{"id":749,"date":"2020-04-25T14:25:13","date_gmt":"2020-04-25T13:25:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/?p=749"},"modified":"2023-09-06T17:45:10","modified_gmt":"2023-09-06T16:45:10","slug":"lesquisse-ou-le-dessin-evanescent-dans-la-poesie-de-sylvia-plath","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/lesquisse-ou-le-dessin-evanescent-dans-la-poesie-de-sylvia-plath\/","title":{"rendered":"L&rsquo;esquisse ou le dessin \u00e9vanescent dans la po\u00e9sie de Sylvia Plath \u2014 Nathalie Schleif"},"content":{"rendered":"\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Entr\u00e9e<\/h5>\n\n\n\n<p>Au lieu de nommer <em>image<\/em> ce qui se trouve en constant mouvement et devenir dans le phantasmer de la <em>phantasia<\/em>, utilis\u00e9 souvent comme synonyme d&rsquo;imagination, nous allons mettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve la notion d&rsquo;<em>esquisse <\/em>afin d&rsquo;\u00eatre au plus proche de ce qui de mani\u00e8re si anim\u00e9e se pr\u00e9sente dans ce que les Grecs ont appel\u00e9 <em>phantasia<\/em>. Comme premi\u00e8re entr\u00e9e dans cette notion nous nous concentrerons non pas sur des esquisses pr\u00e9paratoires d&rsquo;\u0153uvres ou sur des esquisses n&rsquo;appartenant \u00e0 aucune \u0153uvre achev\u00e9e, si l&rsquo;esquisse se doit d&rsquo;appartenir \u00e0 quelque \u0153uvre\u00a0; notre attention se consacrera plut\u00f4t \u00e0 suivre <em>la trace du geste<\/em> et ce qui en lui <em>se forme toujours encore<\/em> autrement sous le regard du lecteur. En effet, il ne sera pas question de dessins graphiques, mais de po\u00e9sie qui convoque le phantasme, la <em>phantasia <\/em>qui alors se met \u00e0 esquisser, \u00e0 <em>forger<\/em> ce qui est sugg\u00e9r\u00e9 par les vers. Nous resterons tout le long de la premi\u00e8re partie sur les po\u00e8mes d&rsquo;un seul auteur\u00a0: Sylvia Plath. Ce choix est exclusif afin de se laisser saisir par ce qui se d\u00e9ploie dans la <em>phantasia<\/em> \u00e0 partir d&rsquo;un seul style o\u00f9 certaines figures reviennent \u00e0 plusieurs reprises. Le style est marqu\u00e9 par le rythme des figures apparaissantes (et non seulement rh\u00e9toriques) et le choix de leur tonalit\u00e9, \u00e0 l&rsquo;oreille et sous l&rsquo;\u0153il int\u00e9rieur du regardeur. Si le rythme et la figure reviennent comme <em>m\u00eame<\/em> dans le d\u00e9ploiement du style, ce sont elles qui portent la marque de reconnaissance, l&rsquo;identique du m\u00eame. Or, pourrons-nous nous demander, est-ce que ceci n&rsquo;est pas une injonction allant \u00e0 contre-sens d&rsquo;un devenir po\u00e9tique o\u00f9 l&rsquo;inou\u00ef soudain se fait entendre\u00a0? Aller hors de la qu\u00eate du reconnaissable, d&rsquo;un style pr\u00e9tendu d\u00e9termin\u00e9, \u00e0 la rencontre d&rsquo;une po\u00e9tesse, Sylvia Plath, afin d&rsquo;\u00e9couter ce qui du stylet s&rsquo;inscrit en notre ou\u00efe et affectivit\u00e9. Ceci sera l&rsquo;interrogation du d\u00e9veloppement suivant.<\/p>\n\n\n\n<p>Afin de garder la proximit\u00e9 aux po\u00e8mes, il est indispensable de lire en premier lieu la version originale anglaise. Sa traduction figurera juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 ou en-dessous. Certaines figures ne sont traduisibles que dans leurs mani\u00e8res de se d\u00e9ployer en le phantasme, non de mani\u00e8re litt\u00e9rale o\u00f9 les tonalit\u00e9s, l&rsquo;originalit\u00e9 figurale et la temporalit\u00e9 dans laquelle nous plonge la lecture ne peuvent se transposer. Nous traduisons donc en mettant l&rsquo;accent sur le sens d&rsquo;\u00e9ploiement des figures \u00e9voqu\u00e9es selon l&rsquo;articulation en langue anglaise\u00a0; le sens de ses figures phantasm\u00e9es formera la priorit\u00e9 des traductions en m\u00eame temps que ce sens est toujours \u00e9vanescent, car s&rsquo;effectuant. Par cons\u00e9quent, dans les analyses nous nous \u00e9loignons des traductions connues de Fran\u00e7oise Morvan et de Val\u00e9ry Rouzeau que nous citons cependant au moment de l&rsquo;expos\u00e9 o\u00f9 le po\u00e8me entier est lu. \u00c0 ce moment nous voudrions exprimer notre gratitude face \u00e0 une pr\u00e9sentation de Sylvia Plath par Sylvie Doizelet <a href=\"#_ftn1\">(1)<\/a> qui, dans son introduction \u00e0 l&rsquo;\u00e9dition ici utilis\u00e9e, tisse en un ensemble si admirablement la po\u00e9sie, aux \u00e9crits \u00e9pistolaires et extraits de journaux intimes. Les traductions et la pr\u00e9sentation, entre autre, nous ont \u00e9t\u00e9 d&rsquo;une aide pr\u00e9cieuse et fid\u00e8le dans notre lecture et analyse. <a href=\"#_ftn2\">(2)<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Pour des questions de droits d&rsquo;auteur, nous ne pouvons donner en int\u00e9gralit\u00e9 les po\u00e8mes de Sylvia Plath dont nous traitons dans cet article.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">Les arbres d&rsquo;hiver<\/h5>\n\n\n\n<p>Premier tableau, premi\u00e8re \u00ab\u00a0travers\u00e9e\u00a0\u00bb (<em>Crossing the water<\/em>, 1962), pour aller dans l&rsquo;esquisse que Plath nous donne d\u00e9j\u00e0 dans le titre d&rsquo;un de ses po\u00e8mes\u00a0: <em>Les arbres d&rsquo;hiver<\/em>, qui est aussi le titre d&rsquo;un recueil posthume qui rassemble des po\u00e8mes de 1961 et 1962.<\/p>\n\n\n\n<p><em>The wet dawn inks are doing their blue dissolve.                                                     On their blotter of fog the trees                                                                                  Seem a botanical drawing &#8211;                                                                                           Memories growing, ring on ring,                                                                                  A series of weddings.                                                                                                                                 <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;aube\nne jaillit pas ici, lentement elle s&rsquo;infiltre,\nse r\u00e9pand, dilue\nce qui se repr\u00e9sente en m\u00eame temps disparaissant&nbsp;: la dense\nobscurit\u00e9 de la nuit. Avec l&rsquo;aube, alors, s&rsquo;ouvre l&rsquo;espace et plus\npr\u00e9cis\u00e9ment le fond comme premi\u00e8re lumi\u00e8re afin d&rsquo;\u00e9clairer ce\nqui suit. \n<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite\ndispara\u00eet l&rsquo;aube croissante, le fond, et appara\u00eet la brume, support\nmouvant des arbres, dessin\u00e9s avec pr\u00e9cision, d&rsquo;un trait qui cerne\nl&rsquo;apparence comme si elle remontait de l&rsquo;arri\u00e8re d&rsquo;un papier buvard.\n\n<\/p>\n\n\n\n<p>Puis, l&rsquo;estampe nous quitte et advient un mouvement abstrait, emprunt\u00e9 \u00e0 la croissance des arbres&nbsp;: la temporalit\u00e9 qui se traduit en accroissement \u00ab\u00a0anneau sur anneau\/Une suite de mariages\u00a0\u00bb. La figure de l&rsquo;arbre ne se d\u00e9ploie pas graphiquement, car il s&rsquo;agit l\u00e0 de ce que Sartre appellerait une \u00ab\u00a0illusion d&rsquo;immanence\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn3\">(3)<\/a>: appeler graphique un phantasme voudrait dire qu&rsquo;il est appr\u00e9hend\u00e9 en une spatialit\u00e9, or, il n&rsquo;est que signifi\u00e9 par, mais bien <em>\u00e9prouv\u00e9<\/em> et <em>figur\u00e9 <\/em>\u00e0 partir du langage. Une esquisse en phantasme, comme m\u00e9taphore, s&rsquo;articule comme un espace int\u00e9rieur o\u00f9 se figurent en miroir les sensations per\u00e7ues. L&rsquo;esquisse n&rsquo;est alors point une image, dans son aspect fig\u00e9. Maldiney en rel\u00e8ve la diff\u00e9rence en d\u00e9veloppant plut\u00f4t le travail de l&rsquo;image&nbsp;: \u00ab\u00a0&#8230;une esquisse du monde, (qui est) ouverte et non th\u00e9matique\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn4\">(4)<\/a> ne se reconna\u00eetra jamais en tant que \u00ab\u00a0mod\u00e8le int\u00e9rieur\u00a0\u00bb par ailleurs, mais se constituera comme \u00ab\u00a0phantasme sensible\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn5\">(5)<\/a>. Alors, le phantasme ne se r\u00e9p\u00e8te pas, il n&rsquo;a aucune insistance dans un re-jaillir comme l&rsquo;\u0153uvre achev\u00e9e que l&rsquo;on re<em>voit <\/em>lorsqu&rsquo;on est devant l&rsquo;objet concret et percevable. L&rsquo;on recr\u00e9e l&rsquo;esquisse des <em>encres mouill\u00e9es<\/em> dans une affectivit\u00e9 tout \u00e0 fait unique, fragile en ce qu&rsquo;elle ne garantit jamais l&rsquo;\u00e9mergence de l&rsquo;esquisse une autrefois \u00e9prouv\u00e9e. Le phantasme sensible n&rsquo;est r\u00e9p\u00e9titif qu&rsquo;en son rapport \u00e0 la chose vue, mais non son affectivit\u00e9 ressentie \u00e0 l&rsquo;instant et dont le mode s&rsquo;effectue \u00e0 un niveau kinesth\u00e9sique, non mn\u00e9monique. Tandis que l&rsquo;image \u00ab\u00a0transcende la figuration\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn6\">(6)<\/a> dans son pouvoir de devenir mod\u00e8le, et ainsi revient, se r\u00e9p\u00e8te -et non se r\u00e9it\u00e8re, l&rsquo;image est alors diff\u00e9rente, mais reconnaissable en ses traits identitaires-, l&rsquo;esquisse se montre en toute son \u00e9vanescence comme figuration et affection.<\/p>\n\n\n\n<p>Suivons alors le mouvement du jaillissement<a href=\"#_ftn7\">(7)<\/a> o\u00f9 le dessin appara\u00eet spontan\u00e9ment avant de se dissoudre dans un prochain dessin ou avant que le po\u00e8me s&rsquo;\u00e9vanouisse dans sa fin. C&rsquo;est dire qu&rsquo;au sein m\u00eame d&rsquo;une \u0153uvre finie, achev\u00e9e, la spontan\u00e9it\u00e9 du jaillissement persiste en puissance et avec elle, son \u00e9coulement, puis, sa fin. \u00c0 partir de ce mouvement d&rsquo;appara\u00eetre et de dispara\u00eetre, le po\u00e8me n&rsquo;est pas donn\u00e9 pour toujours, il est donn\u00e9 dans une temporalit\u00e9, sa possibilit\u00e9 de pr\u00e9sence et d&rsquo;absence, et donc par la mise-en-face, ce qui est pos\u00e9 devant soi comme ce qui s&rsquo;effectue (<em>Vorstellung <\/em>en allemand) qu&rsquo;il n\u00e9cessite&nbsp;: la conscience face \u00e0 la chose qui int\u00e8gre le flux des cogitations dans un mode imag\u00e9-affectif. Qu&rsquo;est-ce qui vient apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9vanouissement de l&rsquo;esquisse&nbsp;? Qu&rsquo;en est-t-il de ce flux continu apparemment, mais au font ne pouvant s&rsquo;articuler qu&rsquo;\u00e0 travers des coupures qui articulent l&rsquo;appara\u00eetre et le cogiter&nbsp;? Son n\u00e9ant r\u00e9side ailleurs, mais de ceci il ne sera pas question dans cet expos\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce\nqui jaillit avec l&rsquo;esquisse comme mouvement -et donc continue en-de\u00e7\u00e0\nde la figure form\u00e9e \u00e0 former la figure- est son pouvoir d&rsquo;\u00e9merger,\nde d\u00e9passer la limite entre le fond du vide et l&rsquo;appara\u00eetre, non la\nfacult\u00e9 phantasmante, mais le faire du phantasme, ce qui <em>fait<\/em>\nl&rsquo;apparition, (<em>Erscheinung<\/em>\navec la m\u00eame ambigu\u00eft\u00e9 entre l&rsquo;apparition per\u00e7ue et en elle\n<em>imagin\u00e9e<\/em>).\nC&rsquo;est dire qu&rsquo;avant l&rsquo;image saisie en l&rsquo;esquisse de l&rsquo;arbre\n\u00e9mergeant, aucune image, donc aucun reconna\u00eetre n&rsquo;a lieu. La\nconscience phantasmante r\u00e9v\u00e8le l&rsquo;esquisse. L&rsquo;instant d&rsquo;une parfaite\n\u00e9tranget\u00e9 pr\u00e9c\u00e8derait le motif de l&rsquo;image, sa forme qui rappelle\net convoque le jugement. L&rsquo;esquisse porte encore en elle le blanc de\nla page, le moment de son inexistence dans lequel devient le\nphantasme sensible. Le blanc de la page, n&rsquo;est encore une fois que\nm\u00e9taphore, mais n\u00e9cessaire pour dire ce qui ne se repr\u00e9sente pas\nen l&rsquo;imagination et \u00e0 partir de quoi l&rsquo;imagination ne peut\nn\u00e9cessairement que fonctionner&nbsp;: l&rsquo;absence d&rsquo;image qui force la\nrepr\u00e9sentation- quelque chose plut\u00f4t que rien.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, la s\u00e9paration de l&rsquo;image et de l&rsquo;esquisse nous para\u00eet impossible \u00e0 faire&nbsp;: en l&rsquo;image travaille l&rsquo;esquisse comme ce qui l&rsquo;<em>ind\u00e9cide <\/em>et par l\u00e0 la cr\u00e9e<em>&nbsp;<\/em>; en l&rsquo;esquisse, l&rsquo;image ne forme que le fant\u00f4me d&rsquo;un d\u00e9j\u00e0-vu, ce \u00ab\u00a0<em>Urbild<\/em>\u00ab\u00a0<a href=\"#_ftn8\">(8)<\/a> (l&rsquo;image originelle) dont parle Nietzsche lorsqu&rsquo;il juge mensonger notre usage des mots qui tiendrait pour plus vrai la feuille g\u00e9n\u00e9rale comme <em>Urbild<\/em> que la feuille particuli\u00e8re que je vois, cette pr\u00e9sence d\u00e9pourvue d&rsquo;absence, alors que l&rsquo;imagin\u00e9 et une pr\u00e9sence sur fond d&rsquo;absence.  <\/p>\n\n\n\n<p>Revenons\n\u00e0 Plath apr\u00e8s cette r\u00e9flexion&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de ce qui se d\u00e9ploie dans l&rsquo;esquisse des arbres d&rsquo;hiver, se d\u00e9veloppe le mouvement ascendant ou accroissant des souvenirs l&rsquo;un avec l&rsquo;autre et l&rsquo;un apr\u00e8s l&rsquo;autre. Il appara\u00eet \u00e0 son regard que les arbres sont<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:-4px\"><em> Purs de clabaudage et d&rsquo;avortements,                                                                       Plus vrais que des femmes,                                                                                            Si ais\u00e9ment, ils s\u00e8ment&nbsp;! <\/em><\/p>\n\n\n\n<p>De par leur constance naturelle et identique \u00e0 elle-m\u00eame (\u00ab\u00a0<em>waist deep in history<\/em>\u00ab\u00a0), ces arbres \u00ab\u00a0sont\u00a0\u00bb des \u00ab\u00a0Ledas\u00a0\u00bb, des \u00ab\u00a0Piet\u00e0s\u00a0\u00bb \u00e9voqu\u00e9s comme des images de ce pouvoir d&rsquo;apparition et pouvoir de vivre qui sous-tend tant d&rsquo;\u0153uvres&#8230; une reconnaissance de ce qui s&rsquo;en va d\u00e9j\u00e0 en ne laissant derri\u00e8re lui qu&rsquo;un dessin de mots qui reste, sans esquisse. L&rsquo;esquisse et l&rsquo;image se s\u00e9parent en ce qui apparait cro\u00eetre en les arbres (appara\u00eetre du pur mouvement, l&rsquo;esquisser de l&rsquo;esquisse) et ce qui reste \u00e0 distance, bien en face du regardeur sur son fond d&rsquo;inexistance.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Full of wings, otherworldliness.                                                                                In this they are Ledas.                                                                                                  O mother of leaves and sweetness                                                                          Who are these piet\u00e0s ?                                                                                             The shadows of ringdoves chanting, but easing nothing.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Plein d&rsquo;ailes, ouverture \u00e0 l&rsquo;au-del\u00e0.                                                                          En cela, ils sont des L\u00e9da.                                                                                            \u00d4 m\u00e8re des feuillages, m\u00e8re de la douceur                                                            Qui sont ces vierges de piti\u00e9 ?                                                                                  Les ombres de ramiers chantant leur rengaine, n&rsquo;all\u00e9geant rien.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>En l&rsquo;esquisse se d\u00e9ploie le mouvement du geste <em>possiblement <\/em>in-fini, -objet inatteignable \u00e0 l&rsquo;instar de ces arbres qui deviennent images-mod\u00e8le d&rsquo;un pouvoir-vivre. Le chant lui-m\u00eame ne semble plus partir dans un ailleurs, il est rengaine, mouvement qui demeure en derni\u00e8re instance immobile et ne saurait de ses ombres all\u00e9ger la gravit\u00e9&nbsp;: \u00ab\u00a0easing nothing\u00a0\u00bb, n&rsquo;all\u00e9geant, ne soulageant rien. La lourdeur qui demeure, cach\u00e9e au d\u00e9but de l&rsquo;esquisse, se fait sentir lorsque de leurs mouvements purs, ne connaissant ni clabaudage, ni avortement, les arbres engendrent simplement et librement la vie. Des femmes cependant connaissent et engendrent avec corruption et un certain mal qui est difficilement nommable et descriptible \u00e0 partir de ce seul po\u00e8me&nbsp;; ce mal reste secret. Au centre se dessine ainsi la g\u00e9n\u00e9ration de la vie advenant au regard comme une \u00e9tranget\u00e9 divine, \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;un mouvement constant, non-corrompu, libre. Autrement, voire inversement comme il semble, avec \u00ab\u00a0moins\u00a0\u00bb de v\u00e9rit\u00e9, des femmes peuvent rompre la g\u00e9n\u00e9ration, \u00ab\u00a0connaissent\u00a0\u00bb l&rsquo;arr\u00eat. Si l&rsquo;arr\u00eat est la mort ou encore la rencontre du n\u00e9ant, nul vers ne nous le dit. Or, du n\u00e9ant et de la mort comme fond o\u00f9 la figure atterrit, trouve appui paradoxalement, donne aussi le lieu o\u00f9 elle se termine -mais non ne recommence- sous-tend \u00e0 maints moments la po\u00e9sie de Plath.<a href=\"#_ftn9\">(9)<\/a> Dans le po\u00e8me <em>Child<\/em> (Enfant) notamment, l&rsquo;ouverture du po\u00e8me se fraye un chemin \u00e0 partir de l&rsquo;\u0153il d&rsquo;un enfant. Et se termine avec le ciel sans \u00e9toiles, les mains tordues qui ferment le po\u00e8me. Le dire se cl\u00f4ture lorsque le regard touche \u00e0 l&rsquo;image du n\u00e9ant&nbsp;; il touche et s&rsquo;\u00e9vanouit<a href=\"#_ftn10\">(10)<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0<em>Otherworldliness<\/em>\u00a0\u00bb n&rsquo;est traduisible qu&rsquo;en l&rsquo;explicitant par \u00e9nonc\u00e9&nbsp;: ces arbres <em>deviennent<\/em> l&rsquo;image de ce monde autre, qui m\u00eame en son fond est plein, en mouvement&nbsp;: \u00ab\u00a0buvard de brume\u00a0\u00bb. Sensible n&rsquo;en demeure que le mouvement en acte qui donne l&rsquo;esquisse de la puissance elle-m\u00eame du d\u00e9but du po\u00e8me et ne trouve de fin en le regardeur dans son \u00eatre autre, sa non-identit\u00e9 d&rsquo;avec ce qui ne devient pas \u0153uvre, mais jaillissement ou plut\u00f4t une infiltration dans la reproduction de l&rsquo;espace vu et la sensation phantasmatique. La puissance d&rsquo;engendrement quitte d\u00e8s lors les mots et le regard pour se retrouver dans l&rsquo;advenue de l&rsquo;esquisse.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">La flamme dans le trait &#8211; l&rsquo;\u00e9vanescence<\/h5>\n\n\n\n<p>Le po\u00e8me <em>Wuthering Heights<\/em>, en r\u00e9f\u00e9rence au roman d&rsquo;Emily Bront\u00eb, est une visite singuli\u00e8re du paysage des <em>Hauts de Hurlevent<\/em> qui commence en invoquant le ciel&nbsp;:  <\/p>\n\n\n\n<p><em>The horizons ring me like faggots                                                                               Tilted and disparate, and always unstable.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Les horizons m&rsquo;encerclent comme des fagots                                                     Vascillants, disparates et toujours instables<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;horizon\nn&rsquo;est ni une ligne trac\u00e9e, ni un approfondissement de l&rsquo;espace,\nallant du monde \u00e0 l&rsquo;infini&nbsp;; <em>les horizons <\/em>ici\nencerclent, s&rsquo;\u00e9parpillent, l&rsquo;horizon est fragment\u00e9 en plusieurs\ntraits, multiples sont leurs lignes qui br\u00fblent et diffusent dans le\nciel la couleur de sa chaleur. \n<\/p>\n\n\n\n<p>Le ciel gagne en lourdeur et en corps, l&rsquo;esquisse se compose. Les fagots embras\u00e9s<\/p>\n\n\n\n<p><em>Weighting the pale sky with a solider color.                                                          But they only dissolve and dissolve                                                                        Like a series of promises, as I step foreward.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Lestent le ciel p\u00e2le d&rsquo;une couleur plus solide                                                      Mais seulement se dissolvent, se dissolvent                                                       Comme une suite de promesses, lorsque j&rsquo;avance.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 ce qui prend chair ou enveloppe, les feux appara\u00eessent en se consumant et s&rsquo;\u00e9vaporent dans le ciel. Lorsque le regardeur avance, il est assujetti \u00e0 un retournement m\u00e9lancolique sur le temps qui passe et m\u00eame le temps futur se destine \u00e0 passer, et les couleurs qui se dissolvent in\u00e9luctablement et d\u00e9finitivement&nbsp;: tout ce qui appara\u00eet se d\u00e9sagr\u00e8ge, se perd. L&rsquo;instabilit\u00e9 des horizons est faite de feu qui dissout continuellement, d\u00e9fait ce qui est fait. Cette instabilit\u00e9 comme le rappelle Doizelet avait d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 Plath \u00e0 plusieurs niveaux, et notamment celui-ci: \u00ab\u00a0Le temps&nbsp;: vague colossale, la mar\u00e9e qui d\u00e9ferle sur moi, me noyant, me noyant.&nbsp;\u00ab\u00a0<a href=\"#_ftn11\">(11)<\/a> \u00c0 un autre moment, Plath dit: \u00ab\u00a0Comment trouver cette permanence, cette continuit\u00e9 avec le pass\u00e9 et le futur&nbsp;?\u00a0\u00bb L&rsquo;\u00e9vanescence appara\u00eet ici sans trouver sa solution dans la constance du mouvement pur&nbsp;: l&rsquo;horizon se consume et avec lui ce qui a pris corps.  <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;apparition des arbres d&rsquo;hiver aussi se manifeste en sa puissance de vivre, non de vie, car ce que contemple la po\u00e8te est, non un principe m\u00e9taphysique (<em>There is no life higher than the grasstops <\/em>, \u00ab\u00a0Il n&rsquo;y a pas de vie plus \u00e9lev\u00e9e que la pointe de l&rsquo;herbe verte\u00a0\u00bb), mais bien ce \u00ab\u00a0faire\u00a0\u00bb comme <em>automaton<\/em> qui, totalement ind\u00e9pendant de son regard, vient s&rsquo;y d\u00e9ployer et l&rsquo;habiter de mani\u00e8re passag\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><em>If I pay the roots of the heather                                                                              Too close attention, they will invite me&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;                                              To whiten my bones among them<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Si je m&rsquo;attarde sur les racines de la bruy\u00e8re,                                                       trop longtemps, elles m&rsquo;inviteront                                                                       parmi elles pour y blanchir mes os.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La mort du po\u00e8me, symbolique, en laquelle le regardeur trouve sa fin et sa destination, l&rsquo;appelle par les racines de la bruy\u00e8re. En cela, la mort est le moyen pour rejoindre le devenir du paysage, peut-\u00eatre ce devenir simple sans corruption, sans arr\u00eat, sans mouvement d&rsquo;aller-retour. Le blanchiment des os auquel la po\u00e8te se sent invit\u00e9e rejoint l&rsquo;id\u00e9e de la puret\u00e9 de ce qui en ce paysage devient. \u00c9galement, le regard des moutons l&rsquo;absorbent (<em>take me in<\/em>), la ravissent dans l&rsquo;espace (<em>It is like being mailed into space\/A thin silly message<\/em>) dans lequel elle est envoy\u00e9e mince, ridicule. Restant avec ces moutons, ils deviennent eux-m\u00eame ridicules, laids, incongrus dans un paysage d\u00e9chir\u00e9 entre l&rsquo;Absolu insaisissable, devenir pur, et ce qui comme \u00e9l\u00e9ment, le vent, menace sa vie (<em>I can feel it trying\/To funnel my heat away<\/em>)&nbsp;: la bruy\u00e8re qui l&rsquo;invite \u00e0 la m\u00e9tamorphose pour un corps enfin accueilli ou encore l&rsquo;an\u00e9antissement la regarde par <em>l&rsquo;\u0153il de la pupille<\/em> (<em>the black slots of their pupils take me in<\/em>). <\/p>\n\n\n\n<p><em>The grass is beating its head distractedly.                                                                It is too delicate                                                                                                              For a life in such company;                                                                                          Darkness terrifies it.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>L&rsquo;herbe effar\u00e9e cogne, balance sa t\u00eate.                                                                   Elle est trop d\u00e9licate                                                                                               Pour une vie en une telle compagnie;                                                               L&rsquo;obscurit\u00e9 la terrifie.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La fragilit\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e en ces brins d&rsquo;herbe demeure dans cette tonalit\u00e9 affective, <em>Stimmung<\/em>, et cr\u00e9e la tension d&rsquo;avec ce paysage, banal en ces \u00e9l\u00e9ments, tout empreints de violence.  <\/p>\n\n\n\n<p>Dans\ntous ses rapports avec le paysage bien connu des <em>Wuthering\nHeights<\/em>,le corps\ns&rsquo;y meut phantasmatiquement sans y trouver sa place. <em>The sky leans\non me, me, the one upright\/Among all horizontals <\/em>: elle semble\n\u00e9trang\u00e8re, esseul\u00e9e parmi l&rsquo;horizontalit\u00e9 propre au paysage.\nComme un r\u00eaveur jet\u00e9 dans la situation du r\u00eave, elle rencontre ce\npaysage jusque dans sa nuit pour voir enfin de la lumi\u00e8re dans les\nmaisons&nbsp;; un retour elliptique au feu et en m\u00eame temps \u00e0 son\n\u00eatre-regardeur toujours exclu de ce qu&rsquo;il regarde. \n<\/p>\n\n\n\n<p>Une\nfois que le ciel s&rsquo;est \u00e9teint, s&rsquo;allument au loin les fen\u00eatres des\nmaisons et la po\u00e9tesse demeure en retrait, comme \u00e9vanouie dans le\nciel.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\">1<\/a> Plath, Sylvia, <em>Arbres d&rsquo;hiver suivi par La travers\u00e9e<\/em>, trad. Morvan, Fran\u00e7oise, Gallimard, Paris, 1999, p. 14\/15.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\">2<\/a> Citons, \u00e0 titre indicatif, quelques exemples de po\u00e8mes qui nous rendent la pr\u00e9sence de ces espaces sans vie qui p\u00e8sent, voire vainquent le regardeur ou bien reposent sur l&rsquo;enfant regard\u00e9&nbsp;: <em>Nick and the candlestick<\/em>, oct. 1962, <em>Lady Lazarus<\/em>, oct. 1962, <em>Mirror<\/em>, oct. 1961.<\/p>\n\n\n\n<p><em><a href=\"#_ftnref3\">3<\/a> Nous traduisons:<br>Ton \u0153il clair seul est d&rsquo;absolue beaut\u00e9.                                                                     Je veux y couler des coqs, des couleurs,                                                                       Toute une jonglerie clinquante                                                                                       Dont tu m\u00e9dites les syllabes &#8211;                                                                                        Calumet, jonquille,                                                                                                        Minuscule                                                                                                                        Plant sans ride,                                                                                                                Mare o\u00f9 les images                                                                                                         Devraient se parer de grandeur classique                                                                   Non pas ce trouble,                                                                                                         Ces mains tordues, ce noir                                                                                            Plafond sans \u00e9toiles.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\">4<\/a> Sartre, Jean-Paul, <em>Imaginaire<\/em>, Folio, Paris, 2005, p. 17<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\">5<\/a>Maldiney, Henri, <em>Regard, parole, espace<\/em>, Cerf, Paris, 2012, p. 284.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\">6<\/a> Husserl, <em>Phantasie, Bildbewusstsein, Erinnerung 1898-1925 Zur Ph\u00e4nomenologie der anschaulichen Vergegenw\u00e4rtigungen<\/em>, sous la dir. de Marbach, Eduard, Nijhoff Publishers, Den Hague, Boston, Londres, p. 11. \u00ab\u00a0<em>Den Wahrnehmungen liegen Empfindungen zugrunde, den Phantasien die sinnlichen Phantasmen.<\/em>\u00a0\u00bb (Les perceptions reposent sur des affections, les phantaisies reposent sur les phantasmes sensoriels.) La <em>phantasia<\/em> dans ce premier chapitre est r\u00e9fl\u00e9chie comme <em>Auffassung<\/em> que nous traduirions par mani\u00e8re de saisir quelque chose, qui n&rsquo;est donc plus une <em>facult\u00e9<\/em> psychique, ce qui <em>fait<\/em> l&rsquo;apparition du phantasme, elle est pens\u00e9e comme un mode par lequel la conscience saisit et pose. Nous n&rsquo;avons nullement l&rsquo;espace ici d&rsquo;approfondir l&rsquo;analyse si diff\u00e9renci\u00e9e, pr\u00e9cise et ample -comme aucune autre \u00e0 ce sujet- de Husserl. Retenons ici le minutieux, mais important aspect qu&rsquo;un phantasme rel\u00e8ve lui aussi de la sensation et ne peut \u00eatre envisag\u00e9 comme une fiction envisag\u00e9 sous son sens qui ne lui accorde aucune r\u00e9alit\u00e9. Le phantasme est <em>Erlebnis<\/em>, exp\u00e9rience (pour approfondir la modalit\u00e9 de cette exp\u00e9rience, v. chapitre 16 de l&rsquo;ouvrage) et le po\u00e8me est ici ce qui nous fait face comme texte per\u00e7u et comme phantasme corr\u00e9latif. <\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\">7<\/a> Maldiney, op. cit.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\">8<\/a> L&rsquo;esquisse, dans sa signification originelle d\u00e9signe \u00ab\u00a0jaillir\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0gicler\u00a0\u00bb&nbsp;: \u00ab\u00a0Une tache que fait un liquide qui gicle\u00a0\u00bb dit Boccace. \u00ab\u00a0Esquisser\u00a0\u00bb a une parent\u00e9 avec \u00ab\u00a0\u00e9clisser\u00a0\u00bb (\u00e9tymon de <em>schizzare<\/em>)&nbsp;: \u00ab\u00a0Se fendre en \u00e9clat (d&rsquo;une lance)\u00a0\u00bb, dit la chanson de Roland. Ces deux usages ont deux choses en commun&nbsp;: le mouvement rapide qui engendre la tache ou l&rsquo;\u00e9clat, et le mouvement qui n&rsquo;intentionne ni la tache, ni l&rsquo;\u00e9clat qui sont donc des r\u00e9sidus de l&rsquo;action l&rsquo;\u00e9clisser. Ainsi, l&rsquo;esquisse engendr\u00e9e se pr\u00e9sente d&rsquo;abord comme effet marginal, mais porte en son informit\u00e9 la trace du geste.  <\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\">9<\/a>Nietzsche, Friedrich, \u00ab\u00a0Introduction th\u00e9orique sur la v\u00e9rit\u00e9 et le mensonge au sens extra-moral\u00a0\u00bb, <em>Le livre du philosophe<\/em>, version bilingue, Flammarion, Paris, 1969, p. 187.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\">10<\/a> Plath, Sylvia, <em>Arbres d&rsquo;hiver pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 par La Travers\u00e9e<\/em>, Gallimard, Paris, 1999.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\">11 <\/a>Entrent en consid\u00e9ration de nombreuses sources non exhaustives ici, mais les plus importantes qui ont nourri nos recherches et regards sur l&rsquo;oeuvre de Plath&nbsp;: <em>Sylvia Plath The collected Poems <\/em>(1992), dir. Hughes, Ted, Harper Perennial, New York, 2008&nbsp;; <em>The unabridged journals of Sylvia Plath<\/em>, dir. Kukil, Karen V., Anchor, Washington D.C., 2000&nbsp;; <em>Eye rhymes Sylvia Plath&rsquo;s art of the visual<\/em>, dir. Connors, Kathleen et Bayley, Sally, Oxford University Press, 2007&nbsp;; <em>Sylvia Plath Drawings<\/em>, dir. Hughes, Frieda, Faber &amp; Faber, London, 2013.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entr\u00e9e Au lieu de nommer image ce qui se trouve en constant mouvement et devenir dans le phantasmer de la phantasia, utilis\u00e9 souvent comme synonyme d&rsquo;imagination, nous allons mettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve la notion d&rsquo;esquisse afin d&rsquo;\u00eatre au plus proche de ce qui de mani\u00e8re si anim\u00e9e se pr\u00e9sente dans ce que les Grecs ont appel\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[93],"tags":[104,100,55,101,105,103],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8FFEZ-c5","jetpack-related-posts":[{"id":652,"url":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/dessin-fugace-insaisissable-figure-karin-espinosa\/","url_meta":{"origin":749,"position":0},"title":"Dessin fugace, insaisissable figure \u2014 Karin Espinosa","author":"Karin Espinosa","date":"28 avril 2020","format":false,"excerpt":"Lettre \u00e0 Ernest Pignon-Ernest L\u2019artiste qui dessine des figures, des figures de po\u00e8tes dont les \u00e9crits foudroient, G\u00e9rard de Nerval, Arthur Rimbaud, Jean Genet, Pier Paolo Pasolini\u2026, des figures d\u2019hommes et de femmes, d\u2019\u00e2mes anonymes, migrants, sans-abris, fugitifs. 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