Frontières et Limites

Limites et Frontières

En les lisant, en les prononçant, ces deux mots laissent aussitôt émerger une vision d’empêchement, d’interdit, de séparation et, par ailleurs, ils amorcent déjà un mouvement contraire et complémentaire, celui de l’incitation, de l’autorisation, d’une transition, du lien entre le moi et l’autre. Ainsi, ce va-et-vient éclaire l’approche esthétique dans le rapport entre le regardeur et l’œuvre, la part que le regardeur met en exergue et la part de l’œuvre comme avenant au regard, l’instant sensible.

Par qui ces limites sont-elles posées, ces frontières dressées ? Par l’artiste lui-même, par celui qui regarde, qui perçoit, qui reçoit ? Correspondent-elles au début et à la fin d’une sensation, à l’apparition de l’émotion éprouvée et à son évanouissement soudain en présence ou en l’absence de l’œuvre écrite, dessinée, peinte, sculptée… ?

Comment la perception première peut-elle se heurter au cadre, au mur, s’égarer dans un paysage dévorant, se laisser absorber par une forme déformée ou par une figure défigurée ? La limite et la frontière se lèvent-elles aussi naturellement que violemment, lorsque le désir d’accéder à la forme révélée, de traverser la figure pour aller du dehors au-dedans ou vice-versa, l’emporte sur la passivité ? Quels mouvements interviennent dans cette trouée, dans cette déchirure pour laisser le regard se glisser au-delà ? Se posent également la question de l’espace, celle du temps, des deux conjugués par le regard impliqué dans ce jeu de sensations.

En convoquant des penseurs de divers horizons, en prenant appui et en rebondissant sur des énoncés originels, cette thématique permettra de poursuivre une réflexion originale, personnelle, sur la perception et la réception, sur le dépassement, le contournement et le retournement des limites et des frontières face à l’art, de s’interroger sur l’acte volontaire ou pas d’imposer ces obstacles aux regards.

Textes :

Lucille BREARD : À la limite de l’illimité : le monochrome

Marine DEREGNONCOURT : L’opposition parlé / chanté et voix / silence dans Partage de midi de Paul Claudel

Pauline DESIDERIO : L’exil et la répetition dans l’œuvre de Wajdi Mouawad, quelles limites et frontières ?

Créations :

 

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