{"id":1537,"date":"2024-09-30T08:12:06","date_gmt":"2024-09-30T07:12:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/?p=1537"},"modified":"2024-10-02T10:40:23","modified_gmt":"2024-10-02T09:40:23","slug":"quest-ce-que-la-metapsychologie-bernard-salignon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/quest-ce-que-la-metapsychologie-bernard-salignon\/","title":{"rendered":"Qu&rsquo;est-ce que la M\u00e9tapsychologie ? \u2014 Bernard Salignon"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00c0 lire en pdf<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-file\"><object class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Modele-Esquisses-Meta-Issn-Bernard-Salignon.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9  .\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-03e9c81f-3c8e-4563-a44d-699d79e77764\" href=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Modele-Esquisses-Meta-Issn-Bernard-Salignon.pdf\"> <\/a><a href=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Modele-Esquisses-Meta-Issn-Bernard-Salignon.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-03e9c81f-3c8e-4563-a44d-699d79e77764\">Article en PDF<\/a><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p>Ou sur le site<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"><mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-cyan-bluish-gray-color\">D&rsquo;abord paru dans la revue du Centre d&rsquo;\u00e9tudes freudiennes <em>Dires<\/em>, dont <em>Esquisses <\/em>est un prolongement, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de cet article est de montrer \u00e0 quel point une approche a le pouvoir de renouveler la question de l&rsquo;\u00eatre de l&rsquo;homme. Cette approche, c&rsquo;est celle de Sigmund Freud : la m\u00e9tapsychologie. Bernard Salignon, en narrant l&rsquo;entr\u00e9e mythique de l&rsquo;\u00eatre dans le langage et en faisant le d\u00e9tour par la psychose, nous enseigne les ressources essentielles d&rsquo;une pens\u00e9e qui n&rsquo;est ni une m\u00e9taphysique, ni une ph\u00e9nom\u00e9nologie\u00a0; un discours qui parle de l&rsquo;origine de la nature humaine en termes de \u00ab\u00a0trace\u00a0\u00bb, de \u00ab\u00a0relation\u00a0\u00bb\u00a0et de mouvement \u2013<\/mark> <mark style=\"background-color:rgba(0, 0, 0, 0)\" class=\"has-inline-color has-cyan-bluish-gray-color\">entre retournement et appel. <\/mark><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?ssl=1\"><img data-attachment-id=\"1029\" data-permalink=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/la-photographie-a-lepreuve-de-la-nuit-fps-60-de-liz-deschenes-helene-kuchmann\/fond_blanc\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?fit=750%2C450&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"750,450\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Fond_blanc\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?fit=300%2C180&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?fit=750%2C450&amp;ssl=1\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?resize=33%2C20&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-1029\" width=\"33\" height=\"20\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?w=750&amp;ssl=1 750w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?resize=300%2C180&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"(max-width: 33px) 100vw, 33px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">      Le texte de Freud, <em>La M\u00e9tapsychologie<\/em>, est \u00e9crit entre 1915 et 1917. En posant la question&nbsp;: Qu&rsquo;est-ce que la M\u00e9tapsychologie&nbsp;?, nous proposons de nous mettre simplement \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de ce que Freud nous livre, en sachant que nous avons toujours \u00e0 rencontrer ce qui, aujourd&rsquo;hui, nous parvient, non pas comme un texte pass\u00e9 et que certains pourraient (voudraient) croire d\u00e9pass\u00e9, mais comme une parole qui t\u00e9moigne encore au-devant de nous ce qui fait signe, et le premier signe nous parvient avec le titre&nbsp;: m\u00e9ta&#8230;&nbsp;: le n\u00e9ologisme nous fait penser que la m\u00e9tapsychologie<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; c&rsquo;est ce qui vient tout de suite apr\u00e8s la psychologie&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; c&rsquo;est ce qui la traverse&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; c&rsquo;est ce qui la fonde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">C&rsquo;est l&rsquo;article sur les pulsions et leur destin qui va retenir notre attention. Freud met \u00e0 plat une gen\u00e8se mythique de l&rsquo;Homo natura, pris dans le sens de la naissance et la formation de l&rsquo;homme en tant qu&rsquo;\u00eatre-homme. Il nous para\u00eet se retourner vers Platon qui, dans le <em>Phil\u00e8be<\/em> d\u00e9crit un dialogue Socrate\/Protagoras&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Socrate&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mais la soir, comme la faim, n&rsquo;est-elle pas un d\u00e9sir&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Protagoras&nbsp;: Oui, mais un d\u00e9sir de boisson&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Socrate&nbsp;: De boisson ou de r\u00e9pl\u00e9tion caus\u00e9e par la soif&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Protagoras&nbsp;: D&rsquo;une r\u00e9pl\u00e9tion, je pense.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">\u2013 Socrate&nbsp;: En sorte que celui qui est vide, d\u00e9sire le contraire de l&rsquo;\u00e9tat dans lequel il est&nbsp;: \u00e9tant vide il souhaite se remplir.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Le probl\u00e8me est d\u00e9j\u00e0 pos\u00e9 par Platon en des termes que Lacan va reprendre quand il \u00e9crit&nbsp;: \u00ab&nbsp;La pulsion ne peut se limiter \u00e0 une notion psychologique, c&rsquo;est une notion absolument fonci\u00e8re&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Si l&rsquo;on ajoute que Freud y voyait l&rsquo;apparition du mythe, nous sommes bien devant ce qui fait le fond de la question. Le mythique et l&rsquo;ontologie ne sont pas accessibles tels quels&#8230; Le premier est une offrande des muses et le second est une pens\u00e9e qui d\u00e9passe ce qui est donn\u00e9 et per\u00e7u dans la clinique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Ce que je veux essayer de montrer, c&rsquo;est comment Freud, dans \u00ab&nbsp;Les pulsions et leur destin&nbsp;\u00bb, arrive \u00e0 une conception de l&rsquo;\u00eatre de l&rsquo;homme pris comme sujet en se situant implicitement dans la tradition la plus forte de notre pens\u00e9e occidentale et comment, par moment, il la subvertit.<\/p>\n\n\n\n<p>Je vais donc en montrer les rapports et en analyser les diff\u00e9rences.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Le d\u00e9part tel que nous pouvons le saisir est simple. Freud consid\u00e8re ce temps o\u00f9 l&rsquo;homme entre en pr\u00e9sence avec le monde, temps mythique&nbsp;: hors-temps, dirions-nous, car pour cet \u00eatre, la relation qu&rsquo;il entretient au monde est de l&rsquo;ordre de l&rsquo;indiff\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">C&rsquo;est le moment originaire o\u00f9 l&rsquo;\u00eatre co\u00efncide avec ce qui est plaisant et o\u00f9 la relation au monde ne lui pose aucune question, car il est indiff\u00e9rent \u00e0 ce qui peut se passer. Ce qui est nouveau dans l&rsquo;histoire de notre pens\u00e9e, c&rsquo;est que l&rsquo;\u00eatre est d\u00e9fini par une relation d&rsquo;indiff\u00e9rence. Cela remet en question tout ce que nous savons, pour nous l&rsquo;\u00eatre indiff\u00e9renci\u00e9 n&rsquo;est rien. Freud montre que le champ analytique part sur une subversion de la notion de l&rsquo;\u00eatre, car le sujet ainsi d\u00e9fini lui permet de poser simultan\u00e9ment les notions de narcissisme primordial \/ de <em>real-Ich <\/em>\/ de plaisir pur&#8230; et d&rsquo;indiff\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">D&rsquo;un point de vue conceptuel, cette relation \u00e0 l&rsquo;indiff\u00e9rence d\u00e9montre qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;origine, l&rsquo;\u00eatre humain n&rsquo;a souci que de lui-m\u00eame et pour lui-m\u00eame&#8230;, le monde ext\u00e9rieur n&rsquo;existe pas&#8230;, on peut m\u00eame dire que pour lui, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;ext\u00e9rieur, justement parce qu&rsquo;il (le sujet) est ferm\u00e9 sur lui-m\u00eame. C&rsquo;est la premi\u00e8re d\u00e9finition de la limite&nbsp;: si je suis compl\u00e8tement et enti\u00e8rement limit\u00e9, ferm\u00e9, plein, il n&rsquo;y a pas de dehors.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">En tant qu&rsquo;il est auto-\u00e9rotique, pur plaisir, le <em>real-Ich <\/em>n&rsquo;a pas besoin du monde ext\u00e9rieur. Nous sommes l\u00e0 dans une \u00e9tape g\u00e9n\u00e9rique de l&rsquo;\u00eatre humain o\u00f9 le temps et l&rsquo;espace ne signifient rien, tension r\u00e9duite \u00e0 z\u00e9ro, et c&rsquo;est ce qui va faire l&rsquo;essence du sujet dans ses processus de rem\u00e9moration inconscients&nbsp;: c&rsquo;est vers cet \u00e9tat du rien qu&rsquo;il va parfois se retourner, on sait que quand le retournement s&rsquo;effectue, c&rsquo;est la mort&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Arr\u00eatons-nous un instant sur l&rsquo;essence du plaisir pur&nbsp;: ce retour vers le hors-temps o\u00f9 rien ne se passe, aucun d\u00e9plaisir, aucune tension&#8230; Il y a donc toute une partie en nous qui r\u00e9clame fortement la non-vie&#8230;, une psychotique me disait&nbsp;: \u00ab&nbsp;Quand on est mort, c&rsquo;est pour la vie&#8230;&nbsp;\u00bb Cioran appelle cela&nbsp;: l&rsquo;inconv\u00e9nient d&rsquo;\u00eatre n\u00e9&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Une question s\u2019impose&nbsp;: comment conservons-nous en nous une trace de ce qui fut ce rien&nbsp;? Freud r\u00e9pond simplement&nbsp;: par le jeu de la relation d\u2019indiff\u00e9rence\u2026 la r\u00e9ponse n\u2019a de sens que parce qu\u2019il sait o\u00f9 il va, il va faire subir \u00e0 cette relation primordiale (le sujet n\u2019aime que lui, indiff\u00e9rence au dehors), tout un possible de transformations qui vont chacune avoir des effets r\u00e9troactifs les unes sur les autres et qui vont toutes se conserver en s\u2019\u00e9laborant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Si nous parvenons \u00e0 penser ce qui est impliqu\u00e9 dans la d\u00e9couverte freudienne, nous ne pourrons qu\u2019\u00eatre \u00e9tonn\u00e9s du prolongement vers o\u00f9 notre histoire de la pens\u00e9e nous am\u00e8ne&nbsp;: car Freud r\u00e9pond \u00e0 la vieille question m\u00e9taphysique&nbsp;: \u00ab&nbsp;pourquoi y a-t-il de l\u2019\u00e9tant et non pas plut\u00f4t rien&nbsp;?&nbsp;\u00bb. Il y r\u00e9pond, car il fait du rien l\u2019essence du r\u00e9el pour l\u2019homme en tant que le rien supporte la relation d\u2019indiff\u00e9rence. Et il faut \u00eatre attentif au d\u00e9centrement de la r\u00e9ponse donn\u00e9e par Freud. L\u2019\u00eatre de l\u2019homme est ce qui supporte et suppose la question&nbsp;: il y a&nbsp;: rien, et c\u2019est de ce rien que va surgir le r\u00e9el. La relation amour\u2013indiff\u00e9rence donnera acc\u00e8s au rien. Voil\u00e0 pourquoi le rien n\u2019est pas le non-\u00e9tant, il est le lieu o\u00f9, \u00e0 l\u2019origine, l\u2019\u00eatre humain demeure devant lui indiff\u00e9rent, dans une relation d\u2019indiff\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">La M\u00e9tapsychologie effectue une br\u00e8che dans la m\u00e9taphysique et c\u2019est de cette ouverture que la question freudienne restitue la probl\u00e9matique de la question de l\u2019\u00eatre comme \u00eatre humain pris en totalit\u00e9 et en tant qu\u2019unit\u00e9. Au cosmos grec qui est connexion de relation entre les dieux, l\u2019homme, le monde\u2026, la m\u00e9tapsychologie r\u00e9pond par l\u2019homme comme organisation, articulation de la relation amour\u2013indiff\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Si ni la philosophie, ni la physique ne peuvent r\u00e9pondre \u00e0 la question du pourquoi, la psychanalyse, en d\u00e9pla\u00e7ant la question, nous conduit \u00e0 penser que l\u2019homme est celui qui est sous le regard du rien et que si, d\u2019abord, il ne s\u2019en soucie pas pour ne se prendre que lui-m\u00eame en r\u00e9f\u00e9rence (auto-\u00e9rotisme), il faut n\u00e9cessairement que soit contenue l\u2019id\u00e9e que le rien insiste, mais reste dans une relation d\u2019indiff\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Le sujet demeure indiff\u00e9rent \u00e0 ce qui provient du dehors, car il peut, dit Freud, lui imposer silence simplement en se retirant, alors qu\u2019il va rester d\u00e9muni, sans d\u00e9fense contre les excitations internes, les excitations internes que sont au d\u00e9part la soif et la faim.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Tr\u00e8s t\u00f4t donc, le nourrisson ma\u00eetrise le dehors, sans effort, nous l\u2019avons vu, mais tr\u00e8s t\u00f4t aussi il ne peut rien contre le dedans qu\u2019il ne ma\u00eetrise pas. D\u00e8s le d\u00e9part dans la vie, nous sommes ainsi cliv\u00e9s entre la souffrance, la d\u00e9tresse d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et la ma\u00eetrise facile d\u2019un autre. Cette deuxi\u00e8me phase de la gen\u00e8se du sujet est diff\u00e9rente de tout ce que nous avons vu auparavant&nbsp;: maintenant il ressort que les excitations pulsionnelles internes sont du d\u00e9plaisir, et au nom du principe de plaisir dans lequel il baignait, il va essayer de mettre le mauvais qui est en lui dehors.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Arr\u00eatons-nous un instant&nbsp;: la relation au monde ne na\u00eet pas d\u2019une diff\u00e9rence radicale entre le sujet et l\u2019ext\u00e9rieur, cette diff\u00e9rence n\u2019est pas diff\u00e9renciante, car elle donne a priori sans m\u00e9diation, dans l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 et par elle rien n\u2019est pos\u00e9 ni suppos\u00e9, nous voyons comment est argument\u00e9 avec pr\u00e9cision, la diff\u00e9rence entre philosophie et m\u00e9tapsychologie. Freud est davantage tourn\u00e9 vers une compr\u00e9hension du simple et du fondement que vers une ph\u00e9nom\u00e9nologie. Ce n\u2019est pas parce que l\u2019enfant est constitu\u00e9 comme corps unitaire que par la magie des rapports de surface vont se positionner le dedans et le dehors.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">D\u2019un point de vue philosophique, il n\u2019y a pas le m\u00eame et l\u2019autre, le m\u00eame et le diff\u00e9rent, mais c\u2019est au sein du m\u00eame que la diff\u00e9rence, la coupure, l\u2019effraction va se produire. Avan\u00e7ons avec Freud pas \u00e0 pas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Je pourrais, dans une formule \u00e0 d\u00e9velopper, condenser la pens\u00e9e de Freud en disant&nbsp;: la diff\u00e9rence n\u2019est diff\u00e9renciante qu\u2019au sein du m\u00eame et elle le cr\u00e9e. Qu\u2019est-ce que cette formule nous apprend&nbsp;? Elle ne nous apprend rien si on la laisse ainsi, mais elle prend son sens si on regarde comment Freud poursuit son analyse de ce qui fait la nature de l\u2019\u00eatre humain.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Le moi r\u00e9el du d\u00e9but qui est effract\u00e9 par les pulsions internes va donc essayer, en prenant les objets qui lui sont pr\u00e9sent\u00e9s, de faire sortir la soif et la faim qui le d\u00e9rangent et donc, ainsi, de compenser la souffrance par un apport de nourriture. Le nourrisson, s\u2019il r\u00e9ussit cet \u00e9change, ne peut pas extraire de lui-m\u00eame la source de la pulsion. On peut dire que la source qui est synonyme de l\u2019effraction primordiale va demeurer et en demeurant va constituer le fond du sujet. C\u2019est ainsi que, par rapport au tout d\u00e9but o\u00f9 il \u00e9tait dans le plaisir pur, il se trouve maintenant dans l\u2019impossibilit\u00e9 de r\u00e9tablir cet \u00e9tat qui est perdu. Tout \u00eatre n\u2019existe que parce qu\u2019il tente de refaire cette unit\u00e9 et surtout parce que chaque tentative \u00e9choue en partie. C\u2019est ce qui fonde notre \u00eatre-au-monde et notre premi\u00e8re introduction \u00e0 la temporalit\u00e9 et au premier principe de causalit\u00e9. C\u2019est le jugement d\u2019attribution.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">&nbsp;Si l\u2019on reste au niveau de l\u2019identique, nous entendons un \u00eatre ferm\u00e9 et qui est pris dans sa totalit\u00e9, il n\u2019y a aucune qu\u00eate, aucune demande, aucun \u00e9change, par contre si l\u2019identique est rompu, cass\u00e9, cette cassure, cette effraction oblige l\u2019\u00eatre, \u00e0 cause du d\u00e9plaisir qu\u2019il ressent, \u00e0 penser et \u00e0 r\u00e9tablir son \u00e9tat ant\u00e9rieur, donc \u00e0 aller demander ce qui lui manque, et c\u2019est cela qui r\u00e9g\u00e9n\u00e8re l\u2019homme que nous sommes\u2026 et c\u2019est aussi cela qui nous reconstitue du c\u00f4t\u00e9 du m\u00eame, car l\u00e0, nous \u00e9prouvons \u00e0 travers la qu\u00eate et la recherche d\u2019objet, \u00e0 travers le mouvement, ce que nous sommes&nbsp;: le m\u00eame individu qui change et accepte plus ou moins ce changement\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Freud dit qu\u2019il expulse le mauvais et qu\u2019il prend le bon pour retrouver l\u2019hom\u00e9ostase originaire perdue, mais on sait que jamais il ne va y parvenir, cette perte initiale va former le r\u00e9ceptacle de toute inscription symbolique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Ce qu\u2019il y a \u00e0 entendre, c\u2019est que la nature de l\u2019homme est d\u2019embl\u00e9e marqu\u00e9e par le fait qu\u2019il est \u00e0 lui-m\u00eame sa propre source d\u2019insatisfaction et que dans un mouvement tr\u00e8s simple, il va l\u2019expulser et remplacer, mais en m\u00eame temps, il s\u2019aper\u00e7oit, et c\u2019est cela la grande trouvaille de Freud, que jamais aucun objet ext\u00e9rieur ne viendra combler, recouvrer cette d\u00e9faillance interne. En rejetant au dehors le mauvais, il reste que l\u2019\u00eatre est maintenant frapp\u00e9 de finitude et d\u2019incompl\u00e9tude et ce n\u2019est pas seulement cet objet qui est perdu. Incompl\u00e9tude et finitude sont l\u2019inscription dans l\u2019\u00eatre de l\u2019homme de son \u00ab&nbsp;destiner&nbsp;\u00bb. C\u2019est ce qui fait de l\u2019\u00eatre humain un exil\u00e9, ce n\u2019est pas autrement que l\u2019homme habite cette terre, il est priv\u00e9 de sa pl\u00e9nitude, il avance jusqu\u2019\u00e0 ce que la mort lui restitue dans l\u2019advenu, sa provenance.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?ssl=1\"><img data-attachment-id=\"1029\" data-permalink=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/la-photographie-a-lepreuve-de-la-nuit-fps-60-de-liz-deschenes-helene-kuchmann\/fond_blanc\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?fit=750%2C450&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"750,450\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Fond_blanc\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?fit=300%2C180&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?fit=750%2C450&amp;ssl=1\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?resize=33%2C19&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-1029\" width=\"33\" height=\"19\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?w=750&amp;ssl=1 750w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?resize=300%2C180&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"(max-width: 33px) 100vw, 33px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une transition \u00e0 entendre&nbsp;: un cas clinique<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Il n\u2019en est pas de m\u00eame pour le psychotique qui lui est souvent perdu, \u00e9gar\u00e9, d\u00e9muni devant ce qui change. Nous pouvons ainsi interpr\u00e9ter deux cas cliniques que je r\u00e9sume \u00e0 leur plus simple expression&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Une planche manque dans un bureau et manque que le malade per\u00e7oit dans un trouble \u2013 tr\u00e8s fortement \u00e9prouv\u00e9&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Les lettres attendues tous les jours, et la demande pressante du malade&nbsp;: \u00ab&nbsp;Est-ce que j\u2019ai du courrier aujourd\u2019hui\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Pourquoi cette chute devant un objet manquant et devant un espace qui est chang\u00e9&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Pourquoi cette fausse demande de la lettre, adress\u00e9e tous les matins jusqu\u2019\u00e0 ce que le soignant l\u2019invective&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Ces deux pr\u00e9sentations permettent de comprendre que le \u00ab&nbsp;faux rituel&nbsp;\u00bb mis en place par le psychotique a \u00e0 voir et \u00e0 faire avec un espace qui fonctionne comme un faux-semblant. Pourquoi&nbsp;? Parce que c\u2019est le r\u00e9el qui sert de rep\u00e8re fixe et fig\u00e9 et qui en se r\u00e9p\u00e9tant identique \u00e0 lui-m\u00eame sans d\u00e9calage, sans modification, sans temporalit\u00e9, sert de cadrage en retour \u00e0 l\u2019identique du psychotique. Ainsi la garantie d\u2019un monde o\u00f9 rien ne change, lui assure une identit\u00e9 et ce, dans un retour imm\u00e9diat.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Faux rituel parce qu\u2019il faut qu\u2019il se produise tel quel et qu\u2019il n\u2019accepte aucune modification, sinon c\u2019est le sujet lui-m\u00eame qui perd ce qui lui sert en permanence de rep\u00e8re n\u2019ayant pas int\u00e9rioris\u00e9 ce vide-en-soi, ce trou qui nous permet de mettre une interpr\u00e9tation commode et logique que le fait que quelque chose dans le monde change. (Le Fleuve d\u2019H\u00e9raclite).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Nous interpr\u00e9tons le monde \u00e0 partir de notre propre manque \u00e0 \u00eatre, mais c\u2019est nous qui, parce que nous sommes le m\u00eame sujet, pouvons nous situer devant ce qui change et le situer en retour (une \u00e9tag\u00e8re enlev\u00e9e renvoie \u00e0 une explication, c\u2019est-\u00e0-dire un r\u00e9seau de sens que je produis et qui me rassure\u2026), je ne sombre pas avec le changement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Dans la psychose, c\u2019est exactement le contraire qui se passe, le sujet est toujours assign\u00e9 par le r\u00e9el (espace, objet, autre), et comme une \u00e9tag\u00e8re, \u00e7a ne parle pas, \u00e7a ne dit rien sur son absence, et lui n\u2019ayant pas acc\u00e8s \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation est perdu, son seul recours, c\u2019est le d\u00e9lire qui n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019une tentative de produire une explication que personne ne peut partager.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Il ne faut pas croire que l\u2019agencement fix\u00e9 et fig\u00e9 de l\u2019espace-temps n\u2019a pas d\u2019importance pour le sujet psychotique, c\u2019est de cette permanence qu\u2019il tire son identit\u00e9 et c\u2019est cela qui ne cesse de se r\u00e9p\u00e9ter. Nous comprenons maintenant la distinction entre la r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019identique n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019\u00eatre psychotique et la r\u00e9p\u00e9tition du m\u00eame qu\u2019est notre lot.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Dans la psychose, le sujet cr\u00e9e sans cesse le monde qui lui donne son identit\u00e9, mais comme en lui-m\u00eame il n\u2019a pas ce vide, ce rien, cette cr\u00e9ation ne trouve pas d\u2019espace pour s\u2019inscrire, il est donc contraint de mettre en place ce faux rituel et ce en permanence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Le sujet part dans la vie en sachant d\u2019un savoir inconscient, que le Bon-objet ne viendra jamais lui apporter l\u2019enti\u00e8re satisfaction qu\u2019il r\u00e9clame et que chaque fois que le Bon se pr\u00e9sente, il comprend qu\u2019il n\u2019est pas tout \u00e0 fait bon, ne faisant que rem\u00e9morer \u00e0 l\u2019homme sa souffrance originaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">C\u2019est, je crois, l\u2019essence m\u00eame de l\u2019\u00eatre humain, que de trouver dans l\u2019amour un point de haine irr\u00e9ductible, mais c\u2019est aussi cela sa chance qui se traduit par le fait que dans l\u2019amour, l\u2019\u00eatre humain ne succombe pas totalement, il s\u2019en pr\u00e9serve parce que, essentiellement, l\u2019amour ne vient pas rendre \u00e0 l\u2019\u00eatre sa pl\u00e9nitude, c\u2019est-\u00e0-dire la mort.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">C\u2019est vers ce d\u00e9clin que la parole de Rilke nous am\u00e8ne&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Il faut mourir des femmes parce qu\u2019on les conna\u00eet&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">A quoi r\u00e9pond une parole de l\u2019enclin avec H\u00f6lderlin quand il dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u00e0 o\u00f9 le p\u00e9ril cro\u00eet, cro\u00eet aussi ce qui sauve\u2026&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?ssl=1\"><img data-attachment-id=\"1029\" data-permalink=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/la-photographie-a-lepreuve-de-la-nuit-fps-60-de-liz-deschenes-helene-kuchmann\/fond_blanc\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?fit=750%2C450&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"750,450\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Fond_blanc\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?fit=300%2C180&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?fit=750%2C450&amp;ssl=1\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?resize=33%2C20&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-1029\" width=\"33\" height=\"20\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?w=750&amp;ssl=1 750w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?resize=300%2C180&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"(max-width: 33px) 100vw, 33px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Du cri \u00e0 la repr\u00e9sentation de chose<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">&nbsp;Le cri na\u00eet avec la premi\u00e8re d\u00e9chirure dans l\u2019\u00eatre humain, il lui est concomitant et m\u00eame consubstantiel. Le cri n\u2019est pas encore l\u2019expression d\u2019une d\u00e9chirure, il est la d\u00e9chirure m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Crier, pour l\u2019enfant, ce n\u2019est pas encore r\u00e9clamer le sein de la m\u00e8re&nbsp;; devant sa d\u00e9tresse, crier, pour l\u2019enfant c\u2019est simplement, peut-on dire, faire l\u2019exp\u00e9rience de la d\u00e9chirure provenant des pulsions internes qui ont \u00e9t\u00e9 la cause de la premi\u00e8re rupture de l\u2019hom\u00e9ostase dans laquelle il ne pouvait que s\u2019aimer lui-m\u00eame. Le cri vient d\u00e9chirer le <em>real-Ich<\/em> initial et vient signifier la d\u00e9chirure. Avec ce cri, on perd ce qui faisait l\u2019essence de l\u2019hom\u00e9ostase&nbsp;: c\u2019est \u00e0 ce moment pr\u00e9cis que cet \u00e9tat est irr\u00e9m\u00e9diablement perdu, aucun objet, sinon dans la mort, ne pourra venir r\u00e9tablir compl\u00e9tement cet \u00e9quilibre du temps mythique de tout sujet. &nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le cri est la d\u00e9chirure qui s\u2019ouvre \u00e0 la voix.<\/p>\n\n\n\n<p>La voix est la d\u00e9chirure qui s\u2019abouche au cri.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">L\u2019enfant crie, le cri qui vient du d\u00e9chir\u00e9, vient aussi \u00e0 ce que, dans son retour, il peut, sans le savoir, trouver une autre d\u00e9chirure&nbsp;; pour qu\u2019il ne se perde pas dans le des\u00eatre, la m\u00e8re intervient comme un miroir et lui permet en retour, justement d\u2019avoir acc\u00e8s \u00e0 ce qui va \u00eatre l\u2019essentiel de la rem\u00e9moration, de la repr\u00e9sentation, de la r\u00e9p\u00e9tition.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Le cri suit la voie de la d\u00e9chirure et il pr\u00e9c\u00e8de la voie de l\u2019ouverture&nbsp;: dans le cri se met en place d\u00e9j\u00e0 le rapport \u00e0 ce que la limite ne permet pas&nbsp;: le cri vient de la non-limite qui, pour tout sujet, sera ce qui pousse au-del\u00e0 \u00e0 aller chercher ce bout de corps qui le reconstitue toujours, sans cesse, comme unit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Ph\u00e9nom\u00e9nologiquement, le cri am\u00e8ne le nourrisson vers l\u2019utilisation du d\u00e9chir\u00e9, si le d\u00e9chirement interne \u00e9prouve l\u2019\u00eatre dans sa perte de l\u2019int\u00e9grit\u00e9, si le d\u00e9chirement montre \u00e0 l\u2019enfant qu\u2019il ne peut rien contre le fait qu\u2019il est soumis \u00e0 la pulsion interne, il n\u2019en demeure pas moins que l\u2019enfant trouve dans cette d\u00e9chirure \u00e0 la fois le lieu de son impuissance et rapidement le lieu de sa puissance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Cette puissance n\u2019est jamais que celle du verbe et le verbe contient lui-m\u00eame son principe de contradiction, car au moment o\u00f9 il fonde mon rapport \u00e0 la ma\u00eetrise, il fonde aussi mon rapport \u00e0 \u00ab&nbsp;l\u2019esclavage&nbsp;\u00bb. Par le verbe j\u2019exerce sur l\u2019autre la condition de le faire entrer dans l\u2019espace de la soumission, mais il comprend aussi le fait que l\u2019autre puisse ne pas ob\u00e9ir et plus essentiellement ne pas comprendre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Le cri comprend donc la potentialit\u00e9 toujours renouvel\u00e9e de la ma\u00eetrise et de l\u2019esclavage&nbsp;: qui ne sont que la m\u00eame face du signifiant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">D\u00e8s que je m\u2019adresse \u00e0 l\u2019autre, il tient ma vie et ma mort entre ses mains, et aussi loin que je puisse pousser mon emprise, l\u2019autre peut quand il veut laisser tomber le langage dans le des\u00eatre et ainsi m\u2019\u00f4ter tout espoir de ma\u00eetrise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Il appara\u00eet donc d\u2019embl\u00e9e que le signifiant comme tel est ali\u00e9nation. C\u2019est en ce sens que Lacan le formule. Cela ne veut pas dire qu\u2019il l\u2019entende ainsi que nous l\u2019avons propos\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">On pourrait dire que la premi\u00e8re relation qui ne peut se d\u00e9finir que dans l\u2019univers encore clos du b\u00e9b\u00e9 est puissance\u2013impuissance et que cette relation \u00e9volue vers le couple ma\u00eetrise\u2013assujettissement. On ne pense ces couples que si l\u2019on dit que chacun des termes ne forme pas un syst\u00e8me d\u2019opposition irr\u00e9ductible. Chacun travaille au sein du m\u00eame car ils proviennent tous deux de la d\u00e9composition de la toute-puissance originaire qui, tr\u00e8s vite, se trouve en \u00e9chec. Nous pourrons ainsi r\u00e9sumer les trois \u00e9tapes qui concernent l\u2019advenue du cri et de son rapport au premier signifiant&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Toute-puissance,<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Puissance\u2013impuissance,<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Ma\u00eetrise\u2013assujettissement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Ce que l\u2019on voit, c\u2019est comment le cri du b\u00e9b\u00e9 se transforme en langage \u00e0 partir de l\u2019intervention de la m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Quand l\u2019enfant reste sous la domination de la toute-puissance, on peut dire que rien ne le pousse au langage, il est pris dans l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 de sa demande qui se confond avec l\u2019objet, et par l\u00e0, il n\u2019y a pas de diff\u00e9rence entre ce qu\u2019il veut, ce qu\u2019il a, et ce qu\u2019il est. Tout est pour lui, dirons-nous, identique. Ensuite sous l\u2019effet de la coupure, l\u2019enfant s\u2019introduit dans le registre suivant, il passe de la puissance \u00e0 l\u2019impuissance dans et par l\u2019emploi du langage de la demande.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Chaque appel constitue pour lui \u00e0 nouveau une restructuration de sa puissance et de son impuissance, il est mis devant la force et la forme du signifiant, \u00e0 savoir un effet de sa puissance dont la cause est l\u2019impuissance \u00e0 se satisfaire lui-m\u00eame. La conscience de soi n\u2019est jamais qu\u2019un retour de l\u2019impuissance d\u2019o\u00f9 l\u2019enfant tire sa force. Ce moment reste encore tr\u00e8s archa\u00efque pour la constitution de l\u2019\u00eatre humain&nbsp;: tout ce qui peut se passer est encore massivement tourn\u00e9 vers le sujet lui-m\u00eame, l\u2019autre \u00e0 qui le sujet s\u2019adresse n\u2019est pas comme tel identifiable. La m\u00e8re n\u2019est rien d\u2019autre que ce que Freud intitule par un trait de g\u00e9nie&nbsp;: le <em>Nebenmensch<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">&nbsp;Le petit enfant n\u2019a pas souci de communiquer, il a comme seule id\u00e9e de demeurer dans l\u2019\u00e9tat originaire de la toute-puissance qu\u2019il a \u00e0 jamais perdue. Le seul probl\u00e8me c\u2019est d\u2019effectuer ce retour en arri\u00e8re impossible et, en m\u00eame temps, s\u2019inscrit en lui que la toute-puissance est illusoire et qu\u2019elle l\u2019entra\u00eene vers ce que toute-puissance comme force vitale implique \u00e0 une entr\u00e9e dans l\u2019ordre irr\u00e9versible de la temporalit\u00e9. Il est ainsi conduit parce qu\u2019il consent \u00e0 aller de l\u2019avant\u2026 partir pour la mort et non y revenir, voil\u00e0 th\u00e9oriquement l\u2019effet de cette premi\u00e8re mise en place du signe comme appel \u00e0 la M\u00e8re, comme Autre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Cet Autre qui prend la configuration de la mort en tant que d\u2019entr\u00e9e de jeu elle situe l\u2019instance symbolique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">&nbsp;Mais on ne peut pas parler ainsi, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 faire intervenir la th\u00e9orie comme cadrage et rep\u00e9rage conceptuel qui, \u00e0 la fois, nous donne acc\u00e8s \u00e0 ce qui peut se passer, mais en m\u00eame temps l\u2019\u00e9crase. Je crois qu\u2019on peut parler l\u00e0 d\u2019un premier rapport au Rythmos et au Pathos, le rythme \u00e9tant ce qui s\u2019implique de la diff\u00e9rence et du m\u00eame&nbsp;: un jeu rythmique de la puissance et de l\u2019impuissance r\u00e9unies sous le regard du m\u00eame. C\u2019est \u00e0 ce moment que surgit ce que l\u2019on peut nommer la volont\u00e9 de puissance qui est le fond vital sur quoi et \u00e0 partir de quoi l\u2019entr\u00e9e dans la vie est la vie men\u00e9e qui se d\u00e9ploie vers ce qui entra\u00eene sans cesse l\u2019homme \u00e0 \u00eatre un \u00eatre vers\u2026 tourn\u00e9 vers ce qui le pr\u00e9c\u00e8de\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Rythmos et Pathos\u2026 sont \u00e0 la fois ce surgissement et cet \u00e9tonnement qui \u00e9veillent l\u2019homme en direction de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Le Rythmos est ouverture de l\u2019\u00eatre \u00e0 la temporalit\u00e9 comme puissance de devenir. Au point o\u00f9 nous sommes, nous ne pouvons que renvoyer \u00e0 l\u2019article remarquable de Maldiney dans Regard, Parole, Espace. Il \u00e9crit page 153&nbsp;:&nbsp; \u00ab&nbsp;Notre th\u00e8se est&nbsp;: \u00a0\u00bb L\u2019art est \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 du sensible ce que le rythme est \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 de l\u2019<em>aisthesis<\/em>&nbsp;\u00a0\u00bb \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Dans le moment o\u00f9 l\u2019enfant \u00e9prouve sa puissance et son impuissance ensemble, il \u00e9prouve aussi ce qui va \u00eatre l\u2019essence essentielle de l\u2019\u00eatre dans son rapport au langage, il y a dans le fait que je parle quelque chose comme une volont\u00e9, une d\u00e9cision de me signifier et de dire quelque chose, et en m\u00eame temps, il y a en soi cette id\u00e9e que le langage que j\u2019emploie ne fera jamais compl\u00e8tement le tour de ce que je veux, il y a toujours un mot en attente, une autre phrase, une r\u00e9ponse qui en appelle une autre, il y a bien aussi dans la parole prise, impossibilit\u00e9 \u00e0 passer compl\u00e8tement du c\u00f4t\u00e9 du langage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Ce n\u2019est, archa\u00efquement, que r\u00e9it\u00e9rer la puissance et l\u2019impuissance originelles de mon rapport au premier mot au cri.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Chaque cri et chaque r\u00e9p\u00e9tition du cri m\u2019am\u00e8nent \u00e0 ce bord o\u00f9 ce que je d\u00e9sire reconqu\u00e9rir, la toute-puissance, se trouve de plus en plus inaccessible et plus je vais pr\u00e9ciser l\u2019ordre de ma demande, plus je perds de ma toute-puissance\u2026 L\u2019entr\u00e9e dans le symbolique est \u00e9loignement de la toute-puissance et acceptation de mon impuissance\u2026 Mais l\u2019acceptation n\u2019est pas synonyme de r\u00e9signation, au contraire, accepter c\u2019est consentir, et dans le consentement il y a un oui au monde qui s\u2019offre, et un oui \u00e0 la parole comme puissance et impuissance li\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?ssl=1\"><img data-attachment-id=\"1029\" data-permalink=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/la-photographie-a-lepreuve-de-la-nuit-fps-60-de-liz-deschenes-helene-kuchmann\/fond_blanc\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?fit=750%2C450&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"750,450\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Fond_blanc\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?fit=300%2C180&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?fit=750%2C450&amp;ssl=1\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?resize=33%2C20&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-1029\" width=\"33\" height=\"20\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?w=750&amp;ssl=1 750w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Fond_blanc.png?resize=300%2C180&amp;ssl=1 300w\" sizes=\"(max-width: 33px) 100vw, 33px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Note sur l&rsquo;auteur<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Bernard Salignon est un penseur \u00e0 l&rsquo;origine d&rsquo;espaces o\u00f9 se m\u00ealent philosophie, psychanalyse et esth\u00e9tique. C&rsquo;est autour de lui que la revue en ligne <em>Esquisses &#8211; en mouvement <\/em>est n\u00e9e en 2014. Docteur et professeur \u00e9m\u00e9rite, il a, du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019institution, enseign\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9cole nationale sup\u00e9rieure d\u2019architecture de Montpellier, menant une r\u00e9flexion fondamentale sur l&rsquo;habiter, et fond\u00e9 avec Henri Rey-Flaud le d\u00e9partement de Psychanalyse et Esth\u00e9tique \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9&nbsp;Montpellier III qu&rsquo;il a longtemps dirig\u00e9. Du c\u00f4t\u00e9 ouvert des rencontres, il est une figure fid\u00e8le qui nourrit et accompagne d\u2019autres penseurs et artistes mais aussi professionnels, notamment dans les domaines de l\u2019\u00e9ducation et du soin. <\/p>\n\n\n\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 lire en pdf Ou sur le site D&rsquo;abord paru dans la revue du Centre d&rsquo;\u00e9tudes freudiennes Dires, dont Esquisses est un prolongement, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de cet article est de montrer \u00e0 quel point une approche a le pouvoir de renouveler la question de l&rsquo;\u00eatre de l&rsquo;homme. 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