{"id":413,"date":"2018-05-13T12:34:16","date_gmt":"2018-05-13T11:34:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/?p=413"},"modified":"2023-09-06T17:55:22","modified_gmt":"2023-09-06T16:55:22","slug":"los-comme-support-de-la-relique-a-loeuvre-sculptures-de-caroline-lucotte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/los-comme-support-de-la-relique-a-loeuvre-sculptures-de-caroline-lucotte\/","title":{"rendered":"L&rsquo;os comme support : de la relique \u00e0 l\u2019\u0153uvre, sculptures de Caroline Lucotte \u2014 Lucille Br\u00e9ard"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/CaroLine-sculptures.jpg?ssl=1\"><img data-attachment-id=\"414\" data-permalink=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/los-comme-support-de-la-relique-a-loeuvre-sculptures-de-caroline-lucotte\/caroline-sculptures\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/CaroLine-sculptures.jpg?fit=1438%2C958&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"1438,958\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"CaroLine sculptures\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/CaroLine-sculptures.jpg?fit=300%2C200&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/CaroLine-sculptures.jpg?fit=1000%2C666&amp;ssl=1\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"503\" height=\"335\" class=\"alignnone wp-image-414\" alt=\"\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/CaroLine-sculptures.jpg?resize=503%2C335&#038;ssl=1\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/CaroLine-sculptures.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/CaroLine-sculptures.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/CaroLine-sculptures.jpg?resize=1024%2C682&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/CaroLine-sculptures.jpg?w=1438&amp;ssl=1 1438w\" sizes=\"(max-width: 503px) 100vw, 503px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Caroline Lucotte sculpte sur l&rsquo;os solide les mouvements de corps, femmes disloqu\u00e9es, couples \u00e9pris. Leurs apparitions envahissent le mat\u00e9riau, il faut toucher, tourner la sculpture pour suivre les reliefs des membres qui s&rsquo;\u00e9talent et s\u2019incrustent sur la surface.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Propos recueillis en juin 2015, dans l&rsquo;atelier de l&rsquo;artiste, \u00e0 N\u00eemes :<\/p>\n<p><em>-Pourquoi avoir choisi l&rsquo;os comme support ?<\/em><\/p>\n<p>-Pour l&rsquo;\u00e9motion du mat\u00e9riau. Tout ce que cela m&rsquo;\u00e9voque. Ces morceaux ont fait partie d&rsquo;un corps. C&rsquo;est, je trouve, une mati\u00e8re vivante pour y inscrire des corps, au m\u00eame titre que la corne, l&rsquo;\u00e9b\u00e8ne, la bruy\u00e8re&#8230; Le fragment d&rsquo;os est une forme \u00e0 part enti\u00e8re, qui a son unit\u00e9, ses cassures, ses porosit\u00e9s, ses couleurs. Il est rendu singulier par les accidents. On y retrouve la richesse d&rsquo;un microcosme, vein\u00e9, marbr\u00e9, une cartographie fantastique. On peut y projeter la circulation de l&rsquo;eau et de l&rsquo;air, ou les courants d&rsquo;un corps.<\/p>\n<p><em>-C&rsquo;est comme si l&rsquo;os devenait de la chair&#8230;<\/em><\/p>\n<p>-Oui, c&rsquo;est la chair qui sort de l&rsquo;os, comme une r\u00e9miniscence. Le c\u0153ur revient \u00e0 la surface. L\u2019os est un mat\u00e9riau \u00e9motif. Il contient la peau, les cicatrices, les br\u00fblures, le sang, la p\u00e2leur, la noirceur. Mes sculptures sont \u00e0 c\u00f4toyer, \u00e0 toucher. L&rsquo;os est rassurant, tendre, amical.<\/p>\n<p><em>-Quel est votre cheminement cr\u00e9atif ?<\/em><\/p>\n<p>-Il y a tout d&rsquo;abord l&rsquo;importance de la rencontre du mat\u00e9riau. L&rsquo;os trouv\u00e9, ramass\u00e9 en ext\u00e9rieur, au d\u00e9tour d&rsquo;une promenade, sur une plage de galet en Normandie, ou dans le d\u00e9vale d&rsquo;une for\u00eat. L&rsquo;os qui a r\u00e9sist\u00e9 au temps, propre, poli, rare. Il s&rsquo;apparente \u00e0 la trouvaille que l&rsquo;on fait dans l&rsquo;enfance, le tr\u00e9sor appropri\u00e9 du hasard. La chose pr\u00e9cieuse que l&rsquo;on emporte avec soi.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Si l&rsquo;art n&rsquo;est pas forc\u00e9ment li\u00e9 \u00e0 la religion, il est de toute \u00e9vidence un sacrement de la mati\u00e8re. Les sculptures sur os de Caroline Lucotte ont quelque chose qui tient du spirituel. L&rsquo;os est ce qui reste, l&rsquo;os est en quelque sorte la relique du corps. Il appara\u00eet comme une mati\u00e8re p\u00e9renne. Il symbolise \u00e0 la fois le tr\u00e9pas lorsque l&rsquo;\u00e9toffe de la vie le d\u00e9couvre, il est aussi ce qu&rsquo;il y a de plus durable, comme l&rsquo;essence, le fondement.<br \/>\n\u00c0 travers la figure de la Vanit\u00e9, le cr\u00e2ne humain devient support \u00e0 la r\u00e9flexion, il est un signe. Ceci est l&rsquo;expression d&rsquo;un invisible, notamment celui de notre propre mortalit\u00e9, \u00ab <em>memento mori<\/em> \u00bb (\u00ab <em>souviens-toi que tu meurs<\/em> \u00bb). En rencontrant l&rsquo;os, on se regarde en face, il devient un reflet.<\/p>\n<p>En interrogeant la symbolique de l&rsquo;os, on peut dire que ce support est un mat\u00e9riau primaire. Dans les arts primitifs, les os \u00e9taient souvent utilis\u00e9s pour le c\u00e9r\u00e9monial, le d\u00e9coratif, ou le quotidien. Les chasseurs-sculpteurs inuit s&rsquo;entouraient d&rsquo;amulettes faites d&rsquo;os, d&rsquo;ivoire, de bois&#8230; Elles \u00e9taient charg\u00e9es d&rsquo;un pouvoir, les accompagnant dans la chasse, la p\u00eache, les rituels chamaniques, et trouvaient place dans leurs poches. Une croyance inuit r\u00e9v\u00e8le que le si\u00e8ge de l&rsquo;\u00e2me se trouve dans les os. \u00ab Le geste \u00e9pouse la forme initiale de la mati\u00e8re et cherche \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler l&rsquo;image, le sujet cach\u00e9 qu&rsquo;elle abrite \u00bb(1) nous dit Giulia Bogliolo Bruna. Ainsi, l&rsquo;art inuit rend visible un invisible pressenti, sous-jacent, l&rsquo;esprit de la mati\u00e8re, reli\u00e9e \u00e0 l&rsquo;espace primordial.<\/p>\n<p>Les reliques sont des objets qui tiennent de cette proximit\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e, dans le sens o\u00f9 ils rel\u00e8vent du sacr\u00e9 et accompagnent la pri\u00e8re. \u00ab Relique \u00bb vient du latin <em>reliquiae<\/em> , qui signifie \u00ab <em>les restes abandonn\u00e9s<\/em> \u00bb. Les ossements recueillis pour constituer les reliques \u00e9taient pr\u00e9lev\u00e9s directement sur le d\u00e9funt. Au XIIIe si\u00e8cle en Italie, on les accumule \u00e0 la recherche d&rsquo;une certaine puissance. Elles sont rares, pr\u00e9cieuses, exceptionnelles. La notion de sacrifice est \u00e0 l&rsquo;image des martyres qui donnent leur vie, les objets issus de ces sacrifices \u00e9taient d\u00e9pos\u00e9s dans les autels lors de la messe. Ces objets portent alors en eux un certain pouvoir ; celui d&rsquo;encenser la pri\u00e8re, d&rsquo;aider \u00e0 l&rsquo;apparition du miracle. Des objets sacr\u00e9s. \u00c0 l&rsquo;inverse, le profane est ce qui concerne les affaires proprement humaines : pro : devant, et fanum : sanctuaire ; ce qui est tenu \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart du sacr\u00e9. Or, par sa durabilit\u00e9, en comparaison \u00e0 la chair, l&rsquo;os est une mati\u00e8re plus p\u00e9renne, donc sacralisable. La symbolique de l&rsquo;os renvoie \u00e0 ce qui nous survivrait, au-del\u00e0 de la mort, de par son caract\u00e8re \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 l&rsquo;usure du temps. Georges Bataille dit \u00e0 propos de l&rsquo;homme qui vivait en des temps recul\u00e9s : \u00ab \u00e0 partir de la permanence des ossements, il imagina m\u00eame \u00ab la r\u00e9surrection de la chair \u00bb. Les ossements devaient \u00ab au jugement dernier \u00bb se rassembler, les corps ressuscit\u00e9s ramener les \u00e2mes \u00e0 leur v\u00e9rit\u00e9 premi\u00e8re. \u00bb Os et chair semblaient trouver une correspondance. L&rsquo;un appelant l&rsquo;autre.<\/p>\n<p>Dans la mythologie, cette question du sacrifice et du sacr\u00e9 est mise en \u00e9vidence \u00e0 travers le r\u00e9cit de Prom\u00e9th\u00e9e. En un temps tr\u00e8s ancien, dans la plaine de fertilit\u00e9 de M\u00e9kon\u00e9, terre d&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or, les dieux et les hommes vivent ensemble, mangent ensemble. Les hommes ne connaissent ni la fatigue, ni les maladies, ni la mort. Zeus veut marquer une diff\u00e9rence entre ces hommes presque aussi puissants que lui, et les dieux. Il charge Prom\u00e9th\u00e9e de faire cette s\u00e9paration. Ce dernier apporte un taureau qui est sacrifi\u00e9. Prom\u00e9th\u00e9e fait deux parts, qui sont en r\u00e9alit\u00e9 des pi\u00e8ges. L&rsquo;une est constitu\u00e9e des os blancs d\u00e9nud\u00e9s, immangeables, mais sont recouverts d&rsquo;une couche de graisse app\u00e9tissante. L&rsquo;autre regroupe les bonnes chairs dans la peau retourn\u00e9e de la b\u00eate et l&rsquo;estomac, d&rsquo;aspect repoussant. L&rsquo;honneur de choisir revient \u00e0 Zeus, qui laisse la seconde part et emporte celle qui est all\u00e9chante, pleine de graisses. Il d\u00e9couvre les ossements et la ruse, et jure de compromettre l&rsquo;\u00e9vidence avec laquelle les hommes acc\u00e8dent aux biens. Ils leur retire le feu divin. Prom\u00e9th\u00e9e, qui veut soutenir les hommes, cache le germe du feu dans un fenouil, et leur rapporte. Ils devront \u00e0 pr\u00e9sent attiser la braise du feu pour cuire les aliments. Ils devront enfouir la semence du bl\u00e9 dans la terre pour r\u00e9colter, alors qu&rsquo;ils pouvaient jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent simplement cueillir la plante sans la cultiver. ; ils devront besogner la femme pour avoir une descendance. Ils n&rsquo;aurons plus acc\u00e8s directement aux biens, il faudra toujours travailler pour l&rsquo;obtenir. Apr\u00e8s tout ces \u00e9v\u00e9nements, Prom\u00e9th\u00e9e est condamn\u00e9 \u00e0 rester encha\u00een\u00e9 \u00e0 un rocher dans les montagnes du Caucase, o\u00f9 un aigle vient lui d\u00e9vorer le foie chaque jour. Chaque matin, son organe repousse, et le ph\u00e9nom\u00e8ne se reproduit chaque jour de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. De ce fait, lors des sacrifices, les os sont br\u00fbl\u00e9s sur l&rsquo;autel avec un peu de graisse et des aromates, car les dieux sont \u00e9ternels et se nourrissent de fum\u00e9, d&rsquo;odeur, et d&rsquo;ossements, la nourriture de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Les hommes sont condamn\u00e9s, pour parer \u00e0 leur mortalit\u00e9, \u00e0 se rassasier de viandeputrescible.<\/p>\n<p>La d\u00e9marche artistique de Caroline Lucotte \u00e9voque ces ph\u00e9nom\u00e8nes. Se produit une incrustation de l&rsquo;impermanent. L&rsquo;os en tant qu&rsquo;objet renvoie \u00e0 ce qui fut, mais le choix d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 de cet ossement par l&rsquo;artiste ouvre une nouvelle dimension \u00e0 son devenir, il est, en quelque sorte, sacralis\u00e9. Il devient support et r\u00e9sonne en nous-m\u00eames. L&rsquo;\u00e9rotisme nous permettrait, en abandonnant un temps notre condition d&rsquo;\u00eatre discontinu, d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 une certaine continuit\u00e9 divine. \u00ab Tout \u00e9rotisme est sacr\u00e9 \u00bb(2) disait Georges Bataille. En se pla\u00e7ant \u00e0 travers le point de vue des diverses cultures confondues, l&rsquo;\u00e9rotisme est ce qui permet l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation, comme dans le Tantrisme hindou. \u00ab Les temples de l&rsquo;Inde abondent encore en figurations \u00e9rotiques taill\u00e9es dans la pierre, o\u00f9 l&rsquo;\u00e9rotisme se donne pour ce qu&rsquo;il est d&rsquo;une mani\u00e8re fondamentale, pour divin. \u00bb(3) \u00ab De l&rsquo;\u00e9rotisme, il est possible de dire qu&rsquo;il est l&rsquo;approbation de la vie jusque dans la mort. \u00bb(4) D&rsquo;une certaine mani\u00e8re, les sculptures de Caroline Lucotte sont une c\u00e9l\u00e9bration de la vie, qui est pur \u00c9ros, sur un os qui \u00e0 la fois signifie le tr\u00e9pas, et l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Elles inscrivent l&rsquo;\u00e9rotisme de ces corps en chair sur ce qui, d&rsquo;un point de vue de la dimension physiologique, est le plus profond d&rsquo;un \u00eatre vivant, dans son ossature. C&rsquo;est comme si nous portions en notre fort-int\u00e9rieur l&#8217;empreinte m\u00eame de ce mouvement \u00e9rotique. Cela constitue le propre de l&rsquo;existence. Il n&rsquo;est de pulsion de vie sans que la mort l&rsquo;accompagne, dans un juste \u00e9quilibre des choses. \u00ab La sexualit\u00e9 et la mort ne sont que les moments aigus d&rsquo;une f\u00eate que la nature c\u00e9l\u00e8bre avec la multitude in\u00e9puisable des \u00eatres. \u00bb(5) Ce que Georges Bataille souligne est la pulsion imp\u00e9rieuse de l&rsquo;accomplissement. Ces sculptures illustrent l&rsquo;av\u00e8nement de la chair, \u00e0 la surface de l&rsquo;os. Elles tiennent du sacr\u00e9 \u00e0 travers l&rsquo;incrustation de l&rsquo;impermanent. La chair fragile est grav\u00e9e dans l&rsquo;os dur et durable. Le corps se grave dans la mati\u00e8re de l&rsquo;os, il s&rsquo;enroule tout autour, et la manipulation de l&rsquo;objet permet d&rsquo;en saisir la totalit\u00e9. La technique de sculpture fait appara\u00eetre les plis du corps et laisse par endroit la rugosit\u00e9\/porosit\u00e9 premi\u00e8re. L&rsquo;os devient chair.<\/p>\n<p>Lorsque la chair s&rsquo;ab\u00eeme en l&rsquo;os, c&rsquo;est la vie qui s&rsquo;incruste dans le pr\u00e9cieux, le secret, dans la structure la plus intime de l&rsquo;\u00eatre. Cr\u00e9er sur un fragment de squelette, pour qu&rsquo;y renaisse la peau, c&rsquo;est appeler \u00c9ros \u00e0 ressusciter.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Lucille Br\u00e9ard<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>(1) Giulia Bogliolo Bruna, <em>Les objets messages de la pens\u00e9e inuit<\/em>, L&rsquo;Harmattan, 2015, p.71<\/p>\n<p>(2) Georges Bataille, <em>L\u2019\u00c9rotisme<\/em>, \u00c9ditions de minuit, Paris, 1957, p.22<\/p>\n<p>(3)<em> Ibid<\/em>., p.148<\/p>\n<p>(4) <em>Ibid<\/em>., p.17<\/p>\n<p>(5)<em> Ibid<\/em>., p.69<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Caroline Lucotte sculpte sur l&rsquo;os solide les mouvements de corps, femmes disloqu\u00e9es, couples \u00e9pris. 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Explorant rythme et cadence, quand il est retenu ou on contraire\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Souffle&quot;","block_context":{"text":"Souffle","link":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/category\/souffle\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Fond_blanc.png?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":2307,"url":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/ralentir-pour-respirer-rythmes-et-souffle-dans-open-water-2021-de-caleb-azumah-nelson-amanda-benmouloud\/","url_meta":{"origin":413,"position":4},"title":"Ralentir pour respirer : rythme(s) et souffle dans Open Water (2021) de Caleb Azumah Nelson  \u2014Amanda Benmouloud","author":"Administrateur","date":"10 novembre 2025","format":false,"excerpt":"Introduction I. Le rythme londonien : vivre au rythme de la d\u00e9possession des souffles Le pr\u00e9sent n\u00e9cropolitique Vivre au rythme des d\u00e9possessions La respiration emp\u00each\u00e9e comme sympt\u00f4me : l\u2019ali\u00e9nation du corps II. Ralentir pour respirer : le temps de l\u2019expression La rythmanalyse lefebvrienne Le protagoniste rythmanalyste Comment ralentir ? 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C'est en r\u00e9fl\u00e9chissant \u00e0 la plasticit\u00e9 du cin\u00e9ma que nous en sommes arriv\u00e9s\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Pr\u00e9sences&quot;","block_context":{"text":"Pr\u00e9sences","link":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/category\/presences\/"},"img":{"alt_text":"","src":"","width":0,"height":0},"classes":[]}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/413"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=413"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/413\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1184,"href":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/413\/revisions\/1184"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=413"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=413"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=413"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}