{"id":78,"date":"2016-02-13T11:36:13","date_gmt":"2016-02-13T10:36:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/?p=78"},"modified":"2023-09-06T18:09:07","modified_gmt":"2023-09-06T17:09:07","slug":"lentrave-au-face-a-face-ou-le-miroir-brise-de-lautisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/lentrave-au-face-a-face-ou-le-miroir-brise-de-lautisme\/","title":{"rendered":"L&rsquo;entrave au face \u00e0 face, ou le miroir bris\u00e9 de l&rsquo;autisme \u2014 Lucille Breard"},"content":{"rendered":"<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: large;\"><b>L&rsquo;entrave au face \u00e0 face,\u00a0<\/b><\/span><\/span><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: large;\"><b>ou le miroir bris\u00e9 de l&rsquo;autisme.<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Ce texte a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit \u00e0 l&rsquo;occasion\u00a0de la conf\u00e9rence donn\u00e9e le 24 Octobre 2014 dans le cadre de la journ\u00e9e d&rsquo;\u00e9tude interdisciplinaire en sciences humaines et sociales, C.R.I.S.E.S., <i>Le(s) miroir(s) en tant qu&rsquo;objet(s) et m\u00e9taphore(s)<\/i>.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Lorsque nous nous regardons dans le miroir, nous pouvons observer notre propre figure. Mais le visage d&rsquo;autrui est un versant par lequel nous trouvons existence, \u00e0 travers le regard qui nous perce, \u00e0 travers le langage qui nous livre. Pour le sujet autiste, cette approche est remise en question, tant il se trouve dans un \u00e9tat de fuite vis \u00e0 vis du regard, il est dans l&rsquo;\u00e9vitement de la rencontre\u00a0; r\u00e9siste \u00e0 la voix, donc \u00e0 la parole.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Il s&rsquo;agira \u00e0 travers cette r\u00e9flexion de r\u00e9aliser l&rsquo;\u00e9bauche du rapport du sujet autiste \u00e0 sa propre image. Le plan se distingue en quatre points\u00a0: Le rapport aux objets comme identification\u00a0; La vision fragment\u00e9e de l&rsquo;autisme\u00a0; l&rsquo;\u00e9tat de vide, l&rsquo;\u00e9tat de mort\u00a0; le morcellement du r\u00e9el.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: large;\"><b>Le rapport aux objets comme identification<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Frances Tustin dans <i>Le trou noir de la psych\u00e9<\/i> dit\u00a0: \u00ab\u00a0Nous vivons dans un monde domin\u00e9 par les mots et par les formes d&rsquo;objets r\u00e9els. Quand nous \u00e9tudions les enfants autistes, nous devons essayer d&rsquo;entrer dans un monde sans mots domin\u00e9 par des formes auto-g\u00e9n\u00e9r\u00e9es, fluctuantes, inclassables et artificiellement cr\u00e9\u00e9es.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote1sym\" name=\"sdfootnote1anc\"><sup>1<\/sup><\/a> L&rsquo;enfant autiste se r\u00e9fugie dans des sensations qui lui sont propres, caus\u00e9es par les remous int\u00e9rieurs de son organisme, ou d\u00e9veloppe avec les objets qui l&rsquo;entourent un rapport d&rsquo;affrontement direct.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><img data-attachment-id=\"80\" data-permalink=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/lentrave-au-face-a-face-ou-le-miroir-brise-de-lautisme\/cerveau-hugo\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/cerveau-hugo.jpg?fit=637%2C349&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"637,349\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"cerveau hugo\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/cerveau-hugo.jpg?fit=300%2C164&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/cerveau-hugo.jpg?fit=637%2C349&amp;ssl=1\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-medium wp-image-80\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/cerveau-hugo.jpg?resize=300%2C164&#038;ssl=1\" alt=\"cerveau hugo\" width=\"300\" height=\"164\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/cerveau-hugo.jpg?resize=300%2C164&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/cerveau-hugo.jpg?w=637&amp;ssl=1 637w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Photogramme du documentaire <i>Le cerveau d&rsquo;Hugo<\/i>, Sophie R\u00e9vil, 2012<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">C&rsquo;est le cas, dans le documentaire <i>Le Cerveau d&rsquo;Hugo<\/i>, r\u00e9alis\u00e9 par Sophie R\u00e9vil en 2012, du petit Nathan, dont la m\u00e8re explique qu&rsquo;il se coin\u00e7ait volontairement les doigts dans l&rsquo;encadrement de la porte, et reproduisait ce geste plus d&rsquo;une quinzaine de fois par jour, jusqu&rsquo;\u00e0 en avoir les mains bleues. \u00ab\u00a0Certains enfants autistes sont si peu conscients de l&rsquo;existence r\u00e9elle des objets qu&rsquo;ils tentent de les traverser comme s&rsquo;ils n&rsquo;existaient pas. De la m\u00eame fa\u00e7on, ils \u00e9coutent la voix des autres non comme une communication mais comme un auto-enveloppement par des formes apaisantes.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote2sym\" name=\"sdfootnote2anc\"><sup>2<\/sup><\/a> Dans ce documentaire, d&rsquo;autres parents disent, \u00e0 propos de leur fille\u00a0: \u00ab\u00a0Ana\u00e9 ne s&rsquo;int\u00e9ressait qu&rsquo;aux placards et aux tiroirs qui lui servaient \u00e0 \u00eatre ouverts, ferm\u00e9s ou vid\u00e9s. Elle n&rsquo;avait pas de jeux, elle ne communiquait pas avec nous, elle ne parlait pas.\u00a0\u00bb L&rsquo;enfant autiste se trouve dans une incapacit\u00e9 au langage, une impossibilit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre dans le face \u00e0 face qui donne lieu \u00e0 l&rsquo;\u00e9change verbal. \u00ab\u00a0Le langage est soit tout \u00e0 fait absent, soit disloqu\u00e9 par l&rsquo;\u00e9cholalie. La vie \u00e9motionnelle est pareillement r\u00e9duite au silence.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote3sym\" name=\"sdfootnote3anc\"><sup>3<\/sup><\/a> Il est comme enferm\u00e9 dans un monde o\u00f9 aucun bruit ne pourrait l&rsquo;atteindre. Emmanuel Levinas dit \u00e0 ce propos\u00a0: \u00ab\u00a0Un monde absolument silencieux, indiff\u00e9rent \u00e0 la parole qui se tait, silencieux dans un silence qui ne laisse deviner, derri\u00e8re les apparences, personne qui signale ce monde et qui se signale en signalant ce monde \u2013 f\u00fbt-ce pour mentir \u00e0 travers les apparences, comme un malin g\u00e9nie \u2013 un monde aussi silencieux ne pourrait m\u00eame pas s&rsquo;offrir en spectacle.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote4sym\" name=\"sdfootnote4anc\"><sup>4<\/sup><\/a> Si le visage d&rsquo;autrui en s&rsquo;exposant me renvoie \u00e0 ma propre image, l&rsquo;autiste ne se trouve pas dans le don de son \u00eatre, mais bien dans une abstraction existentielle. On peut parler d&rsquo;un complexe narcissique de l&rsquo;autiste, dans le sens o\u00f9 il ne pr\u00eate attention qu&rsquo;\u00e0 ses auto-stimulations int\u00e9rieures, et n&rsquo;est pas dans un rapport d&rsquo;\u00e9change avec l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9. Voici les propos de Donna Williams rapport\u00e9 du livre\u00a0<i>Si on me touche, je n&rsquo;existe plus<\/i>, o\u00f9 elle t\u00e9moigne de son propre parcours en tant qu&rsquo;autiste. Ici, elle parle du rapport qu&rsquo;elle entretient avec son ami Bryn\u00a0: \u00ab\u00a0Chacun se parlait \u00e0 soi-m\u00eame bien plus qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;autre, en accordant seulement \u00e0 l&rsquo;autre le privil\u00e8ge de l&rsquo;\u00e9couter.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote5sym\" name=\"sdfootnote5anc\"><sup>5<\/sup><\/a> Le contact avec autrui est ressenti comme une violence faite \u00e0 sa personne. Donna Williams dit aussi\u00a0: \u00ab\u00a0Le contact physique avait toujours pour moi quelque chose d&rsquo;\u00e9crasant, comme tomber dans un gouffre dont la force d&rsquo;attraction \u00e9tait trop forte. On risquait de perdre toute sa diff\u00e9rence avec l&rsquo;autre. Autant \u00eatre aval\u00e9 ou mang\u00e9, autant \u00eatre emport\u00e9 par une vague.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote6sym\" name=\"sdfootnote6anc\"><sup>6<\/sup><\/a> L&rsquo;eau appara\u00eet \u00e0 plusieurs reprises dans les \u00e9crits d&rsquo;autistes, comme cet \u00e9l\u00e9ment fait face \u00e0 Narcisse, et o\u00f9 il trouve son reflet. Birgen Sellin dans <i>Une \u00e2me prisonni\u00e8re<\/i> parle d&rsquo;un \u00ab\u00a0en-moi noy\u00e9 dans la solitude.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote7sym\" name=\"sdfootnote7anc\"><sup>7<\/sup><\/a> \u00ab\u00a0Avec la vue appara\u00eet l&rsquo;en-face, la distance, la limite, la possibilit\u00e9 de l&rsquo;ex-p\u00e9rience.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote8sym\" name=\"sdfootnote8anc\"><sup>8<\/sup><\/a> Le miroir que l&rsquo;on peut trouver dans le regard de l&rsquo;autre, et \u00e0 travers lui se sentir exister, l&rsquo;autiste le place en lui-m\u00eame, comme un Narcisse r\u00e9volu. Le terme \u00ab\u00a0autisme\u00a0\u00bb d&rsquo;ailleurs est un d\u00e9riv\u00e9 du grec <i>autos<\/i> qui signifie \u00ab\u00a0soi.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Le regard ne garde qu&rsquo;\u00e0 re-garder\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote9sym\" name=\"sdfootnote9anc\"><sup>9<\/sup><\/a> \u00e9crit Henri Maldiney dans <i>Regard, parole, espace<\/i>. Dans le cas du sujet autiste, il s&rsquo;agit bien d&rsquo;un processus de maintien dans une int\u00e9riorit\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: large;\"><b>La vision fragment\u00e9e de l&rsquo;autisme<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans le documentaire, Luna, une autiste adulte, explique\u00a0: \u00ab\u00a0J&rsquo;ai toujours eu du mal \u00e0 me reconna\u00eetre dans un miroir. Personnellement, je me vois comme une femme puzzle, quelqu&rsquo;un de fragment\u00e9. Ma vision est fragment\u00e9e. Je suis fragment\u00e9e.\u00a0\u00bb Alain Beltzung dans le <em>Trait\u00e9 du regard<\/em> \u00e9crit que \u00ab\u00a0la s\u00e9paration et le sentiment d&rsquo;\u00eatre coup\u00e9 de quelque chose cr\u00e9ent la peur, et la peur entretient le besoin de se s\u00e9parer (de la source du danger) pour se prot\u00e9ger. C&rsquo;est le m\u00e9canisme dit de l&rsquo;\u00e9go, qui impose une vision fractionnelle, \u00ab\u00a0fractionnante\u00a0\u00bb, non seulement en fragmentant le monde mais en nous enfermant dans un champ de vision bien d\u00e9limit\u00e9 o\u00f9 le sentiment de la disharmonie peut survenir.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote10sym\" name=\"sdfootnote10anc\"><sup>10<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/PICASSO-Pablo-Autoportrait-28-juin-4-juillet-1972-crayons-de-couleurs-gouache-encre-de-chine-et-lavis-dencre-sur-papier-657x505cm-collection-priv\u00e9e.jpg?ssl=1\"><img data-attachment-id=\"81\" data-permalink=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/lentrave-au-face-a-face-ou-le-miroir-brise-de-lautisme\/picasso-pablo-autoportrait-28-juin-4-juillet-1972-crayons-de-couleurs-gouache-encre-de-chine-et-lavis-dencre-sur-papier-657x505cm-collection-privee\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/PICASSO-Pablo-Autoportrait-28-juin-4-juillet-1972-crayons-de-couleurs-gouache-encre-de-chine-et-lavis-dencre-sur-papier-657x505cm-collection-priv\u00e9e.jpg?fit=598%2C750&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"598,750\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"PICASSO Pablo Autoportrait 28 juin &#8211; 4 juillet 1972 -crayons de couleurs gouache encre de chine et lavis d&amp;rsquo;encre sur papier 65,7&#215;50,5cm collection priv\u00e9e\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/PICASSO-Pablo-Autoportrait-28-juin-4-juillet-1972-crayons-de-couleurs-gouache-encre-de-chine-et-lavis-dencre-sur-papier-657x505cm-collection-priv\u00e9e.jpg?fit=239%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/PICASSO-Pablo-Autoportrait-28-juin-4-juillet-1972-crayons-de-couleurs-gouache-encre-de-chine-et-lavis-dencre-sur-papier-657x505cm-collection-priv\u00e9e.jpg?fit=598%2C750&amp;ssl=1\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-81 aligncenter\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/PICASSO-Pablo-Autoportrait-28-juin-4-juillet-1972-crayons-de-couleurs-gouache-encre-de-chine-et-lavis-dencre-sur-papier-657x505cm-collection-priv\u00e9e.jpg?resize=239%2C300&#038;ssl=1\" alt=\"PICASSO Pablo Autoportrait 28 juin - 4 juillet 1972 -crayons de couleurs gouache encre de chine et lavis d'encre sur papier 65,7x50,5cm collection priv\u00e9e\" width=\"239\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/PICASSO-Pablo-Autoportrait-28-juin-4-juillet-1972-crayons-de-couleurs-gouache-encre-de-chine-et-lavis-dencre-sur-papier-657x505cm-collection-priv\u00e9e.jpg?resize=239%2C300&amp;ssl=1 239w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/PICASSO-Pablo-Autoportrait-28-juin-4-juillet-1972-crayons-de-couleurs-gouache-encre-de-chine-et-lavis-dencre-sur-papier-657x505cm-collection-priv\u00e9e.jpg?w=598&amp;ssl=1 598w\" sizes=\"(max-width: 239px) 100vw, 239px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><i>Autoportrait<\/i>, Pablo Picasso, huile sur toile, Collection priv\u00e9e, 1972<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">L&rsquo; <i>Autoportrait<\/i> de Pablo Picasso (1972), n&rsquo;est pas sans nous \u00e9voquer visuellement ce rendu esth\u00e9tique, \u00e0 travers la peinture cubiste. Paul C\u00e9zanne, le p\u00e8re du Cubisme, disait \u00ab\u00a0il faut traiter la nature par le c\u00f4ne, la sph\u00e8re, le cylindre.\u00a0\u00bb Henri Rey-Flaud explique dans<i> L&rsquo;enfant qui s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9 au seuil du langage<\/i>\u00a0: \u00ab\u00a0Le monde de l&rsquo;enfant autiste est celui d&rsquo;une imm\u00e9diatet\u00e9 sans d\u00e9ploiement. Les \u00ab\u00a0signes de sensation\u00a0\u00bb qui le supportent ne <i>re-pr\u00e9sentent<\/i> rien\u00a0: ils font surgir des fragments de pr\u00e9sence coup\u00e9s les uns des autres, chaque marquage \u00e9tant imprim\u00e9 sans relation avec le marquage ant\u00e9rieur ni avec le marquage suivant.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote11sym\" name=\"sdfootnote11anc\"><sup>11<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Winnicott explique une \u00e9tape du d\u00e9veloppement de l&rsquo;enfant qui consiste \u00e0 prendre conscience de son propre corps, c&rsquo;est \u00e0 dire \u00ab\u00a0une forme du d\u00e9veloppement qui a une influence particuli\u00e8re sur la capacit\u00e9 du nourrisson \u00e0 \u00e9tablir des identifications complexes. Il s&rsquo;agit du stade durant lequel l&rsquo;enfant int\u00e8gre l&rsquo;\u00e9tat o\u00f9 il est une unit\u00e9, une personne compl\u00e8te, avec un int\u00e9rieur et un ext\u00e9rieur, une personne vivant dans un corps, une personne plus ou moins d\u00e9limit\u00e9e par la peau. Une fois que l&rsquo;ext\u00e9rieur signifie \u00ab\u00a0non-<i>moi\u00a0<\/i>\u00bb (non-je), l&rsquo;int\u00e9rieur signifie \u00ab\u00a0<i>moi\u00a0<\/i>\u00bb et il existe dor\u00e9navant un endroit ou l&rsquo;on peut emmagasiner des choses.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote12sym\" name=\"sdfootnote12anc\"><sup>12<\/sup><\/a> Ainsi, le stade du miroir est celui o\u00f9 l&rsquo;enfant prend conscience de sa propre int\u00e9riorit\u00e9 dans une ext\u00e9riorit\u00e9. Fran\u00e7oise Dolto explique que parfois, dans le cas de l&rsquo;enfant face au miroir, \u00ab\u00a0l&rsquo;image scopique ne montre qu&rsquo;une seule face du sujet, quand en v\u00e9rit\u00e9 l&rsquo;enfant se sent tout entier dans son \u00eatre\u00a0; aussi bien dans son dos que dans son devant.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote13sym\" name=\"sdfootnote13anc\"><sup>13<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Cet endroit semble mal d\u00e9limit\u00e9 chez l&rsquo;enfant autiste. Les m\u00e8res observent d\u00e8s les premiers jours les barri\u00e8res impalpables entre elles et leur nourrisson. \u00ab\u00a0Pour un b\u00e9b\u00e9, les interactions importantes sont des activit\u00e9s comme la succion, la rencontre des regards, les contacts ludiques et les caresses. Voil\u00e0 les fondements physiques de cette <i>communication<\/i> entre la m\u00e8re et le b\u00e9b\u00e9 qui est la premi\u00e8re forme de <i>communication<\/i>.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote14sym\" name=\"sdfootnote14anc\"><sup>14<\/sup><\/a> Il ressort que le contact physique est v\u00e9cu par l&rsquo;autiste comme une douleur, ou quelque chose d&rsquo;insupportable. Luna, dans le documentaire, explique\u00a0: \u00ab\u00a0Je me suis rendue compte tr\u00e8s jeune que j&rsquo;avais l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre s\u00e9par\u00e9e des autres par un esp\u00e8ce de mur de verre, un champ de force. Je pouvais m\u00eame le mesurer. C&rsquo;est quelque chose de p\u00e9nible \u00e0 supporter.\u00a0\u00bb Donna Wiliams dit aussi\u00a0:\u00a0 \u00ab\u00a0le mur qui se dressait entre \u00ab\u00a0le monde\u00a0\u00bb et moi n&rsquo;avait pas disparu.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote15sym\" name=\"sdfootnote15anc\"><sup>15<\/sup><\/a> L&rsquo;autiste est comme prisonnier du miroir, et de son propre reflet disloqu\u00e9.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: large;\"><b>L&rsquo;\u00e9tat de vide, l&rsquo;\u00e9tat de mort<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Frances Tustin, dans <i>Le trou noir de la psych\u00e9<\/i>, rapporte les propos de ses patients, qui parlent de cette \u00ab\u00a0peur \u00ab\u00a0de \u00ab\u00a0tomber en morceaux\u00a0\u00bb, de tomber en \u00e9tant endommag\u00e9 par le choc, [\u2026] de se d\u00e9verser ou de se dissoudre, d&rsquo;exploser, ou de perdre le sens de la continuit\u00e9 <i>physique<\/i> avec une entit\u00e9 \u00e9ternelle.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote16sym\" name=\"sdfootnote16anc\"><sup>16<\/sup><\/a> Leo Kanner d\u00e9crivait ces enfants comme ayant un d\u00e9sir anxieux et compulsif d&rsquo;assurer l&rsquo;immuabilit\u00e9 des choses. Cr\u00e9er le lien avec l&rsquo;autre pourrait appara\u00eetre \u00e0 l&rsquo;autiste comme une \u00e9preuve insurmontable, comme s&rsquo;il avait pu pr\u00e9sentir le caract\u00e8re \u00e9ph\u00e9m\u00e8re d&rsquo;une relation, d&rsquo;un rapport, d&rsquo;une discussion, d&rsquo;un contact, lui \u00e9voquant la s\u00e9paration primordiale d&rsquo;avec la m\u00e8re. Ou comme s&rsquo;il pouvait voir dans un \u00eatre bien vivant la mort future, in\u00e9vitable, l&#8217;empreinte du devenir. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">C&rsquo;est ce que met en ab\u00eeme l&rsquo;oeuvre de Bill Viola, <i>Heaven and Earth<\/i>, 1992, expos\u00e9e au Grand Palais jusqu&rsquo;au 21 juillet 2014. Quand on regarde attentivement, la vid\u00e9o qui repr\u00e9sente la\u00a0mort se refl\u00e8te dans le moniteur en dessous, qui diffuse l&rsquo;image anim\u00e9e du nouveau-n\u00e9. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Bill-Viola-Heaven-and-Earth-1992.jpg?ssl=1\"><img data-attachment-id=\"82\" data-permalink=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/lentrave-au-face-a-face-ou-le-miroir-brise-de-lautisme\/bill-viola-heaven-and-earth-1992\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Bill-Viola-Heaven-and-Earth-1992.jpg?fit=475%2C376&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"475,376\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Bill Viola, Heaven and Earth, 1992\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Bill-Viola-Heaven-and-Earth-1992.jpg?fit=300%2C237&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Bill-Viola-Heaven-and-Earth-1992.jpg?fit=475%2C376&amp;ssl=1\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-82 aligncenter\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Bill-Viola-Heaven-and-Earth-1992.jpg?resize=300%2C237&#038;ssl=1\" alt=\"Bill Viola, Heaven and Earth, 1992\" width=\"300\" height=\"237\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Bill-Viola-Heaven-and-Earth-1992.jpg?resize=300%2C237&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Bill-Viola-Heaven-and-Earth-1992.jpg?w=475&amp;ssl=1 475w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><i>Heaven and Earth<\/i>, Bill Viola, Vid\u00e9o-installation, Mus\u00e9e d&rsquo;Art contemporain San Diego, 1992<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">En revanche, la naissance ne fait pas \u00e9cho sur l&rsquo;\u00e9cran du film du d\u00e9funt. Comme un juste \u00e9tat des choses, Bill Viola met bout \u00e0 bout l&rsquo;existence, face \u00e0 face, le commencement et la fin. L&rsquo;enfant autiste, dans son d\u00e9sir d&rsquo;\u00e9viter l&rsquo;impermanence des choses, est dans une fuite int\u00e9rieur qui l&rsquo;isole de ces perturbations. Le ressenti des personnes qui vivent aupr\u00e8s d&rsquo;enfants autistes, que ce soient les membres de la famille ou le personnel soignant, disent avoir en face d&rsquo;eux des enfants avec des yeux vitreux, comme une enveloppe vide, sans personne dedans, et soulignent l&rsquo;absence du regard. Selon Alain Beltzung, une des formes de l&rsquo;\u00e9nergie qui nous anime est l&rsquo;inertie, ou \u00ab\u00a0l\u00e9thargie de l&rsquo;\u00e9nergie devenue semblable \u00e0 la mati\u00e8re au voisinage du z\u00e9ro absolu, opacit\u00e9, pesanteur, immobilit\u00e9, \u00ab\u00a0indiff\u00e9rence\u00a0\u00bb du regard, la peur n&rsquo;y est pas perceptible, congel\u00e9e en quelque sorte par l&rsquo;assouplissement des perceptions et des repr\u00e9sentations.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote17sym\" name=\"sdfootnote17anc\"><sup>17<\/sup><\/a> Cela renvoie peut \u00eatre au fait que les autistes, comme le dit Tustin, ont \u00ab\u00a0peur d&rsquo;\u00eatre transform\u00e9s en un \u00ab\u00a0rien\u00a0\u00bb &#8211; la perte du sentiment d&rsquo;exister est la plus grande terreur de l&rsquo;enfant autiste.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote18sym\" name=\"sdfootnote18anc\"><sup>18<\/sup><\/a> Donna Williams d\u00e9crit \u00a0: \u00ab\u00a0Je me souviens de l&rsquo;un de mes r\u00eaves, du moins du premier que ma m\u00e9moire ait enregistr\u00e9. Je me d\u00e9pla\u00e7ais dans du blanc, au sein d&rsquo;un espace vide. Juste du blanc, avec n\u00e9anmoins des flocons de couleurs lumineuses qui m&rsquo;entouraient partout. Je passais au travers, ils me traversaient.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote19sym\" name=\"sdfootnote19anc\"><sup>19<\/sup><\/a> C&rsquo;est dans cette sorte d&rsquo;incapacit\u00e9 \u00e0 exister dans le langage que l&rsquo;autiste rompt un lien avec l&rsquo;en-dehors de lui-m\u00eame. Les autres apparaissent comme des mirages, et non des points d&rsquo;encrage.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Dans un rapport \u00e0 autrui, le visage est l&rsquo;abord, l&rsquo;entr\u00e9e. Par le regard \u00ab\u00a0je suis\u00a0\u00bb dans l&rsquo;autre, j&rsquo;existe. \u00ab\u00a0Ex-ister\u00a0\u00bb, c&rsquo;est \u00eatre, dans une ouverture. Emmanuel Levinas \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Le visage, encore chose parmi les choses, perce la forme qui cependant le d\u00e9limite. Ce qui veut dire concr\u00e8tement\u00a0: le visage me parle et par l\u00e0 m&rsquo;invite \u00e0 une relation sans commune mesure avec un pouvoir qui s&rsquo;exerce, f\u00fbt-il jouissance ou connaissance.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote20sym\" name=\"sdfootnote20anc\"><sup>20<\/sup><\/a> Mais pour l&rsquo;autiste, il en est autrement. Donna Williams rapporte dans son ouvrage\u00a0: \u00ab\u00a0Nous \u00e9vitions de nous regarder dans les yeux. C&rsquo;\u00e9tait trop \u00e9prouvant. Quand, par hasard cela arrivait, le vieux sentiment si effrayant de me perdre moi-m\u00eame me submergeait \u00e0 nouveau.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote21sym\" name=\"sdfootnote21anc\"><sup>21<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Levinas souligne aussi la caract\u00e9ristique de la parole \u00e0 accomplir l&rsquo;\u00eatre dans une sorte d&rsquo;\u00e9claircie\u00a0: \u00ab\u00a0La parole introduit un principe dans cette anarchie. La parole d\u00e9sensorcelle, car, en elle, l&rsquo;\u00eatre parlant garantit son apparition et se porte secours, assiste \u00e0 sa propre manifestation. Son \u00eatre s&rsquo;effectue dans cette <i>assistance<\/i>.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote22sym\" name=\"sdfootnote22anc\"><sup>22<\/sup><\/a> Le langage adress\u00e9 \u00e0 l&rsquo;autre r\u00e9alise d&rsquo;une certaine mani\u00e8re l&rsquo;\u00eatre parlant, forme son image. Son absence renvoie \u00e0 la difficult\u00e9 de l&rsquo;autiste \u00e0 se positionner dans un \u00ab\u00a0\u00eatre l\u00e0\u00a0\u00bb, en face du monde. Fernand Deligny souligne d&rsquo;ailleurs l&rsquo;absence du \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb dans le vocabulaire autistique. Donna Williams\u00a0:\u00a0 \u00ab\u00a0Il n&rsquo;\u00e9tait gu\u00e8re surprenant qu&rsquo;en relatant ces \u00e9v\u00e9nements je fisse r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 moi-m\u00eame en utilisant le pronom \u00ab\u00a0tu\u00a0\u00bb. Je disais \u00ab\u00a0tu\u00a0\u00bb parce que j&rsquo;entrais en relation avec moi-m\u00eame, en quelque sorte. Le pronom \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb, on l&#8217;emploie pour entrer en relation avec \u00ab\u00a0le monde\u00a0\u00bb. [\u2026] L&rsquo;usage du pronom \u00ab\u00a0tu\u00a0\u00bb, pr\u00e9cis\u00e9ment, me permettait d&rsquo;\u00e9voquer les \u00e9v\u00e9nements qui m&rsquo;avaient concern\u00e9e de la fa\u00e7on le plus impersonnelle qui f\u00fbt.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote23sym\" name=\"sdfootnote23anc\"><sup>23<\/sup><\/a> \u00ab\u00a0La parole est ainsi, l&rsquo;origine de toute signification \u2013 des outils et de toutes les oeuvres humaines \u2013 car, par elle, le syst\u00e8me de renvois auquel revient toute signification re\u00e7oit le principe de son fonctionnement m\u00eame \u2013 sa cl\u00e9.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote24sym\" name=\"sdfootnote24anc\"><sup>24<\/sup><\/a> L&rsquo;enfant autiste semble errer dans un environnement sans reflet d&rsquo;aucunes sortes, sans que rien ne renvoi \u00e0 ses yeux une concr\u00e8te image. Cette impuissance \u00e0 \u00eatre dans le langage, donc \u00e0 nommer les choses et \u00e0 les discerner les unes des autres, plongerait l&rsquo;autiste dans un espace confus, vide, semblable \u00e0 un infini o\u00f9 rien n&rsquo;est reconnaissable. Le langage signe le visage. Si les gens ou les choses du monde ont un visage, c&rsquo;est dans notre reconnaissance qu&rsquo;ils trouvent reflet, et c&rsquo;est en eux que nous pouvons projeter, appuyer notre \u00eatre. La parole contient autrui. Dans les yeux de l&rsquo;enfant autiste ne se refl\u00e8tent pas forcement autrui. Donna Williams\u00a0: \u00ab\u00a0Lorsque je m&rsquo;enfermais moi-m\u00eame, c&rsquo;\u00e9taient aussi les autres que j&rsquo;enfermais dehors. [\u2026] C&rsquo;\u00e9tait la peur m\u00eame d&rsquo;\u00eatre d\u00e9poss\u00e9d\u00e9e de mon propre monde qui me poussait \u00e0 le rejeter, pour le troquer contre une coquille vide et sans \u00e9mois.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote25sym\" name=\"sdfootnote25anc\"><sup>25<\/sup><\/a> L&rsquo;enfant autiste a plus de facilit\u00e9 \u00e0 s&rsquo;identifier aux objets durs.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: large;\"><b>Le morcellement du r\u00e9el<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Georges-Braque-La-Mandoline-1914-Ulmer-Museum-Allemagne.jpg?ssl=1\"><img data-attachment-id=\"84\" data-permalink=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/lentrave-au-face-a-face-ou-le-miroir-brise-de-lautisme\/georges-braque-la-mandoline-1914-ulmer-museum-allemagne\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Georges-Braque-La-Mandoline-1914-Ulmer-Museum-Allemagne.jpg?fit=430%2C624&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"430,624\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;1&quot;}\" data-image-title=\"Georges Braque, La Mandoline, 1914, Ulmer Museum, Allemagne\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Georges-Braque-La-Mandoline-1914-Ulmer-Museum-Allemagne.jpg?fit=207%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Georges-Braque-La-Mandoline-1914-Ulmer-Museum-Allemagne.jpg?fit=430%2C624&amp;ssl=1\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-medium wp-image-84\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Georges-Braque-La-Mandoline-1914-Ulmer-Museum-Allemagne.jpg?resize=207%2C300&#038;ssl=1\" alt=\"Georges Braque, La Mandoline, 1914, Ulmer Museum, Allemagne\" width=\"207\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Georges-Braque-La-Mandoline-1914-Ulmer-Museum-Allemagne.jpg?resize=207%2C300&amp;ssl=1 207w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Georges-Braque-La-Mandoline-1914-Ulmer-Museum-Allemagne.jpg?w=430&amp;ssl=1 430w\" sizes=\"(max-width: 207px) 100vw, 207px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: small;\"><i>Mandoline<\/i>, Georges Braque, aquarelle, gouache, crayon, morceaux de papier journal, faux bois, carton ondul\u00e9 sur toile, Ulmer Museum, Allemagne, 1914 <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">La <i>Mandoline<\/i> de Georges Braque (1914), int\u00e8gre \u00e0 sa toile aquarelle, gouache, crayon mais aussi des morceaux de papier journal, de faux bois et de carton ondul\u00e9, directement coll\u00e9s comme des extraits du r\u00e9el. Les \u00e9l\u00e9ments ne sont visibles qu&rsquo;en tant que fragments, qui renvoient \u00e0 l&rsquo;objet entier originel. Cette p\u00e9riode du Cubisme appell\u00e9 \u00ab\u00a0synth\u00e9tique\u00a0\u00bb con\u00e7oit le fragment comme reli\u00e9 \u00e0 l&rsquo;entier, la partie qui alimente le tout. Dans l&rsquo;oeuvre de Braque on ne distingue la mandoline que dans ses traits \u00e9pur\u00e9s, selon les principes de la reconstitution s\u00e9miotique. L&rsquo;autiste semble \u00eatre aussi dans cette s\u00e9lection d&rsquo;une partie de l&rsquo;ensemble. Certains objets retiendront son attention, d&rsquo;autres seront justes invisibles.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">La question des neurones miroirs a souvent \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e par rapport \u00e0 l&rsquo;autisme, dans le sens o\u00f9 les sujets atteints semblent ne pas pouvoir aussi facilement apprendre qu&rsquo;un enfant normal par le mim\u00e9tisme, o\u00f9 d\u00e9velopper un sentiment d&#8217;empathie \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard d&rsquo;autrui. Un disfonctionnement propre \u00e0 la pathologie rend l&rsquo;apprentissage des codes sociaux plus difficiles, cr\u00e9ant une sorte de c\u00e9cit\u00e9 sociale. Le sujet autiste n&rsquo;est pas reli\u00e9 avec la m\u00eame intensit\u00e9 instinctive aux gens qui l&rsquo;entourent que les \u00eatres normaux. Marie-France, autiste adulte, explique dans le documentaire qu&rsquo;elle fait plus d&rsquo;effort maintenant \u00ab\u00a0pour lire les expressions de visage d&rsquo;une autre personne.\u00a0\u00bb Mais cela reste quelque chose de compliqu\u00e9 \u00e0 d\u00e9crypter.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Jean-Luc-Brisson-Je-me-prom\u00e8ne-un-verre-\u00e0-la-main-Domaine-du-chateau-dAvignon-2007.jpg?ssl=1\"><img data-attachment-id=\"85\" data-permalink=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/lentrave-au-face-a-face-ou-le-miroir-brise-de-lautisme\/jean-luc-brisson-je-me-promene-un-verre-a-la-main-domaine-du-chateau-davignon-2007\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Jean-Luc-Brisson-Je-me-prom\u00e8ne-un-verre-\u00e0-la-main-Domaine-du-chateau-dAvignon-2007.jpg?fit=1357%2C769&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"1357,769\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Jean Luc Brisson, Je me prom\u00e8ne un verre \u00e0 la main, Domaine du chateau d&amp;rsquo;Avignon, 2007\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Jean-Luc-Brisson-Je-me-prom\u00e8ne-un-verre-\u00e0-la-main-Domaine-du-chateau-dAvignon-2007.jpg?fit=300%2C170&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Jean-Luc-Brisson-Je-me-prom\u00e8ne-un-verre-\u00e0-la-main-Domaine-du-chateau-dAvignon-2007.jpg?fit=1000%2C566&amp;ssl=1\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-medium wp-image-85\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Jean-Luc-Brisson-Je-me-prom\u00e8ne-un-verre-\u00e0-la-main-Domaine-du-chateau-dAvignon-2007.jpg?resize=300%2C170&#038;ssl=1\" alt=\"Jean Luc Brisson, Je me prom\u00e8ne un verre \u00e0 la main, Domaine du chateau d'Avignon, 2007\" width=\"300\" height=\"170\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Jean-Luc-Brisson-Je-me-prom\u00e8ne-un-verre-\u00e0-la-main-Domaine-du-chateau-dAvignon-2007.jpg?resize=300%2C170&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Jean-Luc-Brisson-Je-me-prom\u00e8ne-un-verre-\u00e0-la-main-Domaine-du-chateau-dAvignon-2007.jpg?resize=1024%2C580&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2015\/11\/Jean-Luc-Brisson-Je-me-prom\u00e8ne-un-verre-\u00e0-la-main-Domaine-du-chateau-dAvignon-2007.jpg?w=1357&amp;ssl=1 1357w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: small;\">Jean-Luc Brisson, <i>Je me prom\u00e8ne un verre \u00e0 la main<\/i>, photogramme, Vid\u00e9o, Ch\u00e2teau d&rsquo;Avignon, 2007<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">En revanche, le sujet autiste peut se trouver dans un \u00e9tat contemplatif devant les choses, un moment de pure saisie esth\u00e9tique d\u00fb au fait justement de cette hypersensibilit\u00e9 sensorielle qui rend le contact avec autrui difficile. Donna Williams \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0La vie sous verre, certes, rend l&rsquo;existence des morts vivants supportable. Mais il y r\u00e8gne la hantise du simple contact qui pourrait briser la vitre pour toujours et faire tomber le funambule de la corde raide dans le gouffre de l&rsquo;inconnu. [\u2026] Un simple attachement a bris\u00e9 la glace qui s\u00e9parait les deux monde.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote26sym\" name=\"sdfootnote26anc\"><sup>26<\/sup><\/a> Luna explique, \u00e0 propos de son exp\u00e9rience esth\u00e9tique\u00a0: \u00ab\u00a0Un jour, toujours avec mon appareil photo en bandouli\u00e8re, sur un mur il y avait cette bouteille de bi\u00e8re. Et dedans il y avait tout une maison avec tous ses d\u00e9tails, c&rsquo;\u00e9tait la maison qui \u00e9tait derri\u00e8re le reflet. Mais c&rsquo;\u00e9tait d&rsquo;une telle beaut\u00e9, et en m\u00eame temps \u00e7a repr\u00e9sentait vraiment ce que je vivais. C&rsquo;est \u00e0 dire dans mon monde, je suis dans mon bocal. Le reflet du monde qui se cache derri\u00e8re&#8230;\u00a0\u00bb<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">Regardons un extrait de la vid\u00e9o de Jean Luc Brisson, artiste plasticien.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: large;\"><b>Conclusion<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Cambria, serif;\"><span style=\"font-size: medium;\">L&rsquo;autiste se trouve comme derri\u00e8re le miroir, plong\u00e9 dans une ombre qui rend imperceptible les rep\u00e8res. Comme si la surface se transformait en int\u00e9rieur. Emmanuel Levinas nous dit\u00a0: \u00ab\u00a0C&rsquo;est l&rsquo;art qui pr\u00eate aux choses comme une <i>fa\u00e7ade<\/i> \u2013 ce par quoi les objets ne sont pas seulement vus, mais sont comme des objets qui s&rsquo;exhibent. L&rsquo;obscurit\u00e9 de la mati\u00e8re signifierait l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;un \u00eatre qui pr\u00e9cis\u00e9ment n&rsquo;a pas de fa\u00e7ade. Mais en elle se constitue le beau dont l&rsquo;essence est indiff\u00e9rence, froide splendeur et silence. Par la fa\u00e7ade, la chose qui garde son secret \u2013 s&rsquo;expose enferm\u00e9e dans son essence monumentale et dans son mythe o\u00f9 elle luit comme une splendeur, mais ne se livre pas.\u00a0\u00bb<a class=\"sdfootnoteanc\" href=\"#sdfootnote27sym\" name=\"sdfootnote27anc\"><sup>27<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\" align=\"JUSTIFY\">Lucille Br\u00e9ard<\/p>\n<div id=\"sdfootnote1\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote1anc\" name=\"sdfootnote1sym\">1<\/a>Frances Tustin, <i>Le trou noir de la psych\u00e9<\/i>, Seuil, 1989, p.72<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote2\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote2anc\" name=\"sdfootnote2sym\">2<\/a><i>Ibid<\/i>., p.73<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote3\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote3anc\" name=\"sdfootnote3sym\">3<\/a><i>Ibid<\/i>., p.75<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote4\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote4anc\" name=\"sdfootnote4sym\">4<\/a><i>Ibid.<\/i>, p.94<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote5\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote5anc\" name=\"sdfootnote5sym\">5<\/a>Donna Williams, <i>Si on me touche, je n&rsquo;existe plus<\/i>, Robert Lafont, Paris 1992, p.191<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote6\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote6anc\" name=\"sdfootnote6sym\">6<\/a><i>Ibid.<\/i>, p.185<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote7\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote7anc\" name=\"sdfootnote7sym\">7<\/a>Birgen Sellin, <i>Une \u00e2me prisonni\u00e8re<\/i>, Paris, Robert Lafont, 1994, p.58, 92, 110, 140\u00a0?<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote8\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote8anc\" name=\"sdfootnote8sym\">8<\/a>Henri Maldiney, <i>Regard, Parole, Espace,<\/i> Editions l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;homme, 1994, p.271<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote9\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote9anc\" name=\"sdfootnote9sym\">9<\/a><i>Ibid<\/i>., p.180<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote10\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote10anc\" name=\"sdfootnote10sym\">10<\/a>Alain Beltzung, <i>Trait\u00e9 du regard<\/i>, Editions du Reli\u00e9, 2008<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote11\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote11anc\" name=\"sdfootnote11sym\">11<\/a>Henri Rey-Flaud,<i> L&rsquo;enfant qui s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9 au seuil du langage. Comprendre l&rsquo;autisme<\/i>, Champ essais Flammarion, 2010<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote12\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote12anc\" name=\"sdfootnote12sym\">12<\/a>D.W. Winnicott, <i>Processus de maturation chez l&rsquo;enfant, d\u00e9veloppement affectif et environnement,<\/i> Editions Payot, 1970, p.53<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote13\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote13anc\" name=\"sdfootnote13sym\">13<\/a>Fran\u00e7oise Dolto, Juan David Nasio, <i>L&rsquo;enfant du miroir<\/i>, Editions Rivages, 1987, p. 55<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote14\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote14anc\" name=\"sdfootnote14sym\">14<\/a>Frances Tustin, <i>Ibid<\/i>., p.64<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote15\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote15anc\" name=\"sdfootnote15sym\">15<\/a>Donna Williams,<i> Ibid<\/i>, p.226<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote16\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote16anc\" name=\"sdfootnote16sym\">16<\/a>Frances Tustin, <i>Ibid.,<\/i> p.64<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote17\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote17anc\" name=\"sdfootnote17sym\">17<\/a>Alain Beltzung, <i>Ibid<\/i>., p.172<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote18\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote18anc\" name=\"sdfootnote18sym\">18<\/a>Frances Tustin,<i> Ibid<\/i>., p.54<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote19\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote19anc\" name=\"sdfootnote19sym\">19<\/a>Donna Williams,<i> Ibid<\/i>., p.19<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote20\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote20anc\" name=\"sdfootnote20sym\">20<\/a>Emmanuel Levinas, <i>Totalit\u00e9 et infini, essai sur l&rsquo;ext\u00e9riorit\u00e9<\/i>, Biblio essais, Paris, 2012, p.215-216<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote21\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote21anc\" name=\"sdfootnote21sym\">21<\/a>Donna Williams,<i> Ibid<\/i>., p.192<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote22\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote22anc\" name=\"sdfootnote22sym\">22<\/a>Emmanuel Levinas, <i>Ibid.,<\/i> p.100<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote23\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote23anc\" name=\"sdfootnote23sym\">23<\/a>Donna Williams,<i> Ibid.<\/i>, p151<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote24\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote24anc\" name=\"sdfootnote24sym\">24<\/a>Emmanuel Levinas, <i>Ibid.,<\/i> p.100<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote25\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote25anc\" name=\"sdfootnote25sym\">25<\/a>Donna Williams,<i> Ibid.<\/i>, p.119<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote26\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote26anc\" name=\"sdfootnote26sym\">26<\/a>Donna Williams, <i>Ibid<\/i>., p.190<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"sdfootnote27\">\n<p class=\"sdfootnote\"><a class=\"sdfootnotesym\" href=\"#sdfootnote27anc\" name=\"sdfootnote27sym\">27<\/a>Emmanuel Levinas, <i>Ibid.<\/i>, p. 210<\/p>\n<p class=\"sdfootnote\">Sources images internet :<\/p>\n<p class=\"sdfootnote\"><a href=\"http:\/\/images.google.fr\/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Fwww.lyc-monnet-lqly.ac-versailles.fr%2FIMG%2Fjpg%2FPICASSO_Pabo_Ruiz_Autoportrait_28_juin_-_4_juillet1972_caryons_de_couleurs_gouache_encre_de_chine_et_lavis_d_encre_sur_papier_65-7x50-5cm.jpg&amp;imgrefurl=http%3A%2F%2Fwww.lyc-monnet-lqly.ac-versailles.fr%2Fspip.php%3Farticle498&amp;h=750&amp;w=598&amp;tbnid=wlKJwL3USP2_uM%3A&amp;docid=CvZPJqv6754AtM&amp;ei=Zv6-VtOYL4ndUcGMtvAB&amp;tbm=isch&amp;iact=rc&amp;uact=3&amp;dur=1287&amp;page=2&amp;start=14&amp;ndsp=27&amp;ved=0ahUKEwjT4-6qvfTKAhWJbhQKHUGGDR4QrQMIdzAV\" target=\"_blank\" 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href=\"http:\/\/images.google.fr\/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Ffocus.tv5monde.com%2Fbraque%2Fwp-content%2Fuploads%2Fsites%2F20%2F2013%2F09%2Fbraque_mandoline.jpg&amp;imgrefurl=http%3A%2F%2Ffocus.tv5monde.com%2Fbraque%2F%3Fattachment_id%3D12&amp;h=800&amp;w=521&amp;tbnid=fstJlJZHY0_DVM%3A&amp;docid=81K94QQSLi5ljM&amp;ei=iP--VvecGYKBU_-8vdAK&amp;tbm=isch&amp;iact=rc&amp;uact=3&amp;dur=984&amp;page=1&amp;start=0&amp;ndsp=21&amp;ved=0ahUKEwj3gP20vvTKAhWCwBQKHX9eD6oQrQMIITAB\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">http:\/\/images.google.fr\/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Ffocus.tv5monde.com%2Fbraque%2Fwp-content%2Fuploads%2Fsites%2F20%2F2013%2F09%2Fbraque_mandoline.jpg&amp;imgrefurl=http%3A%2F%2Ffocus.tv5monde.com%2Fbraque%2F%3Fattachment_id%3D12&amp;h=800&amp;w=521&amp;tbnid=fstJlJZHY0_DVM%3A&amp;docid=81K94QQSLi5ljM&amp;ei=iP&#8211;VvecGYKBU_-8vdAK&amp;tbm=isch&amp;iact=rc&amp;uact=3&amp;dur=984&amp;page=1&amp;start=0&amp;ndsp=21&amp;ved=0ahUKEwj3gP20vvTKAhWCwBQKHX9eD6oQrQMIITAB<\/a><\/p>\n<p class=\"sdfootnote\"><a href=\"http:\/\/images.google.fr\/imgres?imgurl=http:\/\/i.f1g.fr\/media\/ext\/1900x1900\/madame.lefigaro.fr\/sites\/default\/files\/img\/2014\/02\/diaporamaphoto-d5-bill-viola-3-copie.jpg&amp;imgrefurl=http:\/\/madame.lefigaro.fr\/art-de-vivre\/bill-viola-mon-travail-analyse-sentiments-050314-796322&amp;h=828&amp;w=1046&amp;tbnid=23cEwUoNnrAKCM:&amp;tbnh=93&amp;tbnw=118&amp;docid=t1C85CAV3s30bM&amp;usg=__B5JvOs0ckET4tAhqyii1-bUkDL8=&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwiAurv1vvTKAhVBoBQKHcA-DjEQ9QEIITAB\" target=\"_blank\" 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Ce texte a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit \u00e0 l&rsquo;occasion\u00a0de la conf\u00e9rence donn\u00e9e le 24 Octobre 2014 dans le cadre de la journ\u00e9e d&rsquo;\u00e9tude interdisciplinaire en sciences humaines et sociales, C.R.I.S.E.S., Le(s) miroir(s) en tant qu&rsquo;objet(s) et m\u00e9taphore(s). 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