{"id":641,"date":"2020-04-23T19:22:07","date_gmt":"2020-04-23T18:22:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/?p=641"},"modified":"2023-09-06T17:45:33","modified_gmt":"2023-09-06T16:45:33","slug":"percevoir-en-esquisses-paul-ducros","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/percevoir-en-esquisses-paul-ducros\/","title":{"rendered":"Percevoir en esquisses \u2014 Paul Ducros"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>La perception\nconcr\u00e8te selon Husserl et ses implications ontologico-esth\u00e9tiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La ph\u00e9nom\u00e9nologie \u2013 en tant qu\u2019\u00e9cole de\npens\u00e9e institu\u00e9e par Husserl lors du passage du XIX<sup>e<\/sup> au XX<sup>e<\/sup>\nsi\u00e8cle \u2013 tend de plus en plus \u00e0 \u00eatre jug\u00e9e comme un savoir du pass\u00e9, comme un\ncourant philosophique qui a accompagn\u00e9 le si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dent mais qui se\ntrouverait d\u00e9sormais d\u00e9pass\u00e9 par d\u2019autres, cens\u00e9s \u00eatre plus contemporains. Il\nne s\u2019agit en rien ici pour nous d\u2019ouvrir ce d\u00e9bat, mais seulement d\u2019envisager\nque la ph\u00e9nom\u00e9nologie \u2013 si on consid\u00e8re sa signification pour son inventeur \u2013\npeut encore nous parler et nous ouvrir \u00e0 des perspectives toujours renouvel\u00e9es.\nLa philosophie, depuis les Grecs, n\u2019invente en fait gu\u00e8re de nouveaux concepts,\nmais elle est capable, parfois, d\u2019instituer de nouvelles m\u00e9thodes d\u2019analyse qui\nintroduisent un regard neuf sur le monde pour le faire appara\u00eetre comme\ntoujours nouveau. Sur un tel plan, la ph\u00e9nom\u00e9nologie husserlienne demeure un\nmod\u00e8le \u00e0 reprendre car elle ne se fixe pas pour fonction d\u2019\u00e9valuer et\nd\u2019invalider les discours tenus par les uns et les autres dans le pr\u00e9sent ou le\npass\u00e9<a name=\"_ftnref1\" href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>, mais de reconsid\u00e9rer nos\nexp\u00e9riences primordiales et essentielles telles que nous ne cessons de les\nvivre.<\/p>\n\n\n\n<p>La ph\u00e9nom\u00e9nologie, en tant que <em>discours sur les ph\u00e9nom\u00e8nes<\/em>, est leur\ndescription<a name=\"_ftnref2\" href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>.\nCeci implique que ce n\u2019est certainement pas l\u2019objet qu\u2019il s\u2019agit de d\u00e9crire en\nlui-m\u00eame, mais plut\u00f4t son appara\u00eetre, c\u2019est-\u00e0-dire la fa\u00e7on dont il se donne,\ndont il se rend pr\u00e9sent<a name=\"_ftnref3\" href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>. Ceci implique que si la\nph\u00e9nom\u00e9nalisation est bien celle de l\u2019objet, si c\u2019est bien l\u2019objet qui\nappara\u00eet, il faut tout de suite ajouter que l\u2019objet <em>m<\/em>\u2019appara\u00eet, que <em>l\u2019appara\u00eetre\nde l\u2019objet ne se donne que pour moi<\/em><a name=\"_ftnref4\" href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>. C\u2019est toujours \u00e0 ma\nsubjectivit\u00e9, \u00e0 moi comme sujet, que l\u2019objet appara\u00eet selon sa forme\nd\u2019apparition<a name=\"_ftnref5\" href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>.\nL\u2019essentiel n\u2019est pas l\u2019objet mais qu\u2019il apparaisse, loin ou pr\u00e8s par\nexemple&nbsp;; or cet \u00e9loignement ou cette proximit\u00e9 n\u2019ont de sens que par moi.\nIl n\u2019y a pas d\u2019<em>en soi<\/em> de l\u2019objet mais\ntoujours un <em>pour soi<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire un\n<em>pour moi<\/em>. <em>In fine<\/em> l\u2019appara\u00eetre est l\u2019apparition de l\u2019objet \u00e0 ma subjectivit\u00e9.\nEt le ph\u00e9nom\u00e8ne, au sens de Husserl, est bien la relation de la chose au sujet<a name=\"_ftnref6\" href=\"#_ftn6\">[6]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>La description ph\u00e9nom\u00e9nologique est celle\nde mes v\u00e9cus, qui ne sont pas de simples \u00e9v\u00e9nements inscrits dans la psych\u00e8,\nmais la relation vivante de la subjectivit\u00e9 \u00e0 la chose qu\u2019elle vise. Un v\u00e9cu,\npour Husserl, est aussi bien la chose telle qu\u2019elle m\u2019appara\u00eet, que moi pour\nqui, \u00e0 qui et par qui elle a un sens. Et c\u2019est cette relation de moi \u00e0 la chose\net de la chose \u00e0 moi, qui ob\u00e9it \u00e0 des structures universelles, que la\nph\u00e9nom\u00e9nologie s\u2019est donn\u00e9e pour t\u00e2che de comprendre pour en d\u00e9gager les formes\net en fournir une eid\u00e9tique<a name=\"_ftnref7\" href=\"#_ftn7\">[7]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi pour Husserl le v\u00e9cu le plus simple,\nle plus primordial, est celui de perception dans lequel un objet, une chose (la\nchose est l\u2019objet dans sa spatialit\u00e9 la plus \u00e9l\u00e9mentaire) appara\u00eet comme <em>pr\u00e9sent<\/em>, dont la <em>pr\u00e9sence<\/em> est la forme d\u2019apparition \u00e0 ma subjectivit\u00e9<a name=\"_ftnref8\" href=\"#_ftn8\">[8]<\/a>. Percevoir, visuellement mais\naussi tactilement c\u2019est \u00eatre en rapport \u00e0 la chose de telle sorte que sa forme\nd\u2019apparition soit la <em>pr\u00e9sence<\/em>, en\ntant que <em>donn\u00e9e en chair et en os<\/em> de\nla chose mais qui n\u2019a bien s\u00fbr de sens que pour moi. C\u2019est \u00e0 moi que la chose\nse ph\u00e9nom\u00e9nalise comme pr\u00e9sente&nbsp;; c\u2019est bien pour moi qu\u2019elle est donn\u00e9e\nen pl\u00e9nitude.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre perception est li\u00e9e \u00e0 une\nmultiplicit\u00e9 de choses, ce sont plusieurs choses que je per\u00e7ois dans la suite\nde mes v\u00e9cus. Toutefois, dans le pr\u00e9sent de mon exp\u00e9rience, ce n\u2019est toujours\nqu\u2019<em>une<\/em> chose que je per\u00e7ois. La\nperception est la pr\u00e9sence d\u2019un seul \u00e9tant, dans son individualit\u00e9 et sa\nsingularit\u00e9. L\u2019enjeu ph\u00e9nom\u00e9nologique est de comprendre comment la chose\nsinguli\u00e8re, <em>une<\/em> chose appara\u00eet,\nc\u2019est-\u00e0-dire <em>m<\/em>\u2019appara\u00eet.<\/p>\n\n\n\n<p>La description ph\u00e9nom\u00e9nologique est bien\ncelle du v\u00e9cu, c\u2019est-\u00e0-dire de l\u2019apparition de la chose pour moi telle qu\u2019elle\nest v\u00e9cue par moi. L\u2019appara\u00eetre de la chose est constitu\u00e9 par des actes de la\nsubjectivit\u00e9, non pas au sens o\u00f9 je produirais la pr\u00e9sence de la chose, mais\nbien au sens o\u00f9 cette pr\u00e9sence n\u2019a de sens que pour moi et depuis moi<a name=\"_ftnref9\" href=\"#_ftn9\">[9]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le v\u00e9cu de perception de la chose,\nl\u2019apparition de la chose pour moi, la donne, me la donne comme un tout. La\ntable que je vois pr\u00e9sente devant moi, que je palpe comme effective sous mes\nmains, appara\u00eet bien comme <em>une<\/em> table,\nidentique \u00e0 elle-m\u00eame. La table est un tout et c\u2019est bien ce tout que je\nper\u00e7oi<a name=\"_ftnref10\" href=\"#_ftn10\">[10]<\/a>s.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019appara\u00eetre de la table\ncomme tout est plus une apparence (c\u2019est-\u00e0-dire un semblant d\u2019apparition) que\nle sens authentique de la pr\u00e9sence de la table. Que la table se donne comme un\ntout est plus une croyance, une interpr\u00e9tation apr\u00e8s-coup que la v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9ellement\nv\u00e9cue.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet si je consid\u00e8re le r\u00e9el de mon\nv\u00e9cu, l\u2019acte que je vis \u00e0 chaque instant pr\u00e9sent, je devrai bien admettre que\nla table ne se donne que selon <em>un<\/em>\naspect, selon, \u00e0 chaque fois, une seule de ses faces. Les autres ne me sont pas\neffectivement donn\u00e9es, m\u00eame si je peux pressentir qu\u2019elles peuvent l\u2019\u00eatre \u00e0\nd\u2019autres subjectivit\u00e9s. La chose est une omnilat\u00e9ralit\u00e9 mais qui ne se donne\nqu\u2019unilat\u00e9ralement<a name=\"_ftnref11\" href=\"#_ftn11\">[11]<\/a>. L\u2019attitude naturelle<a name=\"_ftnref12\" href=\"#_ftn12\">[12]<\/a> m\u2019entra\u00eene \u00e0 penser que\nla chose m\u2019appara\u00eet dans son omnilat\u00e9ralit\u00e9 alors qu\u2019elle ne se donne, dans le\npr\u00e9sent r\u00e9ellement v\u00e9cu de mon v\u00e9cu, que selon un seul de ses c\u00f4t\u00e9s. \u00c0\nl\u2019encontre de la repr\u00e9sentation fournie par l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9 de l\u2019attitude\nnaturelle, la r\u00e9flexion descriptive ph\u00e9nom\u00e9nologique montre qu\u2019une face donn\u00e9e\nen propre, effectivement pr\u00e9sente, est accompagn\u00e9e d\u2019une multiplicit\u00e9 de faces\nimproprement donn\u00e9es. Elles ont un sens pour moi mais qui n\u2019est pas\nl\u2019effectivit\u00e9 pleine de la pr\u00e9sence. <\/p>\n\n\n\n<p>Nous venons ici de d\u00e9crire la perception\nen esquisses. Pr\u00e9cisons \u00e0 nouveau sa port\u00e9e&nbsp;: dans la face donn\u00e9e en\npropre s\u2019esquisse la totalit\u00e9 de l\u2019objet, ce qui revient \u00e0 dire que cette\ntotalit\u00e9 n\u2019appara\u00eet pas comme effective. Chaque apparition unilat\u00e9rale est une\nesquisse de la chose qui la donne selon un seul de ses aspects mais dans lequel\nse donnent, comme <em>en ombre<\/em>, les\nautres apparitions possibles. Le terme allemand est celui d\u2019<em>Abschattung<\/em>, qu\u2019il convient de traduire\npar <em>esquisse<\/em> mais qui correspond au\nvieux mot d\u2019ancien fran\u00e7ais <em>adombration<\/em>\ncar <em>Shatt<\/em> signifie bien l\u2019<em>ombre<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire une pr\u00e9sence sans\nclart\u00e9 ni distinction, la pr\u00e9sence de ce qui ne se donne pas effectivement mais\nqui se fait pressentir selon un certain voilement.<\/p>\n\n\n\n<p>Une face donn\u00e9e en propre est accompagn\u00e9e\nd\u2019une multiplicit\u00e9 de faces improprement donn\u00e9es, un aspect en pleine lumi\u00e8re\nest accompagn\u00e9 d\u2019une multiplicit\u00e9 d\u2019ombres. La totalit\u00e9 de la chose n\u2019est donc pas\neffectivement pr\u00e9sente, le sens r\u00e9ellement v\u00e9cu de la chose consiste bien\nplut\u00f4t dans l\u2019articulation de pr\u00e9sence et d\u2019absence&nbsp;; articulation dans\nlaquelle, quantitativement, il y a plus de non effectivit\u00e9 que d\u2019effectivit\u00e9.\nPourtant je crois \u2013 et tel est le sens de l\u2019attitude naturelle \u2013 que la chose\nest bien pr\u00e9sente comme un tout.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019o\u00f9 vient ce paradoxe qui est la clef du\nsens de la perception&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Le classicisme ph\u00e9nom\u00e9nologique, l\u00e9gitim\u00e9\npar Husserl lui-m\u00eame, nous conduit \u00e0 penser qu\u2019il y a une vis\u00e9e no\u00e9tique, dont\nle sens est fondamentalement conceptuel, qui porte l\u2019ensemble de ma perception<a name=\"_ftnref13\" href=\"#_ftn13\">[13]<\/a>. Je vise id\u00e9alement le\nm\u00eame objet, la table par exemple, tout au long de ma perception. Cette derni\u00e8re\nse modifie au gr\u00e9 du flux de mes v\u00e9cus, mais reste fonci\u00e8rement, c\u2019est-\u00e0-dire\nid\u00e9alement, toujours la m\u00eame. Cette vis\u00e9e no\u00e9tique constitue le noyau\nidentitaire de ma perception qui me donne l\u2019objet vis\u00e9 comme \u00e9tant identique \u00e0\nlui-m\u00eame tout au long de la perception que j\u2019ai de lui et qui me fait adh\u00e9rer \u00e0\nson identit\u00e9, malgr\u00e9 ses changements d\u2019apparition.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette explication nous conduit \u00e0 penser\nque la perception \u2013 ainsi que le classicisme de la pens\u00e9e, de Descartes<a name=\"_ftnref14\" href=\"#_ftn14\">[14]<\/a> et Kant<a name=\"_ftnref15\" href=\"#_ftn15\">[15]<\/a> jusqu\u2019\u00e0 la philosophie de\nl\u2019esprit contemporaine<a name=\"_ftnref16\" href=\"#_ftn16\">[16]<\/a>, nous invite \u00e0 le croire\n\u2013 est fondamentalement port\u00e9e par un processus cognitif dirig\u00e9 par des\nconcepts. La dimension essentiellement charnelle de la perception risque ainsi\nd\u2019\u00eatre perdue&nbsp;; mais surtout le r\u00e9el du v\u00e9cu de perception n\u2019est pas pris\nen compte. En effet la concr\u00e9tude v\u00e9cue dans le pr\u00e9sent vivant ne me donne pas\nla perception d\u2019une m\u00eame chose mais l\u2019apparition singuli\u00e8re et \u00e0 chaque fois\nsp\u00e9cifique d\u2019un aspect<a name=\"_ftnref17\" href=\"#_ftn17\">[17]<\/a>. En toute rigueur\ndescriptive nous devrons reconna\u00eetre que chaque apparition, \u00e0 la fois dans sa\ndimension actuelle comme dans son contenu, est diff\u00e9rente d\u2019une autre\napparition. Surgissant dans des instants diff\u00e9rents, correspondant \u00e0 des\nperspectives diff\u00e9rentes sur la chose, les apparitions se distinguent les unes\ndes autres. Leur rapport est r\u00e9ellement constitu\u00e9 de diff\u00e9rences. L\u2019attitude\nlogique nous dira que, par-del\u00e0 les diff\u00e9rences d\u2019apparitions ponctuelles, par-del\u00e0\nles esquisses, il y a une identit\u00e9 vis\u00e9e qui fait la continuit\u00e9 des diff\u00e9rentes\nperspectives en esquisses. Il n\u2019en reste pas moins vrai que la chose ne se\ndonne jamais de la m\u00eame fa\u00e7on selon l\u2019instant et selon l\u2019angle \u00e0 travers lequel\nje l\u2019appr\u00e9hende. Chaque esquisse est bien r\u00e9ellement une apparition qui se\ndiff\u00e9rencie d\u2019une autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Si nous sortons ici de l\u2019\u00e9cueil\ncognitiviste de la perception, nous risquons de tomber dans une description,\ncertes immanente aux v\u00e9cus, mais qui nous fait oublier que c\u2019est un <em>m\u00eame<\/em> objet que je per\u00e7ois, que c\u2019est\nbien la m\u00eame table que je continue de voir et de toucher devant moi. Insister\nsur la seule diff\u00e9rence d\u2019une esquisse avec une autre, que ce soit formellement\nou mat\u00e9riellement, nous conduirait \u00e0 penser un \u00e9clatement de nos perceptions\ncomme s\u2019il y avait une impossibilit\u00e9 d\u2019\u00e9tablir ce qui pourrait \u00eatre commun \u00e0\ntoutes les perceptions. Avec une telle interpr\u00e9tation nous ne percevrions plus\nrien car les diff\u00e9rentes apparitions en esquisses se trouveraient dans\nl\u2019impossibilit\u00e9 de communiquer les unes avec les autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans leurs diff\u00e9rences r\u00e9elles, elles se\nlient tout de m\u00eame entre elles. Comment&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Le moment pr\u00e9sent est toujours celui dont\nil faut partir car la description ph\u00e9nom\u00e9nologique est celle de <em>l\u2019exp\u00e9rience se faisant<\/em>. Or mon\nexp\u00e9rience advient toujours dans le moment pr\u00e9sent<a name=\"_ftnref18\" href=\"#_ftn18\">[18]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019instant pr\u00e9sent est, dans son\ninstantan\u00e9it\u00e9, moment de pl\u00e9nitude dans lequel la chose se donne comme\npleinement pr\u00e9sente. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment le pr\u00e9sent est moment de remplissement.\nCeci implique que le pr\u00e9sent que je vis r\u00e9sulte d\u2019une protention dans laquelle\nj\u2019anticipais le remplissement que je suis en train de vivre. Mais cette\nprotention est en elle-m\u00eame une vis\u00e9e \u00e0 vide de la chose qui la vise comme non\npr\u00e9sente car elle la vise comme ce qui sera car il va \u00eatre mais qui donc n\u2019est\npas encore. En outre le moment pr\u00e9sent est habit\u00e9 d\u2019une r\u00e9tention dans laquelle\nla chose (la m\u00eame chose) est vis\u00e9e comme ce qui n\u2019est plus car il vient\nd\u2019\u00eatre&nbsp;; ici aussi la chose est vis\u00e9e \u00e0 vide. Le pr\u00e9sent vivant est un\nv\u00e9cu ternaire dans lequel l\u2019acte donnant la pr\u00e9sence \u00e9vanescente est bord\u00e9 d\u2019actes\ndonnant le non-\u00eatre, celui du <em>ne plus<\/em>\net celui du <em>ne pas encore<\/em>. \u00c0 chaque\ninstant je vise du vide qui accompagne le plein. Et c\u2019est bien la vis\u00e9e \u00e0 vide\nqui me permet d\u2019avoir la saisie en pl\u00e9nitude car je ne per\u00e7ois la table comme\npr\u00e9sente dans le pr\u00e9sent qu\u2019\u00e0 la condition que je sois port\u00e9 par le souvenir\nprimaire de son apparition pr\u00e9c\u00e9dente (qui la fait appara\u00eetre comme non donn\u00e9e\ncar elle n\u2019est plus donn\u00e9e)&nbsp;; et c\u2019est bien cette r\u00e9tention qui me permet\nde me tourner vers un remplissement \u00e0 venir qui, dans le pr\u00e9sent, est lui aussi\nune vis\u00e9e \u00e0 vide (celle du non donn\u00e9 en tant que non encore donn\u00e9) et qui me\npermet de continuer de percevoir la m\u00eame chose.<\/p>\n\n\n\n<p>La pl\u00e9nitude du pr\u00e9sent est en fait une\n\u00e9vanescence, qui se renouvelle mais parce qu\u2019elle est port\u00e9e par de l\u2019absence.\nLa vacuit\u00e9 de la r\u00e9tention donnant un <em>ne\nplus<\/em> porte la saisie en pr\u00e9sence qui se tourne protentionnellement vers la\nvacuit\u00e9 du <em>pas encore<\/em> pr\u00e9cis\u00e9ment\npour qu\u2019elle se renouvelle. Le pr\u00e9sent donn\u00e9 fait ainsi \u00e9cho \u00e0 un pass\u00e9 et \u00e0 un\nfutur. Le pr\u00e9sent vivant est un instant pr\u00e9sent habit\u00e9 d\u2019un <em>tout juste pass\u00e9<\/em> et d\u2019un <em>qui va advenir<\/em>. Mon exp\u00e9rience est bien\nfaite d\u2019absence plus que de pr\u00e9sence&nbsp;; d\u2019une pr\u00e9sence motiv\u00e9e par une\nabsence. Elle est un croisement de pr\u00e9sence et d\u2019absence dans lequel un instant\nde pr\u00e9sence est bord\u00e9 de moments donnant l\u2019absence.<\/p>\n\n\n\n<p>La perception v\u00e9cue est bien ce\ncroisement. Au niveau du contenu de sens, un pr\u00e9sent croise des absents. Ces\ncroisements font appara\u00eetre une communaut\u00e9 de sens qui donne la chose dans son\nidentit\u00e9. On peut toujours consid\u00e9rer que le contenu des apparitions ne peut se\ncroiser que parce qu\u2019il y a, en arri\u00e8re-fond, une vis\u00e9e no\u00e9tique qui donne\nl\u2019identit\u00e9 depuis laquelle les apparitions peuvent, malgr\u00e9 leurs diff\u00e9rences,\nse reconna\u00eetre. Toutefois on peut aussi affirmer que l\u2019identit\u00e9 r\u00e9sulte des\ncroisements d\u2019apparition. Elle n\u2019est pas l\u2019a priori qui conditionne la\nperception, mais ce qui en d\u00e9coule<a name=\"_ftnref19\" href=\"#_ftn19\">[19]<\/a>. La chose per\u00e7ue est la\nm\u00eame car je reconnais, au moment o\u00f9 elles adviennent, des ressemblances entre\nun contenu pr\u00e9sent et des contenus absents selon le mode du ne plus et du ne\npas encore. Cette structure de recoupement, vivante et qui se renouvelle, a d\u2019ailleurs\nle m\u00e9rite de pouvoir rendre compte de la possible disparition de la chose. En\neffet on peut imaginer qu\u2019un pr\u00e9sent donn\u00e9 dans l\u2019instant ne puisse plus\nrecouper des apparitions absentes car \u2013 et on sera ici dans des formes de\npathologie que la ph\u00e9nom\u00e9nologie prend en compte \u2013 on ne peut plus retenir sa\nforme d\u2019apparition qui vient d\u2019avoir lieu ou qui a d\u00e9j\u00e0 eu lieu de telle sorte\nqu\u2019on ne pourra plus anticiper sur un moment \u00e0 venir, proche ou lointain lui\nressemblant. Ce sont alors des formes d\u2019apparition qui permettaient au sujet\nson rep\u00e9rage dans le monde qui s\u2019effondrent. L\u2019apparition du monde elle-m\u00eame\npeut vaciller.<\/p>\n\n\n\n<p>La perception par esquisses est, dans son\nessence, une forme vivante.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9capitulons-la&nbsp;: un <em>pr\u00e9sent effectif<\/em> est accompagn\u00e9 d\u2019un <em>ne plus<\/em> et d\u2019un <em>ne pas encore<\/em>. Le <em>pr\u00e9sent\neffectif<\/em> devient un <em>ne plus<\/em> car\nle <em>ne pas encore<\/em> est devenu le <em>pr\u00e9sent effectif<\/em>. Les pr\u00e9sents effectifs\nse recroisent gr\u00e2ce aux ne plus et aux ne pas encore qui deviendront pr\u00e9sents. Cette\nstructure vivante constitue la pr\u00e9sence, le continuum de pr\u00e9sence. Cependant\ncette constitution a pour condition la vacuit\u00e9 du non donn\u00e9 du pass\u00e9 et du\nfutur.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette structure vivante est port\u00e9e par\nl\u2019auto-motricit\u00e9 du corps propre. Sa vie motive la vie de la structure de la\nperception<a name=\"_ftnref20\" href=\"#_ftn20\">[20]<\/a>.\nMon corps se meut, son mouvement constitue le passage d\u2019une perspective \u00e0 une\nautre. Les apparitions en esquisses de l\u2019instant pr\u00e9sent se lient entre elles\nen continuit\u00e9 car elles retiennent celles pass\u00e9es et s\u2019ouvrent\nprotentionnellement \u00e0 celles \u00e0 venir. Ce passage en continu a pour condition,\nnon pas la vis\u00e9e no\u00e9tique conceptuelle, mais le <em>se-mouvoir<\/em> du corps propre. Pour Husserl chaque apparition pr\u00e9sente\nest une sensation exposante, c\u2019est-\u00e0-dire qui donne intentionnellement une\nobjectit\u00e9. Or ces sensations sont motiv\u00e9es par des <em>kinesth\u00e8ses<\/em> qui sont des sensations corporelles internes de\nmouvement qui, en elles-m\u00eames, ne donnent rien mais portent toute sensation\nayant un contenu de repr\u00e9sentation<a name=\"_ftnref21\" href=\"#_ftn21\">[21]<\/a>. Je per\u00e7ois une chose\ndepuis une strate de v\u00e9cu non repr\u00e9sentationnelle. Cette dimension inexposante,\nparce qu\u2019elle est originairement continue, motive la continuit\u00e9 des sensations\nexposantes. Celles-ci donnent une apparition en continu car elles sont\nint\u00e9rieurement anim\u00e9es de la continuit\u00e9 de sensations de pure impression int\u00e9rieure\nde mouvement.<\/p>\n\n\n\n<p>Le corps propre vivant est donc le foyer\nde la perception en esquisses. Le continuum des sensations internes\nd\u2019auto-mouvement fonde le sens de la vie de la perception. Il y a l\u00e0 une\n\u00e9vidence, que le sens commun pressent, que des \u00e9crivains tels que Julien Gracq\npar exemple ont tent\u00e9 de mettre litt\u00e9rairement en forme<a name=\"_ftnref22\" href=\"#_ftn22\">[22]<\/a>&nbsp;; la ph\u00e9nom\u00e9nologie\ns\u2019est efforc\u00e9e de lui donner son expression philosophique ad\u00e9quate.<\/p>\n\n\n\n<p>Si le continuum de la vie du corps est\nessentiel \u00e0 la perception en esquisses, nous devons consid\u00e9rer un sens plus\noriginaire encore vers lequel converge toujours la ph\u00e9nom\u00e9nologie husserlienne\net qui se manifestait d\u00e9j\u00e0 dans nos propos pr\u00e9c\u00e9dents. Le continuum des\nperspectives en esquisses \u2013 qui fait que, malgr\u00e9 et dans la diff\u00e9rence\nd\u2019apparitions, c\u2019est la m\u00eame chose que je per\u00e7ois \u2013 est une continuit\u00e9\ntemporelle<a name=\"_ftnref23\" href=\"#_ftn23\">[23]<\/a>.\nUne forme temporelle relie les diff\u00e9rentes apparitions car c\u2019est bien un pass\u00e9\nqui est retenu et un futur qui est anticip\u00e9. La chose per\u00e7ue a donc pour\ncondition la forme temporelle. Cette derni\u00e8re est le sens le plus profond de la\nchos\u00e9it\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois cette temporalit\u00e9 objective est\nconstitu\u00e9e par la continuit\u00e9, par le <em>d\u00e9cours<\/em>\ndes sensations exposantes et inexposantes. Il y a un continu temporel\narchi-subjectif, les v\u00e9cus composent cette continuit\u00e9 que Husserl, faute de\nmieux selon ses propres dires, appelle <em>flux<\/em>\net qui consiste dans le passage continu d\u2019un v\u00e9cu \u00e0 un autre<a name=\"_ftnref24\" href=\"#_ftn24\">[24]<\/a>. Il y a \u2013 selon un \u00e9cho \u00e0\nH\u00e9raclite \u2013 un <em>\u00e9coulement<\/em> des v\u00e9cus\nqui rend compte de leur diff\u00e9rence en m\u00eame temps que de leur articulation.\nFluant dans l\u2019\u00e9coulement, chaque v\u00e9cu se distingue d\u2019un autre mais ne cesse de\nse lier \u00e0 lui<a name=\"_ftnref25\" href=\"#_ftn25\">[25]<\/a>.\nIl faut bien entendre l\u2019\u00e9coulement du flux comme \u00e9tant le passage d\u2019un instant\n\u00e0 l\u2019autre, mais de telle sorte que chaque v\u00e9cu est lui-m\u00eame fluant. Ainsi la\nfluence de chaque v\u00e9cu est la raison de la fluence de leur suite, en m\u00eame temps\nque cette derni\u00e8re \u2013 le flux comme tout \u2013 entra\u00eene le flux qu\u2019est chaque v\u00e9cu. La\ncontinuit\u00e9 du flux ainsi comprise fonde celle du d\u00e9cours kinesth\u00e9sique. Les\nkinesth\u00e8ses dans leur fluence fondent les v\u00e9cus exposants et ce qui se donne en\neux. Il s\u2019ensuit que le flux originaire de la subjectivit\u00e9 fonde toutes nos\napparitions. Si les instants pr\u00e9sents se correspondent c\u2019est par leur\ncontinuit\u00e9 fond\u00e9e par le flux des v\u00e9cus. Et ce continu se manifeste par la\nr\u00e9tention d\u2019un v\u00e9cu pass\u00e9 et la protention d\u2019un v\u00e9cu \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p>La temporalit\u00e9 archi-subjective, le flux\ndes v\u00e9cus, est l\u2019archi-condition de la vie perceptive en esquisses.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s ces analyses ph\u00e9nom\u00e9nologiques et \u00e0\npartir d\u2019elles, nous pouvons en venir \u00e0 consid\u00e9rer le sens ontologique de la\nchose per\u00e7ue en esquisses. Contrairement \u00e0 Heidegger et toute sa post\u00e9rit\u00e9,\nHusserl n\u2019identifie pas la ph\u00e9nom\u00e9nalit\u00e9 de la chose, c\u2019est-\u00e0-dire son\napparition dans le v\u00e9cu, avec son sens ontologique&nbsp;; et ce dernier ne peut\n\u00eatre circonscrit qu\u2019\u00e0 partir de la ph\u00e9nom\u00e9nalit\u00e9<a name=\"_ftnref26\" href=\"#_ftn26\">[26]<\/a>. Il n\u2019en est pas moins\ninterrogeable par la ph\u00e9nom\u00e9nologie.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faudra d\u2019abord consid\u00e9rer que la chose\nest un continu, son apparition est continue, en tant qu\u2019elle se constitue dans\nla continuit\u00e9 du flux des v\u00e9cus. Il n\u2019y a pas de discontinuit\u00e9 de la chose\nper\u00e7ue. Cela ne signifie pas que Husserl n\u2019envisage pas le discontinu comme\nsens possible de certains objets mais ils rel\u00e8veront alors d\u2019un autre champ de\nv\u00e9cus&nbsp;: la <em>phantasia<\/em>, la vie de\nl\u2019imagination<a name=\"_ftnref27\" href=\"#_ftn27\">[27]<\/a>.\nUne chose per\u00e7ue, elle, est un continu car elle se donne dans et par une\ncontinuit\u00e9 de remplissement.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, pour continue qu\u2019elle soit la\nchose est un multiple&nbsp;; la multiplicit\u00e9 est le sens de son apparition,\nc\u2019est-\u00e0-dire son sens ontologique. En effet la chose poss\u00e8de une multiplicit\u00e9\nde faces qui se correspondent et s\u2019articulent<a name=\"_ftnref28\" href=\"#_ftn28\">[28]<\/a>. La chose est bien une,\ncar c\u2019est bien une m\u00eame table que je per\u00e7ois, mais cette unit\u00e9 n\u2019est que la\nsomme d\u2019une multiplicit\u00e9 de faces. Le sens originaire de la chose est cette\nmultiplicit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019ensuit alors que la pr\u00e9sence de la\nchose \u2013 et la pr\u00e9sence est le sens du per\u00e7u \u2013 n\u2019a pas de fixit\u00e9. La pr\u00e9sence\nest ici mouvante, changeante. La chose ne cesse d\u2019\u00eatre en modification car\nlorsque je la per\u00e7ois ce n\u2019est jamais la m\u00eame face qui m\u2019appara\u00eet<a name=\"_ftnref29\" href=\"#_ftn29\">[29]<\/a>. Si le sens de la chose\nspatiale est le temps, cette chose ne cesse de se modifier dans son apparition,\nau point m\u00eame de pouvoir \u2013 lorsqu\u2019une face donn\u00e9e ne sera pas remplie par une\nautre qui lui succ\u00e8dera \u2013 dispara\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut \u00e9galement ajouter que dans la\nchose per\u00e7ue, la face donn\u00e9e en propre, effectivement pr\u00e9sente, est li\u00e9e \u00e0 de\nl\u2019absence&nbsp;: de l\u2019impropre retenu ou protendu, souvenu ou anticip\u00e9<a name=\"_ftnref30\" href=\"#_ftn30\">[30]<\/a>. Un point de pr\u00e9sence est\nli\u00e9 \u00e0 une multiplicit\u00e9 d\u2019absence. La correspondance entre les faces\neffectivement per\u00e7ues en propre est fond\u00e9e par les correspondances entre les\nfaces improprement donn\u00e9es. L\u2019\u00eatre (le pr\u00e9sent effectif) est li\u00e9 \u00e0 du non-\u00eatre\n(celui du souvenu, primaire ou secondaire&nbsp;; celui de l\u2019anticip\u00e9, dans la\nprotention ou dans la repr\u00e9sentation de ce qui adviendra). Ou, plus exactement,\nil faudra affirmer que l\u2019\u00eatre consiste dans l\u2019articulation entre l\u2019\u00eatre et le\nnon-\u00eatre. La ph\u00e9nom\u00e9nologie ne conduit pas \u00e0 penser une opposition dualiste\nentre l\u2019\u00eatre et le n\u00e9ant, entre la pl\u00e9nitude de l\u2019\u00eatre et la b\u00e9ance du n\u00e9ant.\nElle nous invite plut\u00f4t \u00e0 consid\u00e9rer un m\u00e9lange d\u2019\u00eatre et de non-\u00eatre dans\nlequel rien n\u2019est pl\u00e9nitude d\u2019\u00eatre pas plus qu\u2019ab\u00eeme de non-\u00eatre. Nous sommes\nfondamentalement li\u00e9s \u00e0 cet entrecroisement ontologique d\u2019\u00eatre et de non-\u00eatre.\nC\u2019est lui que nous vivons dans l\u2019exp\u00e9rience primordiale de perception et,\nainsi, dans tous les v\u00e9cus qui sont fond\u00e9s par lui.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019entrecroisement d\u2019\u00eatre et de non-\u00eatre a\npour sens de placer l\u2019\u00eatre au premier plan, et le non-\u00eatre dans un\narri\u00e8re-plan. L\u2019\u00eatre de la pr\u00e9sence n\u2019en est pas moins int\u00e9rieurement tram\u00e9 par\nle non-\u00eatre car il va n\u00e9cessairement retomber dans le non-\u00eatre du retenu. Le\npr\u00e9sent va devenir un pass\u00e9&nbsp;; il est m\u00eame, ainsi que le disait d\u00e9j\u00e0 saint\nAugustin, devenu pass\u00e9 \u00e0 l\u2019instant m\u00eame o\u00f9 il est pr\u00e9sent<a name=\"_ftnref31\" href=\"#_ftn31\">[31]<\/a>. Tout pr\u00e9sent est donc\nbien en lui-m\u00eame articul\u00e9 \u00e0 un pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019en est pas moins vrai que le non-\u00eatre\ndu futur ou m\u00eame celui du pass\u00e9 est, lui aussi, m\u00e9lang\u00e9 \u00e0 de l\u2019\u00eatre car il a\nbien \u00e9t\u00e9 ou sera. Le sens du non-\u00eatre \u2013 et nous insisterons ici sur celui du\nfutur qui aimante toute la temporalit\u00e9 \u2013 est d\u2019\u00eatre du possible. Le non-\u00eatre\nest bien m\u00e9lang\u00e9 \u00e0 de l\u2019\u00eatre en ce qu\u2019il est \u00eatre en puissance, c\u2019est-\u00e0-dire\nnon donn\u00e9 mais pouvant l\u2019\u00eatre, devant l\u2019\u00eatre et allant l\u2019\u00eatre. Insistons \u00e0\nnouveau sur ce point&nbsp;: nous ne vivons jamais, dans la concr\u00e9tude de notre\nexp\u00e9rience, le dualisme de l\u2019\u00eatre et du non-\u00eatre&nbsp;; nous sommes toujours\n(aussi bien dans notre int\u00e9riorit\u00e9 que dans les choses qui nous apparaissent,\nd\u00e8s la perception) li\u00e9s \u00e0 un entrecroisement vivant et en perp\u00e9tuelle\nmodification d\u2019\u00eatre et de non-\u00eatre, d\u2019\u00eatre qui n\u2019est d\u00e9j\u00e0 plus, de non-\u00eatre qui\nest d\u00e9j\u00e0. Le sens ontologique du monde, \u00e0 partir des choses qui se donnent \u00e0\nnous, est alors d\u2019\u00eatre un <em>presque<\/em>, un\n<em>inaccompli<\/em>, une esquisse en somme.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette dimension peut nous conduire \u00e0\nrapprocher Husserl de certaines formes d\u2019art contemporain.<\/p>\n\n\n\n<p>Le lien entre l\u2019inventeur de la\nph\u00e9nom\u00e9nologie et la question de l\u2019art en g\u00e9n\u00e9ral peut sembler probl\u00e9matique et\narbitraire. En effet si nous savons que Husserl \u00e9tait, \u00e0 titre personnel,\namateur d\u2019art, il n\u2019y a que tr\u00e8s peu de r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l\u2019art dans son \u0153uvre et,\ncontrairement \u00e0 sa post\u00e9rit\u00e9, sa pens\u00e9e n\u2019a d\u00e9velopp\u00e9 aucune th\u00e9orie\nesth\u00e9tique. On peut, certes, en voir la possibilit\u00e9 \u00e0 partir des cours\nconsacr\u00e9s par Husserl au v\u00e9cu de <em>phantasia<\/em><a name=\"_ftnref32\" href=\"#_ftn32\">[32]<\/a>, mais elle n\u2019est pas\nexplicitement \u00e9difi\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi la possibilit\u00e9 d\u2019une rencontre entre\nHusserl et l\u2019art doit \u00eatre construite par l\u2019interpr\u00e8te<a name=\"_ftnref33\" href=\"#_ftn33\">[33]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Si le sens de la chose per\u00e7ue est\nl\u2019inach\u00e8vement, si l\u2019objet vis\u00e9 dans mon acte de perception est ouvert, on ne\npeut que rapprocher une telle dimension de l\u2019art moderne qui n\u2019a cess\u00e9 de\nproduire des \u0153uvres qui, \u00e0 la diff\u00e9rence du classicisme, ont pour souci leur\nnon cl\u00f4ture. Si un des \u00e9l\u00e9ments d\u00e9terminants de l\u2019art classique est la mise en\nplace d\u2019un trait de dessin fait pour d\u00e9limiter la forme, l\u2019art moderne se\nfondera sur un trait ouvert, inachev\u00e9, qui n\u2019a pas pour sens de donner une\nforme enserrant une mati\u00e8re mais de faire voler en \u00e9clats l\u2019articulation\naristot\u00e9licienne de la hyl\u00e8 et de la morph\u00e8.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant une \u0153uvre d\u2019art n\u2019est pas un\nobjet per\u00e7u<a name=\"_ftnref34\" href=\"#_ftn34\">[34]<\/a>.\nElle garde un statut de repr\u00e9sentation qui, dans l\u2019art moderne, ne consiste\nplus essentiellement \u00e0 repr\u00e9senter les choses mais la fa\u00e7on dont elles peuvent\nnous appara\u00eetre. Depuis l\u2019impressionnisme, l\u2019enjeu n\u2019est pas de repr\u00e9senter en\nimage le per\u00e7u mais de cr\u00e9er des images capables de repr\u00e9senter et de faire\ncomprendre notre perception. La peinture, ainsi que l\u2019avait tr\u00e8s bien compris\nMerleau-Ponty<a name=\"_ftnref35\" href=\"#_ftn35\">[35]<\/a>,\nest une r\u00e9flexion sur l\u2019exp\u00e9rience sensible qui provient de cette derni\u00e8re. La\npeinture pense notre perception mais, \u00e0 la diff\u00e9rence de toute philosophie, y\ncompris ph\u00e9nom\u00e9nologique, cette pens\u00e9e est immanente \u00e0 ce qu\u2019elle pense. La\npeinture est l\u2019autor\u00e9flexion de l\u2019exp\u00e9rience sensible.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi il nous para\u00eet possible d\u2019\u00e9tablir\nune rencontre entre la r\u00e9flexion immanente de la perception en peinture et les\ndescriptions ph\u00e9nom\u00e9nologiques sur les v\u00e9cus de perception. Celle-ci est\ntoujours en esquisse, la chose n\u2019appara\u00eet qu\u2019unilat\u00e9ralement parce qu\u2019il y a\ntoujours une perspective sur la chose qui se donne depuis un point de vue. L\u2019art\ndu <em>Quattrocento<\/em>, en tant\nqu\u2019institution du classicisme en art, \u00e9tablit une perspective l\u00e9gitime<a name=\"_ftnref36\" href=\"#_ftn36\">[36]<\/a>. Elle met en place un\npoint de vue privil\u00e9gi\u00e9 depuis lequel le monde appara\u00eet unilat\u00e9ralement mais\ncomme si cette unilat\u00e9ralit\u00e9 devait valoir comme point absolu. Et cela se\nl\u00e9gitime du fait que ce point de vue correspond \u00e0 un regard, ou plut\u00f4t \u00e0 un \u0153il\nqui est fig\u00e9, comme immobile. La <em>construction\nl\u00e9gitime<\/em> institue alors une abstraction de l\u2019exp\u00e9rience visuelle. Elle est\nla pens\u00e9e d\u2019un regard surplombant le monde, un regard qui ne correspond en rien\n\u00e0 notre exp\u00e9rience r\u00e9ellement, c\u2019est-\u00e0-dire subjectivement, v\u00e9cue<a name=\"_ftnref37\" href=\"#_ftn37\">[37]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur ce point, la ph\u00e9nom\u00e9nologie appara\u00eet\ncomme bien plus concr\u00e8te que l\u2019art, au sens o\u00f9 elle saisit bien mieux que lui\nl\u2019exp\u00e9rience v\u00e9cue car elle montre que la perception n\u2019est que la\nmultiplication de points de vue possibles sans pr\u00e9tendre en \u00e9riger un qui\nserait privil\u00e9gi\u00e9. Notre perception \u00e9tant port\u00e9e par la motricit\u00e9 du corps,\nelle n\u2019est que le passage d\u2019un point de vue \u00e0 un autre. Son analyse ne peut\nalors qu\u2019\u00e9tablir, contre le classicisme, m\u00eame en art, la relativit\u00e9 de chaque\npoint de vue.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9flexion ph\u00e9nom\u00e9nologique remet ici en\nquestion l\u2019aboutissement de l\u2019art classique. C\u2019est pour cette raison,\npr\u00e9cis\u00e9ment, que la ph\u00e9nom\u00e9nologie peut \u00e0 nouveau \u00eatre mise en relation avec\ncertaines avanc\u00e9es de l\u2019art moderne, et notamment avec celle qui l\u2019institue\nhistoriquement&nbsp;: le cubisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cubisme reprend l\u2019enjeu essentiel dans\nlequel toute peinture s\u2019inscrit&nbsp;: donner la tridimensionnalit\u00e9 dans un\nespace simplement bidimensionnel. Toutefois, l\u2019ambition cubiste n\u2019est pas\nd\u2019inventer des moyens plastiques pour repr\u00e9senter, dans une image plate, la\nchose en volume. Il s\u2019agit plut\u00f4t de donner \u00e0 voir, dans l\u2019apparition\ninstantan\u00e9e d\u2019une image, dans son apparition pr\u00e9sente, une multiplicit\u00e9\nd\u2019aspects possibles de la chose. L\u2019image de la guitare<a name=\"_ftnref38\" href=\"#_ftn38\">[38]<\/a> essaie de restituer les\ndiff\u00e9rentes apparitions possibles de l\u2019instrument selon les positions possibles\nde mon corps en fonction de son mouvement. Le ph\u00e9nom\u00e9nologue \u00e9tablit, par une\nanalyse eid\u00e9tique, que la chose se donne selon une suite d\u2019apparitions qui\ncorrespondent aux diff\u00e9rentes perspectives de mon corps. Le cubiste rassemble\ndans une image cette m\u00eame suite en sugg\u00e9rant qu\u2019elle provient des postures du\ncorps en mouvement. La succession de notre exp\u00e9rience est donn\u00e9e dans la\nsimultan\u00e9it\u00e9 de l\u2019image. C\u2019est par ce moyen plastique que le sens de notre\nperception est r\u00e9fl\u00e9chi.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de la contemporan\u00e9it\u00e9 du cubisme\net de la ph\u00e9nom\u00e9nologie, et tout en consid\u00e9rant l\u2019ignorance mutuelle dans\nlaquelle ces deux d\u00e9marches se sont tenues en leur temps, on ne peut que\nconstater leur convergence. Par des moyens diff\u00e9rents (la description\neid\u00e9tique&nbsp;; le jeu sur l\u2019image) ils pensent de fa\u00e7on analogue une m\u00eame\nexp\u00e9rience.<\/p>\n\n\n\n<p>On pourra m\u00eame pousser le rapprochement\nentre les deux domaines en consid\u00e9rant l\u2019usage qu\u2019ils font des math\u00e9matiques<a name=\"_ftnref39\" href=\"#_ftn39\">[39]<\/a>&nbsp;; usage qui a pu\nsusciter des critiques \u00e0 leur encontre. Les math\u00e9matiques, par leur\nabstraction, ne pourraient consid\u00e9rer l\u2019exp\u00e9rience la plus concr\u00e8te. Ainsi\nHusserl, en reprenant le mod\u00e8le arithm\u00e9tique de la multiplicit\u00e9 et les cubistes\nen reprenant la g\u00e9om\u00e9trie euclidienne mais aussi riemannienne, nous couperaient\nde la possibilit\u00e9 de saisir <em>l\u2019exp\u00e9rience\nse faisant<\/em>. Il n\u2019y a l\u00e0 \u00e0 nos yeux qu\u2019une critique superficielle qui croit,\nselon un pr\u00e9jug\u00e9 qui parcourt la philosophie, que l\u2019exp\u00e9rience de la\nsensibilit\u00e9 est l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9. Il faut plut\u00f4t envisager la vie du corps comme\nl\u2019exp\u00e9rience que nous ne cessons d\u2019\u00e9prouver et de vivre mais dont nous sommes\nles plus \u00e9loign\u00e9s, que nous avons refoul\u00e9e. L\u2019affairement de l\u2019existence, mais\naussi les constructions intellectuelles, ont mis irr\u00e9ductiblement \u00e0 distance\nl\u2019exp\u00e9rience primordiale. Notre vie se prolonge en oubliant ce qui fait sa\nvitalit\u00e9. Nous pouvons continuer d\u2019exister en ignorant l\u2019exp\u00e9rience archa\u00efque\ndu corps propre vivant, peut-\u00eatre m\u00eame que l\u2019efficacit\u00e9 de la survie nous\npousse \u00e0 l\u2019ignorer. Cependant la r\u00e9flexion demeure une exigence pour l\u2019humanit\u00e9\npensante, que ce soit la r\u00e9flexion philosophique ou la r\u00e9flexion esth\u00e9tique. L\u2019homme\n\u2013 et c\u2019est probablement ce qui fait son humanit\u00e9 \u2013 doit penser les conditions,\nles soubassements de ses propres formes de vie. Il doit le faire par le\ndiscours, mais aussi par les formes. Il s\u2019av\u00e8re ainsi n\u00e9cessaire de penser\nnotre exp\u00e9rience primordiale, pr\u00e9cis\u00e9ment parce que nous l\u2019avons oubli\u00e9e. Or\nnous ne pouvons la penser que dans l\u2019\u00e9loignement \u00e0 elle, depuis cet \u00e9loignement\net en tenant compte de lui. D\u2019une certaine mani\u00e8re seules les constructions de\nl\u2019esprit qui sont les plus distantes de notre exp\u00e9rience primordiale de la\ncorpor\u00e9it\u00e9 originaire, peuvent la consid\u00e9rer r\u00e9flexivement. Il y a l\u00e0 comme une\nforme de sublimation dont la r\u00e9flexion ne peut faire l\u2019\u00e9conomie. Ainsi rien\nn\u2019est plus \u00e9loign\u00e9 de la corpor\u00e9it\u00e9 que les g\u00e9om\u00e9tries. Cependant toute\ng\u00e9om\u00e9trie, en tant qu\u2019elle est une exp\u00e9rience de l\u2019espace, garde en elle, bien\nque ce soit dans la distance, l\u2019exp\u00e9rience de la corpor\u00e9it\u00e9. C\u2019est alors cet\n\u00e9loignement, parce qu\u2019il est toujours un rapport, qui est la condition pour\nfaire entendre cet originaire enfoui. Au fond il y a l\u00e0 une exp\u00e9rience\ncompr\u00e9hensive et r\u00e9flexive qui se fait par esquisses.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur ce point, encore une fois, cubisme et\nph\u00e9nom\u00e9nologie se croisent, tout comme doivent se croiser, en esquisse, art et\nphilosophie.<br><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn1\" href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a>\nTelle est la seule t\u00e2che que\nla philosophie analytique, en y incluant Wittgenstein, conf\u00e8re \u00e0 la\nphilosophie.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn2\" href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a>\n<em>Recherches\nlogiques<\/em>, <em>Tome 2, Premi\u00e8re Partie<\/em>, tr. H. Elie, A.\nKelkel, R. Sch\u00e9rer, PUF, 1969, p. 19.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn3\" href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a>\n<em>L\u2019id\u00e9e\nde la ph\u00e9nom\u00e9nologie<\/em>,\ntr. A. Lowith, PUF, 1970, p. 112 \u00e0 117.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn4\" href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> <em>Id\u00e9es directrices pour une ph\u00e9nom\u00e9nologie pure et une ph\u00e9nom\u00e9nologie\nph\u00e9nom\u00e9nologique,<\/em> tr. J.-F. Lavigne, Gallimard, 2018, p. 220 \u00e0 377.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn5\" href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a>\nLa subjectivit\u00e9\npost-husserlienne a d\u00e9velopp\u00e9 l\u2019id\u00e9e d\u2019un appara\u00eetre pur, qui n\u2019aurait pas de\nlien avec la subjectivit\u00e9 \u00e0 laquelle et pour la quelle il y aurait apparition.\nAinsi Pato\u010dka a institu\u00e9 l\u2019id\u00e9e d\u2019une ph\u00e9nom\u00e9nologie asubjective (in <em>Qu\u2019est-ce que la ph\u00e9nom\u00e9nologie&nbsp;<\/em>?,\ntr. E. Abrams, Millon, 1988, p. 189 \u00e0 248). Il y a un appara\u00eetre de la chose\nmais surtout du monde, avant tout acte subjectif. Et tous les actes subjectifs\nseraient conditionn\u00e9s par cet appara\u00eetre originaire. S\u2019il s\u2019agit par l\u00e0 de\nremettre en question le fait que les actes subjectifs auraient une dimension\npar trop intellectualisante la pens\u00e9e d\u2019une ph\u00e9nom\u00e9nologie asubjective a tout\nson sens mais ne subvertit pas alors r\u00e9ellement la pens\u00e9e husserlienne. Cette\nderni\u00e8re, et nous le verrons plus loin, est beaucoup moins intellectualisante\nqu\u2019une certaine critique a pu le dire. Cependant la ph\u00e9nom\u00e9nologie asubjective\na pour ambition de soumettre la subjectivit\u00e9, y compris dans ses v\u00e9cus la plus\npassifs, \u00e0 un appara\u00eetre des choses et du monde. Le monde appara\u00eet avant qu\u2019il\ny ait apparition \u00e0 la subjectivit\u00e9, m\u00eame corporelle. Cet aspect devient alors\nprobl\u00e9matique, car on a du mal \u00e0 penser un appara\u00eetre qui ne serait pas li\u00e9 \u00e0\nun p\u00f4le subjectif pour qui il a sens. C\u2019est, en essence, \u00e0 moi, \u00e0 mon corps\navant tout, que toute objectit\u00e9 appara\u00eet.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn6\" href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> <em>Recherches\nlogiques, Tome 2, Deuxi\u00e8me Partie<\/em>,\nop. cit., p. 165 \u00e0 231.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn7\" href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a> <em>Id\u00e9es\ndirectrices \u2026<\/em>, op.\ncit., p. 21 \u00e0 55.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn8\" href=\"#_ftnref8\">[8]<\/a> <em>Chose\net espace. Le\u00e7ons de 190785 \u00e0 91.<\/em>,\ntr. Jean-Fran\u00e7ois Lavigne, PUF, 1989, p. 73 \u00e0 78.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn9\" href=\"#_ftnref9\">[9]<\/a>\nLa constitution a \u00e9t\u00e9\ninterpr\u00e9t\u00e9e comme une production. C\u2019est Heidegger (notamment dans <em>Prol\u00e9gom\u00e8nes \u00e0 l\u2019histoire du concept de\ntemps<\/em>, tr. A. Boutot, Gallimard, 2006, p. 154 \u00e0 161) qui initie cette\ninterpr\u00e9tation afin de, consciemment et volontairement, d\u00e9former le sens de ce\nconcept chez Husserl. La constitution n\u2019a rien d\u2019un concept pratique, elle ne\nsignifie en rien un pouvoir qui serait li\u00e9 \u00e0 un force de cr\u00e9ation. Il signifie\nseulement qu\u2019une chose n\u2019a de pr\u00e9sence que pour une subjectivit\u00e9. Il n\u2019y a l\u00e0 rien\nde pratique ou de po\u00e9tique, il n\u2019y a que la pr\u00e9sence d\u2019une chose au corps d\u2019un\nsujet. Celui-ci, dans sa vie corporante, regarde, touche, sent, selon un\nrapport incarn\u00e9 qui n\u2019est ni celui d\u2019un homme qui transforme le monde ou qui\nl\u2019habite, m\u00eame en po\u00e8te, mais seulement qui l\u2019\u00e9prouve. Cette subjectivit\u00e9\nhumaine est seulement analogue \u00e0 celle d\u2019une existence animale perceptive.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn10\" href=\"#_ftnref10\">[10]<\/a>\n<em>M\u00e9ditations\ncart\u00e9siennes<\/em>, \u00a7\n17, tr. M. de Launay, PUF, 1994, p. 84 \u00e0 86.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn11\" href=\"#_ftnref11\">[11]<\/a>\nIbid. <\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn12\" href=\"#_ftnref12\">[12]<\/a>\n<em>Id\u00e9es\ndirectrices\u2026<\/em>, op.\ncit., p. 143 \u00e0 146.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn13\" href=\"#_ftnref13\">[13]<\/a>\n<em>Id\u00e9es\ndirectrices\u2026<\/em>, op.\ncit., p. 256 \u00e0 261.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn14\" href=\"#_ftnref14\">[14]<\/a> <em>Deuxi\u00e8me<\/em> <em>M\u00e9ditations m\u00e9taphysique<\/em>, \u00e9d. Adam-Tannery, IX, Vrin, p. 23 \u00e0 25.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn15\" href=\"#_ftnref15\">[15]<\/a> <em>Critique\nde la raison pure<\/em>,\ntr. A. Renaut, G.-F., 2006, p. 205-206.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn16\" href=\"#_ftnref16\">[16]<\/a>\nCarnap, <em>La construction logique du monde<\/em>, tr. Th. Rivain et E. Schwartz,\nVrin, 2002, p. 127. Les concepts n\u2019ont ici rien d\u2019a priori, ils sont\nempiriques. Ils n\u2019en sont pas moins les principes directeurs de la perception.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn17\" href=\"#_ftnref17\">[17]<\/a> <em>Chose et espace<\/em>, op. cit., p. 70.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn18\" href=\"#_ftnref18\">[18]<\/a>\n<em>Le\u00e7ons\npour une ph\u00e9nom\u00e9nologie de la conscience intime du temps<\/em>, tr. H. Dussort, PUF, 1964, p. 39\n\u00e0 41. L\u2019ensemble des analyses qui va suivre se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 ce texte de 1905.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn19\" href=\"#_ftnref19\">[19]<\/a>\nOn pourrait tout \u00e0 fait\nconsid\u00e9rer qu\u2019il y a l\u00e0 une position empiriste et conclure \u00e0 un empirisme de\nHusserl. Une telle affirmation <em>ex abrupto<\/em>\nne peut qu\u2019\u00eatre r\u00e9fut\u00e9e tant Husserl a combattu l\u2019empirisme (<em>Philosophie premi\u00e8re, Premi\u00e8re Partie<\/em>,\ntr. A. Kelkel, PUF, 1970, p. 11 \u00e0 260) et a voulu maintenir, par la\nph\u00e9nom\u00e9nologie, la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019a priori en philosophie. Il n\u2019en reste pas\nmoins que Husserl reste fascin\u00e9 par la pens\u00e9e de Hume et que, si la m\u00e9thode\nph\u00e9nom\u00e9nologique est aux antipodes de toute d\u00e9marche empiriste, il n\u2019est en\nrien absurde de consid\u00e9rer que certaines conclusions de la ph\u00e9nom\u00e9nologie\npeuvent retrouver les consid\u00e9rations du radicalisme humien.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn20\" href=\"#_ftnref20\">[20]<\/a>\n<em>Chose\net espace<\/em>, op.\ncit., p. 189 \u00e0 243.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn21\" href=\"#_ftnref21\">[21]<\/a>\n<em>Chose\net espace<\/em>, op.\ncit., p. 225 \u00e0 243.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn22\" href=\"#_ftnref22\">[22]<\/a>\n<em>Les\neaux \u00e9troites<\/em>,\nJos\u00e9 Corti, 1976.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn23\" href=\"#_ftnref23\">[23]<\/a> \u00ab&nbsp;Manuscrit de\nSeefeld&nbsp;\u00bb, in <em>Sur la ph\u00e9nom\u00e9nologie\nde la conscience intime du temps<\/em>, tr. R. Bernet, Millon, 2003, p. 138 \u00e0\n162.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn24\" href=\"#_ftnref24\">[24]<\/a> <em>Le\u00e7ons pour une ph\u00e9nom\u00e9nologie de la conscience intime du temps<\/em>,\nop. cit., p. 99.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn25\" href=\"#_ftnref25\">[25]<\/a> <em>Le\u00e7ons pour une ph\u00e9nom\u00e9nologie de la conscience intime du temps<\/em>,\nop. cit., p. 97 \u00e0 109.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn26\" href=\"#_ftnref26\">[26]<\/a>\nHeidegger, <em>\u00catre et Temps<\/em>, tr. E. Martineau, \u00e9d.\nAuthentica, 1986, p. 42 \u00e0 49. Husserl<em>,\nId\u00e9es directrices pour une ph\u00e9nom\u00e9nologie et une philosophie ph\u00e9nom\u00e9nologique\npures, Livre Troisi\u00e8me, La ph\u00e9nom\u00e9nologie et les fondements des sciences<\/em>,\ntr. D. Tiffeneau, PUF, 1993, p. 91 \u00e0 110.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn27\" href=\"#_ftnref27\">[27]<\/a>\n<em>Phantasia,\nconscience d\u2019image, souvenir<\/em>,\ntr. R. Kassis et J.-F. Pestureau, Millon, 2002.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn28\" href=\"#_ftnref28\">[28]<\/a>\nRappelons que Husserl\nemprunte ce concept de multiplicit\u00e9 aux math\u00e9matiques cantoriennes (<em>Chose et espace<\/em>, op. cit., p. 202).<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn29\" href=\"#_ftnref29\">[29]<\/a> <em>Chose et espace<\/em>, op. cit., p. 104.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn30\" href=\"#_ftnref30\">[30]<\/a> <em>Sur la ph\u00e9nom\u00e9nologie de la conscience intime du temps<\/em>, op. cit.,\np. 138 \u00e0 162.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn31\" href=\"#_ftnref31\">[31]<\/a>\nSaint Augustin, <em>Les Confessions, Livre XI, Chap. 14<\/em>, tr.\nP. Cambronne, Gallimard, Pl\u00e9iade, 1998, p. 1040-1041.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn32\" href=\"#_ftnref32\">[32]<\/a> <em>Phantasia, conscience d\u2019image, souvenir<\/em>, op. cit., p. 61 \u00e0 75.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn33\" href=\"#_ftnref33\">[33]<\/a>\nMentionnons que, \u00e0 titre\npersonnel, nous nous sommes un peu lanc\u00e9 dans un tel projet dans notre\nlivre&nbsp;: <em>Sensibilit\u00e9 et imagination.\nL\u2019esth\u00e9tique de Hugo von Hofmannsthal<\/em>, Hermann, 2017.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn34\" href=\"#_ftnref34\">[34]<\/a>\n<em>Phantasia,\nconscience d\u2019image, souvenir<\/em>,\nop. cit., \u00ab&nbsp;Texte N\u00b01&nbsp;\u00bb, p. 63 \u00e0 65. Dans ce passage, Husserl met en\nplace la m\u00e9ticuleuse analyse du v\u00e9cu en image d\u2019un tableau en d\u00e9crivant comment\nle spectateur passe de la perception de l\u2019image comme chose mat\u00e9rielle \u00e0 la\nconscience de l\u2019<em>objet-image<\/em> et \u00e0 la\nconscience du <em>sujet-image<\/em>. Il y a l\u00e0\nles fondements d\u2019une ph\u00e9nom\u00e9nologie de la peinture qui ne consid\u00e8re pas la\nsignification de la peinture mais bien l\u2019apparition bien sp\u00e9cifique de ce type\nd\u2019objets. Ce ne sera qu\u2019\u00e0 partir de la consid\u00e9ration de la forme d\u2019apparition\nd\u2019une image qu\u2019une interpr\u00e9tation de l\u2019\u0153uvre pourra se mettre en place. Aux\nyeux du ph\u00e9nom\u00e9nologue elle n\u00e9cessitera, \u00e0 son tour, une nouvelle analyse\neid\u00e9tique de v\u00e9cu.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn35\" href=\"#_ftnref35\">[35]<\/a>\n<em>L\u2019\u0153il\net l\u2019esprit<\/em>,\nGallimard, 1964.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn36\" href=\"#_ftnref36\">[36]<\/a> Alberti, <em>De la peinture<\/em>, tr. J.-L. Schefer, Macula D\u00e9dale, 1992, p. 119 \u00e0\n123.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn37\" href=\"#_ftnref37\">[37]<\/a> Merleau-Ponty dans <em>L\u2019\u0153il et l\u2019esprit<\/em> (op. cit., p. 36 \u00e0 60)\na, en reprenant les analyses de Panofsky <em>(La\nperspective comme forme symbolique<\/em>, tr. G. Ballang\u00e9, Minuit, 1975),\nparfaitement \u00e9tabli cela. Dans la critique qu\u2019il m\u00e8ne de Descartes c\u2019est aussi\nla perspective du <em>Quattrocento<\/em> qu\u2019il\nvise.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn38\" href=\"#_ftnref38\">[38]<\/a> Picasso, <em>Guitare<\/em>, 1912, Oslo, Nasjonalgalleriet.<\/p>\n\n\n\n<p><a name=\"_ftn39\" href=\"#_ftnref39\">[39]<\/a>\nCet usage des math\u00e9matiques\nest c\u00e9l\u00e9br\u00e9 par Gleizes et Metzinger dans <em>Du\ncubisme<\/em> (\u00e9d. Pr\u00e9sence, 1980). Il n\u2019y a l\u00e0 pour nous aucune insuffisance du\ncubisme, \u00e0 condition d\u2019entendre les math\u00e9matiques dans un sens bien sp\u00e9cifique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La perception concr\u00e8te selon Husserl et ses implications ontologico-esth\u00e9tiques La ph\u00e9nom\u00e9nologie \u2013 en tant qu\u2019\u00e9cole de pens\u00e9e institu\u00e9e par Husserl lors du passage du XIXe au XXe si\u00e8cle \u2013 tend de plus en plus \u00e0 \u00eatre jug\u00e9e comme un savoir du pass\u00e9, comme un courant philosophique qui a accompagn\u00e9 le si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dent mais qui se [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[52],"tags":[],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8FFEZ-al","jetpack-related-posts":[{"id":73,"url":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/marc-richir-vie-et-mort-en-phenomenologie\/","url_meta":{"origin":641,"position":0},"title":"Marc Richir, Vie et mort en ph\u00e9nom\u00e9nologie, 1994","author":"Administrateur","date":"13 f\u00e9vrier 2016","format":false,"excerpt":"Ce texte est la retranscription d\u2019une conf\u00e9rence de Marc Richir, donn\u00e9e au si\u00e8ge du D\u00e9partement de Psychanalyse, dans le cadre du Master et du Doctorat \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paul-Val\u00e9ry Montpellier III. 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