{"id":216,"date":"2017-04-28T15:29:08","date_gmt":"2017-04-28T14:29:08","guid":{"rendered":"http:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/?p=216"},"modified":"2023-09-06T18:19:26","modified_gmt":"2023-09-06T17:19:26","slug":"lexil-et-la-repetition-dans-loeuvre-de-wajdi-mouawad-quelles-limites-et-frontieres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/lexil-et-la-repetition-dans-loeuvre-de-wajdi-mouawad-quelles-limites-et-frontieres\/","title":{"rendered":"L&rsquo;exil et la r\u00e9petition dans l\u2019\u0153uvre de Wajdi Mouawad, quelles limites et fronti\u00e8res ? \u2014 Pauline Desiderio"},"content":{"rendered":"<h1 class=\"western\" style=\"text-align: left;\" align=\"center\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">L&rsquo;exil et la r\u00e9p\u00e9tition dans l\u2019\u0153uvre de Wajdi Mouawad,<br \/>\nquelles limites et fronti\u00e8res\u00a0? \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0<\/span><\/span><\/h1>\n<p style=\"text-align: left;\" align=\"center\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Pauline DESIDERIO<br \/>\n<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span style=\"font-size: small;\">CRISES (E.A. 4424), Universit\u00e9 Paul-Val\u00e9ry Montpellier III<br \/>\n<\/span><\/span><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span style=\"font-size: small;\">pauline.desiderio@etu.univ-montp3.fr \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\"><span style=\"color: #999999;\">T\u00e9l\u00e9charger l&rsquo;article au format pdf :\u00a0<a href=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2017\/04\/Lexil-et-la-re\u0301pe\u0301tition-Pauline-DesiderioEsquisses-1.pdf\">L&rsquo;exil et la re\u0301pe\u0301tition-Pauline Desiderio<\/a><\/span><\/p>\n<h1 class=\"western\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Introduction \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0<\/span><\/h1>\n<blockquote>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0J&rsquo;ai cherch\u00e9 partout un ailleurs, mais j&rsquo;ai rien trouv\u00e9. Partout c&rsquo;\u00e9tait toujours ici, et c&rsquo;\u00e9tait crevant.<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Par cette phrase, qui nous permet d&rsquo;entrer dans l&rsquo;\u0153uvre de Wajdi Mouawad, les questions de limites et de fronti\u00e8res s&rsquo;inscrivent \u00e0 plusieurs niveaux. Tout d&rsquo;abord, il pose les limites de l&rsquo;espace et des territoires, qu&rsquo;ils soient r\u00e9els \u2013 la th\u00e9matique de l&rsquo;exil est centrale dans les textes de l&rsquo;auteur libanais \u2013 ou fictifs. Mais son \u0153uvre \u00e9voque aussi leurs fronti\u00e8res qui permettent tant de s&rsquo;ouvrir \u00e0 l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9, qu&rsquo;au contraire, comme dans l&rsquo;extrait, de s&rsquo;y enfermer, de se retrancher volontairement ou involontairement dans un lieu, une culture, un imaginaire. Cette impossibilit\u00e9 d&rsquo;un ailleurs qui s&rsquo;y joue est \u00e0 la fois physique et imaginaire\u00a0; le personnage cherche \u00e0 s&rsquo;\u00e9chapper, mais en se d\u00e9pla\u00e7ant, il est toujours rattrap\u00e9 par ce qu&rsquo;il essaye de fuir. Ce d\u00e9passement des fronti\u00e8res aurait donc paradoxalement une limite, celle de la r\u00e9p\u00e9tition. Il s&rsquo;agira de comprendre l&rsquo;enjeu de cette tension entre fronti\u00e8res et r\u00e9p\u00e9titions ainsi que d&rsquo;en analyser un possible d\u00e9passement par l&rsquo;\u00e9criture et le recours \u00e0 la fiction.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Apr\u00e8s une rapide pr\u00e9sentation de l&rsquo;auteur et des diff\u00e9rents processus de r\u00e9p\u00e9tition qu&rsquo;il utilise, nous tenterons de les mettre en lumi\u00e8re \u00e0 travers deux textes th\u00e9oriques marquants sur le sujet\u00a0: <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Au-del\u00e0 du principe de plaisir<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> o\u00f9 Sigmund Freud identifie la compulsion de r\u00e9p\u00e9tition ainsi qu&rsquo;un texte qui en prolonge le sens pour en tirer une conclusion singuli\u00e8re\u00a0: <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Diff\u00e9rence et R\u00e9p\u00e9tition<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> de Gilles Deleuze. Il ne s&rsquo;agira pas de tenter, \u00e0 travers ses fictions, de faire une psychanalyse de l&rsquo;auteur, mais d&rsquo;analyser comment les mots, les \u00e9v\u00e9nements et les personnages semblent pris dans une compulsion de r\u00e9p\u00e9tition et d&rsquo;en chercher un hypoth\u00e9tique sens sur les notions d&rsquo;identique et d&rsquo;identit\u00e9, et ainsi d&rsquo;\u00e9clairer le lien entre fronti\u00e8res, limites et r\u00e9p\u00e9tition.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Mais tout d&rsquo;abord, quelques mots sur l&rsquo;auteur. Wajdi Mouawad est n\u00e9 au Liban en 1968, il se dit fr\u00e8re jumeau de la guerre civile qui a conduit ses parents \u00e0 fuir son pays et sa langue natale alors qu&rsquo;il a dix ans, d&rsquo;abord en France puis au Canada. C&rsquo;est au Qu\u00e9bec qu&rsquo;il commence ses \u00e9tudes de th\u00e9\u00e2tre et dans cette langue d\u00e9j\u00e0 \u00ab\u00a0cr\u00e9olis\u00e9e\u00a0\u00bb qu&rsquo;il \u00e9crit ses premiers textes. Il ne parle alors plus arabe, sa langue maternelle. Ce d\u00e9part fut un socle, comme il l&rsquo;explique dans <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Voyage<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a><\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">, un recueil d&rsquo;entretiens avec Hortense Archambault et Vincent Baudriller. <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00c0<\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> toutes les questions qu&rsquo;il se posait, la r\u00e9ponse \u00e9vidente \u00e9tait : \u00a0\u00bb\u00a0Parce qu&rsquo;il y a eu la guerre et qu&rsquo;on a quitt\u00e9 le Liban&#8230;\u00a0\u00a0\u00bb Pourtant ce sujet est aussi un tabou au-del\u00e0 duquel aucun mot ni explication n&rsquo;\u00e9tait possible dans sa famille. Cette probl\u00e9matique des limites sera ainsi au c\u0153ur de son travail, cherchant dans cette travers\u00e9e des fronti\u00e8res \u00e0 la fois une possibilit\u00e9 de revenir \u00e0 ses origines, mais aussi de s&rsquo;en \u00e9chapper. Car si tout ce qui concerne sa vie se confronte \u00e0 ce point de but\u00e9e\u00a0: son pays maternel, ce dernier, bien qu&rsquo;inconnu est aussi \u00e0 la fois un d\u00e9sir d&rsquo;\u00e9ternel retour et un impossible d\u00e9passement. \u00c0 travers l&rsquo;\u00e9criture, Wajdi Mouawad va chercher des alternatives par le biais de personnages, doubles potentiels de l&rsquo;auteur, l\u2019amenant au-del\u00e0 de ce plancher \u00e0 th\u00e9matiser l&rsquo;\u00e9criture et le v\u00e9cu de l&rsquo;exil.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> L&rsquo;enjeu sera donc de montrer comment \u00e0 travers autant d&rsquo;images kal\u00e9idoscopiques, Wajdi\u00a0Mouawad r\u00e9p\u00e8te l&rsquo;exil de son pays natal afin d&rsquo;en d\u00e9finir les limites et les possibles et trouver, ou non, un ailleurs dans la fiction. Les limites ne sont alors plus seulement marqu\u00e9es par des fronti\u00e8res de langues, de cultures, de pays, mais celles qui s\u00e9parent le r\u00e9el et la fiction.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Dans ses textes, le deuil du pays natal et la perte de l&rsquo;identit\u00e9 ressurgissent \u00e0 l&rsquo;infini, rendant impossible \u00e0 ses personnages la cr\u00e9ation d&rsquo;une nouvelle vie et le potentiel d&rsquo;un nouvel imaginaire. Ils semblent paralys\u00e9s par une scansion de r\u00e9p\u00e9titions.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Cette figure de la r\u00e9p\u00e9tition est identifiable en quatre grands types dans l&rsquo;\u0153uvre de l&rsquo;auteur\u00a0:<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Les citations de textes de la culture litt\u00e9raire\u00a0: par exemple, le th\u00e8me central d&rsquo;\u0152dipe peut se lire de mani\u00e8re explicite dans <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Incendies<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">, mais se retrouve aussi dans <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>For\u00eats<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">, <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Anima<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> ou <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Temps<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> On peut aussi trouver des r\u00e9p\u00e9titions narratives ou des r\u00e9\u00e9critures de dialogues d&rsquo;un texte \u00e0 l&rsquo;autre, comme nous le mettrons en \u00e9vidence par la suite.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> De plus, les r\u00e9p\u00e9titions au sein m\u00eame d&rsquo;un texte sont fr\u00e9quentes, par exemple dans <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Incendies\u00a0<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">: de l&rsquo;incipit \u00e0 la conclusion se d\u00e9plie la phrase\u00a0: \u00ab<\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>\u00a0<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Maintenant que nous sommes ensemble, \u00e7a va mieux.<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb une vingtaine de fois au cours des diff\u00e9rents actes.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Au-del\u00e0 de ces effets litt\u00e9raires se r\u00e9p\u00e8te aussi l&rsquo;Histoire : du Liban, des diff\u00e9rentes guerres et violences contemporaines et l&rsquo;histoire personnelle de l&rsquo;auteur. Il ne choisit pas alors le regard de l&rsquo;historien, mais cr\u00e9e une fiction \u00e0 travers la r\u00e9-\u00e9mergence de souvenirs enfouis, oubli\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span style=\"font-size: large;\"><b>Au-del\u00e0 du principe de plaisir<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> La r\u00e9p\u00e9tition est un effet litt\u00e9raire, mais aussi une grande th\u00e9matique philosophique, esth\u00e9tique et psychanalytique. D&rsquo;un point de vue th\u00e9orique, Sigmund Freud identifie un v\u00e9ritable paradoxe\u00a0: alors que l&rsquo;\u00eatre humain d\u00e9sire la nouveaut\u00e9, l&rsquo;in\u00e9dit, certains sujets, notamment les enfants, cherchent la r\u00e9p\u00e9tition exacte des \u00e9v\u00e8nements. Cette redite se d\u00e9clencherait <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Au-del\u00e0 du principe de plaisir<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">. Sigmund Freud la rep\u00e8re dans le jeu d&rsquo;un enfant\u00a0: le c\u00e9l\u00e8bre \u00ab\u00a0<\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Fort\/Da<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00a0\u00bb. Il s&rsquo;agit pour l&rsquo;enfant de r\u00e9p\u00e9ter le mouvement de jeter au loin un objet afin de rejouer la perte sur laquelle il n&rsquo;a aucune emprise. Ce \u00ab\u00a0fort\u00a0\u00bb que l&rsquo;enfant r\u00e9p\u00e8te lorsqu&rsquo;il jette l&rsquo;objet au-del\u00e0 de sa vue est analys\u00e9 ainsi\u00a0:<\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0Jeter au loin l&rsquo;objet, de sorte qu&rsquo;il soit parti, pourrait satisfaire une impulsion de vengeance, r\u00e9prim\u00e9e dans la vie, \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la m\u00e8re parce qu&rsquo;elle est partie loin de l&rsquo;enfant, et avoir alors la signification d&rsquo;un d\u00e9fi\u00a0: \u00a0\u00bb\u00a0Eh bien, pars donc, je n&rsquo;ai pas besoin de toi, c&rsquo;est moi-m\u00eame qui t&rsquo;envoie au loin\u00a0\u00ab\u00a0.\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Il s&rsquo;agit alors de nier l&rsquo;importance de la m\u00e8re, de la sortir de sa vie en utilisant un objet symbolique.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Quel lien peut-on \u00e9tablir entre cette premi\u00e8re identification du processus de r\u00e9p\u00e9tition et celui du th\u00e9\u00e2tre de Wajdi Mouawad\u00a0?<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Tout d&rsquo;abord le jeu. En effet, il est possible de faire un rapprochement entre l&rsquo;action de l&rsquo;enfant qui d\u00e9place les \u00e9v\u00e9nements v\u00e9cus, des situations r\u00e9elles en les mettant en sc\u00e8ne avec des objets divers, et ce que fait l&rsquo;auteur et sc\u00e9nographe avec des personnages, avec des com\u00e9diens.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Wajdi Mouawad fait aussi vivre \u00e0 ses personnages cette r\u00e9p\u00e9tition comme une mise en abyme de son propre travail sc\u00e9nique. Ainsi par exemple, apr\u00e8s la d\u00e9couverte du corps sans vie de sa femme, le protagoniste d&rsquo;<\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Anima<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> avouera au t\u00e9l\u00e9phone \u00eatre pris dans un \u00e9trange man\u00e8ge\u00a0:<\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0Aujourd&rsquo;hui, je n&rsquo;ai pas pu m&rsquo;en emp\u00eacher, je suis repass\u00e9 devant l&rsquo;appartement, convaincu que j&rsquo;allais la croiser. J&rsquo;ai jou\u00e9 \u00e0 rentrer chez moi pour la retrouver. J&rsquo;ai jou\u00e9 mais je savais que je jouais mais je n&rsquo;arrivais pas \u00e0 m&rsquo;arr\u00eater.\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">On voit alors comment, par une sorte de jeu, quasi-th\u00e9\u00e2tral, le personnage se perd \u00e0 r\u00e9actualiser la situation de manque. Sachant que c&rsquo;est un jeu, une fiction mais ne pouvant l&rsquo;arr\u00eater, comme s&rsquo;il pouvait rendre r\u00e9el par la fiction ce qu&rsquo;il ne pouvait accepter autrement, en r\u00e9p\u00e9tant encore et encore l&rsquo;inacceptable.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Ce recours \u00e0 ce que l&rsquo;on pourrait nommer la m\u00e9ta-mise-en-sc\u00e8ne dans les textes de l&rsquo;auteur libano-canadien n&rsquo;est pas un cas isol\u00e9 dans <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Anima<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">, on le retrouve aussi dans plusieurs autres textes comme <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Littoral<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> et <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Visage Retrouv\u00e9<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> \u00c0 la mani\u00e8re de Pirandello, dont les six personnages<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\"><sup>6<\/sup><\/a> \u00e9chappent \u00e0 leur auteur, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9s au rang d&rsquo;inconscients, oubli\u00e9s, ses protagonistes semblent \u00e9chapper \u00e0 Wajdi Mouawad ou \u00e0 leurs histoires, bloqu\u00e9s dans une compulsion de r\u00e9p\u00e9tition. Pour en sortir et accepter le r\u00e9el, ils doivent \u00e0 leur tour la mettre en sc\u00e8ne.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Toute perte est donc jou\u00e9e et rejou\u00e9e tant par l&rsquo;auteur que par ses personnages afin d&rsquo;\u00eatre ma\u00eetris\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 la fiction, comme l&rsquo;enfant dans l&rsquo;expos\u00e9 du psychanalyste.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> L&rsquo;autre point commun avec ce jeu ne l&rsquo;est plus avec le th\u00e9\u00e2tre en g\u00e9n\u00e9ral mais avec cet auteur particulier. En effet, dans son \u0153uvre Wajdi Mouawad r\u00e9p\u00e8te sans cesse l&rsquo;absence d&rsquo;une m\u00e8re, sa perte. Dans ses textes, les m\u00e8res ont toutes des destins tragiques. Une grande partie des m\u00e8res dans ses pi\u00e8ces meurent, comme dans <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Littoral, Incendies, <\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">ou <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>For\u00eats<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> o\u00f9 cet \u00e9v\u00e9nement ouvre la dramaturgie &#8211; rappelant le discourt imaginatif que Freud pr\u00eate \u00e0 l&rsquo;enfant\u00a0:<\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0Eh bien, pars donc, je n&rsquo;ai pas besoin de toi, c&rsquo;est moi-m\u00eame qui t&rsquo;envoie au loin\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote7sym\" name=\"sdfootnote7anc\"><sup>7<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb.<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Cette impression est renforc\u00e9e lorsque les m\u00e8res ne meurent plus dans des circonstances difficiles, mais sont oubli\u00e9es ou inconnues. Par exemple, de mani\u00e8re dramatique, <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Visage retrouv\u00e9<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> exprime les m\u00e9andres de la transformation, rappelant ainsi l&rsquo;aspect kafka\u00efen de <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>La M\u00e9tamorphose<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">, en ne l&rsquo;appliquant pas au personnage principal, comme dans le cas de Gr\u00e9gor, mais en la d\u00e9pla\u00e7ant vers la m\u00e8re. Un jeune gar\u00e7on rentre chez lui et y d\u00e9couvre une femme inconnue rempla\u00e7ant en toutes places et gestes sa m\u00e8re sans que personne ne s&rsquo;en \u00e9tonne. Apr\u00e8s une fugue, il r\u00e9alise que ce n&rsquo;est pas les traits du visage de sa m\u00e8re qui ont chang\u00e9, mais sa vision d&rsquo;elle. Il se met \u00e0 la peinture \u00e0 travers laquelle il esp\u00e8re les retrouver. Cette transformation a lieu pour le gar\u00e7on, peu de temps apr\u00e8s qu&rsquo;il a quitt\u00e9 son pays natal, dont les parents fuient la guerre. Le gar\u00e7on a d&rsquo;ailleurs \u00e9t\u00e9 victime d&rsquo;un affreux \u00e9v\u00e9nement, l&rsquo;incendie meurtrier d&rsquo;un bus. Cet \u00e9v\u00e9nement signe le d\u00e9but de la guerre au Liban et se retrouve dans diff\u00e9rents textes de l&rsquo;auteur, \u00e9v\u00e9nement qu&rsquo;il a lui-m\u00eame v\u00e9cu.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> L&rsquo;\u00e9tau entre la fiction et la r\u00e9alit\u00e9 se resserre. Bien que le dramaturge n&rsquo;ait pas oubli\u00e9 le visage de sa m\u00e8re, comme Wahab en arrivant en Occident pour qui cette derni\u00e8re s&rsquo;\u00e9tait modifi\u00e9e, transform\u00e9e, en une \u00ab\u00a0femme \u00e0 la longue chevelure blonde\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote8sym\" name=\"sdfootnote8anc\"><sup>8<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb, l&rsquo;auteur d\u00e9plore la mort de la sienne.<\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0Mal\u00e9diction lorsque vient le temps d&rsquo;\u00e9voquer la disparue, la mer-m\u00e8re la m\u00e8re-mer l&rsquo;am\u00e8re-m\u00e8re, n\u00e9e au soleil de la M\u00e9diterran\u00e9e et morte sous la neige circumpolaire\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote9sym\" name=\"sdfootnote9anc\"><sup>9<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Ainsi Bachelard explique dans <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>La Po\u00e9tique de l&rsquo;espace<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> que la perte de la m\u00e8re d\u00e9signe non pas l&rsquo;absence de l&rsquo;\u00eatre cher mais fr\u00e9quemment la distance de sa terre natale. Alors, cet acharnement \u00e0 faire mourir les m\u00e8res de ses diff\u00e9rents personnages pourrait se lire comme une r\u00e9\u00e9criture de la situation d&rsquo;exil.<\/span><\/p>\n<h2 class=\"western\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><br \/>\nUne exp\u00e9rience de l&rsquo;exil toujours r\u00e9p\u00e9t\u00e9e<\/span><\/h2>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0Le malade ne peut pas se souvenir de tout parmi ce qui est refoul\u00e9 en lui, peut-\u00eatre pr\u00e9cis\u00e9ment pas de l&rsquo;essentiel, de sorte qu&rsquo;il n&rsquo;acquiert pas la conviction de la justesse de la construction qui lui a \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9e. Il est bien plut\u00f4t oblig\u00e9 de r\u00e9p\u00e9ter le refoul\u00e9 comme une exp\u00e9rience v\u00e9cue pr\u00e9sente, au lieu de s&rsquo;en souvenir comme d&rsquo;un morceau du pass\u00e9 [\u2026] Cette reproduction, apparaissant avec une fid\u00e9lit\u00e9 qu&rsquo;on n&rsquo;aurait pas souhait\u00e9e [&#8230;]\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote10sym\" name=\"sdfootnote10anc\"><sup>10<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Cette description correspond \u00e0 ce que semblent vivre les personnages des pi\u00e8ces de Wajdi Mouawad. En effet de la m\u00eame mani\u00e8re qu&rsquo;au cin\u00e9ma, o\u00f9 la juxtaposition des images permet de m\u00e9langer, mixer, faire se percuter les \u00e9poques afin de cr\u00e9er un d\u00e9sordre temporel pour le spectateur, le dramaturge concorde les temps et les lieux sur une sc\u00e8ne unique. Ce qui se passe dans le pass\u00e9, par ce proc\u00e9d\u00e9, se trouve catapult\u00e9 dans un \u00e9ternel pr\u00e9sent. Plus de pass\u00e9 ni de futur, juste un pr\u00e9sent toujours r\u00e9actualis\u00e9.<\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0R\u00e9p\u00e9ter un \u00a0\u00bb\u00a0irrecommen\u00e7able\u00a0\u00ab\u00a0. Non pas ajouter une seconde et une troisi\u00e8me fois \u00e0 la premi\u00e8re, mais porter la premi\u00e8re fois \u00e0 la \u00a0\u00bb\u00a0ni\u00e8me\u00a0\u00a0\u00bb puissance\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote11sym\" name=\"sdfootnote11anc\"><sup>11<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Ce qui se r\u00e9p\u00e8te est ce qui se \u00ab\u00a0dit \u00e0 nouveau\u00a0\u00bb, pourtant dans le cadre du th\u00e9\u00e2tre il d\u00e9signe aussi le travail pr\u00e9paratoire avant les repr\u00e9sentations. La repr\u00e9sentation est d\u00e8s lors, ce qui se pr\u00e9sente \u00e0 nouveau, ce pass\u00e9 qui revient sur le devant de la sc\u00e8ne non plus comme un temps \u00e9loign\u00e9 mais comme un pr\u00e9sent toujours actuel. Cet \u00e9ternel pr\u00e9sent, mis en \u00e9vidence par la contrainte ou compulsion de r\u00e9p\u00e9tition est aussi nomm\u00e9 \u00ab\u00a0destin\u00a0\u00bb\u00a0:<\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0La personne semble vivre passivement quelque chose sur quoi il ne lui revient aucune influence, alors que pourtant elle ne fait que revivre toujours la r\u00e9p\u00e9tition du m\u00eame destin.\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote12sym\" name=\"sdfootnote12anc\"><sup>12<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Ce terme permet de nier la compulsion de r\u00e9p\u00e9tition, en effet \u00e9voquer le destin revient \u00e0 refuser que chacun provoque l&rsquo;allit\u00e9ration pour lui pr\u00e9f\u00e9rer une force mystique ou magique\u00a0: la providence ou la fatalit\u00e9. Ce n&rsquo;est d\u00e8s lors pas \u00e9trange que lorsque des \u00e9v\u00e9nements r\u00e9cidivent, les personnages de Mouawad n&rsquo;y croient pas et fassent appel \u00e0 ce destin. Le monologue de d\u00e9but de <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Littoral<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> est repris \u00e0 la fin de <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Visage Retrouv\u00e9 <\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">presque mot \u00e0 mot\u00a0:<\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0Il y en a qui ne croient pas au destin, je ne les envie pas, car de toutes les fa\u00e7ons, moi non plus je n&rsquo;y crois pas mais un coup de t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 trois heures du matin, \u00e7a reste un coup de t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 trois heures du matin et ce coup-l\u00e0, juste au moment de l&rsquo;\u00e9jaculation, m&rsquo;annon\u00e7ant la mort de mon p\u00e8re, si ce n&rsquo;est pas un coup du destin, qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est, bordel\u00a0?\u00a0Quel sens Dringallovenezvotrep\u00e8reestmort \u00e7a peut avoir sinon\u00a0!\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote13sym\" name=\"sdfootnote13anc\"><sup>13<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/p><\/blockquote>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0On peut appeler \u00e7a le destin. Y en a qui ne croient pas au destin. Je ne les envie pas parce que moi non plus je n&rsquo;y crois pas. Mais avoir refus\u00e9 d&rsquo;aller dormir chez Marie la nuit o\u00f9 ce t\u00e9l\u00e9phone de merde d&rsquo;enfoir\u00e9 de cul sonne pour me dire All\u00f4\u00a0? Wahab\u00a0? Oui. Viens vite, si ce n&rsquo;est pas le destin, qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est, bordel\u00a0?\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote14sym\" name=\"sdfootnote14anc\"><sup>14<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> L&rsquo;un d\u00e9bute le livre, l&rsquo;autre le cl\u00f4ture. Si la psychanalyse nous invite \u00e0 voir le terme \u00ab\u00a0destin\u00a0\u00bb comme la r\u00e9v\u00e9lation d&rsquo;une allit\u00e9ration, dans les deux textes il n&rsquo;y a aucune pr\u00e9sence r\u00e9elle de r\u00e9p\u00e9tition si on prend chaque histoire ind\u00e9pendamment. L&rsquo;histoire ne nous r\u00e9v\u00e8le pas d&rsquo;autres coups de fil nocturnes, de funestes nouvelles, etc. dans la vie de chacun de ces personnages, rien qui puisse expliquer l&rsquo;utilisation du terme de destin. Or, en poursuivant cette logique, ce n&rsquo;est pas au sein de l&rsquo;histoire que se r\u00e9p\u00e8tent ces fameux coups de fils nocturnes, mais dans l&rsquo;\u0153uvre compl\u00e8te de Wajda Mohamad. S&rsquo;ils se mettent \u00e0 croire (ou non) au destin, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a une force supr\u00eame qui se joue d&rsquo;eux<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote15sym\" name=\"sdfootnote15anc\"><sup>15<\/sup><\/a>, cette pression est ind\u00e9niablement celle de l&rsquo;auteur. Ils sont les personnages d&rsquo;une trag\u00e9die, eux-m\u00eames en ont conscience et le disent. Les r\u00e9p\u00e9titions sont d\u00e8s lors fictives et r\u00e9pondent effectivement \u00e0 l\u2019appellation de destin\u00e9e. Pourtant, l&rsquo;auteur lui, ne peut faire appel \u00e0 une force supr\u00eame pour expliquer l&rsquo;omnipr\u00e9sence de la r\u00e9p\u00e9tition dans ses textes, et ne cible pas directement l&rsquo;exil comme ce qui est r\u00e9p\u00e9t\u00e9 infiniment, mais laisse des indices de ces maux. Par exemple, dans <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Anima<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">, il pr\u00eate ces mots au personnage principal\u00a0:<\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0Contrairement \u00e0 toi, je ne connais pas mon cauchemar, je n&rsquo;en garde aucun souvenir [\u2026] Depuis qu&rsquo;un homme est venu me d\u00e9terrer et me sauver, je n&rsquo;y ai jamais remis les pieds. On croit \u00eatre sauv\u00e9, mais on se trompe sur la logique, le mod\u00e8le \u00e0 suivre, l&rsquo;\u00e9quation.<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote16sym\" name=\"sdfootnote16anc\"><sup>16<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Le personnage dit ne pas se souvenir de son cauchemar, de ne garder aucun souvenir de l&rsquo;origine de son traumatisme, pourtant il le dit en creux\u00a0: \u00ab\u00a0je n&rsquo;y ai jamais remis les pieds\u00a0\u00bb. C&rsquo;est donc bien du lieu de l&rsquo;exil qu&rsquo;il s&rsquo;agit. Ce cauchemar, qui vient hanter ses nuits, se r\u00e9p\u00e9tant lorsque le personnage a les yeux ferm\u00e9s est bien cette situation de d\u00e9part v\u00e9cu enfant. Cette r\u00e9p\u00e9tition cauchemardesque revient \u00e0 l&rsquo;infini, comme l&rsquo;auteur le dit dans cette \u00e9trange comparaison\u00a0:<\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0Aux Jeux Olympiques, des hommes lancent le javelot. D&rsquo;autres vont le ramasser et le ram\u00e8nent et le voil\u00e0 \u00e0 nouveau lanc\u00e9. \u00c7a ne se termine jamais. Toujours quelqu&rsquo;un ou quelque chose pour ramener le javelot des terreurs et toujours quelqu&rsquo;un pour le relancer.<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote17sym\" name=\"sdfootnote17anc\"><sup>17<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Difficile alors de ne pas faire le lien avec le jeu mis en place par le petit gar\u00e7on, lan\u00e7ant les objets au loin, et particuli\u00e8rement avec la bobine, qu&rsquo;il lance et ram\u00e8ne, presque perp\u00e9tuellement. L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement traumatique est toujours renvoy\u00e9 au loin, hors de vue, comme seule solution qui devrait sauver, mais revient indubitablement, toujours pr\u00e9sent, toujours dans le pr\u00e9sent, tuant le temps.<\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0Un trait d&rsquo;esprit entendu pour la seconde fois restera presque sans effet, une repr\u00e9sentation th\u00e9\u00e2trale n&rsquo;atteindra plus jamais la seconde fois l&rsquo;impression qu&rsquo;elle avait laiss\u00e9 la premi\u00e8re fois\u00a0; bien plus il est tr\u00e8s dur de d\u00e9cider un adulte \u00e0 relire de bout en bout un livre qui lui a beaucoup plu. Toujours la nouveaut\u00e9 sera la condition de la jouissance. Mais l&rsquo;enfant, lui, ne sera jamais fatigu\u00e9 de r\u00e9clamer de l&rsquo;adulte la r\u00e9p\u00e9tition d&rsquo;un jeu qu\u2019il lui a montr\u00e9 ou qui a \u00e9t\u00e9 entrepris avec lui, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que, \u00e9puis\u00e9, cet adulte refuse [&#8230;] Il n&rsquo;y a pas l\u00e0 contradiction au principe de plaisir\u00a0; il tombe sous le sens que la r\u00e9p\u00e9tition \u2013 le fait de retrouver l&rsquo;identit\u00e9 \u2013 constitue en elle-m\u00eame une source de plaisir.\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote18sym\" name=\"sdfootnote18anc\"><sup>18<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/p><\/blockquote>\n<h2 class=\"western\"><\/h2>\n<h2 class=\"western\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Identique et Identit\u00e9<\/span><\/h2>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Ce plaisir, que l&rsquo;enfant trouve dans cette identique de l&rsquo;exp\u00e9rience, est point\u00e9 par la traduction comme l&rsquo;identit\u00e9. L&rsquo;identit\u00e9 est ce qui reste toujours identique\u00a0: le \u00ab\u00a0Je\u00a0\u00bb. Il s&rsquo;agirait d\u00e8s lors de chercher l&rsquo;identique dans la diff\u00e9rence, de rechercher l&rsquo;identit\u00e9 dans des doubles, des personnages fictifs. Cette id\u00e9e semble \u00eatre r\u00e9ellement au c\u0153ur de la d\u00e9marche artistique de l&rsquo;auteur, qui ne cesse de d\u00e9clarer, ou de faire d\u00e9clarer \u00e0 ses personnages\u00a0:<\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0Avant, c&rsquo;est comme si quelqu&rsquo;un parlait pour moi&#8230; faisait le r\u00e9cit de ma propre vie. Comme si je disais \u00a0\u00bb\u00a0il\u00a0\u00a0\u00bb pour moi. Voix int\u00e9rieure&#8230; Protection\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote19sym\" name=\"sdfootnote19anc\"><sup>19<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/p><\/blockquote>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0Si seulement je pouvais dire il pour moi\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote20sym\" name=\"sdfootnote20anc\"><sup>20<\/sup><\/a><\/span><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00bb<\/span><\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Le th\u00e9\u00e2tre est peut-\u00eatre le seul lieu o\u00f9 il est permis d&rsquo;incarner toutes les identit\u00e9s possibles et multiples. Ne plus \u00eatre seulement \u00ab\u00a0Je\u00a0\u00bb mais un \u00ab\u00a0Je pluriel\u00a0\u00bb, r\u00e9conciliant ainsi les diff\u00e9rentes identit\u00e9s qui semblent troubler l&rsquo;auteur. Trouver une identit\u00e9 au-del\u00e0 de soi et de sa propre existence. Ne pas subir passivement la r\u00e9p\u00e9tition, mais la d\u00e9placer dans une perp\u00e9tuelle nouveaut\u00e9, toujours s&rsquo;\u00e9tonner de sa propre identit\u00e9, en en cherchant les limites, les d\u00e9limitations. Cette question de l&rsquo;identit\u00e9 est particuli\u00e8rement complexe dans l\u2019\u0153uvre de Wajdi Mouawad, puisqu&rsquo;ayant voyag\u00e9 entre deux espaces, deux langues, deux vies, il \u00e9prouve de grandes difficult\u00e9s \u00e0 unifier les diff\u00e9rents aspects de son existence. Le lieu o\u00f9 cela semble le plus se manifester est le langage. Il lui est impossible, du moins aujourd&rsquo;hui, hors de son pays, de parler l&rsquo;arabe, il se sent absolument incapable de dialoguer avec l&rsquo;enfant qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 avant son d\u00e9part pour la France puis le Canada, d&rsquo;avoir une identit\u00e9 unique, identique. <\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> \u00ab\u00a0Il y eut un silence sismique.<br \/>\nTremblement de terre.<br \/>\nPlaque tectonique de chagrin.<\/span><\/span><\/p>\n<p>Je voudrais tellement ne plus avoir \u00e0 dire<br \/>\n<span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span style=\"font-size: large;\">Je<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><br \/>\nNe plus m&rsquo;occuper de rien<br \/>\nJe voudrais tellement que quelqu&rsquo;un dise<br \/>\n<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span style=\"font-size: large;\">Il<br \/>\n<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Pour moi<br \/>\nQu&rsquo;on me d\u00e9barrasse.\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote21sym\" name=\"sdfootnote21anc\"><sup>21<\/sup><\/a><\/span><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00bb<\/span><\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><b> <\/b><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Ce tremblement de terre qui g\u00e9n\u00e8re un silence sismique est peut-\u00eatre d\u00fb \u00e0 ces collisions dans le temps, ce pass\u00e9 qui revient in\u00e9vitablement percuter le pr\u00e9sent, lui refuser un avenir au nom du \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb. Cette rupture, cette scission, le d\u00e9but de ce po\u00e8me nous l&rsquo;indique\u00a0:<\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0Un texte impossible \u00e0 \u00e9crire<br \/>\nou bien de droite \u00e0 gauche<br \/>\nen tout cas \u00e0 l&rsquo;envers\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote22sym\" name=\"sdfootnote22anc\"><sup>22<\/sup><\/a><\/span><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00a0<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00bb<\/span><\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Se dit alors en creux l&rsquo;impossibilit\u00e9 \u00e0 \u00e9crire normalement, du moins \u00e0 l&rsquo;endroit. \u00c0 l&rsquo;endroit si l&rsquo;on consid\u00e8re notre sens d&rsquo;\u00e9criture occidentale. \u00c9<\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">crire \u00e0 l&rsquo;envers peut se lire au pied de la lettre, comme un retournement de l&rsquo;\u00e9criture occidentale vers l&rsquo;\u00e9criture orientale. Suivre cette hypoth\u00e8se permet d&rsquo;avancer l&rsquo;argument que l&rsquo;incapacit\u00e9 \u00e0 dire, cette rupture du langage, serait n\u00e9e lors du passage de la langue maternelle au fran\u00e7ais. Notons plusieurs d\u00e9tails avant de continuer. D&rsquo;abord l&rsquo;auteur a pendant des ann\u00e9es totalement perdu la capacit\u00e9 de parler sa langue natale. Une langue natale, qui, comme dans le bassin m\u00e9diterran\u00e9en se d\u00e9cline entre arabe classique et langue parl\u00e9e, pour lui donc, l&rsquo;arabe classique et le libanais de la rue<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote23sym\" name=\"sdfootnote23anc\"><sup>23<\/sup><\/a>. En retournant r\u00e9cemment au Liban, Wajdi Mouawad dit retrouver temporairement la ma\u00eetrise de la langue quand il est dans son pays natal, mais est incapable de le parler ailleurs, ce qui laisse entrevoir cette m\u00eame distorsion des temps que ses textes th\u00e9\u00e2traux. Le pass\u00e9, lointain souvenir qu\u2019il est incapable ailleurs de formuler en mots, devient pur pr\u00e9sent. Il reparle instinctivement une langue qu&rsquo;il n&rsquo;avait plus parl\u00e9e, comme si l&rsquo;enfant qu&rsquo;il a laiss\u00e9 au Liban, ce fameux \u00ab\u00a0il\u00a0\u00bb revient dire \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb et s&rsquo;affirmer pr\u00e9sentement dans les mots de l&rsquo;auteur adulte. <\/span><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">L&rsquo;autre d\u00e9tail qui est \u00e0 rappeler est le caract\u00e8re bilingue de son pays d&rsquo;accueil, un aspect vraiment central dans le texte <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Anima <\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">qui jongle entre \u00ab\u00a0fran\u00e7ais\u00a0\u00bb et anglais. Les guillemets sont alors particuli\u00e8rement justifi\u00e9s puisqu&rsquo;ayant distingu\u00e9 l&rsquo;arabe classique et le libanais de la rue, il est possible de qualifier le Canada de presque trilingue, le qu\u00e9b\u00e9cois diff\u00e9rant beaucoup du fran\u00e7ais parl\u00e9 en France. Ainsi, l&rsquo;auteur distingue toujours syntaxiquement les deux langues. Si certains textes nous paraissent neutres, pour nous Fran\u00e7ais, d&rsquo;autres sont clairement r\u00e9dig\u00e9s en qu\u00e9b\u00e9cois. Mais le plus souvent les langues se m\u00e9langent suivant les personnages et le mixage des origines fait \u00e9merger parfois jusqu&rsquo;\u00e0 quatre ou cinq langues.<\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> \u00ab\u00a0Alors, pour fuir, j&rsquo;ai troqu\u00e9 ma langue et ma peau, ma race et mon corps, n&rsquo;en conservant que le cri. Devenir Tch\u00e8que \u00e0 mon tour. Devenir juif moi aussi, c&rsquo;est-\u00e0-dire assumer l&rsquo;exil, comprendre que l\u00e0 est l&rsquo;issue, prendre le crayon parce que trop longtemps, dans mon enfance, j&rsquo;avais pris la kalachnikov.<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote24sym\" name=\"sdfootnote24anc\"><sup>24<\/sup><\/a><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00bb<\/span><\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Il y a donc deux formes de rupture qui sont associ\u00e9es\u00a0: une sorte de m\u00e9taphore entre le d\u00e9part r\u00e9el vers la France puis le Canada, et le d\u00e9part de la litt\u00e9rature pour enfants vers celle pour adultes. Une v\u00e9ritable sortie de soi, interne et externe quasiment simultan\u00e9e, ou en tout cas associ\u00e9e dans une m\u00eame temporalit\u00e9 dans ce texte<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote25sym\" name=\"sdfootnote25anc\"><sup>25<\/sup><\/a>. Cette rupture entre pass\u00e9 et pr\u00e9sent, entre enfance et \u00e2ge adulte, il la d\u00e9finit clairement dans ce moment-l\u00e0. Dans cet exil de la langue et de soi, une rupture temporelle s&rsquo;exerce, et ce moment est clairement identifi\u00e9 comme pass\u00e9. Pourtant tout le ram\u00e8ne toujours \u00e0 ce point de but\u00e9e. Quelle que soit la question, il peut r\u00e9pondre par\u00a0:<\/span><\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0\u00ab\u00a0Parce qu&rsquo;il y a eu la guerre et qu&rsquo;on a quitt\u00e9 le Liban&#8230;\u00a0\u00bb C&rsquo;est le plancher de toutes les questions de ma vie, de ma famille. D\u00e8s que je fouille autour d&rsquo;une question, j&rsquo;atteins ce plancher [\u2026] Si cette phrase n&rsquo;avait pas exist\u00e9, actuellement, je parlerai l&rsquo;arabe, je vivrai \u00e0 Beyrouth&#8230;<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote26sym\" name=\"sdfootnote26anc\"><sup>26<\/sup><\/a><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00bb<\/span><\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Cette ville perdue est celle o\u00f9 il revient en tant qu&rsquo;allophone, mais pas tout \u00e0 fait \u00e9tranger. Tout l&rsquo;enjeu de la langue est de pouvoir enfin conjuguer le pr\u00e9sent avec le pass\u00e9, faire dialoguer ce qui \u00e9tait avec ce qui sera.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Se \u00ab\u00a0d\u00e9barrasser\u00a0\u00bb du \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb pour un \u00ab\u00a0il\u00a0\u00bb serait donc le moyen d&rsquo;arr\u00eater de vouloir chercher de la coh\u00e9rence dans ses vies que rien ne semble rassembler. Arr\u00eater de tenter de rassembler l&rsquo;enfant qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 et le vieillard qu&rsquo;il sera, l&rsquo;enfant du sud et celui qui grandit dans les paysages neigeux du nord.<\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0Comment l&rsquo;enfant esquimau parlerait-il de son ciel en aurore bor\u00e9ale\u00a0? Comment d\u00e9crirait-il le mouvement imperceptible des \u00e9toiles\u00a0? \u00a0\u00bb\u00a0Non, aucune \u00e9toile ne se l\u00e8ve ni ne se couche au cours de ma nuit. Le ciel tourne et je suis le centre d&rsquo;une vo\u00fbte qui me prend comme r\u00e9f\u00e9rence.\u00a0\u00a0\u00bb Comment parlerait-il des \u00e9toiles, cet enfant inuit, \u00e0 celui qui, bien plus au sud, l&rsquo;\u00e9t\u00e9 trouve joie et bonheur \u00e0 s&rsquo;allonger dans les nuits chaudes du soleil m\u00e9diterran\u00e9en\u00a0?\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote27sym\" name=\"sdfootnote27anc\"><sup>27<\/sup><\/a><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00bb<\/span><\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Comment faire dialoguer, non pas par manque de mots communs, mais par diff\u00e9rences d&rsquo;exp\u00e9riences communes le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent\u00a0? Et pourtant ce pass\u00e9 vient perp\u00e9tuellement percer le pr\u00e9sent\u00a0; m\u00eame oubli\u00e9, il revient sans cesse. \u00c0 plusieurs reprises par exemple le motif du double ou du jumeau est \u00e9voqu\u00e9, comme si un double rest\u00e9 au Liban pouvait vivre, un double dont il n&rsquo;a aucune connaissance mais qui le regarde. \u00c0 moins que ce ne soit lui qui ne cesse de regarder son double fictif, ou plut\u00f4t virtuel\u00a0: ce qu&rsquo;il aurait pu potentiellement devenir sans le choix de fuir la guerre. Il est d\u00e8s lors hant\u00e9 par cette guerre qu&rsquo;il n&rsquo;a \u00ab\u00a0pas connue\u00a0\u00bb\u00a0; par ce pass\u00e9 historique qui a modifi\u00e9 le cours de sa vie, sans qu&rsquo;\u00e9trangement il n&rsquo;en sache rien.<\/span><\/p>\n<h2 class=\"western\"><\/h2>\n<h2 class=\"western\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Diff\u00e9rence et r\u00e9p\u00e9tition\u00a0<\/span><\/h2>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Ce probl\u00e8me de l&rsquo;identit\u00e9 qui se joue dans la r\u00e9p\u00e9tition et particuli\u00e8rement au th\u00e9\u00e2tre, est mis en \u00e9vidence dans<\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i> Diff\u00e9rence et r\u00e9p\u00e9tition<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">, o\u00f9 Deleuze explique que la r\u00e9p\u00e9tition dans le monde moderne, et donc dans le th\u00e9\u00e2tre moderne, a remplac\u00e9 la notion d&rsquo;identit\u00e9. En effet l&rsquo;identit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 mise en crise par Rimbaud, \u00ab\u00a0je est un autre\u00a0\u00bb, et pr\u00e9c\u00e9demment par Mallarm\u00e9.<\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0Le primat de l&rsquo;identit\u00e9, de quelques mani\u00e8res que celle-ci soit con\u00e7ue, d\u00e9finit le monde de la repr\u00e9sentation. Mais la pens\u00e9e moderne na\u00eet de la faillite de la repr\u00e9sentation, comme de la perte des identit\u00e9s, et la d\u00e9couverte de toutes les forces qui agissent sous repr\u00e9sentation de l&rsquo;identique. Toutes les identit\u00e9s ne sont que stimul\u00e9es, produites comme un \u00a0\u00bb\u00a0effet\u00a0\u00a0\u00bb d&rsquo;optique, par un jeu plus profond qui est celui de la diff\u00e9rence et de la r\u00e9p\u00e9tition.\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote28sym\" name=\"sdfootnote28anc\"><sup>28<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Ainsi ce serait alors toute la repr\u00e9sentation qui serait en faillite, la coh\u00e9rence et l&rsquo;identit\u00e9 m\u00eame ne seraient qu&rsquo;une illusion. Comme par l&rsquo;effet d&rsquo;un kal\u00e9idoscope, l&rsquo;homme se diffracterait et se r\u00e9fracterait en une multitude de personnages, de soi, proche de l&rsquo;exp\u00e9rience pr\u00e9c\u00e9demment d\u00e9crite que semble mettre en place Wajdi Mouawad. Or, si la repr\u00e9sentation de l&rsquo;identit\u00e9 est en crise, c&rsquo;est par perte ou refus de coh\u00e9rence entre les temps. Le biais de la r\u00e9p\u00e9tition viendrait alors r\u00e9tablir une possibilit\u00e9 d&rsquo;harmonie en r\u00e9actualisant un pass\u00e9 que la coh\u00e9rence identitaire a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 oublier ou refouler. Deleuze l&rsquo;explique ainsi\u00a0:<\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0La conscience de soi dans la recognition appara\u00eet comme la facult\u00e9 de l&rsquo;avenir ou la fonction du futur, la fonction du nouveau. N&rsquo;est-il pas vrai que les seuls morts qui reviennent sont ceux qu&rsquo;on a trop vite et trop profond\u00e9ment enfouis\u00a0?\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote29sym\" name=\"sdfootnote29anc\"><sup>29<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Ainsi se souvenir, et plus encore se souvenir de soi dans un pass\u00e9 oubli\u00e9 afin de ne pas faire face \u00e0 la coh\u00e9rence que l&rsquo;identit\u00e9 n\u00e9cessite, enrayerait la r\u00e9p\u00e9tition. Il s&rsquo;agirait de faire surgir du nouveau, du futur, dans les \u00e9v\u00e9nements pass\u00e9s pour en arr\u00eater la perp\u00e9tuelle r\u00e9-actualisation.<\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0Ce qui se r\u00e9p\u00e8te ne le fait qu&rsquo;\u00e0 force de ne pas \u00a0\u00bb\u00a0comprendre\u00a0\u00ab\u00a0, de ne pas se souvenir, de ne pas savoir, de ne pas avoir conscience.<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote30sym\" name=\"sdfootnote30anc\"><sup>30<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> La r\u00e9p\u00e9tition viendrait alors de cette absence de conscience de soi peut-\u00eatre. Ne pas se souvenir de soi comme soi, mais comme un ext\u00e9rieur, ne pas dire \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb mais \u00ab\u00a0il\u00a0\u00bb. Se confronter \u00e0 sa propre histoire, mais en la rendant fiction, l&rsquo;offrir \u00e0 un personnage pour s&rsquo;en d\u00e9barrasser. Pourtant au th\u00e9\u00e2tre chaque personnage finit par d\u00e9couvrir ce qui se r\u00e9p\u00e8te et pourquoi cela se r\u00e9p\u00e8te. Et dans cette r\u00e9v\u00e9lation de l&rsquo;histoire, l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement traumatique arr\u00eate de se r\u00e9actualiser encore et toujours. Pourtant les personnages ne cachent que d&rsquo;autres personnages, comme le dit Deleuze\u00a0: <\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> \u00ab\u00a0Les masques ne recouvrent rien, sauf d&rsquo;autres masques.<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote31sym\" name=\"sdfootnote31anc\"><sup>31<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Les personnages sont donc des doubles de doubles, notamment dans le texte <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Temps<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">, o\u00f9 dans une chambre d&rsquo;h\u00f4tel, plusieurs personnages se rencontrent, n&rsquo;\u00e9tant en r\u00e9alit\u00e9, que les diff\u00e9rents aspects d&rsquo;un m\u00eame personnage. Les textes, comme les personnages semblent tiraill\u00e9s entre leurs histoires propres et la r\u00e9p\u00e9tition de l&rsquo;auteur. Ils le sont aussi entre les deux conceptions du th\u00e9\u00e2tre de la r\u00e9p\u00e9tition d\u00e9crite par Deleuze\u00a0: la r\u00e9p\u00e9tition de l&rsquo;\u00e9ternel et la r\u00e9p\u00e9tition de la foi.<\/span><\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0La grande id\u00e9e de Nietzsche, c&rsquo;est de fonder la r\u00e9p\u00e9tition dans l&rsquo;\u00e9ternel retour \u00e0 la fois sur la mort de Dieu et sur la dissolution du moi. Mais dans le th\u00e9\u00e2tre de la foi, l&rsquo;alliance est tout autre, Kierkegaard la r\u00eave entre un Dieu et un moi retrouv\u00e9.<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote32sym\" name=\"sdfootnote32anc\"><sup>32<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Ce tiraillement entre dissolution du moi et r\u00eave d&rsquo;un moi retrouv\u00e9, entre l\u2019\u00e9ternel retour sur l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement traumatique et la foi est particuli\u00e8rement mis en sc\u00e8ne dans <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Le Sang des promesses.<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Dans les trois pi\u00e8ces, les enfants sont tout \u00e0 coup emprisonn\u00e9s dans la compulsion de r\u00e9p\u00e9tition familiale sans pouvoir s&rsquo;en d\u00e9faire, sans en traverser l&rsquo;histoire et sans en accepter les horreurs. Pourtant, de cet \u00e9ternel retour na\u00eet une grande force, une foi absolue qui \u00e9tait impensable jusqu&rsquo;alors. \u00c0 terme donc la r\u00e9p\u00e9tition permet d&rsquo;envisager un avenir jusqu&rsquo;ici impossible.<\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0Sans doute la r\u00e9p\u00e9tition est-elle d\u00e9j\u00e0 ce qui encha\u00eene\u00a0; mais si l&rsquo;on meurt de la r\u00e9p\u00e9tition, c&rsquo;est elle aussi qui nous sauve et qui gu\u00e9rit, et qui gu\u00e9rit d&rsquo;abord de l&rsquo;autre r\u00e9p\u00e9tition. Dans la r\u00e9p\u00e9tition, il y a donc tout le jeu mystique de la perte et du salut, tout le jeu th\u00e9\u00e2tral de la mort et de la vie, tout le jeu positif de la maladie et de la sant\u00e9.<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote33sym\" name=\"sdfootnote33anc\"><sup>33<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Or c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 o\u00f9 Deleuze se distingue de Freud et d&rsquo;<\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Au-del\u00e0 du principe de plaisir<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> que peut peut-\u00eatre se trouver la r\u00e9ponse \u00e0 notre probl\u00e9matique. En effet, l\u00e0 o\u00f9 le psychanalyste pose la conscience de la r\u00e9p\u00e9tition et du moment r\u00e9p\u00e9t\u00e9 comme possibilit\u00e9 de la gu\u00e9rison, le philosophe d\u00e9place la solution. \u00ab\u00a0L&rsquo;op\u00e9ration autrement th\u00e9\u00e2trale et dramatique par laquelle on gu\u00e9rit, et aussi par laquelle on ne gu\u00e9rit pas a un nom\u00a0: le transfert.<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote34sym\" name=\"sdfootnote34anc\"><sup>34<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<h2 class=\"western\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Conclusion\u00a0<\/span><\/h2>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Le fait donc que le patient d&rsquo;un psychanalyste d\u00e9place la r\u00e9p\u00e9tition traumatique sur l\u2019analyste, le fait qu&rsquo;il le rejoue de mani\u00e8re l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rente, permettrait alors d&rsquo;enrayer la r\u00e9p\u00e9tition.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Pourtant tout en expliquant cette op\u00e9ration, Deleuze file la m\u00e9taphore avec le th\u00e9\u00e2tre puisqu&rsquo;il voit dans le transfert un proc\u00e9d\u00e9 \u00ab\u00a0th\u00e9\u00e2tral et dramatique\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Ainsi si on peut substituer l&rsquo;art \u00e0 l&rsquo;analyse, peut-on substituer la trag\u00e9die au proc\u00e9d\u00e9 du transfert\u00a0?<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Le th\u00e9\u00e2tre serait d\u00e8s lors un transfert du trauma non plus sur le psychanalyste mais sur ses propres personnages. Faire passer la r\u00e9p\u00e9tition dans la fiction afin de la sortir d\u00e9finitivement du r\u00e9el, de l&rsquo;\u00e9ternel pr\u00e9sent qu&rsquo;elle recr\u00e9e, ind\u00e9passable, niant pass\u00e9 et pr\u00e9sent.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Le transfert, d&rsquo;apr\u00e8s Deleuze, serait donc la solution pour enrayer la compulsion de r\u00e9p\u00e9tition. Le th\u00e9\u00e2tre n&rsquo;est pourtant jamais le palliatif que mettent en place les personnages pour sortir de l&rsquo;infini recommencement qu&rsquo;elle procure, avec un certain d\u00e9plaisir. En effet, c&rsquo;est toujours en d\u00e9voilant, en d\u00e9couvrant les secrets de familles, les choses vues enfants et enfouies, volontairement oubli\u00e9es, que la r\u00e9p\u00e9tition s&rsquo;arr\u00eate, et qu&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;horreur, les cris que procurent ces r\u00e9v\u00e9lations, une r\u00e9conciliation devient possible. Comprendre ce qu&rsquo;on a enfoui dans le c\u0153ur le plus profond et obscur de son \u00eatre, le faire remonter \u00e0 la lumi\u00e8re de la conscience, pour enfin, se soulager de ce poids, qui inoubliable, vient faire syndrome, coupure dans la vie.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Mais si dans chaque histoire, \u00e0 la fin, le personnage se lib\u00e8re de la compulsion de r\u00e9p\u00e9tition qui le soumet jusqu&rsquo;alors, Wajdi Mouawad, lui, continue \u00e0 \u00e9crire, continue \u00e0 scander la r\u00e9p\u00e9tition, son texte, <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Anima<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">, en est d&rsquo;ailleurs le plus parfait exemple, le plus intense sympt\u00f4me. Si on applique alors le sch\u00e9ma, soit l&rsquo;auteur n&rsquo;a pas r\u00e9ussi \u00e0 dire, donc \u00e0 faire surgir \u00e0 la conscience l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment traumatique \u2013 ce qui est d&rsquo;ailleurs fort probable puisque Freud lui-m\u00eame sugg\u00e8re qu&rsquo;on n&rsquo;arrive jamais \u00e0 trouver la premi\u00e8re apparition qui r\u00e9p\u00e9tera toutes les autres.<\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0Le malade ne peut pas se souvenir de tout parmi ce qui est refoul\u00e9 en lui, peut-\u00eatre pr\u00e9cis\u00e9ment pas de l&rsquo;essentiel\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote35sym\" name=\"sdfootnote35anc\"><sup>35<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Soit comme le sugg\u00e8re Deleuze, ce n&rsquo;est pas la prise de conscience, la remont\u00e9e \u00e0 la m\u00e9moire qui permet de l&rsquo;enrayer, mais le processus de transfert, qu&rsquo;on a identifi\u00e9 comme \u00e9tant potentiellement th\u00e9\u00e2tral et dramatique. Alors c&rsquo;est en mettant en sc\u00e8ne, en d\u00e9pla\u00e7ant le probl\u00e8me dans la fiction, qu&rsquo;il est possible de venir \u00e0 bout du traumatisme de l&rsquo;exil.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> C&rsquo;est ce que fait Wajdi Mouawad, mettre en sc\u00e8ne et remettre en sc\u00e8ne des personnages. Alors pourquoi \u00e7a ne cesse pas de se r\u00e9p\u00e9ter infiniment\u00a0?<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> La r\u00e9ponse est peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 \u00e0 lire dans la proposition de Deleuze\u00a0:<\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0L&rsquo;op\u00e9ration autrement th\u00e9\u00e2trale et dramatique par laquelle on gu\u00e9rit, et aussi par laquelle on ne gu\u00e9rit pas\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote36sym\" name=\"sdfootnote36anc\"><sup>36<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Sans doute, le sens est \u00e0 trouver dans la r\u00e9p\u00e9tition elle-m\u00eame, on cesse de souffrir de cette r\u00e9p\u00e9tition, on cesse de vouloir l&rsquo;arr\u00eater, on l&rsquo;accepte comme quelque chose d\u2019inh\u00e9rent \u00e0 l&rsquo;\u00eatre comme Loup, le personnage principal de <\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>For\u00eats<\/i><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">, ne peut que r\u00e9p\u00e9ter le nom de ses anc\u00eatres \u00ab\u00a0comme un talisman au malheur\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote37sym\" name=\"sdfootnote37anc\"><sup>37<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb Wajdi Mouawad ne peut qu&rsquo;\u00e9crire, r\u00e9\u00e9crire, donner en dialogue, ce qui sera toujours \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter\u00a0: un exil, une recherche d&rsquo;un ailleurs, du lieu o\u00f9 tout reste possible, du lieu de l&rsquo;avant exil, celui sans fronti\u00e8res ni limites de la r\u00e9p\u00e9tition. <\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Comme le dit Wilfried, le protagoniste de <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Littoral<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00a0: <\/span><\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0J&rsquo;ai cherch\u00e9 partout un ailleurs mais je n&rsquo;ai rien trouv\u00e9\u00a0: partout c&rsquo;\u00e9tait toujours ici, et c&rsquo;\u00e9tait crevant\u00a0!\u00a0<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote38sym\" name=\"sdfootnote38anc\"><sup>38<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> R\u00e9p\u00e9ter, alors encore et encore, mais non plus comme une compulsion, mais comme un choix. Dans cet exil de la langue, de la culture et des situations, arr\u00eater de chercher l&rsquo;ailleurs pass\u00e9 et oubli\u00e9 de l&rsquo;enfance pour trouver un lieu\u00a0: celui de la cr\u00e9ation artistique. <\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Wahab r\u00e9pond ainsi \u00e0 <\/span><\/span><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Wilfrid <\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">dans <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Visage retrouv\u00e9<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00a0:<\/span><\/span><\/p>\n<blockquote class=\"western\"><p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00ab\u00a0Je me dis qu&rsquo;il existe un pays o\u00f9 l&rsquo;horizon cesserait pour de bon d&rsquo;\u00eatre rabattu.<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote39sym\" name=\"sdfootnote39anc\"><sup>39<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/p><\/blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Trouver un lieu, celui de l&rsquo;\u00e9criture et de la sc\u00e8ne o\u00f9 tout reste toujours possible, malgr\u00e9 la r\u00e9p\u00e9tition.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> L&rsquo;\u0153uvre de Wajdi Mouawad plie, d\u00e9plie et replie la th\u00e9matique de l&rsquo;exil, en faisant se d\u00e9placer les fronti\u00e8res et les limites de son enfance, de sa culture, de son identit\u00e9, mais aussi celles du r\u00e9el et de la fiction.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\">Notes de bas de pages :<\/p>\n<\/blockquote>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<blockquote>\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a><sup>\u0002<\/sup><span lang=\"en-US\">W. Mouawad, <\/span><span lang=\"en-US\"><i>Littoral<\/i><\/span><strong><span lang=\"en-US\"><i>, <\/i><\/span><\/strong><em><span lang=\"en-US\">juillet 1999, Babel <\/span><\/em><em>Litt\u00e9rature<\/em><em><span lang=\"en-US\"> n\u00b01017, Montr\u00e9al, <\/span><\/em><em>ao\u00fbt<\/em><em><span lang=\"en-US\"> 2010, p. 15.<\/span><\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<blockquote>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a><sup>\u0002<\/sup>W. Mouawad, H. Archambault, V. Baudriller, <i>Voyage pour le festival d&rsquo;Avignon 2009, <\/i>\u00e9dition P.O.L. Ni\u00e8vre, juin 2009. p. 64.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a><sup>\u0002<\/sup>W. Mouawad, <i>Incendies<\/i><span lang=\"en-US\"><i>,<\/i><\/span><i> <\/i><span lang=\"en-US\">2003<\/span><em><span lang=\"en-US\">,<\/span><\/em><em><span lang=\"en-US\"> Lem\u00e9ac \/ Actes Sud-Papiers,\u00a0Arles, 2009<\/span><\/em><em><span lang=\"en-US\">\u00a0<\/span><\/em><em><span lang=\"en-US\">;<\/span><\/em> pp.17, 18, 23, 24, 26, 31, 42, et 92.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a><sup>\u0002<\/sup><em>S. Freud, <\/em><em>\u0152uvres compl\u00e8tes &#8211; psychanalyse &#8211; vol. XV 1916-1920, <\/em><em> \u00c9ditions Puf, Paris, 2002<\/em><em>\u00a0<\/em><em>;<\/em> in <i>Au-del\u00e0 du principe de plaisir,<\/i> p. 228.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a><sup>\u0002<\/sup><em><span lang=\"en-US\">W. Mouawad,<\/span><\/em><em><span lang=\"en-US\"> Anima<\/span><\/em><strong><span lang=\"en-US\">, <\/span><\/strong><span lang=\"en-US\">Lem\u00e9ac \/ Actes Sud, Arles, 2012,<\/span> p. 36.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote6\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote6anc\" name=\"sdfootnote6sym\">6<\/a><sup>\u0002<\/sup>Wajdi Mouawad a mis en sc\u00e8ne la pi\u00e8ce de Pirandello\u00a0: <i>Six personnages en qu\u00eate d&rsquo;auteur, <\/i>1921.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote7\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote7anc\" name=\"sdfootnote7sym\">7<\/a><sup>\u0002<\/sup>S. Freud, <i>Au-del\u00e0 du principe de plaisir,<\/i> <i>op. cit<\/i>., p. 228.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote8\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote8anc\" name=\"sdfootnote8sym\">8<\/a><sup>\u0002<\/sup>W. Mouawad, <i>Visage retrouv\u00e9,<\/i><em> 2003, Babel Litt\u00e9rature, Montr\u00e9al, f\u00e9vrier 2010<\/em><strong><i>,<\/i><\/strong> p. 50.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote9\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote9anc\" name=\"sdfootnote9sym\">9<\/a><sup>\u0002<\/sup>W. Mouawad, <i>Le Poisson soi,<\/i><i> <\/i><em>\u00c9dition du bor\u00e9al, Gatineau, octobre 2011<\/em>, p. 87.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote10\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote10anc\" name=\"sdfootnote10sym\">10<\/a><sup>\u0002<\/sup>S. Freud, <i>Au-del\u00e0 du principe de plaisir, op. cit.<\/i>, p. 288\/289.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote11\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote11anc\" name=\"sdfootnote11sym\">11<\/a><sup>\u0002<\/sup>G. Deleuze, <i>Diff\u00e9rence et r\u00e9p\u00e9tition<\/i>, 1969, \u00c9dition Puf, Paris, 1997, p. 8.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote12\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote12anc\" name=\"sdfootnote12sym\">12<\/a><sup>\u0002<\/sup>S. Freud, <i>Au-del\u00e0 du principe de plaisir,<\/i> <i>op. cit<\/i>., p. 293.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote13\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote13anc\" name=\"sdfootnote13sym\">13<\/a><sup>\u0002<\/sup><span lang=\"en-US\">W. <\/span><span lang=\"en-US\">Mouawad, <\/span><span lang=\"en-US\"><i>Littoral,<\/i><\/span><i> <\/i><em><span lang=\"en-US\">1999, Babel Litt\u00e9rature, Montr\u00e9al, ao\u00fbt 2010,<\/span><\/em> p. 14.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote14\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote14anc\" name=\"sdfootnote14sym\">14<\/a><sup>\u0002<\/sup>W. Mouawad, <i>Visage retrouv\u00e9, op. cit<\/i>.,<i> <\/i>p. 219.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote15\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote15anc\" name=\"sdfootnote15sym\">15<\/a><sup>\u0002<\/sup>Ce que met Cocteau en \u00e9vidence dans <i>La Machine infernale<\/i>, les dieux, ou l&rsquo;auteur, sont une machine infernale qui destine volontairement \u0152dipe \u00e0 son futur, sans qu&rsquo;il ne puisse rien faire pour lutter contre.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote16\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote16anc\" name=\"sdfootnote16sym\">16<\/a><sup>\u0002<\/sup><em><span lang=\"en-US\">W. Mouawad,<\/span><\/em><em><span lang=\"en-US\"> Anima<\/span><\/em><span lang=\"en-US\">,<\/span><i> <\/i><span lang=\"en-US\"><i>op. cit.<\/i><\/span><span lang=\"en-US\">,<\/span> p. 207.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote17\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote17anc\" name=\"sdfootnote17sym\">17<\/a><sup>\u0002<\/sup><span lang=\"en-US\"><i>Ibid.<\/i><\/span><span lang=\"en-US\">,<\/span> p. 208.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote18\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote18anc\" name=\"sdfootnote18sym\">18<\/a><sup>\u0002<\/sup>S. Freud, <i>Au-del\u00e0 du principe de plaisir,<\/i> <i>op. cit<\/i>., p. 307.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote19\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote19anc\" name=\"sdfootnote19sym\">19<\/a><sup>\u0002<\/sup>W. Mouawad, <i>Visage retrouv\u00e9, op. cit<\/i>., p. 196.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote20\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote20anc\" name=\"sdfootnote20sym\">20<\/a><sup>\u0002<\/sup><i>Ibid.,<\/i> p. 229.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote21\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote21anc\" name=\"sdfootnote21sym\">21<\/a><sup>\u0002<\/sup>W. Mouawad, <i>Le Poisson soi, op. cit.<\/i>, p. 16.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote22\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote22anc\" name=\"sdfootnote22sym\">22<\/a><sup>\u0002<\/sup><i>Ibid<\/i>., p. 16.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote23\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote23anc\" name=\"sdfootnote23sym\">23<\/a><sup>\u0002<\/sup>Tels qu&rsquo;on peut le lire dans les passages en arabe d&rsquo;<i>Anima<\/i>.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote24\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote24anc\" name=\"sdfootnote24sym\">24<\/a><sup>\u0002<\/sup>W. Mouawad, <i>Willy Protagoras enferm\u00e9 dans les toilettes, <\/i><strong>2005,<\/strong><em>\u00a0Lem\u00e9ac \/ Actes Sud-Papiers, Arles,<\/em> pp. 5-6.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote25\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote25anc\" name=\"sdfootnote25sym\">25<\/a><sup>\u0002<\/sup>Pr\u00e9face de <i>Willy Protagoras<\/i>, l&rsquo;auteur revient sur la \u00ab\u00a0pr\u00e9histoire de l&rsquo;\u00e9criture\u00a0\u00bb dans sa vie.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote26\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote26anc\" name=\"sdfootnote26sym\">26<\/a><sup>\u0002<\/sup>W. Mouawad, H. Archambault, V. Baudriller, <i>Voyage pour le festival d&rsquo;Avignon 2009, op. cit<\/i>., p. 64.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote27\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote27anc\" name=\"sdfootnote27sym\">27<\/a><sup>\u0002<\/sup>W. Mouawad, <i>Le Poisson soi, op. cit<\/i>., p. 57.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote28\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote28anc\" name=\"sdfootnote28sym\">28<\/a><sup>\u0002<\/sup>G. Deleuze, <i>Diff\u00e9rence et r\u00e9p\u00e9tition<\/i>, <i>op. cit.<\/i>, p. 2.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote29\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote29anc\" name=\"sdfootnote29sym\">29<\/a><sup>\u0002<\/sup><i>Ibid<\/i>., pp. 24-25.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote30\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote30anc\" name=\"sdfootnote30sym\">30<\/a><sup>\u0002<\/sup><i>Ibid<\/i>., p. 26.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote31\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote31anc\" name=\"sdfootnote31sym\">31<\/a><sup>\u0002<\/sup><i>Ibid<\/i>., p. 28.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote32\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote32anc\" name=\"sdfootnote32sym\">32<\/a><sup>\u0002<\/sup><i>Ibid<\/i>., p. 20.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote33\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote33anc\" name=\"sdfootnote33sym\">33<\/a><sup>\u0002<\/sup><i>Ibid<\/i>., p. 13.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote34\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote34anc\" name=\"sdfootnote34sym\">34<\/a><sup>\u0002<\/sup><i>Ibid<\/i>., p. 30.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote35\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote35anc\" name=\"sdfootnote35sym\">35<\/a><sup>\u0002<\/sup>S. Freud, <i>Au-del\u00e0 du principe de plaisir,<\/i> <i>op. cit<\/i>., p. 287.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote36\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote36anc\" name=\"sdfootnote36sym\">36<\/a><sup>\u0002<\/sup>G. Deleuze, <i>Diff\u00e9rence et r\u00e9p\u00e9tition<\/i>, <i>op. cit<\/i>., p. 30.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote37\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote37anc\" name=\"sdfootnote37sym\">37<\/a><sup>\u0002<\/sup>W. Mouawad, <i>For\u00eats,<\/i><i> <\/i>2006<em>,<\/em><em> Lem\u00e9ac \/ Actes Sud-Papiers, Arles, 2009,<\/em> p. 162.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote38\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote38anc\" name=\"sdfootnote38sym\">38<\/a><sup>\u0002<\/sup><span lang=\"en-US\">W. <\/span><span lang=\"en-US\">Mouawad, <\/span><span lang=\"en-US\"><i>Littoral<\/i><\/span><span lang=\"en-US\"><i>, op. cit<\/i><\/span><span lang=\"en-US\">.,<\/span><em><span lang=\"en-US\"> p. 15.<\/span><\/em><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote39\">\n<p align=\"justify\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote39anc\" name=\"sdfootnote39sym\">39<\/a><sup>\u0002<\/sup>W. Mouawad, <i>Visage retrouv\u00e9, op. cit.,<\/i> p. 218.<\/p>\n<\/div>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<h1 class=\"western\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Bibliographie \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0<\/span><\/h1>\n<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><b>Deleuze, Gilles,<\/b><\/span><\/span><i><b> <\/b><\/i><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Diff\u00e9rence et r\u00e9p\u00e9tition<\/i><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">,\u00a01969, P.U.F., Paris, 1997.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><b>Freud, Sigmund,<\/b><\/span><\/span><\/em><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u0152uvres compl\u00e8tes Psychanalyse Vol. XV 1916-1920, <\/span><\/span><\/em><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> P.U.F., Paris, 2002.<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"justify\"><em><span style=\"color: #252525;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><b>Freud , Sigmund,<\/b><\/span><\/span><\/em><em><span style=\"color: #252525;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">L&rsquo;inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 et autres essais<\/span><\/span><\/em><em><span style=\"color: #252525;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">, 1919, Gallimard Folio essais, Paris, 2008.<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"justify\"><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><b>Hofmannsthal, Hugo von,<\/b><\/span><\/span><\/em><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Lettre de lord Chandos\u00a0et autres essais<\/span><\/span><\/em><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">, <\/span><\/span><\/em><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">1902, traduction\u00a0: Albert Kohn et Jean-Claude Schneider, Gallimard, Paris, 1980.<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Mouawad, Wajdi,<\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Anima<\/i><\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">,<\/span><\/span><\/strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00a0Lem\u00e9ac \/ Actes Sud, Arles, 2012.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Mouawad, Wajdi,<\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Assoiff\u00e9s,<\/i><\/span><\/span><\/strong><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00a0Lem\u00e9ac\/Actes Sud-Papiers,\u00a0Arles, 2007.<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Mouawad, Wajdi,<\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Ciels,<\/i><\/span><\/span><\/strong><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00a0ao\u00fbt 2009, Babel Litt\u00e9rature, Montr\u00e9al, 2012.<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Mouawad, Wajdi,<\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>For\u00eats, <\/i><\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">2006<\/span><\/span><\/strong><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">,<\/span><\/span><\/em><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> Lem\u00e9ac\/Actes Sud-Papiers,\u00a0Arles, 2009.<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Mouawad, Wajdi,<\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Incendies, <\/i><\/span><\/span><\/strong><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">juillet 2003, Babel litt\u00e9rature, Montr\u00e9al, 2011.<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Mouawad, Wajdi,<\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Le Sang des promesses\u00a0puzzle, racines et rhizomes,<\/i><\/span><\/span><\/strong><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00a0Lem\u00e9ac\/Actes Sud-Papiers, Arles, 2009.<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Mouawad, Wajdi,<\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face,<\/i><\/span><\/span><\/strong><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00a0Lem\u00e9ac \/ Actes Sud-Papiers,\u00a0Arles, 2008.<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Mouawad, Wajdi,<\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Les mains d&rsquo;Edwige au moment de la naissance, <\/i><\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">2009,<\/span><\/span><\/strong><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00a0Lem\u00e9ac \/ Actes Sud-Papiers,\u00a0Arles, 2011.<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Mouawad, Wajdi,<\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Littoral, <\/i><\/span><\/span><\/strong><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">juillet1999, Babel Litt\u00e9rature n\u00b01017, Montr\u00e9al, 2010.<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Mouawad, Wajdi,<\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Le Poisson soi,<\/i><\/span><\/span><\/strong><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00a0\u00c9dition du bor\u00e9al, Gatineau, 2011<\/span><\/span><\/em><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">.<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Mouawad, Wajdi,<\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>R\u00eaves,<\/i><\/span><\/span><\/strong><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00a0Lem\u00e9ac\/Actes Sud-Papiers, Arles,\u00a02002.<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Mouawad, Wajdi,<\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Temps,<\/i><\/span><\/span><\/strong><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00a0Lem\u00e9ac\/Actes Sud-Papiers,\u00a0Arles, 2012.<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Mouawad, Wajdi,<\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00a0<\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Visage retrouv\u00e9,<\/i><\/span><\/span><\/strong><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"> janvier 2003, Babel Litt\u00e9rature, Montr\u00e9al, 2010.<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Mouawad, Wajdi,<\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Archambault Hortense, Baudrill\u00e9 Vincent<\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">, <\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Voyage pour le festival d&rsquo;Avignon 2009<\/i><\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">, \u00e9dition P.O.L. Ni\u00e8vre, 2009.<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Mouawad, Wajdi,<\/span><\/span><\/strong><strong><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><i>Willy Protagoras enferm\u00e9 dans les toilettes,<\/i><\/span><\/span><\/strong><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">\u00a0Lem\u00e9ac\/Actes Sud-Papiers, Arles, 2005.<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><b>Nietzsche, Friedrich, <\/b><\/span><\/span><\/em><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">La naissance de la trag\u00e9die, <\/span><\/span><\/em><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">1871, Gallimard,<\/span><\/span><\/em> <em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\">Folio essais, 2007.<\/span><\/span><\/em><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><b>Rosset, Cl\u00e9ment,<\/b><\/span><\/span><\/em><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">Le R\u00e9el\u00a0: Trait\u00e9 de l\u2019idiotie<\/span><\/span><\/em><em><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\">, 1977, \u00c9ditions de Minuit, Paris, 1998.<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<blockquote>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: 'Times New Roman', serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\"><\/a><\/span><\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;exil et la r\u00e9p\u00e9tition dans l\u2019\u0153uvre de Wajdi Mouawad, quelles limites et fronti\u00e8res\u00a0? \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[33],"tags":[36,35,92,34,38],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8FFEZ-3u","jetpack-related-posts":[{"id":96,"url":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/des-choses-que-je-fais-pauline-desiderio\/","url_meta":{"origin":216,"position":0},"title":"Des choses que je fais \u2014 Pauline Desiderio","author":"Pauline DESIDERIO","date":"13 f\u00e9vrier 2016","format":false,"excerpt":"Des choses que je fais Pr\u00e9sences, En cr\u00e9ation Recouvrer Tout (re)commence l\u00e0. Apr\u00e8s l'universit\u00e9, les concours, les r\u00e9ponses \u00e0 des sujets impos\u00e9s, recouvrer le go\u00fbt de faire pour soi. De faire par soi. 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