{"id":849,"date":"2023-06-29T12:15:48","date_gmt":"2023-06-29T11:15:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/?p=849"},"modified":"2023-09-09T17:28:24","modified_gmt":"2023-09-09T16:28:24","slug":"vergers-nocturnes-bronwyn-louw","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/vergers-nocturnes-bronwyn-louw\/","title":{"rendered":"Vergers nocturnes \u2014 Bronwyn Louw"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-buttons is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-button\"><a class=\"wp-block-button__link wp-element-button\" href=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/NUIT_Revue_Esquisses_No5-3.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Nuit, le PDF<\/a><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">\u00ab&nbsp;Le verger est le symbole durable de la cultivation pastorale. Soign\u00e9 ou vieux, entretenu ou n\u00e9glig\u00e9, le verger donne des fruits et des g\u00e9n\u00e9alogies, simultan\u00e9ment pomologiques et litt\u00e9raires&nbsp;\u00bb \u00e9crit la critique Mary Jacobus, pointant le caract\u00e8re mat\u00e9riel-s\u00e9miotique du verger, en m\u00eame temps un topos litt\u00e9raire vieux comme le complexe agraire de la po\u00e9sie et un ensemble de lieux o\u00f9 se cultivent des arbres fruitiers&nbsp;<sup><a href=\"#sdfootnote1sym\"><sup>1<\/sup><\/a><\/sup>. Quel devenir nocturne pour ce lieu familier, ce lieu commun litt\u00e9raire&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><em>L\u00e0 o\u00f9 la volont\u00e9 humaine dort <\/em> <\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">\u00ab&nbsp;[&#8230;] la nuit n\u2019est pas un repos&nbsp;; c\u2019est une jach\u00e8re, travaill\u00e9e souterrainement par des forces myst\u00e9rieuses qui fermentent dans le noir et qui, d\u2019un coup, laissent percer au jour des fleurs inesp\u00e9r\u00e9es&nbsp;\u00bb \u00e9crit Chlo\u00e9 Thomas pour clore son essai <em>Parce que la nuit<\/em><sup><a href=\"#sdfootnote2sym\"><sup>2<\/sup><\/a><\/sup>. Ces lignes me rappellent \u00ab&nbsp;les p\u00e2turages rocailleux d\u2019Easterbrook County&nbsp;\u00bb d\u00e9crits par Thoreau dans les <em>Pommes Sauvages<\/em>, un essai publi\u00e9 six mois apr\u00e8s sa mort en 1862. Il s\u2019agit d\u2019un terrain dans son Massachussetts natal, \u00e9loign\u00e9 et difficile \u00e0 cultiver, d\u00e9laiss\u00e9 par les fermiers et progressivement gagn\u00e9 par une friche de pommiers diss\u00e9min\u00e9s par les oiseaux, les vaches, les renards&#8230;  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Thoreau \u00e9crit que les arbres de ce terrain en friche donnent l\u2019impression d\u2019avoir pouss\u00e9 pendant que le fermier dormait. Ou d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 plant\u00e9s par un somnambule. Se d\u00e9gage de sa description une esth\u00e9tique nocturne, qui trouve son expression quand la temporalit\u00e9 des projets concert\u00e9s, conscients et productifs se met en veille. Les sentiers entre les arbres de ce verger nocturne sont tortueux, tournent et ondulent, contrairement aux rangs d\u2019arbres greff\u00e9s des vergers diurnes. Des pommiers du \u00ab&nbsp;tiers-paysage&nbsp;\u00bb<sup><a href=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-admin\/post.php?post=849&amp;action=edit#sdfootnote3sym\"><sup>3<\/sup><\/a><\/sup>, donc, poussant sur le terrain en jach\u00e8re o\u00f9 la volont\u00e9 humaine dort. Tiers-paysage, c\u2019est l\u2019expression de Gilles Cl\u00e9ment, paysagiste, \u00e9crivain et philosophe qui discerne dans les terrains vagues, interstitiels, et passagers des friches, une promesse. Lieux de brassage, de migration et d\u2019hybridations v\u00e9g\u00e9taux, on peut de fait y trouver des croissances inattendues, litt\u00e9ralement des fleurs inesp\u00e9r\u00e9es.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Voil\u00e0 des mois que je contemple cette image de verger nocturne, plant\u00e9 par un somnambule, sign\u00e9 par la nuit. Elle me fascine notamment parce qu\u2019elle relie <em>jach\u00e8re <\/em>et <em>nuit<\/em> tout comme le fait Chlo\u00e9 Thomas quand elle \u00e9crit \u00ab&nbsp;Car la nuit n\u2019est pas un repos&nbsp;; c\u2019est une jach\u00e8re&nbsp;\u00bb, et pointe vers une esth\u00e9tique nocturne de l\u2019agriculture. Plut\u00f4t que des rangs lin\u00e9aires, des lignes tortueuses. Plut\u00f4t qu\u2019un projet s\u2019imprimant sur un site, l\u2019expression involontaire et spontan\u00e9e remontant d\u2019un lieu et de ses habitants. Le verger nocturne de pommiers d\u00e9crit par Thoreau est \u00e0 l\u2019image de <em>l\u2019art involontaire<\/em> de Gilles Cl\u00e9ment \u00ab le r\u00e9sultat heureux d&rsquo;une combinaison impr\u00e9vue de situations ou d&rsquo;objets organis\u00e9s entre eux selon des r\u00e8gles d&rsquo;harmonie dict\u00e9es par le hasard.&nbsp;\u00bb<sup><a href=\"#sdfootnote4sym\"><sup>4<\/sup><\/a><\/sup> Il y a <em>cosignature<\/em><sup><em><a href=\"#sdfootnote5sym\"><sup>5<\/sup><\/a><\/em><\/sup>, selon le paysagiste qui souligne aussi que ne pas faire est l\u2019une des modalit\u00e9s du faire.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Le r\u00e9cit de ce verger nocturne qui semblait avoir \u00e9t\u00e9 plant\u00e9 par un somnambule m\u2019\u00e9voque ces contes de f\u00e9es o\u00f9 il faut se fier \u00e0 la nuit, qui agit \u00e0 sa fa\u00e7on et sauve la mise. Cendrillon qui doit fouiller les cendres pour y trier des grains de riz, au d\u00e9sespoir dans son acharnement, s\u2019endort. Elle ne fait pas, ou en tout cas plus, laisse la place, et quelque chose se passe pendant son sommeil, d\u2019autres ou quelque chose d\u2019autre travaille. Ce sch\u00e9ma narratif dessine une dichotomie. Au jour, le travail acharn\u00e9 et son lot de difficult\u00e9s engendrent le d\u00e9sespoir. La nuit, le rel\u00e2chement du sommeil cr\u00e9e une place, un vide, o\u00f9 d\u2019autres forces agissent, o\u00f9 le fermier, le paysagiste, la petite fille des histoires, n&rsquo;est pas seul \u00e0 signer. C\u2019est souvent contre-intuitif dans l\u2019histoire, souvent l\u2019h\u00e9ro\u00efne ou le h\u00e9ros doit apprendre \u00e0 faire confiance \u00e0 l\u2019action de cette nuit sur laquelle il est impossible d\u2019avoir une prise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Il y a des pratiques de l\u2019\u00e9criture qui ont partie li\u00e9e avec ces forces nocturnes qui agissent en-dehors des projets humains. L\u2019\u00e9criture de Marosa di Giorgio, une po\u00e8te uruguayenne du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, en est exemplaire. En r\u00e9ponse \u00e0 une question quant \u00e0 sa \u00ab&nbsp;volont\u00e9 personnelle&nbsp;\u00bb de m\u00e9langer des genres litt\u00e9raires lors d\u2019un entretien, elle dit&nbsp;: \u00ab J\u2019interviens pas (ou si peu). Ces poissons s\u2019\u00e9chappent de la Mer de personne, de la Mer de Nectar, de la Mer de Lune, sous la forme requise et selon des encha\u00eenements subtils. \u00bb<sup> <a href=\"#sdfootnote6sym\"><sup>6<\/sup><\/a><\/sup>  Ailleurs, elle insiste&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je n&rsquo;\u00e9labore rien ; des choses, ou des roses, tombent dans ma main ; c&rsquo;est ma r\u00e9alit\u00e9 et c&rsquo;est mon irr\u00e9alit\u00e9, deux mots qui, apr\u00e8s tout, d\u00e9signent la m\u00eame chose<sup><a href=\"#sdfootnote7sym\"><sup>7<\/sup><\/a><\/sup>&nbsp;\u00bb. La po\u00e8te ne laisse pas seulement dormir sa volont\u00e9, elle \u00e9crit aussi abandonnement sur la nuit et ses myst\u00e9rieuses populations.  <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><em>Contours poreux <\/em> <\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Dans le <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Poeme34.png\" target=\"_blank\">34<sup>e<\/sup> po\u00e8me<\/a> de son recueil <em>Historial de las Violetas<\/em>, Marosa di Giorgio \u00e9crit, comme dans toute son \u0153uvre, le petit monde de sa ferme familiale aux marges de Salto en Uruguay.<sup><a href=\"#sdfootnote8sym\"><sup>8<\/sup><\/a><\/sup> Ses pr\u00e9occupations sont familiales, agraires, perc\u00e9es constamment d&rsquo;\u00e9chapp\u00e9es et d\u2019intrusions mythologiques, nocturnes et c\u00e9lestes. Mais il ne faut pas croire que les espaces et gestes agricoles quotidiens sont des valeurs connues, stables et pacifi\u00e9es chez di Giorgio. Au contraire, cette vie sur une petite ferme avec ses jardins et vergers est trou\u00e9e de myst\u00e8re et secou\u00e9e de violences aux yeux du <em>Je<\/em> po\u00e9tique, fille-femme qui n&rsquo;est plus enfant et pas encore adulte.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Elle est poreuse aux mondes des vivants et des morts, des animaux et des plantes, des objets et des \u00e9toiles, des anges et des druides, et elle para\u00eet les appr\u00e9hender toutes et tous comme participant d\u2019une m\u00eame r\u00e9alit\u00e9. Son \u00e9criture exemplifie ainsi un v\u00e9cu de ce qu\u2019Emanuele Coccia appelle \u00ab&nbsp;le myst\u00e8re de l&rsquo;inclusion de tous (et toutes) dans un m\u00eame monde&nbsp;\u00bb.<sup><a href=\"#sdfootnote9sym\"><sup>9<\/sup><\/a><\/sup> Le po\u00e8me 34 met particuli\u00e8rement en exergue la perspective d&rsquo;impuissance consciente d\u2019une presque enfant, qui assiste de mani\u00e8re inextricable \u00e0 la violence agricole mise en place par les adultes.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">C&rsquo;est une violence pragmatique, l&#8217;embauche d&rsquo;un gardien de nuit, pour ne pas avoir \u00e0 partager la richesse des r\u00e9coltes avec les cr\u00e9atures nocturnes, en l&rsquo;occurrence des li\u00e8vres. La narratrice est incapable de d\u00e9jouer la violence pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9e et de sauvegarder le monde de la nuit, avec lequel elle a une proche parent\u00e9, de la mainmise des adultes. Tout ce qui lui reste \u00e0 faire c&rsquo;est de participer le plus pleinement possible \u00e0 cette pr\u00e9dation, du c\u00f4t\u00e9 de la proie. Elle le fait par un glissement de perspective qui se met en place d\u00e8s qu&rsquo;elle rentre dans sa chambre \u00e0 coucher et que ce mouvement l&#8217;emm\u00e8ne paradoxalement dehors, o\u00f9 sa faim la pousse \u00e0 croquer dans les tendres pousses des pommes de terre nouvelles. Elle est tu\u00e9e au moment de go\u00fbter par celui qui la visait depuis le d\u00e9but, passe une nuit \u00e0 \u00ab&nbsp;r\u00eaver des choses incroyables&nbsp;\u00bb les yeux ouverts, est amen\u00e9e \u00e0 la cuisine le lendemain matin, jet\u00e9e par terre par le gardien, qui l&rsquo;identifie alors laconiquement comme li\u00e8vre. Elle a mang\u00e9, elle est tu\u00e9e, elle sera mang\u00e9e.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Par ce voyage nocturne dans la perspective, le corps, la vie et m\u00eame la mort d&rsquo;autrui, devenir n&rsquo;est pas un saut vers soi-m\u00eame. Il s\u2019agit plut\u00f4t de devenir l&rsquo;autre, par l&#8217;empathie de celle qui a profond\u00e9ment partie li\u00e9e avec la proie au point d\u2019\u00e9pouser sa perspective et se retrouve ainsi engloutie par la nuit. Dans ce po\u00e8me, di Giorgio embrasse ce devenir qui est disparition par une po\u00e9tique perspectiviste des relations trophiques. Elle r\u00e9v\u00e8le la face nocturne du verger, dont la perception est souvent pacifi\u00e9e par l\u2019habitude diurne, et inscrit les figures humaines en plein dans les eaux troubles d\u2019une esth\u00e9tique de la m\u00e9tamorphose. Ce qui se cultive dans cette \u00e9criture est la repr\u00e9sentation et la pratique d\u2019une tr\u00e8s grande porosit\u00e9 aux fronti\u00e8res d\u2019une vie et d\u2019une autre. Peut-\u00eatre que di Giorgio fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cette porosit\u00e9 quand elle r\u00e9pond dans un entretien&nbsp;:  \u00ab&nbsp;Il faut de l\u2019intuition, de l\u2019antenne, pour \u00eatre po\u00e8te, aussi bien que lecteur de po\u00e9sie. Je crois qu\u2019une m\u00eame foudre s\u2019abat sur l\u2019antenne de chacun.\u00bb<sup><a href=\"#sdfootnote10sym\"><sup>10<\/sup><\/a><\/sup>   <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><em>R\u00e9ceptivit\u00e9 radicale<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">C\u2019est en lisant <em>Maison de jour, maison de nuit<\/em> d\u2019Olga Tokarczuk que je me suis dit que la nuit \u00e9tait un bon endroit o\u00f9 d\u00e9velopper une telle antenne, o\u00f9 entra\u00eener une r\u00e9ceptivit\u00e9 radicale. Dans le chapitre \u00ab&nbsp;Aux \u00e9coutes&nbsp;\u00bb de ce roman fragmentaire, la romanci\u00e8re polonaise \u00e9crit \u00ab&nbsp;Il faut une franche obscurit\u00e9 ambiante, pour que la lumi\u00e8re de la terre devienne visible \u00bb<sup><a href=\"#sdfootnote11sym\"><sup>11<\/sup><\/a><\/sup>. La narratrice dort au verger sur&nbsp;\u00ab&nbsp;ce lit m\u00e9tallique peint en rouge&nbsp;\u00bb. Elle remarque, une fois que la derni\u00e8re fen\u00eatre de la maison s&rsquo;obscurcit, que la nuit a d&rsquo;autres lumi\u00e8res, mais plus douces. Non pas seulement celles de la lune et des \u00e9toiles, mais aussi \u00ab&nbsp;une lueur froide, gris\u00e2tre, l\u00e9g\u00e8rement phosphorescente, telle la lumi\u00e8re des os ou du bois pourri, \u00e9manant de la terre&nbsp;\u00bb<sup><a href=\"#sdfootnote12sym\"><sup>12<\/sup><\/a><\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Ainsi, \u00eatre au verger la nuit est d\u2019abord une exp\u00e9rience visuelle, celle de t\u00e9moigner d\u2019une grande porosit\u00e9 o\u00f9 \u00ab&nbsp;tout \u00e9tait comme saupoudr\u00e9 de cendre, asperg\u00e9 de farine \u00bb et o\u00f9 \u00ab&nbsp;la lumi\u00e8re nocturne arrondissait les angles, rapprochait les contraires.&nbsp;\u00bb Elle s\u2019endort en contemplant ces images d\u2019un monde alt\u00e9r\u00e9. Quand elle se r\u00e9veille, la lune est partie, la nuit est noire, et le sens qui prime alors est celui de l\u2019ou\u00efe.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">L&rsquo;alt\u00e9ration nocturne n&rsquo;affecte plus uniquement le monde observ\u00e9, mais aussi celle qui observe, qui se trouve comme entra\u00een\u00e9e en un voyage de nuit dans le sillage de son ou\u00efe, qui la fait \u00ab&nbsp;ramper sur les murs comme un l\u00e9zard&nbsp;\u00bb. Non seulement l&rsquo;exp\u00e9rience sensorielle se vit comme une sortie du corps, mais cette extension par les sens est \u00e0 l&rsquo;origine d&rsquo;une m\u00e9tamorphose se faisant par la sensibilit\u00e9 auditive et d\u00e9crite comme&nbsp;: \u00ab&nbsp;Des effleurements, des murmures qui finirent par tourner dans mes oreilles jusqu&rsquo;\u00e0 ce que je me sente devenir tout ou\u00efe &#8211; bol charnu, calice dess\u00e9ch\u00e9, conque soyeuse et humide coll\u00e9e aux murs&nbsp;\u00bb.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"> La narratrice raconte devenir un r\u00e9ceptacle \u00e0 l&rsquo;endroit d&rsquo;un de ses sens, une coupe pour recueillir la rumeur de tout ce qu&rsquo;elle entend. Les respirations qui animent les corps \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la maison, mais aussi \u00ab&nbsp;dans l&rsquo;\u00e9paisseur des murs, le bruit des m\u00e9tropoles du peuple des souris&nbsp;\u00bb. L&rsquo;\u00e9num\u00e9ration s&rsquo;enrichit \u00e0 mesure que la narratrice, devenue ou\u00efe en forme de Graal, parcourt les couches peupl\u00e9es de la maison et du monde&nbsp;: \u00ab&nbsp;J&rsquo;entendis les scolytes creuser les pieds de la table en bois de sapin&nbsp;\u00bb, elle \u00e9crit \u00ab&nbsp;le r\u00e9frig\u00e9rateur vrombissait [&#8230;] les papillons de nuit chatouillaient les froids espaces nocturnes [&#8230;] j&rsquo;entendis le sifflement des m\u00e9t\u00e9ores dans leur chute, et le murmure de la com\u00e8te[&#8230;]&nbsp;\u00bb.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Elle se m\u00e9tamorphose \u00e0 ses marges, par ses sens, se creuse pour devenir une forme de r\u00e9ceptivit\u00e9 radicale dans laquelle le monde de la nuit se verse. Cette sc\u00e8ne o\u00f9 une femme devient autre jusque dans son corps et conscience donne \u00e0 lire une exp\u00e9rience sensorielle alt\u00e9r\u00e9e et augment\u00e9e par la nuit, permettant \u00e0 la femme de capter des fr\u00e9quences de vie \u00e9loign\u00e9es et de recevoir en elle cette alt\u00e9rit\u00e9. L\u2019alt\u00e9ration de la sensibilit\u00e9 auditive semble \u00eatre issue du contact entre \u00e9veil et sommeil, femme et verger, et par un dr\u00f4le de partenariat entre ou\u00efe et obscurit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">*<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">L\u2019\u00e9criture du verger nocturne est marqu\u00e9e par une esth\u00e9tique de la m\u00e9tamorphose, les mouvements entre formes et vies rendant floues les fronti\u00e8res et poreux les contours. Les zones de contact que sont les sens, mais aussi l\u2019empathie, sont sources et sites des voyages nocturnes de forme en forme. Nocturnes sont aussi les obscurit\u00e9s souterraines des terrains d\u00e9laiss\u00e9s, aux terreaux doublement obscurs parce qu\u2019on ne peut y pr\u00e9dire quelles pousses y perceront. Qu\u2019il s\u2019agisse tr\u00e8s concr\u00e8tement de terres en jach\u00e8re, ou bien d\u2019une autre surface, par exemple une page, o\u00f9 laisser monter quelque chose d\u2019inesp\u00e9r\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes sur l&rsquo;auteur<\/h2>\n\n\n\n<p>D\u2019origine \u00e9tasunienne, Bronwyn Louw a fait ses \u00e9tudes secondaires au sud de Paris, et ses \u00e9tudes sup\u00e9rieures \u00e0 SciencesPo, avant d\u2019enseigner les lettres et la philosophie au lyc\u00e9e. Membre du CRAL (Centre de Recherche sur les Arts et le Langage) et du groupe de recherche Exorigins, elle pr\u00e9pare actuellement une th\u00e8se \u00e0 l\u2019EHESS, intitul\u00e9e Comment \u00e9crire le verger au 21\u00e8me si\u00e8cle ? (Po\u00e9sies, pens\u00e9es, pratiques), sous les directions de Marielle Mac\u00e9 et Jean-Marc Besse. Ces recherches prennent la forme d\u2019une enqu\u00eate agropo\u00e9tique, o\u00f9 le verger est simultan\u00e9ment figure et lieu, image et r\u00e9alit\u00e9. Une figure faite d\u2019un enchev\u00eatrement de formes de vie se rencontrant dans et par des gestes et des pratiques \u2013 greffer, cueillir, entretenir, manger \u2013 et un lieu o\u00f9 \u00e9prouver et participer \u00e0 un monde de m\u00e9tamorphoses. Cette enqu\u00eate agropo\u00e9tique, fond\u00e9e dans un corpus de vergers po\u00e9tiques de l\u2019\u00e9poque contemporaine, passe par la recomposition d\u2019une longue histoire du motif agropo\u00e9tique du verger dans la litt\u00e9rature lyrique et des manuels agricoles. Elle s\u2019appuie aussi sur des pratiques de recherche-cr\u00e9ation : concevoir et acter un projet de paysage dans un verger associatif \u00e0 Br\u00e9tigny-Sur-Orge en Essonne, et d\u00e9ployer des \u00e9critures exp\u00e9rimentales, entre recueil\/manuel, performance, et podcast.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<p>\n\t<a href=\"#sdfootnote1anc\">1<\/a>\n\tJACOBUS, Mary, <em>Romantic\n\tThings. A tree, a rock, a cloud<\/em>,\n\tChicago, University of Chicago Press, 2012.<\/p>\n\n\n\n<p>\n\t<a href=\"#sdfootnote2anc\">2<\/a>\n\tTHOMAS, Chlo\u00e9, <em>Parce\n\tque la nuit<\/em>,\n\tParis, \u00c9ditions Payot &amp; Rivages, 2023, p.130.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote3anc\">3<\/a>\n\tCL\u00c9MENT, Gilles, <em>Manifeste\n\tdu Tiers paysage <\/em>(2004),\n\tRennes, \u00c9ditions Du Commun, 2020. \n\t<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote4anc\">4<\/a>\n\tCL\u00c9MENT, Gilles, <em>Trait\u00e9\n\tsuccinct de l\u2019art involontaire<\/em>,\n\tParis, Sens &amp; Tonka, 2014.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote5anc\">5<\/a>\n\tVoir\n\tnotamment <em>La\n\tpr\u00e9s\u00e9ance du vivant<\/em>,\n\tN\u00b0 40 des Carnets du Paysage, ENSPV\/Actes Sud, Juillet 2022<\/p>\n\n\n\n<p>\n\t<a href=\"#sdfootnote6anc\">6<\/a>\n\tGIORGIO\n\tdi Marosa, <em>Missels<\/em>,\n\ttrad. Gabriel\n\tSaad, \u00e9d. Maison des \u00e9crivains \u00e9trangers et des traducteurs de\n\tSaint-Nazaire, 1993. p.114<\/p>\n\n\n\n<p>\n\t<a href=\"#sdfootnote7anc\">7<\/a>\n\tGIORGIO\n\tdi Marosa<em>,\n\tNo develar\u00e1s el misterio<\/em>.\n\tEntrevistas 1973-2004 Compilaci\u00f3n de Nidia Di Giorgio, Buenos\n\tAires, Ed. Osvaldo Aguirre\/El cuenco de Plata, Latinoamericana,\n\t2010, p.19<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote8anc\">8<\/a>\n\tGIORGIO\n\tdi Marosa,\n\t<em>I\n\tRemember Eternity<\/em>,\n\ttr. Jeannine\n\tMaria Pitas, Ugly Duckling Press, Brooklyn, 2017<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote9anc\">9<\/a>\n\tCOCCIA, Emanuele, <em>La vie des\n\tplantes. Une m\u00e9taphysique du m\u00e9lange, <\/em>Paris,\n\t\u00c9ditons Payot &amp; Rivages, 2016<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote10anc\">10<\/a>\n\tGIORGIO\n\tdi Marosa, <em>Op.cit<\/em>.\n\t1993. p.114.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote11anc\">11<\/a>\n\tTOKARCZUK, Olga, <em>Maison de\n\tjour,  maison de nuit<\/em>\n\t(1998), Paris, trad. GLOGOWSKI, C., Ed. Robert Laffont, 2001, p.171.\n\t\n\t<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#sdfootnote12anc\">12<\/a> <em>Ibid.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">34e po\u00e8me de Marosa di Giorgio, <em>Historial de las Violetas<\/em>,  1965 :<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Poeme34-1.png?ssl=1\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><img data-attachment-id=\"884\" data-permalink=\"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/vergers-nocturnes-bronwyn-louw\/poeme34-2\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Poeme34-1.png?fit=704%2C767&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"704,767\" data-comments-opened=\"0\" data-image-meta=\"{&quot;aperture&quot;:&quot;0&quot;,&quot;credit&quot;:&quot;&quot;,&quot;camera&quot;:&quot;&quot;,&quot;caption&quot;:&quot;&quot;,&quot;created_timestamp&quot;:&quot;0&quot;,&quot;copyright&quot;:&quot;&quot;,&quot;focal_length&quot;:&quot;0&quot;,&quot;iso&quot;:&quot;0&quot;,&quot;shutter_speed&quot;:&quot;0&quot;,&quot;title&quot;:&quot;&quot;,&quot;orientation&quot;:&quot;0&quot;}\" data-image-title=\"Po\u00e8me34\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Poeme34-1.png?fit=275%2C300&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Poeme34-1.png?fit=704%2C767&amp;ssl=1\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"704\" height=\"767\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Poeme34-1.png?resize=704%2C767&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-884\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Poeme34-1.png?w=704&amp;ssl=1 704w, https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Poeme34-1.png?resize=275%2C300&amp;ssl=1 275w\" sizes=\"(max-width: 704px) 100vw, 704px\" data-recalc-dims=\"1\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Le verger est le symbole durable de la cultivation pastorale. Soign\u00e9 ou vieux, entretenu ou n\u00e9glig\u00e9, le verger donne des fruits et des g\u00e9n\u00e9alogies, simultan\u00e9ment pomologiques et litt\u00e9raires&nbsp;\u00bb \u00e9crit la critique Mary Jacobus, pointant le caract\u00e8re mat\u00e9riel-s\u00e9miotique du verger, en m\u00eame temps un topos litt\u00e9raire vieux comme le complexe agraire de la po\u00e9sie et un [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_is_tweetstorm":false,"jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","enabled":false}}},"categories":[109],"tags":[112,117,114,115,116,31,113,110],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p8FFEZ-dH","jetpack-related-posts":[{"id":883,"url":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/nuit-esquive-valentine-oncins\/","url_meta":{"origin":849,"position":0},"title":"Nuit esquive \u2014 Valentine Oncins","author":"Administrateur","date":"27 ao\u00fbt 2023","format":false,"excerpt":"Nuit, le PDF Les photographies de Valentine Oncins furent expos\u00e9es \u00e0 la galerie Ph\u00e9n(o), 11 rue de la Fontaine \u00e0 Montpellier du 3 juin au 3 septembre 2023. Porte ouverte \u00e0 l\u2019effacement du monde, la nuit est une place forte del\u2019Ouvert. Elle est un livre blanc, \u00e0 raturer \u00e0 coups\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;NUIT&quot;","block_context":{"text":"NUIT","link":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/category\/nuit\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/fond-blanc.png?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":1109,"url":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/une-longue-nuit-maeva-gardenat\/","url_meta":{"origin":849,"position":1},"title":"Une longue nuit \u2014 Ma\u00ebva Gardenat","author":"Administrateur","date":"6 septembre 2023","format":false,"excerpt":"Nuit, le PDF Ma\u00ebva Gardenat donne \u00e0 voir un r\u00e9cit hypnotique o\u00f9, dans l\u2019espace d\u2019une seule lettre, r\u00e9sonne le temps \u00e9puis\u00e9 d\u2019une nuit sans sommeil. Note sur l'auteur Ma\u00ebva Gardenat peint pendant dix ans et obtient un Master d'Esth\u00e9tique avant de poursuivre un DU de psychoth\u00e9rapie. Ses recherches plastiques prennent\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;NUIT&quot;","block_context":{"text":"NUIT","link":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/category\/nuit\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/fond-blanc.png?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":873,"url":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/obscure-lumiere-cristina-rap-trihn-lo\/","url_meta":{"origin":849,"position":2},"title":"Obscure lumi\u00e8re \u2014 Cristina Rap \/ Trihn Lo","author":"Administrateur","date":"29 juin 2023","format":false,"excerpt":"Nuit, le PDF Conception : Trihn Lo R\u00e9alisation et montage : Cristina Rap Voix : P. Pivetti et C. Rap Recorder : C. Rap Bande-son : T. Lo Extraits des po\u00e8mes \"Y\" et \u201cmuets, maigres les mouvements\u201d de T. Lo Dur\u00e9e : 3\u201959\u2019\u2019 Ann\u00e9e : \u00a9janvier 2023 Conception : Trihn\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;NUIT&quot;","block_context":{"text":"NUIT","link":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/category\/nuit\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/fond-blanc.png?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":848,"url":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/ecrire-la-nuit-caio-vinicius-russo-nogueira\/","url_meta":{"origin":849,"position":3},"title":"\u00c9crire, la nuit \u2014 Caio Vin\u00edcius Russo Nogueira","author":"Administrateur","date":"28 juin 2023","format":false,"excerpt":"Nuit, le PDF \u00ab\u00a0Une mouche \u00e9ph\u00e9m\u00e8re na\u00eet \u00e0 neuf heures du matin dans les grands jours d\u2019\u00e9t\u00e9, pour mourir \u00e0 cinq heures du soir ; comment comprendrait-elle le mot nuit ?\u00a0\u00bb Stendhal La naissance de la lumi\u00e8re, r\u00e9sistance de la nuit Avant la lumi\u00e8re, la nuit \u00e9tait l\u00e0. Mais pas\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;NUIT&quot;","block_context":{"text":"NUIT","link":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/category\/nuit\/"},"img":{"alt_text":"","src":"","width":0,"height":0},"classes":[]},{"id":1098,"url":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/aux-frontieres-de-la-nuit-marc-courtieu\/","url_meta":{"origin":849,"position":4},"title":"Aux fronti\u00e8res de la nuit \u2014 Marc Courtieu","author":"Administrateur","date":"6 septembre 2023","format":false,"excerpt":"Nuit, le PDF Prendre la nuit comme un pays un peu myst\u00e9rieux, un peu effrayant, difficile \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer, qui se d\u00e9robe au fur et \u00e0 mesure qu\u2019on tente de s\u2019y glisser\u2026 Pour nous, animaux diurnes, le nocturne fait peur\u00a0: plut\u00f4t que de l\u2019affronter, on pr\u00e9f\u00e8re souvent y dormir \u2013 cela\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;NUIT&quot;","block_context":{"text":"NUIT","link":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/category\/nuit\/"},"img":{"alt_text":"","src":"https:\/\/i0.wp.com\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/fond-blanc.png?resize=350%2C200&ssl=1","width":350,"height":200},"classes":[]},{"id":164,"url":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/la-presence-de-loeil-solaire-2\/","url_meta":{"origin":849,"position":5},"title":"La pr\u00e9sence de l&rsquo;\u0153il solaire \u2014 Nathalie Schleif","author":"Nathalie Schleif","date":"27 f\u00e9vrier 2016","format":false,"excerpt":"Article sous format pdf: La pre\u0301sence de l\u2019\u0153il solaire La pr\u00e9sence de l\u2019\u0153il solaire - de Nathalie Schleif Pr\u00e9ambule Le po\u00e8me, ses figures, s\u2019ouvre \u00e0 nous comme une surface \u00e0 sa profondeur. Ce n\u2019est qu\u2019en traversant le po\u00e8me, et cela veut dire parvenir \u00e0 le quitter, que l\u2019on peut arriver\u2026","rel":"","context":"Dans &quot;Pr\u00e9sences&quot;","block_context":{"text":"Pr\u00e9sences","link":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/category\/presences\/"},"img":{"alt_text":"","src":"","width":0,"height":0},"classes":[]}],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/849"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=849"}],"version-history":[{"count":17,"href":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/849\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1291,"href":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/849\/revisions\/1291"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=849"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=849"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.esquisses.eu\/revue\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=849"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}