originelle qu\u2019il sublime par un chatoiement de la ligne graphique et de la couleur. Entre d\u00e9licatesse et violence, Barcel\u00f3 nous plonge avec lui dans une sensibilit\u00e9 initiale qui s\u2019adresse directement \u00e0 nos sens et \u00e0 notre syst\u00e8me nerveux. Il saute sur sa toile comme un animal qui chasse et il nous entra\u00eene avec lui gr\u00e2ce \u00e0 la fragilit\u00e9 de ses tons et de ses nuances.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">The animal theme runs through the work and life of Miquel Barcel\u00f3 in an absolutely intimate and extremely sensitive way. In 1993, the artist produced an initiatory work which he called L&rsquo;artiste animalier. A true contemporary parietal work, he stages in this painting-drawing-sculpture animal silhouettes which intertwine, which respond to and echo each other in a composition linking man and animal. Revealing work, pictorial sculpture, Barcel\u00f3 thus mixes and through its action the image of prehistoric horses with its place as an artist in the world and contemporary aesthetics.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Barcel\u00f3 dives, digs and taps into the earth. He takes this original earth, this nourishing clay to make it one of his favorite materials. This artistic material and the material-earth become the basis and the source of his plastic work. Animal artist, animal-artist, Barcel\u00f3 becomes through his work the passage, the incarnation of a becoming and a poetic substance of art claiming a primitive sensibility.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">The artist plunges into the earth. He draws his themes from the depths of history. His work is imbued with an assumed gesture in which the artist&rsquo;s body is engaged in a real physical face-to-face. The manifestation of the animal, its representation and its symbolism in the work and artistic practice of Miquel Barcel\u00f3 is the subject of this contribution.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">How does Barcel\u00f3 involve the animal and stage it in its work? What meaning and what metaphor does the animal have with the practice of art? What relationships can we make with this assumed animality on the part of Barcel\u00f3 and his work, his artistic gestures and actions?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Pictorial jubilation, radiant beauty, Miquel Barcel\u00f3 uses pictorial material and artistic materials as natural elements. He impregnates in his work an original magic that he sublimates by a shimmering of the graphic line and the color. Between delicacy and violence, Barcel\u00f3 immerses us with him in an initial sensitivity that speaks directly to our senses and our nervous system. He jumps on his canvas like a hunting animal and he takes us with him thanks to the fragility of his tones and nuances.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">***<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p class=\"has-text-align-justify\">\u00ab&nbsp;Les grands tableaux d\u2019animaux de Barcel\u00f3 se pr\u00e9sentent au spectateur comme des retables d\u2019une religion en train de s\u2019inventer avec des rites pand\u00e9moniques o\u00f9 les \u00e9l\u00e9ments s\u2019entrelacent sans fin et deviennent un tout&nbsp;: corps et composants humains, animaux et v\u00e9g\u00e9taux. L\u2019influx vital de cette peinture r\u00e9side dans l\u2019\u00e9nergie animiste du peintre majorquin Miquel Barcel\u00f3. Son animisme n\u2019est autre que la r\u00e9v\u00e9lation picturale de sa propre certitude int\u00e9rieure qu\u2019il y a un espace pr\u00e9sent en chacun de nous, o\u00f9 animal et homme, fleurs et m\u00e9taux, arbres et lueurs forment un tout indissociable, part int\u00e9grante de notre nature, la stimulant et la poussant \u00e0 se manifester<a href=\"#sdfootnote1sym\" id=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">L\u2019animal traverse de mani\u00e8re intime et extr\u00eamement sensible l\u2019\u0153uvre et la vie de Miquel Barcel\u00f3. En 1993, l\u2019artiste r\u00e9alise une \u0153uvre initiatique qu\u2019il intitule <em>L\u2019artiste animalier<\/em>. V\u00e9ritable \u0153uvre pari\u00e9tale contemporaine, il met en sc\u00e8ne dans ce tableau-dessin-sculpture des silhouettes animali\u00e8res qui s\u2019imbriquent, qui se r\u00e9pondent et se font \u00e9cho dans une composition reliant l\u2019homme et l\u2019animal. \u0152uvre r\u00e9v\u00e9latrice, sculpture picturale, Barcel\u00f3 associe la repr\u00e9sentation de chevaux pr\u00e9historiques avec sa place d\u2019artiste dans le monde et l\u2019esth\u00e9tique contemporaine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Barcel\u00f3 plonge, creuse et puise dans la terre. Il pr\u00e9l\u00e8ve cette terre originelle, cette argile nourrici\u00e8re dans la nature pour en faire un de ses mat\u00e9riaux de pr\u00e9dilection. Cette mati\u00e8re-terre devient la base et la source de son \u0153uvre plastique. En 2016, il cr\u00e9e, trace et dessine des squelettes et autres fossiles animaliers qui se mettent \u00e0 danser sur la verri\u00e8re de la Biblioth\u00e8que Nationale de France. Au m\u00eame moment, il expose \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de l\u2019exposition qui lui est consacr\u00e9e au Mus\u00e9e Picasso \u00e0 Paris, un gorille solitaire qui crie sa rage, hurle sa puissance \u00e0 la face des visiteurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Artiste animalier, animal-artiste, Miquel Barcel\u00f3 devient par son \u0153uvre le passage, l\u2019incarnation d\u2019un devenir et d\u2019une substance po\u00e9tique de l\u2019art contemporain revendiquant une sensibilit\u00e9 primitive. La sculpture mi-humaine, mi-poulpe, pr\u00e9sent\u00e9e en conclusion de son exposition parisienne de 2016 est une extraordinaire pr\u00e9figuration de cette m\u00e9tamorphose de l\u2019homme en animal<a href=\"#sdfootnote1sym\"><sup>2<\/sup><\/a>. Cette d\u00e9marche, il la concr\u00e9tisera de nouveau par l\u2019illustration, l\u2019ornement de l\u2019ouvrage de Franz Kafka en 2020, <em>La M\u00e9tamorphose<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">La manifestation de l\u2019animal, de sa repr\u00e9sentation et de sa symbolique dans l\u2019\u0153uvre et la pratique artistique de Miquel Barcel\u00f3 pose certaines questions essentielles sur l\u2019activit\u00e9 artistique. Comment Barcel\u00f3 fait intervenir l\u2019animal et le met en sc\u00e8ne dans son travail&nbsp;? Quelle signification et quelle m\u00e9taphore l\u2019animal entretient avec la pratique de l\u2019art&nbsp;? Quelles relations peut-on faire entre cette animalit\u00e9 assum\u00e9e de l\u2019artiste avec son travail, ses gestes et ses actions artistiques&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Jubilation picturale, beaut\u00e9 rayonnante, l\u2019\u0153uvre de Barcel\u00f3 allie et marie la mati\u00e8re picturale et les mat\u00e9riaux artistiques comme des \u00e9l\u00e9ments naturels. Il impr\u00e8gne dans son \u0153uvre une magie originelle qu\u2019il sublime par un chatoiement de la ligne graphique et de la couleur. Entre d\u00e9licatesse et violence, Barcel\u00f3 nous plonge avec lui dans une sensibilit\u00e9 initiale et initiatique qui s\u2019adresse directement \u00e0 nos sens. Il saute sur sa toile comme un animal qui chasse et nous entra\u00eene avec douceur et bienveillance par la fragilit\u00e9 sensible de ses tons et de ses nuances chromatiques.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>S\u2019ENFOUIR<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Miquel Barcel\u00f3 est un homme de la terre mais aussi de la mer. N\u00e9 \u00e0 Majorque en 1957, il vit depuis des d\u00e9cennies entre Paris et son \u00eele natale. \u00c9galement grand voyageur, il parcourt le monde et s\u2019arr\u00eate r\u00e9guli\u00e8rement pour de longs s\u00e9jours dans plusieurs lieux comme le Mali, le Sahara, le Niger, l\u2019\u00c9gypte ou encore le Pays Dogon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Homme fait de lumi\u00e8re, de p\u00e9nombre, d\u2019eau et de terre, son art nous plonge avec lui vers les origines de l\u2019Humanit\u00e9. L\u2019\u0153uvre cit\u00e9e en introduction \u00e0 ce propos, <em>L\u2019artiste animalier<\/em>, engage irr\u00e9m\u00e9diablement ce lien entre les premi\u00e8res traces de l\u2019activit\u00e9 artistique de l\u2019Homme et celle de Barcel\u00f3 aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article.jpg?ssl=1\"><img data-attachment-id=\"1301\" data-permalink=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/article\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article.jpg?fit=867%2C715&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"867,715\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Article\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article.jpg?fit=300%2C247&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article.jpg?fit=867%2C715&amp;ssl=1\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"867\" height=\"715\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article.jpg?resize=867%2C715&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-1301\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article.jpg?w=867&amp;ssl=1 867w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article.jpg?resize=300%2C247&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article.jpg?resize=768%2C633&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"(max-width: 867px) 100vw, 867px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"><strong>[Fig. 1] <\/strong><em>L&rsquo;artiste animalier, <\/em>1993, Technique mixte, pierre noire, pigment et relief sur toile, H. 235 x L. 285 x P. 12 cm, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia, Madrid, Espagne<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">L\u2019imaginaire de l\u2019artiste se tourne d\u00e8s son enfance vers les profondeurs de la terre. Il se nourrit des reproductions des peintures de la Grotte de Lascaux, de la Grotte d\u2019Altamira (Espagne) et de celles de Pech Merle. Les reproductions des peintures pari\u00e9tales enracinent les fondations esth\u00e9tiques du jeune homme catalan. D\u00e8s ses premi\u00e8res ann\u00e9es, il se cr\u00e9e un r\u00e9f\u00e9rentiel intime constitu\u00e9 avec cette famille iconographique des premiers \u00e2ges et va, d\u00e8s lors, s\u2019y d\u00e9vouer corps et \u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">En 1994, c\u2019est le choc pour Barcel\u00f3&nbsp;! La grotte Chauvet, situ\u00e9e en Ard\u00e8che, est mise \u00e0 jour apr\u00e8s 36000 ann\u00e9es de silence et se r\u00e9v\u00e8le aux yeux des hommes du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Barcel\u00f3 apprend cette d\u00e9couverte, il a alors 37 ans. La fascination est l\u00e0. Devant les yeux du Monde et celui de l\u2019artiste \u00e9bloui, se d\u00e9ploient, se d\u00e9voilent ces centaines d\u2019animaux, ces figures anthropomorphes de chevaux, de rhinoc\u00e9ros, de bisons, de panth\u00e8res. La <em>Grande Fresque des Lions<\/em>, d\u2019une longueur de douze m\u00e8tres, montre pr\u00e8s de 92 animaux en mouvement et t\u00e9moigne d\u00e9j\u00e0 de l\u2019habilet\u00e9 plastique de l\u2019homme pr\u00e9historique avec la mise en \u0153uvre de l\u2019anamorphose, de l\u2019estompe et de la perspective atmosph\u00e9rique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Face \u00e0 cette illumination mill\u00e9naire, Barcel\u00f3 va trouver la r\u00e9ponse unique \u00e0 sa pratique de l\u2019art&nbsp;: peindre, dessiner, graver, sculpter ne doit viser qu\u2019\u00e0 atteindre l\u2019\u00e9motion la plus pure et la plus imm\u00e9diate. Cet abandon aux sources de l\u2019Histoire, Barcel\u00f3 va l\u2019exprimer en \u00e9voquant sa d\u00e9couverte personnelle de Chauvet&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p class=\"has-text-align-justify\">\u00ab\u00a0La technique est extraordinaire. Comme toute grande technique, comme Michel-Ange ou comme Picasso, la technique est en m\u00eame temps tr\u00e8s simple et tr\u00e8s raffin\u00e9e. L\u2019artiste de la grotte Chauvet travaillait avec des charbons de bois, pr\u00e9parait son mur, sa giornata, comme un peintre de fresques. Il trouvait la couleur ocre et la couleur rouge dans les environs. Il grattait l\u2019ext\u00e9rieur de la figure pour la mettre en valeur, comme le ferait Tintoretto. Le peintre de Chauvet a pr\u00e9par\u00e9 des \u00e9chafaudages, il a pr\u00e9par\u00e9 son noir, il a pr\u00e9par\u00e9 son mur [\u2026] C\u2019est un atelier d\u2019artiste d\u2019o\u00f9 l\u2019artiste vient de sortir. Derri\u00e8re les peintures, vous voyez des griffes : ce sont des griffes d\u2019ours des cavernes. Et on peut dire que les premiers artistes \u00e9taient les ours des cavernes. Ce sont les ours des cavernes qui ont inspir\u00e9 les artistes<a href=\"#sdfootnote1sym\"><sup>3<\/sup><\/a>.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Miquel Barcel\u00f3 fut choisi par le comit\u00e9 de recherche de la grotte comme membre \u00e9minent. Il se retrouve ainsi \u00e0 \u00e9tudier ces peintures. D\u00e8s lors, l\u2019humain et l\u2019animal se regardent avec comme pont entre eux deux, l\u2019art. Barcel\u00f3 est aux sources m\u00eames de l\u2019art. Il est immerg\u00e9 dans ce temps suspendu, cette dimension a-temporelle de la grotte. L\u2019artiste s\u2019enfonce, s\u2019isole sous terre \u00e0 la recherche des f\u00e9lins, des mammouths, des rhinoc\u00e9ros laineux et autres chevaux pari\u00e9taux. Il va les peindre, les dessiner, les graver dans ses \u0153uvres et par cet acte leur rendre hommage. Il remonte du fond des \u00e2ges ces animaux et leur redonne vie par la vitalit\u00e9 de son geste artistique. L\u2019animal est l\u00e0. Il va nous regarder apr\u00e8s 36000 ann\u00e9es pass\u00e9es dans la noirceur et l\u2019oubli de l\u2019Histoire pour reprendre vie dans le m\u00e9dium pictural contemporain. Cette peinture intitul\u00e9e <em>L\u2019artiste animalier<\/em>, bouge et garde en elle les stigmates du geste de Barcel\u00f3 qui devient m\u00e9taphore des traces de pas, de griffes et de morsures de ces animaux sauvages. L\u2019artiste devient le receveur, le r\u00e9ceptacle, le porteur et le t\u00e9moin de cette m\u00e9moire pr\u00e9historique et de cette animalit\u00e9 primitive. Son art sera irr\u00e9m\u00e9diablement transform\u00e9. Comment apr\u00e8s une telle rencontre refaire surface et revenir au monde actuel et vouloir d\u2019un art conventionnel&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Barcel\u00f3, enchant\u00e9, dira&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p class=\"has-text-align-justify\">\u00ab\u00a0[\u2026] \u00e0 Chauvet chaque animal a une individualit\u00e9 propre, une morphologie, une expression, un \u00e2ge, un regard diff\u00e9rent, on reconna\u00eet l\u2019esp\u00e8ce, mais les traits ne sont jamais pareils, il y a des petits d\u00e9tails morphologiques o\u00f9 posturaux \u00e9tonnants. Et \u00e0 ce chef-d\u2019\u0153uvre qu\u2019est Chauvet, on ne retrouve rien de similaire pendant de nombreux mill\u00e9naires, c\u2019est quelque chose d\u2019unique qu\u2019on n\u2019arrive pas \u00e0 comprendre, qui nous \u00e9chappe compl\u00e8tement. Comment ces hommes pouvaient-ils avoir un tel sens de l\u2019observation, une telle proximit\u00e9 avec ces animaux\u00a0? \u00c0 cette lumi\u00e8re, on en viendrait \u00e0 consid\u00e9rer l\u2019art des grottes qui viennent apr\u00e8s, Lascaux ou Altamira, presque comme un art d\u00e9cadent<a href=\"#sdfootnote1sym\"><sup>4<\/sup><\/a>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Les mains positives et n\u00e9gatives d\u00e9coup\u00e9es au pigment naturel sur les parois rocheuses de la grotte deviennent les signatures directes des artistes de la Pr\u00e9histoire. Ces traces de mains datant de plus de 30 mill\u00e9naires deviennent en 1994 le t\u00e9moignage du passage de ces hommes du pass\u00e9 sur Terre. Du fin fond de l\u2019Histoire, l\u2019homme pr\u00e9historique revendique, signe son passage sur Terre et adresse, nous pourrions le voir ainsi, un \u00ab&nbsp;salut&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019homme de l\u2019an 2000&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Barcel\u00f3 est l\u00e0 pour voir, toucher, sentir, ressentir, tenter, essayer et exp\u00e9rimenter. Comme une pulsion inconsciente, il renoue physiquement avec l\u2019animal, la nature et l\u2019homme pr\u00e9historique. Il veut se d\u00e9pouiller de toute diversion moderne pour parvenir plus que tout \u00e0 l\u2019authenticit\u00e9&nbsp;! Le d\u00e9sir et l\u2019\u00e9motion deviennent ses uniques raisons de cr\u00e9er.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>HURLER<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">L\u2019artiste espagnol poursuit une tradition artistique o\u00f9 l\u2019\u0153uvre d\u2019art se constitue dans l\u2019action mais aussi dans un temps donn\u00e9. Miquel Barcel\u00f3 peint, grave, dessine et sculpte uniquement guid\u00e9 par ses sensations et sa sensibilit\u00e9. Nul sch\u00e9ma ou mode d\u2019emploi \u00e9tabli. Il veut atteindre l\u2019essentiel gr\u00e2ce \u00e0 une technicit\u00e9 artistique pure et d\u00e9barrass\u00e9e de tout subterfuge.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">L\u2019artiste ne cherche pas \u00e0 plaire. Il ne veut pas d\u2019un art fait de convention ou de recettes pr\u00e9\u00e9tablies qui conviendrait \u00e0 un public facile d\u00e9sirant un art artificiel et frivole. Les m\u00e9thodes toutes faites issues de quelconques th\u00e9ories techniques ou esth\u00e9tiques ne l\u2019int\u00e9ressent pas. Il est un inventeur, un cr\u00e9ateur au sens le plus fort du terme, dans la droite lign\u00e9e de son a\u00efeul, Pablo Picasso.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">D\u2019une \u00e9nergie expressive assum\u00e9e, l\u2019artiste peint en 1999 l\u2019\u0153uvre intitul\u00e9e <em>Floquet de neu, le gorille albinos<\/em>. Par la repr\u00e9sentation de cet \u00e9norme gorille hurlant, Barcel\u00f3 nous crie au visage et affirme sa pr\u00e9sence furieuse dans le monde de l\u2019art. V\u00e9ritable autoportrait en grand singe blanc, Barcel\u00f3 assume son animalit\u00e9 et sa place d\u2019artiste devant un monde contemporain trop \u00e9troit pour lui. Nous le voyons dans cette \u0153uvre gr\u00e2ce \u00e0 certains traits picturaux bross\u00e9s en perspective, ce gorille semble accul\u00e9, enserr\u00e9 dans l\u2019angle d\u2019une pi\u00e8ce, d\u2019une cage symbolisant l\u2019impossibilit\u00e9 de s\u2019exprimer, de se mouvoir et par l\u00e0-m\u00eame&nbsp; un immense mal-\u00eatre. Les mains sur la poitrine, la gueule ouverte, les crocs ac\u00e9r\u00e9s et les yeux ferm\u00e9s, le Gorille-Barcel\u00f3 clame sa r\u00e9volte&nbsp;! Servie par une technique extr\u00eamement expressive, la mati\u00e8re picturale semble avoir \u00e9t\u00e9 jet\u00e9e tout en rayonnant autour du corps du gorille. Le dynamisme plastique est ici explosif.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article2.jpg?ssl=1\"><img data-attachment-id=\"1302\" data-permalink=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/article2\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article2.jpg?fit=768%2C1024&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"768,1024\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Article2\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article2.jpg?fit=225%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article2.jpg?fit=768%2C1024&amp;ssl=1\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article2.jpg?resize=768%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-1302\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article2.jpg?w=768&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article2.jpg?resize=225%2C300&amp;ssl=1 225w\" sizes=\"(max-width: 768px) 100vw, 768px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"><strong>[Fig. 2] <\/strong><em>Floquet de neu, le gorille albinos, <\/em>1999, Technique mixte sur toile, H. 230 x L. 200 cm, Courtesy Galerie Bruno Bischofberger, M\u00e4nnedorf, Suisse<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Barcel\u00f3 ne veut pas d\u2019un art de la d\u00e9coration. Il cherche l\u2019exp\u00e9rience et la sensation primaire par l\u2019activit\u00e9 artistique. En projetant, en gravant, en dessinant, en peignant, Barcel\u00f3 fait preuve d\u2019un activisme artistique et esth\u00e9tique sans concession. Instinct de survie, impulsion irr\u00e9pressible, intuition \u00e9motionnelle, l\u2019artiste se place dans un \u00e9tat d\u2019homme-animal.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Les \u00e9l\u00e9ments formels et iconographiques qu\u2019il convoque dans son art ne tiennent pas de la redite, mais bien de l\u2019hommage. Cette repr\u00e9sentation de ce gorille albinos parqu\u00e9 dans cette cellule actualise celle du l\u2019image du taureau dans son ar\u00e8ne.&nbsp; Artiste espagnol li\u00e9 \u00e0 jamais \u00e0 l\u2019h\u00e9ritage de l\u2019art europ\u00e9en et, bien s\u00fbr, \u00e0 celui de la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique, Barcel\u00f3 s\u2019attache aux sc\u00e8nes de tauromachie nouant ainsi sa filiation esth\u00e9tique \u00e0 son Ma\u00eetre Picasso. Ce gorille comme le taureau deviennent m\u00e9taphore-m\u00e9tamorphose de Barcel\u00f3 face \u00e0 la violence du monde actuel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Homme seul et solitaire faisant face \u00e0 sa nature et \u00e0 ses pulsions animales, Barcel\u00f3 doit se d\u00e9fendre dans ce s\u00e9rail qui est celui du monde de l\u2019art.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"> Ce rejet ou ce retrait, il l\u2019exprime, l\u00e0 encore, en prenant la grotte comme refuge\u00a0: \u00ab\u00a0Je suis plus souvent dans les grottes que dans les galeries ou les mus\u00e9es<a href=\"#sdfootnote1sym\"><sup>5<\/sup><\/a>.\u00a0\u00bb Par ces termes et sans d\u00e9tour, l\u2019artiste nous am\u00e8ne \u00e0 comprendre que l\u2019art est un chemin, une voie lui permettant de retourner vers le pass\u00e9. La grotte, bien \u00e9videmment m\u00e9taphore de la Caverne de Platon, est ce lieu dans lequel il puise intellectuellement et sensiblement sa pens\u00e9e cr\u00e9atrice.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">En 2007, Barcel\u00f3 allie la Pr\u00e9histoire avec la contemporan\u00e9it\u00e9. Il est choisi au terme d\u2019un concours pour investir l\u2019immense coupole de 1000 m\u00e8tres carr\u00e9s de la Salle des conf\u00e9rences du si\u00e8ge de l\u2019ONU \u00e0 Gen\u00e8ve. \u00c0 plus de 16 m\u00e8tres de hauteur, l\u2019artiste va transformer, transfigurer ce plafond en une v\u00e9ritable vo\u00fbte color\u00e9e. Il va r\u00e9aliser de gigantesques coulures cr\u00e9ant ainsi des stalactites de pr\u00e8s d\u2019un m\u00e8tre vingt de longueur. Il va projeter une trentaine de tonnes de mati\u00e8re plastique, de pigments naturels, imbibant ainsi toute cette vo\u00fbte de tons purs et sensibles. Le r\u00e9sultat \u00e9clate aux yeux de tous&nbsp;! La grotte refait surface par un chatoiement, une sublimation f\u00e9\u00e9rique et color\u00e9e de la mati\u00e8re artistique. Des visions surgissent et s\u2019imposent aux yeux des visiteurs. Comme la d\u00e9couverte d\u2019une grotte apr\u00e8s des mill\u00e9naires d\u2019oubli, voici que sous cette coupole se c\u00f4toient des tons, des nuances jaunes, vertes, bleues, oranges, cr\u00e9ant un jeu digne une symphonie \u00e9motionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article3.jpg?ssl=1\"><img data-attachment-id=\"1303\" data-permalink=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/article3\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article3.jpg?fit=700%2C468&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"700,468\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Article3\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article3.jpg?fit=300%2C201&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article3.jpg?fit=700%2C468&amp;ssl=1\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"700\" height=\"468\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article3.jpg?resize=700%2C468&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-1303\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article3.jpg?w=700&amp;ssl=1 700w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article3.jpg?resize=300%2C201&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"><strong>[Fig. 6] <\/strong><em>Sans titre, 2007, <\/em>Palais de l\u2019Organisation des Nations Unies, Salle des conf\u00e9rences, Gen\u00e8ve<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Cette grotte de l\u2019Organisation des Nations Unies se constitue entre le souterrain, le maritime et le ciel. \u00c0 la fois cavit\u00e9, mais aussi mer d\u00e9cha\u00een\u00e9e ou encore voie lact\u00e9e, Barcel\u00f3 nous immerge, nous baigne et nous \u00e9lance vers un envo\u00fbtement originel. Les recherches artistiques engag\u00e9es depuis plusieurs d\u00e9cennies par l\u2019artiste confirment sa volont\u00e9 imp\u00e9rieuse d\u2019employer au maximum et m\u00eame uniquement des mat\u00e9riaux naturels. Il retrouve l\u2019activit\u00e9 primitive en utilisant la terre, le v\u00e9g\u00e9tal, le pollen et le sang. Avec ce d\u00f4me pal\u00e9olithique europ\u00e9en, Barcel\u00f3 nous fait lever les yeux vers notre propre Histoire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>CREUSER<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Barcel\u00f3 est un homme de la mati\u00e8re. L\u2019animalit\u00e9 engag\u00e9e dans sa peinture, dans son geste, dans son action est un \u00a0\u00bb&nbsp;fait pictural&nbsp;\u00a0\u00bb (Seibel 2010&nbsp;: 17). Cette expression formul\u00e9e par son ami intime Castor Seibel, le relie \u00e0 certains artistes qui engagent la peinture comme voie privil\u00e9gi\u00e9e vers l\u2019\u00e9motion pure.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur \u00e9crit ainsi&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p class=\"has-text-align-justify\">\u00ab\u00a0Reprenons ce qui nous intrigue, ce qui nous fascine\u00a0: les tableaux de Barcel\u00f3 expriment avec obsession ce qu\u2019ils articulent, communiquant maniaquement leur vision qui est devenue haut fait pictural. Fait pictural avant toute chose, le figuratif y signifiant abstraitement quoique concr\u00e8tement puisqu\u2019il signifie esth\u00e9tiquement. Une jubilation de la mati\u00e8re \u2013 formes et couleurs \u2013 arriv\u00e9e \u00e0 son terme, acc\u00e9dant au z\u00e9nith de l\u2019expression d\u2019elle-m\u00eame telle une musique n\u2019ayant recours \u00e0 rien d\u2019autre qu\u2019\u00e0 elle-m\u00eame. Essence de l\u2019\u00eatre. Quintessence jubilatoire<a href=\"#sdfootnote1sym\"><sup>6<\/sup><\/a>.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Jubilation, plaisir, jouissance, la terre employ\u00e9e par Barcel\u00f3, qu\u2019il m\u00e9lange dans ses pigments et sur ces toiles, c\u2019est celle de l\u2019origine. Il s\u2019agit de cette terre nourrici\u00e8re propice \u00e0 l\u2019\u00e9closion et \u00e0 la naissance de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"><em>Le Grand Verre de terre<\/em> [Fig. 3] r\u00e9alis\u00e9 sur les immenses vitres de l\u2019all\u00e9e Julien Cain de la Biblioth\u00e8que Nationale de France symbolise ce terreau, cette terre fertile propice au surgissement de l\u2019animal. Pour la r\u00e9alisation de cette \u0153uvre, Barcel\u00f3 va enduire les vitres de ce passage de la biblioth\u00e8que d\u2019une terre argileuse \u00e9paisse de quelques centim\u00e8tres. Acte de recouvrement, seconde peau \u00e0 la vitre, cette terre va filtrer les rayons lumineux et va plonger cet endroit de la BNF dans une lumi\u00e8re min\u00e9rale et terreuse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Cette verri\u00e8re d\u2019argile devient vitrail cr\u00e9ant ainsi une relation directe entre la terre et la lumi\u00e8re. Par son geste engageant tout son corps, Barcel\u00f3 va tracer, enlever, inciser dans l\u2019argile avec ses doigts, ses mains, ses bras et certains outils invent\u00e9s pour dessiner, graver des fossiles, des indices d\u2019animaux mill\u00e9naires. Ces squelettes vont alors prendre vie et retrouver une \u00e9nergie par la lumi\u00e8re naturelle les traversant. Barcel\u00f3 insuffle de la vie dans la mati\u00e8re. \u0152uvre imprim\u00e9e, v\u00e9ritable gravure sur verre, ce <em>Grand Verre<\/em> de 190 m\u00e8tres de longueur et de 6 m\u00e8tres de hauteur \u00e9blouit, immerge le promeneur-lecteur de la biblioth\u00e8que. Le quidam se retrouve face \u00e0 ces t\u00e9moignages du pass\u00e9, ces poissons, ces antilopes et ces lombrics terreux.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article4.jpg?ssl=1\"><img data-attachment-id=\"1304\" data-permalink=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/article4\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article4.jpg?fit=865%2C590&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"865,590\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Article4\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article4.jpg?fit=300%2C205&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article4.jpg?fit=865%2C590&amp;ssl=1\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"865\" height=\"590\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article4.jpg?resize=865%2C590&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-1304\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article4.jpg?w=865&amp;ssl=1 865w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article4.jpg?resize=300%2C205&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article4.jpg?resize=768%2C524&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"(max-width: 865px) 100vw, 865px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"><strong>[Fig. 3] <\/strong><em>Le Grand Verre de terre, <\/em>2016, Fresque sur argile, H. 6 x L. 190 m, Verri\u00e8re de l&rsquo;all\u00e9e Julien Cain, B.N.F., Paris, France<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Depuis son \u00eele natale de Majorque ainsi que lors de ces nombreuses haltes en Afrique, Barcel\u00f3 apprend et r\u00e9invente de nouveaux proc\u00e9d\u00e9s cr\u00e9atifs en y int\u00e9grant toujours davantage l\u2019animal.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Lors de son s\u00e9jour au Mali, l\u2019artiste va associer divers mat\u00e9riaux pour r\u00e9pondre \u00e0 son besoin irr\u00e9pressible de cr\u00e9er. Les plantes, les terres, l\u2019eau, la boue deviennent la matrice de sa cr\u00e9ation. Par cette \u00ab\u00a0cuisine<a href=\"#sdfootnote1sym\"><sup>7<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb, Barcel\u00f3 retourne aux origines de l\u2019art, de l\u2019\u00eatre. Il apprend aupr\u00e8s des populations locales des techniques traditionnelles africaines transmises depuis des g\u00e9n\u00e9rations. Il va jusqu\u2019\u00e0 faire intervenir et \u00e0 int\u00e9grer dans son processus artistique l\u2019action de certains insectes comme des termines engendrant la d\u00e9sagr\u00e9gation de ses supports comme le bois ou le papier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">L\u2019animal se trouve ainsi int\u00e9gr\u00e9 au processus m\u00eame de cr\u00e9ation. Pour d\u2019autres \u0153uvres, il ne peint pas avec un pinceau et utilise directement sa main et son corps entier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Qu\u2019est-ce que l\u2019art de Barcel\u00f3\u00a0? &#8211; si ce n\u2019est, pour reprendre les termes de Castor Seibel, de mettre \u00ab\u00a0en image l\u2019inimaginable<a href=\"#sdfootnote2sym\"><sup>8<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. Ce qui est en \u0153uvre chez Barcel\u00f3 c\u2019est bien la n\u00e9cessit\u00e9 de peindre, de cr\u00e9er. Il est guid\u00e9 par ce seul et unique but\u00a0: la mati\u00e8re doit devenir image.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>CR\u00c9PITER<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">L\u2019art de Miquel Barcel\u00f3, c\u2019est aussi celui du monde du vivant. Que ce soit celui de la bact\u00e9rie, de la monstruosit\u00e9, du minuscule ou du gigantisme, l\u2019artiste catalan nous place avec les vivants au m\u00eame titre qu\u2019une crevette, qu\u2019une larve, qu\u2019une girafe ou qu\u2019une blatte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">En 2020, Barcel\u00f3 publie chez Gallimard ses illustrations accompagnant le c\u00e9l\u00e9brissime texte de Franz Kafka, <em>La M\u00e9tamorphose<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">L\u2019artiste ne va pas choisir la peinture, la sculpture ou la gravure. Il va \u00e9lire la technique de l\u2019aquarelle pour ses illustrations. Ce geste, cette action de l\u2019eau pigment\u00e9e, d\u00e9pos\u00e9e au pinceau et noy\u00e9e par le liant liquide fait danser \u00e0 la surface de la feuille blanche les formes animales-humaines. Le sujet du chef-d\u2019\u0153uvre de Kafka va ainsi trouver une \u00e9l\u00e9gance et une sublimation sensuelle par l\u2019aquarelle de Barcel\u00f3. Couleurs d\u00e9licates, pinceaux se d\u00e9pla\u00e7ant et fr\u00f4lant le support papier, Barcel\u00f3 montre la blatte, le cloporte prendre possession dans le corps du h\u00e9ros kafka\u00efen, Gregor Semsa.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article5.jpg?ssl=1\"><img data-attachment-id=\"1305\" data-permalink=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/article5\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article5.jpg?fit=853%2C548&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"853,548\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Article5\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article5.jpg?fit=300%2C193&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article5.jpg?fit=853%2C548&amp;ssl=1\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"853\" height=\"548\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article5.jpg?resize=853%2C548&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-1305\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article5.jpg?w=853&amp;ssl=1 853w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article5.jpg?resize=300%2C193&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/Article5.jpg?resize=768%2C493&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"(max-width: 853px) 100vw, 853px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"><strong>[Fig. 5] <\/strong><em>La M\u00e9tamorphose, <\/em>\u0152uvres originales de Miquel Barcel\u00f3, Aquarelle sur papier, Paris, \u00c9ditions Gallimard, Collection Blanche, 2020, pages 12-13, Galerie Gallimard, Paris, France<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Le regard du lecteur va ainsi pouvoir se d\u00e9placer et voir appara\u00eetre, surgir dans l\u2019image aquarell\u00e9e ce que Kafka \u00e9crit d\u00e8s les toutes premi\u00e8res lignes\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p class=\"has-text-align-justify\">\u00ab\u00a0Quand Gregor Samsa se r\u00e9veilla un beau matin au sortir de r\u00eaves agit\u00e9s, il se retrouva transform\u00e9 dans son lit en une \u00e9norme bestiole immonde. Il \u00e9tait couch\u00e9 sur le dos, qu\u2019il sentait dur comme une carapace, et chaque fois qu\u2019il levait un peu la t\u00eate il apercevait son ventre bomb\u00e9, brun, segment\u00e9 par des indurations arqu\u00e9es, au sommet duquel l\u2019\u00e9dredon, pr\u00eat \u00e0 glisser compl\u00e8tement, arrivait \u00e0 peine \u00e0 se maintenir. Ses multiples pattes, lamentablement fluettes par rapport au volume qu\u2019il occupait par ailleurs, grouillaient d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment sous ses yeux<a href=\"#sdfootnote1sym\"><sup>9<\/sup><\/a>.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Du micro-organisme \u00e0 l\u2019\u00e9l\u00e9phant, le pinceau et le crayon de Barcel\u00f3 tracent des formes anthropomorphiques se transformant avec sensibilit\u00e9 en insectes et autres m\u00e9taphores animali\u00e8res. Son travail plastique en regard de l\u2019\u0153uvre de l\u2019auteur austro-hongrois est une sublimation de l\u2019instinct artistique, de l\u2019instinct animal, l\u2019instinct de survie, l\u2019instinct de manger, de boire, de peindre de l\u2019artiste-homme-animal. Cette pens\u00e9e cr\u00e9atrice sans limites et visc\u00e9ralement nerveuse et vitale, le peintre Francis Bacon y r\u00e9pondra lors d\u2019un entretien donn\u00e9 quelques mois avant sa mort et fait enti\u00e8rement \u00e9cho \u00e0 la pratique du peintre catalan\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p class=\"has-text-align-justify\">\u00ab&nbsp;Michel Archimbaud&nbsp;: Ce qui est donc plus important encore que la sensation, ce que l\u2019on ressent, c\u2019est ce que vous appelez l\u2019instinct. Qu\u2019est-ce pour vous que l\u2019instinct&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Francis Bacon\u00a0: Qu\u2019est-ce que c\u2019est que l\u2019instinct\u00a0? Je ne sais pas. C\u2019est vrai que c\u2019est certainement ce qu\u2019il y a de plus important. Si on peut arriver \u00e0 faire quelque chose au plus pr\u00e8s de l\u2019instinct, alors on a r\u00e9ussi, mais c\u2019est vrai que c\u2019est exceptionnel, que cela se produit tr\u00e8s rarement<a href=\"#sdfootnote1sym\"><sup>10<\/sup><\/a>.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">M\u00e9taphore, m\u00e9tamorphose, l\u2019homme-artiste-animal nous jette aux yeux notre propre animalit\u00e9. Chef d\u2019\u0153uvre de la litt\u00e9rature, l\u2019ouvrage de Franz Kafka place l\u2019adolescent face \u00e0 son corps, face \u00e0 la transformation de ses membres, face au rejet de sa famille, face au soulagement de sa m\u00e8re devant la mort du fils-animal. Qui est l\u2019animal&nbsp;? Qui est le monstre&nbsp;? Qui est sauvage&nbsp;? Qui est cruel&nbsp;? Barcel\u00f3 imbrique dans le corps de sa peinture ces questions existentielles. L\u2019illustration de la <em>M\u00e9tamorphose<\/em> r\u00e9actualise les liens intimes entre la litt\u00e9rature et l\u2019art.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">La vraie peinture, celle qui nous fait vivre, penser, ressentir, c\u2019est celle qui traverse l\u2019\u0153il pour atteindre directement l\u2019esprit transportant avec elle l\u2019amour. Si c\u2019est bien l\u2019\u0153il qui voit l\u2019\u0153uvre d\u2019art, c\u2019est le c\u0153ur qui la ressent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Barcel\u00f3 est sans concession. Il joue avec les limites jusqu\u2019\u00e0 celle du mat\u00e9riau plastique. Dans certaines de ces \u0153uvres, le papier est tellement imbib\u00e9 de boue naturelle, de r\u00e9sine ou d\u2019eau, qu\u2019il se d\u00e9forme et se gondole jusqu\u2019\u00e0 la rupture. Qualifi\u00e9 d\u2019expressionniste, de n\u00e9o-expressionniste, l\u2019art de Barcel\u00f3 est impressionnant. Au-del\u00e0 du carcan th\u00e9orique des mouvements artistiques, son \u0153uvre nous impressionne et met en \u0153uvre cette puissance animale extraordinaire qui nous p\u00e9n\u00e8tre, nous perfore, nous griffe et nous mord avec tendresse et volupt\u00e9. Barcel\u00f3, tout comme Bacon, nous emm\u00e8ne, avec lui, vers des r\u00e9gions inconnues. Sa peinture est celle d\u2019un explorateur, d\u2019un guide avan\u00e7ant vers de nouvelles terres artistiques encore vierges. Sa peinture est un terreau, un humus, un compost min\u00e9ral et v\u00e9g\u00e9tal propice \u00e0 la germination et \u00e0 l\u2019\u00e9closion de nouvelles vies.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Barcel\u00f3 est cet artiste-animal qui, \u00e0 l\u2019image du fauve, du singe, va aller explorer des territoires vierges et emprunter de nouvelles pistes esth\u00e9tiques, pouss\u00e9 par un \u00e9lan vital et imp\u00e9rieux. Il est cet exp\u00e9rimentateur de l\u2019art, cet enfant sauvage qui ne peut \u00eatre contenu dans des cages esth\u00e9tiques. C\u2019est l\u2019art, son activit\u00e9 artistique, qui est sa survie et sa nourriture. Cette animalit\u00e9 n\u2019est pas celle d\u2019un carnivore. Barcel\u00f3 crie, griffe, peut se montrer agressif esth\u00e9tiquement, mais c\u2019est pour mieux revendiquer son instinct et sa place dans le monde de l\u2019art.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Le geste de Barcel\u00f3 est une incarnation de son animalit\u00e9. Parfois douces, d\u2019autres fois brutes, ses actions plastiques sont la manifestation de l\u2019animal qui l\u2019habite et le poss\u00e8de.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">***<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Du 27 janvier au 26 septembre 2021, le Mus\u00e9e Picasso de M\u00e1laga organisait l\u2019exposition <em>Miquel Barcel\u00f3. Metamorphosis<\/em>. Celle-ci montrait, parmi plusieurs \u0153uvres de Barcel\u00f3, une petite aquarelle intitul\u00e9e <em>Samsa \u00e0 Altamira<\/em>. L\u2019\u0153uvre repr\u00e9sentait un bison de profil aux cornes ac\u00e9r\u00e9es et habit\u00e9 int\u00e9rieurement par un cancrelat. Constitu\u00e9e de couleurs ocres, brunes, terres, orang\u00e9es et jaunes, cette \u0153uvre est le point d\u2019orgue des r\u00e9flexions de l\u2019artiste. Kafka se retrouve transpos\u00e9 dans un bison pr\u00e9historique entre les murs du mus\u00e9e de la ville natale du Ma\u00eetre Picasso. Cette \u0153uvre sur papier est l\u2019art de Miquel Barcel\u00f3.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Barcel\u00f3 puise ses th\u00e9matiques au fin fond de l\u2019Histoire. Son \u0153uvre est empreinte d\u2019une gestualit\u00e9 assum\u00e9e dans laquelle le corps de l\u2019artiste est engag\u00e9 dans un v\u00e9ritable face-\u00e0-face physique. Tel un animal avec sa proie, Barcel\u00f3 montre ainsi sa volont\u00e9 de prendre le r\u00e9el comme \u00a0\u00bb&nbsp;pouss\u00e9e initiale&nbsp;\u00a0\u00bb (Volboudt 1957&nbsp;: 30) \u00e0 son tableau, devenant ainsi le pr\u00e9texte \u00e0 bondir dans la mati\u00e8re. Le tableau ne devient pas une simple d\u00e9coration, il est une r\u00e9flexion dans laquelle le dessin, la forme et la mati\u00e8re cr\u00e9ent une harmonie animali\u00e8re pla\u00e7ant l\u2019instinct comme principe fondateur. Diego V\u00e9lasquez, Le Tintoret, Francisco de Zurbar\u00e1n et Le Caravage constitue les fondations de l\u2019\u0153uvre de Barcel\u00f3 lui permettant de cr\u00e9er un nouveau dialecte plastique et esth\u00e9tique contemporain. Enfant de l\u2019Art Espagnol, ma\u00eetre de la peinture catalane, Miquel Barcel\u00f3 est un homme du pass\u00e9 faisant face \u00e0 son \u00e9poque. Revendiquant ses filiations avec Pablo Picasso et partageant des th\u00e9matiques r\u00e9currentes telles que la repr\u00e9sentation de l\u2019atelier, la nature morte, la tauromachie, nous pouvons relier le chatoiement de ses couleurs avec l\u2019\u00e9l\u00e9gance chromatique de Juan Mir\u00f3. Son langage plastique, son engagement dans la mati\u00e8re tiennent l\u00e0 aussi d\u2019une proximit\u00e9 esth\u00e9tique notamment avec Antoni T\u00e0pies.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Barcel\u00f3 est un \u00ab&nbsp;\u00e9merveilleur&nbsp;\u00bb. Il marie l\u2019animalit\u00e9, la \u00ab&nbsp;brutalit\u00e9&nbsp;\u00bb de certains gestes, la cruaut\u00e9 de certains sujets repr\u00e9sent\u00e9s avec une d\u00e9licatesse et une tendresse exceptionnelles. Il nous faire voir et ressentir des choses violentes avec une joliesse rare et douce.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"> L\u2019animalit\u00e9 en jeu chez Barcel\u00f3 tient de la fragilit\u00e9 et de la pr\u00e9ciosit\u00e9. Face \u00e0 ces amas de mati\u00e8re plaqu\u00e9e et tortur\u00e9e \u00e0 la surface de ces \u00ab\u00a0toiles-terres-surfaces mar\u00e9cageuses<a href=\"#sdfootnote1sym\"><sup>11<\/sup><\/a>\u00bb, il serait l\u00e9gitime de se sentir perdu et d\u00e9concert\u00e9. C\u2019est ici que la magie op\u00e8re et que le sortil\u00e8ge de Barcel\u00f3 nous p\u00e9n\u00e8tre. Ces cris picturaux et ces jets de peintures qu\u2019il nous lance par ses \u0153uvres, nous les accueillons avec bonheur et envie. Son art est habit\u00e9 et incarne cette agr\u00e9gation faite de mati\u00e8re, d\u2019animalit\u00e9, de terre et de mer. Barcel\u00f3 est un instinctif. Sauvage mais aussi d\u00e9licate, sa personnalit\u00e9 est enracin\u00e9e dans les premiers \u00e2ges de l\u2018Humanit\u00e9 mais se d\u00e9ploie dans une contemporan\u00e9it\u00e9 imm\u00e9diate et assum\u00e9e. L\u2019amour de la mati\u00e8re, l\u2019amour de l\u2019art, la place du geste, l\u2019engagement du corps, c\u2019est ce qui fait de Barcel\u00f3 cet animal-artiste.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"><a href=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-admin\/post.php?post=1300&amp;action=edit#sdfootnote1anc\">1<\/a><sup>\u0002<\/sup> Castor, Seibel, <em>Barcel\u00f3 ou La Peinture<\/em>, Paris, L&rsquo;\u00c9choppe, 1998, p. 41-42.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"><a href=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-admin\/post.php?post=1300&amp;action=edit#sdfootnote1anc\">2<\/a><sup>\u0002<\/sup> Voir <strong>[Fig. 4]<\/strong><em>Tr\u00e8s Llulls<\/em>, 2012-2013, Pl\u00e2tre, H. 126 x L. 80 x P. 75 cm, Courtesy Collection de l\u2019artiste.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"><a href=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-admin\/post.php?post=1300&amp;action=edit#sdfootnote1anc\">3<\/a><sup>\u0002<\/sup> Anonyme, \u00ab\u00a0Il y a 36 000 ans la Grotte Chauvet-Pont d&rsquo;Arc Ard\u00e8che \/ Autres regards \/ Miquel Barcel\u00f3\u00a0\u00bb, in <em>Minist\u00e8re de la Culture et de la Communication<\/em>, URL\u00a0: <a href=\"https:\/\/archeologie.culture.fr\/chauvet\/fr\/miquel-barcelo\">https:\/\/archeologie.culture.fr\/chauvet\/fr\/miquel-barcelo<\/a>, consult\u00e9 le 5 juin 2022 [consult\u00e9 le 14 mars 2023].<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"><a href=\"#sdfootnote1anc\">4<\/a><sup>\u0002<\/sup> Anonyme, \u00ab\u00a0Comment la mati\u00e8re devient image\u00a0? Rencontre avec Miquel Barcel\u00f3, peintre, sculpteur\u00a0\u00bb, in <em>Acad\u00e9mie des Beaux-Arts Institut de France<\/em>, URL\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.academiedesbeauxarts.fr\/comment-la-matiere-devient-image\">https:\/\/www.academiedesbeauxarts.fr\/comment-la-matiere-devient-image<\/a> [consult\u00e9 le 14 mars 2023].<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"><a href=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-admin\/post.php?post=1300&amp;action=edit#sdfootnote1anc\">5<\/a><sup>\u0002<\/sup> Harry Bellet, \u00ab\u00a0Miquel Barcel\u00f3 \u201cJe suis plus souvent dans les grottes que dans les galeries ou les mus\u00e9es\u201d\u00a0\u00bb, <em>Le Monde<\/em>, 28 mai 2021.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-admin\/post.php?post=1300&amp;action=edit#sdfootnote1anc\">6<\/a><sup>\u0002<\/sup> Castor, Seibel, op. cit., p. 16-17.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"><a href=\"#sdfootnote1anc\">7<\/a><sup>\u0002<\/sup> Francis, Ponge, <em>Nouvelles notes sur Fautrier<\/em>, dans&nbsp;: <em>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em>, Tome II, Paris, \u00c9ditions Gallimard, Biblioth\u00e8que de la Pl\u00e9iade, 2002, p. 680-681 et p. 1308.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote2anc\">8<\/a><sup>\u0002<\/sup> Castor, Seibel, op. cit., p. 28.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"><a href=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-admin\/post.php?post=1300&amp;action=edit#sdfootnote1anc\">9<\/a><sup>\u0002<\/sup> Franz, Kafka, Miquel, Barcel\u00f3, <em>La M\u00e9tamorphose, \u0152uvres originales de Miquel Barcel\u00f3<\/em>, Paris, \u00c9ditions Gallimard, Collection Blanche, 2020, p. 17.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"><a href=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-admin\/post.php?post=1300&amp;action=edit#sdfootnote1anc\">10<\/a><sup>\u0002<\/sup> Francis, Bacon, <em>Francis Bacon. Entretiens avec Michel Archimbaud<\/em>, Paris, \u00c9ditions Gallimard, Collection Folio Essais, 2000, p. 64.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"><a href=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-admin\/post.php?post=1300&amp;action=edit#sdfootnote1anc\">11<\/a><sup>\u0002<\/sup> Castor, Seibel, op. cit., p. 21.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>BIBLIOGRAPHIE<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Ouvrages&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Francis, Bacon, <em>Francis Bacon. Entretiens avec Michel Archimbaud<\/em>, Paris, \u00c9ditions Gallimard, Collection Folio Essais, 2000.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Franz, Kafka, Miquel, Barcel\u00f3, <em>La M\u00e9tamorphose, \u0152uvres originales de Miquel Barcel\u00f3<\/em>, Paris, \u00c9ditions Gallimard, Collection Blanche, 2020.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Francis, Ponge, <em>Nouvelles notes sur Fautrier<\/em>, dans&nbsp;: <em>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em>, Tome II, Paris, \u00c9ditions Gallimard, Biblioth\u00e8que de la Pl\u00e9iade, 2002.<\/p>\n\n\n\n<p>Castor, Seibel, <em>Barcel\u00f3 ou La Peinture<\/em>, Paris, L&rsquo;\u00c9choppe, 1998.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Catalogue d\u2019exposition&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"><em>Sol y sombra. Miquel Barcel\u00f3<\/em>, cat. exp. (Paris, Mus\u00e9e Picasso, Biblioth\u00e8que nationale de France, site Fran\u00e7ois-Mitterrand, galerie I, 22 mars-28 ao\u00fbt 2016), Paris, \u00c9ditions Actes Sud, 2016.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Articles&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Harry Bellet, Miquel Barcel\u00f3 \u00ab&nbsp;Je suis plus souvent dans les grottes que dans les galeries ou les mus\u00e9es&nbsp;\u00bb, <em>Le Monde<\/em>, 28 mai 2021.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Pierre Volboudt, \u00ab&nbsp;\u00c0 chacun sa r\u00e9alit\u00e9&nbsp;\u00bb, <em>XXe Si\u00e8cle<\/em>, Nouvelle S\u00e9rie, n\u00b09 (double), Paris, 1957.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Documents en ligne<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Anonyme, \u00ab&nbsp;Il y a 36 000 ans la Grotte Chauvet-Pont d&rsquo;Arc Ard\u00e8che \/ Autres regards \/ Miquel Barcel\u00f3&nbsp;\u00bb, in <em>Minist\u00e8re de la Culture et de la Communication<\/em>, URL&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"><a href=\"https:\/\/archeologie.culture.fr\/chauvet\/fr\/miquel-barcelo\">https:\/\/archeologie.culture.fr\/chauvet\/fr\/miquel-barcelo<\/a>, consult\u00e9 le 5 juin 2022 [consult\u00e9 le 5 septembre 2023].<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Anonyme, \u00ab&nbsp;Comment la mati\u00e8re devient image&nbsp;? Rencontre avec Miquel Barcel\u00f3, peintre, sculpteur&nbsp;\u00bb, in <em>Acad\u00e9mie des Beaux-Arts Institut de France<\/em>, URL&nbsp;: <a href=\"https:\/\/www.academiedesbeauxarts.fr\/comment-la-matiere-devient-image\">https:\/\/www.academiedesbeauxarts.fr\/comment-la-matiere-devient-image<\/a> [consult\u00e9 le 5 septembre 2023].<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Note sur l&rsquo;auteur<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Notice Bio-blibliographique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Etienne David est enseignant en Arts Plastiques et Docteur de l\u2019Universit\u00e9 Paris VIII \u2013 \u00c9cole Doctorale Esth\u00e9tique, Sciences et Technologies des Arts, sp\u00e9cialit\u00e9 Arts Plastiques et photographie. Membre associ\u00e9 du Centre d&rsquo;\u00c9tude des Arts Contemporains, Universit\u00e9 de Lille, il a soutenu une th\u00e8se, pr\u00e9sid\u00e9e par M. Jacinto Lageira, au M\u00e9morial de la Shoah \u00e0 Paris intitul\u00e9e <em>La repr\u00e9sentation des traumatismes de la Seconde Guerre mondiale \u00e0 travers le cycle Nous ne sommes pas les derniers de Zoran Music et la s\u00e9rie Otages de Jean Fautrier<\/em> sous la direction de M. Pascal Bonafoux. Assistant de Conservation au Mus\u00e9e National d\u2019Art Moderne, Centre G. Pompidou, Paris, sous la direction de M. Jean-Paul Ameline, il fut co-commissaire de la r\u00e9trospective japonaise \u00ab Jean Fautrier 1898-1964 \u00bb (Tokyo, Toyota et Osaka) en 2014. Il a r\u00e9alis\u00e9 plusieurs articles et communications traitant de la question du visage, de sa repr\u00e9sentation, notamment pendant et depuis la Shoah.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">&#8211; <strong>Contribution<\/strong> intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;J. Fautrier T\u00eate&nbsp;\u00bb, publi\u00e9e dans le <strong>catalogue de l\u2019exposition<\/strong> temporaire <em>Mirrors of the Portrait. Highlights of the Centre Pompidou collection. Third semi-permanent exhibition<\/em>, West Bund Museum Centre Pompidou, Shanghai, Chine, 21 juillet 2023 au 5 novembre 2024, \u00c9ditions du Centre Pompidou, sous la direction de Fr\u00e9d\u00e9ric Paul, 2023.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">&#8211; <strong>Recueil m\u00e9thodique et amoureux Jean Fautrier<\/strong> [en ligne] sous la direction d\u2019Etienne David et de Dominique Fautrier (fils de l\u2019artiste), <a href=\"http:\/\/www.recueiljeanfautrier.fr\/\">www.recueiljeanfautrier.fr<\/a>, 1221 peintures identifi\u00e9es et annot\u00e9es \/ 2445 r\u00e9f\u00e9rences de presse (fran\u00e7aises et \u00e9trang\u00e8res).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">&#8211;&nbsp;<strong>Conf\u00e9rence<\/strong>&nbsp;intitul\u00e9e \u00ab Hommage \u00e0 Christian Boltanski : Sur les traces de l\u2019enfance \u00bb, dans le cadre de la&nbsp;<strong>11i\u00e8me Universit\u00e9 d&rsquo;\u00e9t\u00e9&nbsp;<\/strong><em><strong>Archives, Souvenirs, Traces<\/strong><\/em>, Association Les Litt\u0153rales en partenariat avec le&nbsp;<strong>Ch\u00e2teau Coquelle et le LAAC<\/strong>&nbsp;(Lieu d\u2019Art et Action Contemporaine), Dunkerque, 26 et 27 ao\u00fbt 2022.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">&#8211;&nbsp;<strong>Conf\u00e9rence<\/strong>&nbsp;intitul\u00e9e \u00ab D\u00e9ambulations \u00bb dans le cadre de la&nbsp;<strong>Journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude&nbsp;<\/strong><em><strong>P\u00e9ril en la demeure<\/strong><\/em>&nbsp;&#8211; Laboratoire HLLI (Unit\u00e9 de Recherche sur l&rsquo;Histoire, les Langues, les Litt\u00e9ratures et l&rsquo;Interculturel &#8211; UR 4030 &#8211; ULCO) et Laboratoire ALITHILA (Analyses Litt\u00e9raires et Histoire de la Langue &#8211; URL 1061 &#8211;&nbsp;<strong>Universit\u00e9 de Lille, Universit\u00e9 du Littoral-C\u00f4te d&rsquo;Opale, Maison de la Recherche, Dunkerque<\/strong>, 8 avril 2022.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">&#8211;&nbsp;<strong>Conf\u00e9rence<\/strong>&nbsp;intitul\u00e9e \u00ab Anne et Patrick Poirier. La ruine, victime et m\u00e9moire des temps \u00bb, dans le cadre du&nbsp;<strong>Symposium International :&nbsp;<\/strong><em><strong>Les ruines de guerre. \u00c9crire, figurer, recomposer (XXe et XXIe si\u00e8cles)<\/strong><\/em>&nbsp;organis\u00e9 par l\u2019\u00e9quipe ILHAM (Interf\u00e9rence de la Litt\u00e9rature, de l\u2019Histoire, des Arts et des M\u00e9dias) du&nbsp;<strong>Centre des Sciences des Litt\u00e9ratures en langue Fran\u00e7aise de l\u2019Universit\u00e9 Paris Nanterre<\/strong>&nbsp;dans le cadre de l\u2019ANR Ruines (Les usages politiques et sociaux des ruines de guerre entre r\u00e9silience, comm\u00e9moration et patrimoine) coordonn\u00e9e par St\u00e9phane Michonneau (IRHiS &#8211;&nbsp;<strong>Universit\u00e9 de Lille<\/strong>, https:\/\/ruines.hypotheses.org), soutenu par les laboratoires Criham, LARHRA, et l\u2019<strong>\u00c9cole Nationale Sup\u00e9rieure d\u2019Architecture de Paris Malaquais<\/strong>, 14, 15 et 16 octobre 2021.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">&#8211;&nbsp;<strong>Contribution<\/strong>&nbsp;\u00ab Francis Bacon-David Lynch. Une plasticit\u00e9 du sensible \u00bb, publi\u00e9 dans la&nbsp;<strong>Revue d\u2019\u00e9tudes litt\u00e9raires Chameaux<\/strong>, n\u00b0 13, intitul\u00e9e&nbsp;<em>L\u2019incertaine r\u00e9alit\u00e9 : R\u00eaves, illusions et hallucinations<\/em>,&nbsp;<strong>Universit\u00e9 de Laval, Qu\u00e9bec<\/strong>, d\u00e9cembre 2020.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">&#8211;&nbsp;<strong>Conf\u00e9rence<\/strong>&nbsp;intitul\u00e9e \u00ab Le v\u00eatement, entre disparition et souvenir. \u00c9tude de l\u2019\u0153uvre de Christian Boltanski \u00bb, dans le cadre de la&nbsp;<strong>Journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude&nbsp;<\/strong><em><strong>V\u00eatements : corps, tissus, fils et espaces dans les arts sc\u00e9niques et visuels<\/strong><\/em><strong>, Universit\u00e9 Polytechnique des Hauts-de-France<\/strong>, \u00c9cole doctorale SHS &#8211; Sciences de l\u2019Homme et de la Soci\u00e9t\u00e9 (ED 473),&nbsp;<strong>Valenciennes<\/strong>, avril 2020.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">&#8211;&nbsp;<strong>Conversation<\/strong>&nbsp;avec&nbsp;<strong>M. Castor SEIBEL<\/strong>&nbsp;r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 Juan-les-Pins et Saint-Paul-de-Vence, 2 parties, ao\u00fbt 2017-&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=gHT5ucQGY4o\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=gHT5ucQGY4o<\/a>&nbsp;[en ligne], (65 min).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">&#8211;&nbsp;<strong>\u00c9tude<\/strong>&nbsp;intitul\u00e9e \u00ab Gran cabeza tr\u00e1gica \u00bb, publi\u00e9e dans le&nbsp;<strong>catalogue de l\u2019exposition<\/strong>&nbsp;permanente&nbsp;<em>La Colecci\u00f3n &#8211; Obras maestras del Centre Pompidou en M\u00e1laga<\/em>,&nbsp;<strong>\u00c9ditions du Centre Pompidou\/TF Editores<\/strong>, Bilingue Espagnol-Anglais, 2015, pp. 102-103.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">&#8211;&nbsp;<strong>\u00c9tudes<\/strong>&nbsp;\u00ab Les Otages : \u00e9motion et nouvelle technique \u00bb, \u00ab Bibliographie s\u00e9lective \u00bb et \u00ab Chronologie \u00bb de la vie de l\u2019artiste, publi\u00e9es dans le&nbsp;<strong>catalogue de la r\u00e9trospective<\/strong>&nbsp;itin\u00e9rante Jean Fautrier,&nbsp;<strong>Tokyo, Toyota et Osaka<\/strong>, 24 mai au 7 d\u00e9cembre 2014.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">&#8211;&nbsp;<strong>Notice<\/strong>&nbsp;\u00ab Grande testa tragica \u00bb, publi\u00e9e dans le&nbsp;<strong>catalogue d\u2019exposition<\/strong>&nbsp;<em>Il volto del\u2019900 \u2013 da Matisse a Bacon, Palazzo Reale<\/em>, Milan, 25 septembre 2013 au 9 f\u00e9vrier 2014,&nbsp;<strong>\u00c9ditions Skira\/\u00c9ditions du Centre Pompidou<\/strong>, sous la direction de Jean-Michel Bouhours, 2013, p.97 et pp. 141-142.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">&#8211;&nbsp;<strong>Analyse et bibliographie<\/strong>&nbsp;de l\u2019\u0153uvre de Jean Fautrier \u00ab Grande t\u00eate tragique &#8211; 1942 \u00bb, publi\u00e9es dans le&nbsp;<strong>catalogue de l\u2019exposition<\/strong>&nbsp;<em>Portraits &#8211; Collections du Centre Pompidou<\/em>, Martigny, Fondation Pierre Gianadda, 2 mars au 24 juin 2012,&nbsp;<strong>\u00c9ditions de la Fondation P. Gianadda<\/strong>, pr\u00e9fac\u00e9 par Jean Clair, pp. 64 et 65.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9 La th\u00e9matique animali\u00e8re traverse de mani\u00e8re absolument intime et extr\u00eamement sensible l&rsquo;\u0153uvre et la vie de Miquel Barcel\u00f3. En 1993, l\u2019artiste r\u00e9alise une \u0153uvre initiatique qu\u2019il intitule L&rsquo;artiste animalier. 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